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BEYROUTH/LA MECQUE (Reuters) - La mort de Saddam Hussein, pendu samedi à Bagdad, a soulevé une vague d'indignation dans le monde arabo-musulman. A La Mecque, les pèlerins déplorent que les autorités irakiennes aient choisi de l'exécuter alors que débute l'Aïd el Adha, la fête du sacrifice et temps fort du calendrier musulman.
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"Son exécution le jour de l'Aïd (...) est une insulte pour tous les musulmans", a ainsi affirmé Nidal Mohamed Salah, un pèlerin jordanien.
La fête du sacrifice, qui coïncide avec le hadj, pèlerinage annuel de La Mecque, commémore l'acte d'Abraham, qui, selon la croyance, s'était résolu à sacrifier son fils à la demande de Dieu, lequel a finalement retenu sa main. Les fidèles la célèbrent en sacrifiant un mouton.
La charge symbolique de la date retenue pour l'exécution de l'ancien président irakien pourrait alimenter l'instabilité en Irak et ailleurs et les autorités saoudiennes craignent que son exécution ne donne lieu à des tensions entre pèlerins chiites et sunnites.
"C'est incroyable! Les choses ne vont pas s'arranger en Irak maintenant que Saddam est mort. La violence va s'aggraver et il y aura davantage de colère à l'égard de l'Occident", résume Abou Moustafa, venu de Syrie.
Au-delà de la Mecque, l'ensemble de la région a pu voir les images reprises par toutes les chaînes de télévision qui montrent le bourreau passant la corde autour du cou de l'ex-raïs.
"C'est le pire Aïd jamais vu par les musulmans. J'ai eu la chair de poule quand j'ai vu le reportage", affirme Rana Abdallah, une Jordanienne de 30 ans.
Seul Etat à exprimer sa solidarité avec le condamné, la Libye a décrété trois jours de deuil national et annulé les célébrations publiques de l'Aïd.
"PROVOCATION"
"Je n'ai aucune peine ou compassion pour l'homme, mais le moment choisi est stupide et les musulmans vont penser qu'il s'agit d'une provocation", estime Ehab Abdel-Hamid, romancier et membre de la rédaction du journal cairote, Al Doustour.
"L'opinion publique arabe se demande qui méritait d'être jugé et exécuté: Saddam Hussein, qui a préservé l'unité de l'Irak, son identité arabe et musulmane et la coexistence de ses différentes communautés (...) ou ceux qui ont plongé ce pays dans cette guerre civile sanglante?", s'interroge Abdel-Barri Atwan, du quotidien Al Quds al Arabi, publié à Londres.
Aucun débordement n'a été observé dans les rues des capitales arabes, où les fidèles semblaient davantage préoccupés par la célébration de ce jour de fête. Plusieurs milliers d'Indiens, musulmans pour la plupart, ont, en revanche, manifesté leur colère à l'égard des Etats-Unis.
Tadjeddine el Husseïni, professeur marocain de droit du commerce international, considère, lui aussi, que le "sacrifice symbolique" de Saddam Hussein", le jour où les musulmans égorgent un mouton, ne peut rien arranger.
"Il y a un risque que les baassites s'attaquent aux intérêts américains y compris hors d'Irak", souligne-t-il.
En Cisjordanie et dans la bande de Gaza, c'est une véritable onde de choc qui a suivi l'annonce de l'exécution. Nombreux sont les Palestiniens qui considéraient l'ancien dictateur comme un héros pour avoir défié Israël à coups de missiles Scud pendant la première guerre du Golfe.
"Les Américains veulent dire à tous les dirigeants arabes qui sont leurs valets qu'ils sont comme Saddam, rien d'autre que des moutons égorgés pour l'Aïd", affirme Abou Mohamed, interrogé à la sortie dune mosquée de Gaza.
Au yeux de Mouchir al Masri, député du Hamas au pouvoir dans les territoires, la pendaison de Saddam Hussein apporte la preuve que les Etats-Unis mènent une "politique criminelle et terroriste" et qu'ils sont en guerre "contre toutes les forces de résistance du monde".
Au Koweït, où le dictateur reste honni pour avoir envahi l'émirat en 1990, Ahmed al Chatti, fonctionnaire au ministère de la Santé, déplore que son procès ait été incomplet.
"Il n'a pas répondu des crimes commis pendant l'occupation", s'indigne-t-il.
© Boursier.com et Reuters
Mis en ligne le 30 décembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











