Samedi 25 juin 2005
« Plus personne ou presque ne croit encore à une "Révolution islamique" vieille d'un quart de siècle. Les Iraniens aspirent massivement à la modernité et à la démocratie... L'Iran finira bien un jour par se libérer de l'islamisme comme d'autres peuples sont sortis du communisme ».
Ainsi s'exprimait Eric Dupin, ancien journaliste de Libération et essayiste le vendredi 17 juin. Eric Dupin avait tout prévu, sauf le nom de celui qui aujourd'hui peut mener l'Iran au bord de l'abîme et la terre entière avec lui.
L'Iran a choisi à plus de 61 % un homme qui promet une République Islamique exemplaire et forte.
Le ministre allemand des affaires étrangères, Joschka Fisher est le seul, avec Washington, à émettre des doutes sur la validité du scrutin. Les autres, Douste Blazy en tête se contentent d'émettre des souhaits de voir l'Iran se conformer un peu plus à ses obligations en matière nucléaire.
Nul doute que l'effarement doit habiter l'esprit des dirigeants de la quatrième puissance pétrolière du monde devant les menaces à peine voilées de la diplomatie française. Poutine, quant à lui, vise les pétrodollars et a promis une aide accrue de la Russie au nouveau maître de l'Iran.
Bref, comme nous l'indiquions sur Primo il y a quelques jours (lire), voici l'Iran qui vote à une écrasante majorité pour un régime islamiste dur et rejette le modéré Rafsandjani, celui tout de même sous le règne duquel on exécutait, lapidait et pendait haut et court hommes et surtout femmes soupçonnées de conduite immorale.
Le maire ultraconservateur de Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad, a remporté, haut la main, la présidentielle en Iran et promis de faire du quatrième producteur mondial de pétrole un Etat islamique "exemplaire et puissant".
Et c'est aussitôt le marasme dans les chancelleries. Et à juste titre. La classe politique internationale vient de faire la preuve, une fois de plus, qu'elle n'a rien compris à l'irrationnel véhiculé par l'Islamisme.
Les négociations sur l'armement nucléaire iranien ne sont pas près d'aboutir. Il faut même s'attendre à un sacré tour de vis et à une série de purges dans les administrations iraniennes, trop embourgeoisées et favorables à l'adversaire déconfit selon le nouveau maître de Téhéran.
L'hypothèse d'un Iran puissance nucléaire est le pire cauchemar de la communauté internationale. Depuis ce soir, ce cauchemar est devenu réalité.
Pierre LEFEBVRE
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