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Irak, deux ans après [la France avait tout faux], I. Rioufol
Extrait du "Bloc-notes" du 18 mars, du chroniqueur du FigaroTexte intégral sur le site d’Atlantis.
…Encore un mot sur le statu quo, cet attentisme qui caractérise notre politique. C'est la même prudence qui aura inspiré la France au Moyen-Orient. Au point d'apparaître l'alliée de despotes comme Saddam Hussein et Yasser Arafat. «La démocratie ne se décrète pas, ne s'importe pas», avait soutenu Jacques Chirac pour s'opposer à la stratégie américaine de libération par la force de l'Irak, engagée le 19 mars 2003. En allant voter le 30 janvier, malgré les menaces terroristes, les Irakiens ont apporté un premier démenti à l'analyse française.
Le "printemps arabe", qui a gagné la Palestine et plus spectaculairement le Liban – plus d'un million de personnes lundi à Beyrouth pour défier la mobilisation deux fois moindre du Hezbollah – est dû à George Bush, et les peuples de la région le savent. Alors que les images des télévisions nous avaient habitués aux foules dénonçant le «colonisateur» israélien, l'opinion française découvre le terrible occupant syrien du Liban. Les médias commencent à ouvrir le procès des régimes totalitaires, sur lesquels ils fermaient hier les yeux pour ne comptabiliser que les méfaits d'Israël, démocratie honnie.
La France ne peut plus, décemment, continuer à se tromper d'adversaire. Sa place est à côté de ceux – chrétiens, musulmans, juifs – qui au Moyen-Orient rejettent l'idéologie islamiste et son impérialisme (*). Les premiers signes donnés cette semaine annoncent-ils une révision de sa trop indulgente «politique arabe» ? Mardi, Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères, a assuré que la France était aux côtés des Libanais. Reçu le même jour à Jérusalem, Jean-Pierre Raffarin a dit la même chose aux Israéliens, en saluant la «décision courageuse» d'Ariel Sharon de se désengager de Gaza.
Peut-être le début d'une prise de conscience.
Ivan Rioufol
© Le Figaro
(*) A ce propos, le livre d'Emmanuel Razavi, Frères musulmans dans l'ombre d'Al Qaeda, Éditions Jean-Cyrille Godefroy.
Mis en ligne le 18 mars 2005 sur le site www.upjf.org.
Le "printemps arabe", qui a gagné la Palestine et plus spectaculairement le Liban – plus d'un million de personnes lundi à Beyrouth pour défier la mobilisation deux fois moindre du Hezbollah – est dû à George Bush, et les peuples de la région le savent. Alors que les images des télévisions nous avaient habitués aux foules dénonçant le «colonisateur» israélien, l'opinion française découvre le terrible occupant syrien du Liban. Les médias commencent à ouvrir le procès des régimes totalitaires, sur lesquels ils fermaient hier les yeux pour ne comptabiliser que les méfaits d'Israël, démocratie honnie.
La France ne peut plus, décemment, continuer à se tromper d'adversaire. Sa place est à côté de ceux – chrétiens, musulmans, juifs – qui au Moyen-Orient rejettent l'idéologie islamiste et son impérialisme (*). Les premiers signes donnés cette semaine annoncent-ils une révision de sa trop indulgente «politique arabe» ? Mardi, Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères, a assuré que la France était aux côtés des Libanais. Reçu le même jour à Jérusalem, Jean-Pierre Raffarin a dit la même chose aux Israéliens, en saluant la «décision courageuse» d'Ariel Sharon de se désengager de Gaza.
Peut-être le début d'une prise de conscience.
Ivan Rioufol
© Le Figaro
(*) A ce propos, le livre d'Emmanuel Razavi, Frères musulmans dans l'ombre d'Al Qaeda, Éditions Jean-Cyrille Godefroy.
Mis en ligne le 18 mars 2005 sur le site www.upjf.org.











