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Joumblatt dénonce une «tentative de putsch» et affirme que le gouvernement restera inébranlable
Agences de Presse
« Nous attendrons un mois ou deux, autant quils le voudront »
Le chef du PSP Walid Joumblatt a de nouveau accusé hier les partis de lopposition de se livrer à une « tentative de putsch » contre le gouvernement, invitant les partisans des forces du 14 Mars à réagir avec « calme » et se disant toujours en faveur du dialogue. Il a souligné que la majorité restera inébranlable et quelle était prête à « attendre un ou deux mois ».
M. Joumblatt sexprimait au cours dune conférence de presse, tenue à son domicile de Clémenceau, quelques heures avant le début de la manifestation de lopposition.
« Quils descendent dans la rue. Nous accrocherons tous les emblèmes du 14 Mars sur nos fenêtres », a lancé M. Joumblatt.
« Pourquoi cette détermination à faire échec au tribunal international ? Se sentent-ils quelque part coupables ? Pour notre part, nous répondons par la négative, en nous fondant sur le premier rapport de Detlev Mehlis, ainsi que sur le second, lorsquil a affirmé que la Mitsubishi qui a explosé au passage du convoi de Rafic Hariri nétait pas venue de la banlieue sud. Pourquoi alors cette insistance à protéger les assassins ? » sest-il interrogé.
« Je nai pas oublié les propos de Hassan Nasrallah (lors des séances de la conférence de dialogue au printemps dernier), lorsque le Premier ministre, Fouad Siniora, avait annoncé que lété sannonçait prometteur et quon attendait plus de deux millions de touristes. Nasrallah avait alors dit : mes armes ne saboteront pas la saison touristique. »
« Il est parti à la guerre et la saison touristique est partie avec lui, tout comme la croissance de 6 % prévue. Les ressources de lÉtat sont devenues nulles, nous sommes à la veille des fêtes, les hôtels sont vides, le désespoir sinstalle chez les Libanais et les jeunes du Liban sentassent par milliers aux portes des consulats pour émigrer », a-t-il relevé.
« Nous sommes aux portes de Paris III et ils ont décidé de descendre dans la rue. Quils descendent là où ils veulent. Mais nous nous interrogeons : que veulent-ils au juste ? Saboter léconomie ? Saboter Paris III, la 1701 ? Le tribunal international ? »
« Il y a aujourdhui un nombre impressionnant de soldats et de membres des FSI pour contrôler la manifestation et protéger les institutions officielles. Le but est-il donc de contraindre larmée à quitter le Liban-Sud, puis de sen prendre à la Finul ? En veulent-ils à la 1701 puisque celle-ci, en fin de compte, signifie lapplication de Taëf et donc larmistice de 1949, qui gèle létat de guerre entre le Liban et Israël ? », sest-il encore demandé.
« Souhaitent-ils donc garder éternellement le sud comme un théâtre de guerre ouverte pour que les habitants du sud soient des cartes négociables aux mains des régimes iranien et syrien ? »
« Que veulent-ils donc ? Le pouvoir ? Eux participent à toutes les décisions. Nous sommes ceux qui nont pas pris part à la décision de guerre et de paix », a-t-il dit.
M. Joumblatt a dautre part jugée « risible cette histoire des neuf individus, les gardes de corps de Pierre Daher, arrêtés alors quils sentraînaient aux armes ». « Cest tout de même surprenant, tout ce tapage, alors queux-mêmes (le Hezbollah) disposent dun arsenal de missiles. Quils gardent leurs missiles. Nous savons dailleurs que la frontière libano-syrienne est quasiment ouverte », a-t-il ajouté.
« Le régime syrien et certains de ses alliés feront tout pour torpiller le tribunal international et peut-être la résolution 1701. Quant à léconomie, elle est déjà torpillée et le sera encore davantage. Les usines, les banques fermeront. Les écoles aussi. Et tout cela semble ne pas les concerner. Voilà la situation à laquelle nous sommes parvenus. Cependant, nous allons faire face dans le calme, nous-mêmes, le 14 Mars, le Premier ministre Siniora et le patriarche Sfeir. Nous resterons chez nous, nous brandirons les drapeaux libanais et les emblèmes du 14 Mars et nous attendrons un mois ou deux, autant quils voudront. Le temps fait pression sur tout le monde, mais eux ont décidé de paralyser la vie publique, et nous, nous avons décidé de les écouter, de les regarder. Sils veulent revenir au dialogue, ils seront les bienvenus, parce que seul le dialogue peut nous sortir de cette crise. »
« Cest un spectacle étrange qui se présente à nous. Il y a un État légitime et, en son sein, il y a un État illégitime, et cest ce dernier qui veut renverser le premier. Voilà ce que nous appelons une tentative de putsch. Mais nous serons patients, et jappelle de nouveau tous les partisans et les Libanais au calme », a-t-il dit.
Interrogé par la suite sur le rôle de lIran, M. Joumblatt a dit : « Je pense quil y a un mois ou plus, le guide spirituel de lÉtat iranien (Ali Khamenei) sexprimait pour dire quil fallait renverser le gouvernement libanais. Spectacle ô combien spirituel, il avait à côté de lui une Kalachnikov. Un guide spirituel et une Kalachnikov ? Quel contraste ! »
« Nous avions, en principe, appris, dans lhistoire, que la révolution iranienne a eu lieu en réaction à la corruption et à la tyrannie. Pourquoi cette révolution contre le Chah veut-elle empêcher le Liban de vivre dans la dignité, la liberté et la justice ? À moins que mes informations historiques ne soient erronées et que le Chah ait été, en fin de compte, un homme juste », a-t-il conclu.
Mis en ligne le 02 décembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











