24/06/2005
Sous le titre "Pétition en solidarité à Morin, Naïr et Sallenave", le CRIF publie un communiqué tout en finesse. Au lieu de s'insurger contre le mensonge patent, émis sans complexe dans la pétition de Libération - «les critiques s'adressent non à un peuple mais à un occupant» -, le communiqué du CRIF met en gras les emplois des termes collectifs et générateurs d'amalgames : «peuple» et «juifs», d'autant plus irréfutables et dépourvus de toute ambiguïté, qu'ils sont cités dans leur contexte et extraits de plusieurs passages de l'article qui a valu à leurs auteurs une condamnation bien méritée pour propos racistes. C'est donc à tort que les auteurs posent en victimes : par leur propre choix des termes évoqués, ils ont bel et bien imputé la responsabilité des exactions qu'ils dénoncent à l'ensemble du peuple juif, et, sans doute afin que nul ne se méprenne ou n'ergote sur la notion de peuple, aux Juifs, en tant que collectivité. Menahem Macina.
24 juin 2005
Libération publie une pétition en solidarité avec Edgar Morin, Sami Naïr et Danièle Sallenave. 150 personnes soutiennent les auteurs de l'article, «Israël-Palestine : le cancer», paru dans le Monde du 4 juin 2002, et pour lequel ils ont été condamnés par la cour d'appel de Versailles - qui considérait deux passages du texte comme étant une diffamation raciale. Les signataires, dont Franz-Olivier Giesbert, Daniel Pennac,
Selon la cour d'appel de Versailles, les passages suivant constituent une «diffamation raciale» :
- « On a peine à imaginer qu'une nation de fugitifs, issus du peuple le plus longtemps persécuté dans l'histoire de l'humanité, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations en peuple dominateur et sûr de lui, et à l'exception d'une admirable minorité, en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier. »
- «Les juifs d'Israël, descendants des victimes d'un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les Palestiniens. Les juifs qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, persécutent les Palestiniens. Les juifs qui furent victimes d'un ordre impitoyable imposent leur ordre impitoyable aux Palestiniens. Les juifs, victimes de l'inhumanité, montrent une terrible inhumanité. Les juifs, bouc-émissaires de tous les maux, «bouc-émissarisent» Arafat et l'Autorité palestinienne, rendus responsables d'attentats, qu'on les empêche d'empêcher.»
© CRIF
Remarque de M. Macina
Voir également l'article de Tom Gross: "'Le Monde' condamné pour antisémitisme: la Presse se tait".











