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Soldats juifs en Iraq, Haaretz
Haaretz, 15/11/2004| www.haaretz.com/hasen/spages/501141.html |
Difficile de manger kasher quand on est dans les marines !
Le rav Irving Elson, aumônier israélite des marines américains, était en chemin pour dispenser un cours aux étudiants d’un séminaire rabbinique de New York quand il apprit qu’un officier juif figurait au nombre des marines tués dans la bataille de Falloujah.
Irving Elson, un moustachu de grande taille en uniforme des marines, récemment revenu du service actif en Iraq, s’efforce de persuader les futurs rabbins de s’engager dans les marines après leur "ordination". Il estime que « tout jeune Juif - ou Juive - qui obtient le titre de rabbin devrait souhaiter servir au sein des marines. »
« Croyez-moi, le défi que représente l’accomplissement de cette charge spirituelle au sein des forces armées, à gérer les besoins religieux des soldats juifs, est plus grand et fascinant que le rôle d’un rabbin dans une synagogue » affirme-t-il.
Irving Elson n’avait jamais rencontré le premier lieutenant Andrew K. Stern qui a été tué en septembre, mais il connaissait personnellement quatre autres marines juifs tués en Iraq. Il n’existe pas de décompte officiel des soldats juifs tués depuis le début de l’invasion de l’Iraq, La plaque d’identification des soldats indique leur nom, leur matricule, leur groupe sanguin et leur religion, mais celle-ci n’est pas mentionnée dans les rapports officiels.
« Certains soldats américains en Iraq ne révèlent pas leur identité juive, et d’autres sont juifs, mais ne se soucient pas de contacter leur aumônier » explique un représentant du bureau des aumôniers israélites à New York. Cela rend difficile l’estimation du nombre de soldats juifs tués en Iraq.
37 aumôniers militaires juifs sont en service actif, 11 dans l’aviation et 7 dans la marine. Le lieutenant commandant Irving Elson, 44 ans, achèvent ses 18 ans de service dans les marines.
Il a débuté comme aumônier militaire à la base d’Okinawa. De 1992 à 1994, il était le rabbin de la VIe flotte. « Nous avons visité Haïfa plusieurs fois » raconte-t-il. Pendant la guerre du golfe, il était en poste sur un porte-avions « loin de l’action réelle. »
Au début de la préparation de la guerre d’Iraq, il fut affecté à une unité d’artillerie de marine qui joua le rôle d’une tête de pont. Irving Elson estime que de 800 à 1 000 soldats juifs américains participent à la guerre. Sa première période en Iraq dura neuf mois, puis il y retourna en août 2004, pour revenir à sa base de San Diego en octobre.
Il y a environ 400 Juifs dans le corps expéditionnaire des marines. Irving Elson décrit son ministère auprès des soldats juifs en Iraq pendant les fêtes de Tishri comme une « expérience spirituelle » dont le souvenir l’accompagnera pour des années. Il était affecté à la base des marines aux abords de Falloujah, d’où il partait en jeep ou en hélicoptère pour visiter les soldats juifs.
Il a « "étiré" Rosh Hashanah sur cinq jours car [il] voulait faire les prières de la fête partout où [il] savait se trouver des marines juifs.. » Il a effectué 17 services de Rosh Hashanah, avec sonnerie du shofar. « À un endroit près du champ de bataille, j’ai sonné le shofar pour deux soldats juifs » raconte-t-il. À Kippour, malgré la terrible canicule, les marines juifs ont jeûné toute la journée.
« J’ai décidé de m’enrôler comme rabbin dans l’armée plutôt que de rechercher une synagogue parce que, dans l’armée, la religion est libre de politique explique-t-il. Entre soldats juifs, il n’y a pas de différence entre réformés, conservateurs ou orthodoxes. Je ne demande jamais à un soldat à quel courant il appartient. Dans l’armée, chaque Juif est traité de la même façon. »
Le seul reproche qu’adresse Irving Elson aux autorités militaires est le manque chronique de rations kasher. Une entreprise de Chicago prépare bien des rations de combat kasher, mais pour d’obscures raisons, il est difficile de s’en procurer. Irving Elson raconte que 3 000 de ces rations sont stockées dans une base du Koweït, mais que leur distribution est bloquée pour des raisons administratives. Il y a deux rations végétariennes dans chaque pack de douze, « et c’est ce dont je me suis nourri pendant des mois en Iraq. »
Irving Elson, titulaire de la médaille du mérite, marié et père de trois enfants, porte une kippa en tricot et parle l’hébreu appris pendant ses études à l’université hébraïque de Jérusalem.
Irving Elson rapporte que beaucoup d’officiers des marines admirent Tsahal : « Quand ils apprennent que je suis rabbin, ils me demandent si j’ai visité Israël et complimentent Tsahal. »
« Des marines juifs me demandent ce qu’il adviendra d’eux s’ils sont tués au combat, ou bien pourquoi leur ami, un si brave type, a été tué ? » Beaucoup de ces soldats sont des jeunes de 18 ou 19 ans, qui quittent les États-Unis pour la première fois.
« Récemment, un marine juif m’a demandé s’il pouvait dire le kaddish (la prière des endeuillés) pour un ami non juif qui venait d’être tué. Je lui ai répondu qu’il pouvait exprimer sa douleur comme il le souhaitait. Mais je lui ai recommandé de plutôt réciter des psaumes. »
Irving Elson, un moustachu de grande taille en uniforme des marines, récemment revenu du service actif en Iraq, s’efforce de persuader les futurs rabbins de s’engager dans les marines après leur "ordination". Il estime que « tout jeune Juif - ou Juive - qui obtient le titre de rabbin devrait souhaiter servir au sein des marines. » « Croyez-moi, le défi que représente l’accomplissement de cette charge spirituelle au sein des forces armées, à gérer les besoins religieux des soldats juifs, est plus grand et fascinant que le rôle d’un rabbin dans une synagogue » affirme-t-il.
Irving Elson n’avait jamais rencontré le premier lieutenant Andrew K. Stern qui a été tué en septembre, mais il connaissait personnellement quatre autres marines juifs tués en Iraq. Il n’existe pas de décompte officiel des soldats juifs tués depuis le début de l’invasion de l’Iraq, La plaque d’identification des soldats indique leur nom, leur matricule, leur groupe sanguin et leur religion, mais celle-ci n’est pas mentionnée dans les rapports officiels.
« Certains soldats américains en Iraq ne révèlent pas leur identité juive, et d’autres sont juifs, mais ne se soucient pas de contacter leur aumônier » explique un représentant du bureau des aumôniers israélites à New York. Cela rend difficile l’estimation du nombre de soldats juifs tués en Iraq.
37 aumôniers militaires juifs sont en service actif, 11 dans l’aviation et 7 dans la marine. Le lieutenant commandant Irving Elson, 44 ans, achèvent ses 18 ans de service dans les marines.
Il a débuté comme aumônier militaire à la base d’Okinawa. De 1992 à 1994, il était le rabbin de la VIe flotte. « Nous avons visité Haïfa plusieurs fois » raconte-t-il. Pendant la guerre du golfe, il était en poste sur un porte-avions « loin de l’action réelle. »
Au début de la préparation de la guerre d’Iraq, il fut affecté à une unité d’artillerie de marine qui joua le rôle d’une tête de pont. Irving Elson estime que de 800 à 1 000 soldats juifs américains participent à la guerre. Sa première période en Iraq dura neuf mois, puis il y retourna en août 2004, pour revenir à sa base de San Diego en octobre.
Il y a environ 400 Juifs dans le corps expéditionnaire des marines. Irving Elson décrit son ministère auprès des soldats juifs en Iraq pendant les fêtes de Tishri comme une « expérience spirituelle » dont le souvenir l’accompagnera pour des années. Il était affecté à la base des marines aux abords de Falloujah, d’où il partait en jeep ou en hélicoptère pour visiter les soldats juifs.
Il a « "étiré" Rosh Hashanah sur cinq jours car [il] voulait faire les prières de la fête partout où [il] savait se trouver des marines juifs.. » Il a effectué 17 services de Rosh Hashanah, avec sonnerie du shofar. « À un endroit près du champ de bataille, j’ai sonné le shofar pour deux soldats juifs » raconte-t-il. À Kippour, malgré la terrible canicule, les marines juifs ont jeûné toute la journée.
« J’ai décidé de m’enrôler comme rabbin dans l’armée plutôt que de rechercher une synagogue parce que, dans l’armée, la religion est libre de politique explique-t-il. Entre soldats juifs, il n’y a pas de différence entre réformés, conservateurs ou orthodoxes. Je ne demande jamais à un soldat à quel courant il appartient. Dans l’armée, chaque Juif est traité de la même façon. »
Le seul reproche qu’adresse Irving Elson aux autorités militaires est le manque chronique de rations kasher. Une entreprise de Chicago prépare bien des rations de combat kasher, mais pour d’obscures raisons, il est difficile de s’en procurer. Irving Elson raconte que 3 000 de ces rations sont stockées dans une base du Koweït, mais que leur distribution est bloquée pour des raisons administratives. Il y a deux rations végétariennes dans chaque pack de douze, « et c’est ce dont je me suis nourri pendant des mois en Iraq. »
Irving Elson, titulaire de la médaille du mérite, marié et père de trois enfants, porte une kippa en tricot et parle l’hébreu appris pendant ses études à l’université hébraïque de Jérusalem.
Irving Elson rapporte que beaucoup d’officiers des marines admirent Tsahal : « Quand ils apprennent que je suis rabbin, ils me demandent si j’ai visité Israël et complimentent Tsahal. »
« Des marines juifs me demandent ce qu’il adviendra d’eux s’ils sont tués au combat, ou bien pourquoi leur ami, un si brave type, a été tué ? » Beaucoup de ces soldats sont des jeunes de 18 ou 19 ans, qui quittent les États-Unis pour la première fois.
« Récemment, un marine juif m’a demandé s’il pouvait dire le kaddish (la prière des endeuillés) pour un ami non juif qui venait d’être tué. Je lui ai répondu qu’il pouvait exprimer sa douleur comme il le souhaitait. Mais je lui ai recommandé de plutôt réciter des psaumes. »
Shlomo Shamir, correspondant de Haaretz
© Haaretz, pour l’original, et upjf.org, pour la version française.
Mis en ligne le 16 novembre 2004 sur le site www.upjf.org.











