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Conférence sur le programme nucléaire iranien : menaces et perspectives
Norbert Lipszyc rend compte, de manière claire et détaillée du contenu de cette conférence et de quelques-unes des interventions des participants. Ce travail méritoire nous fait toucher du doigt les enjeux de lentêtement de lIran à acquérir larme atomique et la difficulté de lempêcher sans déclencher des réactions violentes tant de lIran lui-même que des Shiites dans le monde. A lire et à diffuser (Menahem Macina).
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Gulf Intelligence Monitor
Mardi, 20 septembre 2005
PROGRAMME
Première partie : Les différents aspects de la question nucléaire iranienne
- Edith Cresson : La perspective de voir un Etat intégriste se doter de la bombe atomique
- André Glucksmann : L'Iran et la logique de dissuasion nucléaire
- Bruno Tertrais : La bombe iranienne : Pourquoi ? Et quand ?
- Georges Le Guelte : La prolifération dans le monde et le programme nucléaire de l'Iran
- Mohamed Mohadessine : La face cachée du programme nucléaire de l'Iran
Deuxième partie : L'approche adéquate
- Claude Goasguen : Les risques que représentent les ambitions nucléaires de l'Iran
- François Loncle : Que doivent faire la France et l'Europe ?
- Frédéric Encel : L'approche géopolitique
- Raymond Tanter : La diplomatie coercitive
- Amiral Michel Darmon : Le besoin de fermeté
- Sid-Ahmed Ghozali : Une vue globale
- Conclusion
Présentation des intervenants:
- Edith Cresson : Ancien Premier Ministre de la France, ancien Commissaire de l'Union Européenne
- Amiral Michel Darmon : Expert des questions de défense, Président honoraire de "France-Israël".
- Dr Frédéric Encel : Professeur de géopolitique, "Paris Graduate School of Management".
- Sid-Ahmed Ghozali : Ancien Premier Ministre de l'Algérie.
- Claude Goasguen : Député de Paris, ancien Ministre.
- André Glucksmann : Philosophe.
- Dr Georges Le Guelte : Directeur de recherche, Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS).
- François Loncle : Vice-président de la Commission des affaires étrangères à l'Assemblée Nationale.
- Mohamed Mohadessine : Président de la Commission des affaires étrangères du CNRI, auteur du livre "Islamic Fundamentalism : The New Global Threat".
- Prof. Raymond Tanter : Ancien membre du Conseil de sécurité Nationale aux Etats-Unis, co-président de "Iran Policy Committee"
- Dr Bruno Tertrais : Directeur d'étude stratégique de défense, Strategy Research Foundation (FRS).
Compte-rendu par Norbert Lipszyc
Introduction
Il ma été donné dassister à un très intéressant colloque sur le thème du programme nucléaire militaire de lIran. On ne peut que regretter labsence de journalistes et de personnels politiques dans lassistance. Il faut noter dans cette assistance, la présence de nombreux Israéliens.Deux thèmes principaux ont été abordés par chacun des participants, chaque fois sous un angle différent :
1. Le caractère dangereux du programme nucléaire iranien, ou pourquoi il est indispensable dempêcher lIran actuel dacquérir des armes nucléaires
2. Comment réagir face à cette menace et quelles solutions existent pour atteindre cet objectif reconnu comme essentiel.
1 - Les dangers dun Iran nucléaire
Tous les intervenants sans exception ont souligné à quel point le régime actuel en Iran est dangereux :
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Il demeure lun des premiers soutiens du terrorisme, malgré sa modération en Irak.
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Il utilisera ses armes nucléaires sil en développe : les menaces de tous les dirigeants iraniens sont claires, il sen servira, en première frappe pour détruire Israël. Comme la déclaré layatollah suprême, peu importe quIsraël ait la capacité de répondre en deuxième frappe, 15 millions dIraniens mourront en martyrs, et cest peu de chose pour un monde musulman de plus dun milliard de personnes pour se débarrasser enfin de 5 millions de Juifs.
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LIran se dotant darmes nucléaires, cen est fini du traité de non prolifération, à commencer par tous les voisins de lIran, Turquie, Egypte, Arabie Saoudite, qui immédiatement entreprendront de se doter eux aussi darmes nucléaires.
La nécessité dempêcher lIran de développer des armes nucléaires résulte de cette situation, alors que, comme lont affirmé Edith Cresson et Bruno Tertrais, le régime des ayatollahs a fait « le choix stratégique de défier le monde entier ».
Pourquoi lIran naurait-il pas le « droit comme les autres » de développer un armement nucléaire, vu que ses principaux voisins, Inde, Pakistan et Israël se sont dotés darmes nucléaires ? La réponse est, là aussi, stratégique : ces pays, non signataires du traité de non prolifération, le TNP, utilisent la dissuasion nucléaire, ou équilibre de la terreur comme cela a fonctionné entre le monde communiste et le monde occidental pendant 45 ans. LIran na pas pour objectif léquilibre de la terreur, mais la terreur elle-même : pour ses dirigeants « le martyre est lidéal ».
1.1 Raisons stratégiques dempêcher lIran datteindre ses objectifs nucléaires
Cest André Glucksman qui a développé 6 raisons - 4 stratégiques et 2 idéologiques, pour aller « jusquau bout du jeu » consistant à empêcher lIran dacquérir des armes nucléaires. Ce sont des raisons extrinsèques liées à la nature du régime et intrinsèques au nucléaire lui-même.
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Un doigt de plus sur, la gâchette nucléaire rend le jeu international dautant plus dangereux.
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Une puissance néophyte arrivant au nucléaire ne dispose pas de « 2ème frappe ». Donc elle aura un comportement de risque dautant plus fort : il faut tirer le premier, comme dans un western, pour éviter que lautre, qui en a la capacité, ne détruise son armement nouveau. Une telle puissance sera donc plus aventuriste.
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La puissance nucléaire dun pays qui soutient le terrorisme revient à une sanctuarisation des groupes terroristes : on ne peut plus attaquer les chefs et organisateurs, protégés par le bouclier nucléaire de leur protecteur.
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Quand un nouveau arrive dans le club nucléaire, ses voisins veulent en faire autant, et cela entraînera rapidement une multitude dautres doigts sur la gâchette.
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Plus il y a de puissances nucléaires et plus triomphe lidée que le nucléaire est indispensable pour être une puissance respectée, lidée quil ny a pas de puissance sans nucléaire. Plus triomphe lidée que la puissance cest le pouvoir de détruire, pas celui de construire.
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LIran est une dictature fanatique, dangereuse en elle-même car elle reporte systématiquement sur la politique extérieure toutes les tensions de sa politique intérieure. Cest dautant plus dangereux quand cela saccompagne de machisme et de goût pour le martyre.
André Glucksman rappelle, à ce propos, que Rafsandjani, le « modéré », partageait lidée de Mao sur la guerre nucléaire : « vitrifier son ennemi, même si on perd un tiers de sa population, car on sort alors vainqueur ». Cest ce que Bruno Tertrais a appelé « la terreur sans équilibre ».
Le programme nucléaire iranien remonte au temps du Shah qui, à cette époque, se voyait devenir la quatrième puissance mondiale. La mise en place dun programme nucléaire civil résultait alors à la fois dune question de prestige international et dune vision sur la modernisation du pays et, déjà, de la préparation des temps de laprès-pétrole. En fait, on a entendu en Iran le même discours que celui que tenait la France, sous de Gaulle, et quont, par la suite, tenu lInde et le Pakistan. Mais lIran a signé le TNP [Traité de Non-Prolifération Nucléaire], chose que ces autres pays nont pas faite.
Le discours de lIran, à propos du nucléaire, a évolué dans le temps. Il y a eu volonté de se protéger face au déploiement militaire américain dans la région, depuis la première guerre du Golfe ; volonté de projeter sa puissance jusquà la Méditerranée pour équilibrer les puissances nucléaires à lest ; volonté de préparer laprès-pétrole, et même volonté dacquérir la capacité sans lexercer, au modèle japonais. Mais, dans tous les cas, le discours est en contradiction avec les engagements signés par adhésion au TNP, et il y a volonté de tromper le monde entier.
1.2 La réalité du danger
La réalité du risque de lIran séquipant darmes nucléaires ressort des documents de lAIEA et de lONU.
La résistance iranienne a dénoncé ce programme secret, qui date dau moins 20 ans. Il a été confirmé par les inspecteurs des Nations Unies, pour au moins la moitié des sites mentionnés par la résistance iranienne. Pour les autres sites mentionnés par celle-ci, on ne dispose, à ce jour, daucune information.
Comme la confirmé Bruno Tertrais, durant ces 20 années, les Iraniens ont caché beaucoup dactivités qui nont de sens que dans le cadre dun programme nucléaire militaire, et sont sans intérêt pour le nucléaire civil. LIran dispose aujourdhui de suffisamment duranium pour construire, une fois cet uranium enrichi, 5 à 6 bombes de puissance moyenne. Combien y a-t-il de centrifugeuses, y en a-t-il de type 2, savent-ils construire des cascades de centrifugeuses ? Les réponses à ces questions conditionnent le temps nécessaire à lIran pour fabriquer sa première bombe. Les estimations varient de quelques mois, selon les Israéliens, à 7-8 ans, selon le gouvernement français, ou de 5 à 10 ans, selon le gouvernement américain. En ce qui concerne lestimation israélienne, il faut la nuancer, car ce que les Israéliens affirment cest que le point de non-retour sera atteint dici 6 mois.
Sur le plan technique, selon Bruno Tertrais, si lIran dispose dune cascade de centrifugeuses de type 1, ce pays peut produire une bombe en 2 ans ½. Sil dispose déjà dune cascade secrète de centrifugeuses de type 2, 6 mois sont suffisants.
Ces délais sont importants pour décider de laction à entreprendre pour forcer lIran à respecter ses engagements.
1.3 Pourquoi est-il nécessaire dempêcher lIran dacquérir des armes nucléaires
Largument avancé par lIran, selon lequel ce pays voudrait se doter de la capacité nucléaire sans la mettre en uvre, comme le Japon, ne tient pas. Le programme nucléaire militaire iranien est, depuis le début, sous la responsabilité des Gardiens de la Révolution. La venue au pouvoir dun président, responsable, durant des années, des activités terroristes de lIran à létranger, émanant de cette organisation, qui ne répond quà layatollah suprême marque la volonté claire de celui-ci daller au bout de son programme nucléaire.
Il y a essentiellement trois types de raisons pour lempêcher daller jusquau bout, et tous les participants ont été daccord sur ces raisons, les divergences étant apparues au niveau des actions à entreprendre.
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Le problème de la prolifération nucléaire dans le monde
Toute prolifération augmente les risques dune guerre nucléaire, que ce soit par accident, ou suite à la prise du pouvoir par un groupe terroriste, et ceux dune guerre dagression de type classique. Elle augmente aussi les risques de terrorisme nucléaire.
Selon Georges Le Guelte, 8 états ont aujourdhui une capacité nucléaire, 5 dentre eux ont signé le TNP, sengageant à démanteler ces armes, mais sans prendre la moindre mesure en ce sens, et 180 états ont signé le TNP. La Corée du Nord est de ceux-là, et se pose la question de la réalité de « sa bombe ». Mais ce pays raisonne en termes de pérennisation de son régime, le nucléaire nétant quun moyen de dissuasion, et les discussions en cours ont pour objet déchanger cette capacité nucléaire contre dautres moyens de pérennisation.
Donc, malgré ses imperfections, le TNP a fonctionné. Cest toute cette construction que, selon Georges Le Guelte, lIran menace de détruire. Si elle y réussit, cest lanarchie généralisée qui se met en place et de très nombreux pays chercheront, à leur tour, à acquérir larme nucléaire, une vingtaine au moins pouvant le faire à court terme (4 à 5 ans).
« Le pire serait donc de laisser lIran acquérir larme nucléaire ».
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Le risque terroriste
Un armement atomique iranien se traduirait par un parapluie nucléaire accordé à la Syrie. Quel serait alors le comportement de cette dernière ?
Mais le facteur de risque principal aujourdhui est la déclaration du nouveau président, Ahmadinejad, soutenu par layatollah Ali Khamenei, qualifiant le nucléaire de « don de Dieu ». Une telle arme entre les mains de ceux qui promeuvent et organisent activement le « martyre » est un risque majeur pour le monde. Edith Cresson a rappelé que lIran a lancé un vaste programme de recrutement de volontaires pour perpétrer des attentats-suicide et mis en place une école pour eux, où déjà des centaines de candidats au martyre sont en cours de formation. Elle a aussi insisté sur le fait que 18 des 21 ministres du nouveau gouvernement sont danciens pasdarans.
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Le risque de sen servir
La volonté daller au bout du programme et dacquérir des armes, et pas seulement la capacité, ressort clairement des dernières déclarations du gouvernement iranien. Par ailleurs, lIran dispose des vecteurs nécessaires pour atteindre Israël et lEurope. Elle vient encore de le montrer lors de sa dernière parade militaire, où sa volonté de sen servir a été affichée au point de forcer les délégations européennes à quitter la parade. Frédéric Encel a été le plus clair dans ses analyses à ce sujet : si lIran acquiert la bombe atomique elle sen servira contre Israël, et elle exercera un chantage nucléaire envers lEurope.
« Le régime est fondamentalement dangereux, tant sur le plan domestique que sur le plan international. Posséder une arme nucléaire, "au nom de Dieu", est extrêmement dangereux. »
2 - Stratégies pour empêcher le régime des ayatollahs dacquérir des armes nucléaires
Les participants ont identifié essentiellement trois approches :
o Lapproche diplomatique, aboutissant à une saisine du Conseil de Sécurité de lONU
o La frappe militaire
o Le changement de régime en Iran.
Ces trois approches ne sont pas incompatibles entre elles, mais peuvent être complémentaires et se renforcer lune lautre.
Il faut noter lunanimité des participants sur la fermeté nécessaire. Les politiques présents, de François Loncle, à gauche, à Claude Goasguen, à droite, se sont félicités de la « fermeté » manifestée par la France, lUE et la « troïka », qui négocient avec lIran pour obtenir larrêt de son programme nucléaire militaire. Le point sur lequel ils divergent est celui des mesures qui seront effectivement efficaces.
2.1 Lapproche diplomatique
Edith Cresson et François Loncle, ont affirmé que cette approche aboutirait à la saisine du Conseil de Sécurité et que cela amènerait le régime iranien à stopper son programme militaire. Claude Goasguen a aussi insisté sur le travail que les politiques devraient faire pour préparer lopinion publique et lui faire comprendre limportance de lenjeu.
Aucun ne croit en la possibilité dun embargo, qui serait totalement inefficace. Mais seul Claude Goasguen pense que lapproche diplomatique nest pas suffisante et que la saisine du Conseil de Sécurité naboutira pas au résultat escompté.
Saisine du Conseil de Sécurité
Même si cette saisine a finalement lieu et si la Russie comme la Chine finissent pas saligner sur lOccident pour condamner lIran, Frédéric Encel rappelle les conditions de cette condamnation :
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Soit elle se fait au titre du Chapitre 6, ce qui revient à dire à lIran que ce quil fait est très vilain, mais aucune sanction naccompagne la condamnation.
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Soit elle se fait au titre du chapitre 7, ce qui entraîne des sanctions automatiques et rend possible une intervention militaire.
Raymond Tanter, co-président du Committee on Iranian Policy (CIP), rappelle limportance quil faut attacher à la crédibilité de laction des Occidentaux : « Si les autres pays de la région ne croient pas en la détermination de lOccident darrêter lIran, la Turquie, lEgypte et lArabie Saoudite commenceront immédiatement à planifier leurs programmes respectifs pour acquérir des armes nucléaires ».
A lAIEA, les négociations sont délicates car Mohammed El Baradeï, très énervé par les violations de lIran, devait se restreindre pour ne pas mettre en danger sa propre réélection. Pour laider, le CIP a publié dans la presse toutes les activités nucléaires iraniennes identifiées et tout ce qui a été révélé par la résistance iranienne. Mais il doute, lui aussi, que la saisine du Conseil de Sécurité aboutisse à un résultat.
[Note du rédacteur : depuis le colloque, Mohamed El Baradeï a été réélu, dautres analystes recommandent des sanctions (Alexandre Adler, dans Le Figaro), et même la Russie a haussé le ton, Moscou mettant en garde le régime des mollahs : « Rien ne pourra justifier l'arrêt de notre coopération (en matière de nucléaire civil), mais si des motifs surgissent dans le domaine juridique international, nous pourrions revenir sur nos positions », a indiqué le chef de l'Agence russe pour l'énergie atomique, dans une intervention au cours d'une conférence de presse, mardi. Face à cela, lIran a encore haussé le ton et le parlement iranien a décidé de se retirer du Protocole Additionnel au Traité de Non-Prolifération. Ce protocole autorise notamment les inspections inopinées des installations nucléaires.]
Il ne reste donc que les deux autres options :
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Le changement de régime, qui passe par une assistance forte à la résistance iranienne, prônée par Raymond Tanter et Claude Goasguen.
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La frappe militaire.
2.2 La frappe militaire
Qui pourrait la réaliser ?
La réponse de Frédéric Encel est claire :
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LEurope NON, elle ne se vit pas comme puissance et ne sen est pas donné les moyens.
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Les Etats-Unis sont réticents, car ils sont trop impliqués en Irak, où lIran leur a objectivement facilité la vie jusquà présent, et ils pensent quil ny a pas urgence. Lévolution irakienne sera la clé : si lIran se met à provoquer une agitation forte qui compromette lévolution de lIrak vers un Etat stabilisé, il ny a plus alors de raisons de se retenir, et la frappe militaire devient une option forte. Léquilibre est fragile pour les uns comme pour les autres. Mais ce pays a largement les moyens de détruire ces installations nucléaires iraniennes car ce serait le travail de laviation, qui nest pas impliquée en Irak.
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Israël. Tous saccordent à dire que ce pays ne pourra pas permettre laccès de lIran aux armes nucléaires, il a trop à perdre. Mais le peut-il ?
Conditions techniques dune frappe militaire
Les 24 sites nucléaires iraniens identifiés sont, pour la plupart, enterrés et situés au cur de zones de population. Les moyens techniques ont été acquis par Israël pour pouvoir toucher les sites enterrés, mais les pertes dans la population civile environnante seraient terribles. Les réactions risquent donc de coûter très cher, par recours massif au terrorisme dans le monde entier. Il est donc de lintérêt du monde dempêcher quon en vienne à cette extrémité. Comme y ont insisté Raymond Tanter et Claude Goasguen, « la seule manière darrêter les Israéliens est daccélérer le changement de régime en Iran. Pour cela, il faut cesser de considérer les résistants iraniens comme des terroristes ».
Selon Claude Goasguen, ceci est essentiel, car lattaque des sites nucléaires iraniens ferait tant de victimes quelle provoquerait une explosion de tout le monde chiite, qui mettrait à bas lapprovisionnement en pétrole de lOccident, ainsi que celui de la Chine.
2.3 Le changement de régime en Iran
Lamiral Darmon rappelle que « lAIEA avait donné à lIran jusquau 30 octobre pour se soumettre, sinon il y aurait saisine du Conseil de Sécurité », mais cétait en 1983, et depuis, il ne sest rien passé. La crédibilité de la menace de saisine brandie par la France et lEurope est donc nulle. De plus, comme la France ajoute quelle oeuvrera pour un Moyen-Orient débarrassé de toute arme nucléaire, elle met lIran et Israël sur le même plan et perd ainsi toute crédibilité. La menace est déclarée du côté iranien, et lEurope a adopté une attitude essentiellement munichoise. Selon lui, « loption militaire sera le prix à payer pour la lâcheté des Occidentaux consistant à ne pas soutenir la résistance iranienne».
Sid Ahmed Ghozali, ancien ministre algérien, insiste, lui aussi, sur cette lâcheté qui leur a fait détourner les yeux quand les islamistes massacraient 150000 Algériens. Selon lui, la dangerosité du régime iranien est évidente, et dabord pour les populations iraniennes elles-mêmes, puis pour le monde musulman, tout autant que pour lOccident. Ahmed Ghozali estime également que la solution passe par laide à apporter aux peuples pour quils se débarrassent de leurs tyrans. Il demande que lOccident apporte son aide à la résistance iranienne.
Dune certaine manière, une course contre la montre est engagée entre loption militaire et celle du changement de régime en Iran.
Le changement de régime ne peut se faire que par une révolution intérieure, impliquant que lon en donne les moyens à la résistance iranienne. Selon Frédéric Encel, une voie médiane existe : lattaque sur les sites nucléaires ferait de tels dégâts dans la population, quelle provoquerait une révolte chiite en Irak contre les Américains. Si les Américains voient quune telle attaque devient imminente, ils peuvent donc décider de mener une action militaire contre les soutiens du régime, cest-à-dire toutes les bases de pasdarans, qui, elles, ne sont pas proches des centres de population, facilitant alors la voie pour un changement de régime rapide.
Conclusion
Au terme de ce colloque, il apparaît que le danger dun Iran nucléaire est réel et important, et que largument « Pourquoi lIran naurait-il pas le droit de maîtriser le nucléaire comme les autres ?» ne tient pas. Il est aussi évident que lIran aujourdhui ne croit pas à la détermination de lOccident à larrêter, et que son nouveau gouvernement est décidé à aller de lavant, au mépris de tous ses engagements, en se cachant derrière le nucléaire civil. LOccident croit-il réellement avoir le temps ? Là est toute la question. Aura-t-il le temps, une fois décidé à agir, à provoquer le changement de régime, ou ira-t-on à lexplosion ? La question est posée.
Norbert Lipszyc
Note de la Rédaction d'upjf.org
Voir aussi le bref compte-rendu de Iran Focus (23 septembre 2005)
Mis en ligne le 03 octobre 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org











