29 juin 2005
Depuis deux ans, l'Union Européenne négocie avec l'Iran pour obtenir l'abandon de son programme nucléaire militaire. Cette négociation a servi d'écran pour gagner du temps et lui permettre d'arriver à un point de non-retour. Dans le but de critiquer la prétention de l'Europe à se doter d'un ministre des affaires étrangères, nous écrivions que, dans cette affaire - les intérêts (mal compris) des nations européennes étant contradictoires -, «ce ministre négocierait pendant des mois avec les 25 ou les 27 pays pour uniformiser leurs positions et, l'unanimité n'étant pas obtenue, l'Europe laisserait faire. Certes, elle ne manquerait pas de répéter, à l'envi, qu'elle constitue le «grand ensemble susceptible de faire face aux Etats-Unis». Espérons qu'en la circonstance, elle n'ait pas à le regretter !»
Il est déjà trop tard pour le regretter ! Nous savons, avec certitude, que ce pays dispose d'ogives de lancement d'une portée de
Dans son livre sur
Ainsi a-t-il fallu moins de quatre ans pour que - l'Allemagne ayant obtenu de
Churchill insistait sur l'erreur qui consiste à nourrir chaque matin le crocodile dans l'espoir d'être le dernier avalé [1]. Quel Etat les nations européennes accepteront-elles de sacrifier, une fois encore, inutilement ? Nous connaissons la réponse.
Aucun doute, «l'esprit du Léviathan rôde» (Yves Roucaute). C'est pourquoi, la plus grande fermeté s'impose à l'égard de l'Iran. Ce pays ne doit pas être l'arrière-cour du terrorisme, mais surtout il ne doit pas posséder l'arme atomique, puisque aucun pays ne songe à le détruire, sauf si, justement, il devenait menaçant de par la possession de cette arme.
Pour peu de temps encore, les nations occidentales disposent de quelques faibles moyens pour l'en dissuader : l'embargo, y compris sur le pétrole. Mais elles ne doivent pas écarter l'impérieuse nécessité de se protéger par tous les moyens. Répétons-nous que ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le revivre.
© Gabriel Lévy
Note de
[1] La phrase de Churchill disait exactement : «Être conciliant [avec l'ennemi], c'est comme nourrir un crocodile, dans l'espoir qu'il vous mangera en dernier.»
Mis en ligne le 29 juin 2005, par M. Macina, sur le site http://www.upjf.org.











