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Faut-il se méfier de Jacques Chirac ? par V. Perez
Mitterrand disait de Jacques Chirac qu'il est imprévisible. D'autres attestent de son attitude de girouette, qui donne raison au dernier qui parle. Pourtant, en ce qui concerne Israël et son peuple, il est d'une régularité exemplaire. Lorsqu'on établit le bilan de ses décisions concernant le proche orient, depuis le début de ses mandats en tant que Premier ministre puis Président, se pose indubitablement la question: est il une menace pour Israël? Sans conclure, pour autant, que son action politique a comme objectif l'affaiblissement d'Israël, ses postures, son inimitié, ses discours, ses choix politiques ou encore ses décisions, soulèvent l'inquiétude des israéliens, des diasporas juives et de leurs amis. Les quelques exemples suivants confirment notre appréhension.1. La vente de la centrale nucléaire Osirak à Sadam Hussein, "le de Gaulle irakien", selon les Chiraquiens de l'époque, fut empreinte d'une inconséquence totale, car l'idéologie de ce despote était connue, et nul n'ignorait sa soif de combattre l'existence d'Israël. Lui céder la maîtrise de l'atome, créait un risque, que Menahem Begin refusa d'assumer, en 1981.
2. Sa provocation, lors de son unique visite officielle en Israël, à l’égard de l'officier de police chargé de sa sécurité, dans la vieille ville de Jérusalem pendant un bain de foule palestinien, illustre son peu de respect de l'autorité israélienne. Emise sur un ton fort peu courtois, la menace de son retour immédiat en France avait pour seule visée la dénonciation des "abus" du gouvernement israélien et de son Premier ministre d’alors, Benjamin Natanyaou, dans les territoires 'occupés', qu'il considérait et considère toujours comme palestiniens.
3. La réception à l'Élysée du président Hafez el Assad a octroyé, de facto à la Syrie, une étiquette de pays fréquentable. Bien qu'aucun changement important dans la politique de ce pays n’ai été discernable par la suite, le déplacement présidentiel pour l'enterrement du dictateur, et le renouvellement d'une invitation à l'Élysée au successeur Bachar el Assad, consolidèrent des relations avec l'occupant du Liban, qui annihile systématiquement toutes possibilités de paix dans la région, en encourageant les factions palestiniennes et/ou le Hezbollah à harceler Israël.
4. La convocation du Premier ministre Lionel Jospin, de retour d'une visite à l'université palestinienne de Bir Zeit, en réaction à sa dénonciation du Hezbollah comme étant une organisation terroriste, puis l'exigence de la mise qu’elle soit ôtée de la liste noire européenne, ne pouvait que compliquer des relations déjà tendues entre Israël et la France.
5. L’absence de réaction de la Présidence, quand l'ambassadeur Français en Grande-Bretagne traita Israël de "petit pays de m....", témoigne de l'acceptation implicite de cette déclaration, et le débat parmi les proches de l'Élysée à propos de l'existence d'Israël comme "parenthèse de l’histoire" renforce le trouble évoqué.
6. Le fait d’avoir laissé exclure la francophonie, d'un pays tel qu’Israël, qui compte près d'un million de francophones frisait la ségrégation.
7. Les applaudissements du Président Français, lors du dernier sommet organisé au Pays des Cèdres (qui avait comme objectif premier le rassemblement d'un maximum de peuples autour de la culture française) au discours du Président Émile Lahoud appelant à la destruction d'Israël laissent plus que perplexes.
Et la liste n’est pas exhaustive. Si l'on complète ce tableau, par son inimitié personnelle envers Ariel Sharon et ses accusations formelles quant à la responsabilité de ce dernier dans le déclenchement de l'Intifada armée, et par son insistance, lors des accords de Paris, à pousser Yasser Arafat à l'intransigeance, par son engagement à empêcher la chute du régime irakien (qui n'aura aucun scrupule si une occasion se présente, à inonder Israël de gaz chimiques), et par son abstention, lors du vote pour la présidence de la commission des droits de l'homme, la crainte de conséquences déplaisantes pour le peuple israélien ne peut que s'accroître.
Le 21 Avril 2002, le peuple français c'est trouvé devant un choix de société, avec, pour futur président, Jacques Chirac ou Jean-Marie Le Pen.
Le 5 mai 2002, les Juifs Français, avec la majorité de la population ont choisi, comme toujours, le camp de la démocratie. Ils aspirent, en échange, à voir leur deuxième patrie bénéficier d'un rapprochement avec une France qui ne succombe pas à une politique insensée, car excessivement pro-arabe.
Victor PEREZ











