[Récemment, la Télévision nationale suisse a consacré un bref reportage à cette affaire. Cliquez ici, pour visionner la vidéo. Vous pouvez également signer LA PETITION [voir, ci-après: 5. Annexe] demandant à la justice suisse de se pencher sur ce cas douloureux et complexe, sans se retrancher derrière la lettre de la loi, mais en cherchant uniquement l'intérêt de l'enfant.]
08/09/07


Shaï C., professeur de gymnastique, s'est mué en apôtre de la venue imminente du Messie, et parcourt les rues de Tel Aviv en rollers pour l'annoncer.
Le croiriez-vous ? Ce grand gaillard au look de Loubavitch - il est adepte de ce mouvement messianique - est le même homme que celui qui figure sur la photo qui précède, prise au beau temps où Shaï était encore un sain, jeune, et beau moniteur israélien de gymnastique. Le cliché ci-dessus le représente en "tenue de travail" - à savoir, en pleine action de prozélytisme en faveur de la venue proche du Messie. Chaussé de rollers et arborant un drapeau jaune frappé d'une couronne, sous laquelle est écrit un seul mot hébreu : "Mashiah" (Messie), le jeune Loubavitch glissant élégamment dans les rues de Tel Aviv en brandissant son étendard, au message lapidaire et sans ambiguïté : le Messie est roi d'Israël. Comprenez : il va bientôt venir.
Tout cela serait anecdotique, anodin, voire ridicule, si, à l'arrière-plan de cet exhibitionnisme religieux, ne se jouait un drame familial déchirant, en passe de meurtrir gravement, si ce n'est de détruire psychiquement deux êtres : une mère et son fils de 4 ans - qu'elle a "enlevé" pour le soustraire au climat, jugé par elle délétère pour la santé physique et morale de l'enfant. Réfugiée en Suisse avec le bambin, cette femme vient de se voir notifier une ordonnance de la justice fédérale suisse la condamnant à le rapatrier en Israël, comme l'explique l'article que nous reproduisons, ci-après.
Que faire ? Vous demanderez-vous sans doute.
1. D'abord, vous documenter pour vous forger une opinion. A cet effet, lisez, pour commencer, l'article qu'un journal suisse consacre à cette affaire :
Un Bambin suisse de 4 ans menacé d'expulsion, Yves Lassueur
25/08/2007
Texte repris du site du Matin online.
Le Matin Dimanche
Le 24 juin 2005, en pleine nuit, Valérie Z.* franchissait l'une des frontières les plus surveillées du monde ; elle quittait Israël en emmenant clandestinement son fils de 2 ans, caché dans le hayon de la voiture. Une fois en Egypte, elle revenait par avion en Suisse et se réinstallait avec son enfant à Lausanne, où elle avait déjà vécu, il y a une dizaine d'années, avant d'émigrer à Tel-Aviv.
Valérie Z., la quarantaine, ayant la double nationalité suisse et belge, de confession juive, employée d'une multinationale, s'est enfuie d'Israël en «enlevant» son fils pour échapper à une situation qu'elle décrit elle-même comme étant devenue «un enfer». L'homme qu'elle a épousé à Tel-Aviv, en 2001, et avec lequel elle a eu un fils en 2003, a basculé dans une communauté religieuse, le mouvement ultra orthodoxe juif [du mouvement] Loubavitch. Elle l'avait connu professeur de sport, portant queue de cheval, posant parfois comme mannequin pour des publicités; elle l'a vu peu à peu se muer en inconditionnel de la communauté Loubavitch, portant barbe, chapeau et costume noir, faisant du prosélytisme dans la rue, et régissant la vie du ménage quant à la nourriture, les rites, l'habillement, selon les principes les plus radicaux de sa nouvelle famille spirituelle.
A la demande de Valérie, les services sociaux de Tel-Aviv, puis un juge, doivent bientôt s'en mêler. Le mari proférant des menaces et harcelant son épouse, il se voit interdire l'accès au domicile familial. Le droit de garde est octroyé à la mère et le droit de visite du père limité à deux brèves visites par semaine, sous surveillance. L'homme est sommé, par ailleurs, de ne plus emmener son enfant sur la voie publique pour y faire du prosélytisme religieux, ou encore de [ne plus] passer des journées entières avec lui à la synagogue. Entièrement dévoué à son mouvement, il ne gagne que 300 francs [suisses] par mois et ne paie ni pension alimentaire ni loyer. Valérie subvient seule aux besoins de la famille. Finalement le divorce est prononcé.

La mère du petit Noam
Danger pour l'enfant
Le 24 juin 2005, quand elle fuit Israël avec son fils, ce n'est pas sur un coup de tête: «Je préparais ce départ en secret depuis six mois.» Elle n'en commet pas moins une violation de l'interdiction de sortir le bambin du pays, décrétée par la justice israélienne. Et se met en porte-à-faux avec la Convention de La Haye sur les enlèvements d'enfants.
Une Convention dont l'interprétation stricte, et, pour certains, dépourvue d'humanité, vient de se retourner contre Valérie et son fils. «Ordre est donné à la mère d'assurer le retour de l'enfant en Israël d'ici à la fin septembre.» C'est le Tribunal fédéral de Lausanne qui vient d'en décider ainsi, la semaine dernière. L'arrêt en question laisse la mère effondrée et son avocat sidéré. D'autant plus que deux tribunaux vaudois ont précédemment statué dans un sens exactement inverse, au nom des «intérêts supérieurs de l'enfant».
Le père ayant exigé le retour de son fils, c'est d'abord la Justice de paix du district de Lausanne qui s'est penchée sur le cas. Dans son jugement d'août 2006, elle s'est opposée à ce retour, estimant qu'il exposerait ce très jeune enfant à un danger non seulement physique mais surtout psychique, important, et le placerait dans une situation intolérable, de nature à compromettre gravement son développement. Au surplus, estimait le tribunal, «il y a tout lieu de craindre que les autorités (n.d.l.r.: israéliennes) soient hostiles à la mère». Considérant la façon dont elle a quitté le pays, rien n'exclut qu'elle soit incarcérée dès son retour.
Le père ayant déposé un recours - sans jamais venir en Suisse assister aux audiences -, le Tribunal cantonal a délibéré à son tour et conclu dans le même sens: «Le déplacement de l'enfant en Israël risque, même si la mère l'accompagne, de mettre l'enfant psychologiquement en danger. On ne saurait exiger raisonnablement de celle-ci qu'elle retourne en Israël.»
Le Tribunal fédéral vient donc d'en décider tout autrement. Pour lui, la Convention de La Haye, qui prévoit qu'un enfant doit être ramené dans le pays où il résidait avant son «enlèvement», doit être appliquée au pied de la lettre. Seule une des cinq juges statuant sur le cas a tenté de venir au secours de l'enfant en s'opposant à son renvoi. En vain. D'ici à cinq semaines, en principe, le bambin doit être expulsé vers Israël.
Interrogée par Le Matin Dimanche, l'avocate lausannoise du père fait valoir que «nous vivons dans un état de droit et que nul ne peut se prétendre au-dessus des lois. Si l'on juge que la Convention de La Haye est immorale, ou qu'elle expose des enfants de façon irresponsable, alors il faut créer un mouvement pour l'abroger. En attendant, elle doit être appliquée. La situation du père, en l'occurrence, n'est pas l'enjeu du procès.»
D'ici à la fin septembre, la police vaudoise se présentera-t-elle au domicile de l'enfant pour l'embarquer, du haut de ses 4 ans, et le mettre dans un avion, avec ou sans sa mère, à destination de Tel-Aviv ? Le comble, c'est que l'ordre devra alors émaner de la Justice de paix du district de Lausanne, autrement dit l'une des instances qui ont conclu l'an dernier au caractère intolérable d'un tel renvoi.
* Nom et prénom exacts connus de la rédaction.
© Le Matin Online
2. Ensuite, si ce récit vous a interpellé, lisez le texte de la pétition que diffusent celles et ceux qui soutiennent la cause de cette mère et de son enfant :
Noam est un petit garçon suisse de 4 ans. Ses parents se sont mariés en Israël. Peu après sa naissance, son père a rejoint une secte religieuse ultra-orthodoxe et a tenté d'obliger Noam et sa maman à faire de même, n'hésitant pas à harceler et menacer de mort la maman. Après avoir enfin obtenu le divorce et la garde de Noam, sa maman a fui Israël pour protéger sa vie et soustraire son enfant à la secte. Elle est revenue avec Noam en Suisse, où ils vivent heureux depuis plus de deux ans. Invoquant la Convention de la Haye, le père de Noam a exigé son retour en Israël. Deux tribunaux vaudois ont rejeté cette demande, appliquant l'exception prévue par la Convention et considérant que le retour en Israël de ce très jeune enfant le placerait dans une situation intolérable et compromettrait gravement son développement. Mais le Tribunal fédéral vient de décider de renvoyer Noam en Israël à la fin du mois de septembre 2007.
Si sa maman l'accompagne, elle risque la prison et les représailles du père, qui n'a de plus jamais contribué à l'entretien de Noam.
Si Noam devait partir seul, il subirait un traumatisme irréparable: se retrouver sans sa maman, dans un pays qu'il ne connaît pas, dont il ne parle pas la langue et avec un père qui pourrait le placer dans une institution religieuse de la secte. S'il vous plaît, aidez-nous à éviter cela et signez pour que Noam puisse rester en Suisse. De tout cur, merci.
Nous agissons en qualité de citoyens concernés par la protection des enfants et la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et nous demandons à nos dirigeants de prendre des mesures pour que Noam reste en Suisse.
3. Et si vous voulez en savoir davantage, lisez la lettre qu'adresse une parente suisse de l'enfant à la justice de son pays :
Lettre ouverte * à Messieurs les juges du Tribunal fédéral
* Lauteur est Lynn, tante du petit N., lenfant que se disputent les parents désunis.
Tels ont été les termes de la juge fédérale qui siégeait avec vous, le 16 août dernier, lorsque vous, Messieurs les juges, avez ordonné le retour dans l'Etat hébreu de mon neveu de quatre ans. Il semble que Madame la juge fédérale avait pris bonne connaissance de ce dossier.
Je doute que vous, Messieurs les juges, ayez lu que ma sur, Suissesse, après des années de solitude et d'épreuves personnelles, avait rencontré et épousé en Israël un compagnon stable et aimant pour refaire sa vie et fonder un foyer.
Peut-être n'avez-vous pas bien saisi ce qui est arrivé après le mariage. Le mari commença à s'investir dans une pratique religieuse outrancière qui le mena bientôt au fanatisme le plus aveugle. Peu après la naissance du bébé, il rejoignit une secte ultra-orthodoxe et plongea dans une obsession mystique qui le rendit insensible aux besoins et aux gestes de la vie quotidienne.
Peut-être le temps vous a-t-il manqué pour saisir que l'homme, autrefois affectueux, moderne et dynamique, était devenu, peu à peu, un fou du Messie et un fou de Dieu, qui avait renoncé à travailler pour étudier le Talmud et prier toute la journée, en vivant aux crochets de sa femme.
Ce dossier si fourni devait pourtant relater en détail que ce père, convaincu que Dieu s'occuperait de tout, avait mis la santé de son bébé en péril lorsqu'il essaya, avec force, de bloquer la route à ma soeur qui tentait d'emmener en urgence son bébé fiévreux, très sujet aux convulsions, chez un médecin, le jour du Sabbat. Son fanatisme religieux le poussait à préférer soumettre son enfant à un risque de dommages neurologiques irréversibles, plutôt que de violer le repos du samedi [Shabbat] et l'interdiction de manipuler de l'argent, ou de conduire une voiture ce jour-là.
Il semblerait qu'il vous soit supportable de lire que cet homme ne conversait plus avec sa femme, ne la regardait plus et ne se préoccupait nullement d'elle ; elle qui, pourtant, s'occupait à merveille du bébé, assurait aussi sa garde pour pouvoir faire bouillir la marmite, payer le loyer, les factures et rembourser, sous peine de saisie, les arriérés d'impôts accumulés par son mari avant leur rencontre, et dont il ne lui avait jamais parlé avant le mariage. Sans doute avez-vous malencontreusement survolé la section décrivant comment, après le divorce, la justice israélienne avait dû interdire à ce père d'approcher de ma soeur et de leur enfant à moins de cent mètres, et avait lancé un mandat d'arrêt contre lui pour non-paiement persistant de pension alimentaire.
Peut-être est-il aisé, devant une telle accumulation de faits, de ne pas remarquer que le droit de visite accordé au père par la justice israélienne était restreint et autorisé uniquement sous la surveillance d'assistantes sociales.
Votre attention a-t-elle subi un fléchissement passager en survolant les pages relatant que l'homme, après le divorce d'avec ma sur, épousa, en deuxièmes noces, une jeune femme qui, après quelques mois à peine, obtenait déjà le divorce ? C'est chose peu commune en Israël, où la demande de divorce est toujours une affaire d'homme. Il ne faut pas une imagination débordante pour comprendre que ce divorce-éclair fut accordé à cette femme pour raisons graves.
Le temps pressant, il devenait peut-être difficile de continuer la lecture et d'apprendre comment la petite fille d'un an aujourd'hui, née après le divorce de ses parents, n'a jamais fait l'objet du moindre intérêt de la part de son père, le même qui s'acharne à récupérer ses droits de visite restreints sur son fils.
Peut-être ne savez-vous pas ceci : ce père et ex-mari, que vous favorisez par votre jugement, celui qui, à force de menacer et de harceler ma sur, l'a menée à fuir Israël à la hâte, avec son petit sous le bras, en laissant tout derrière elle pour se réfugier en Suisse auprès de sa famille ; je vous apprends aujourd'hui, Messieurs les juges, que cet homme qui ne répond plus et n'agit plus qu'en fonction d'un ténébreux et mystique au-delà, même s'il en exprimait le désir, n'a pas non plus le droit d'approcher de sa deuxième ex-femme, ni de sa petite fille.
Mon neveu va donc être expulsé de son propre pays, la Suisse. Vous le faites renvoyer, manu militari, dans l'Etat hébreu, sous prétexte d'honorer le droit de visite d'un homme à qui l'on n'accorde même pas, chez lui, le droit de voir son deuxième enfant. Vous accordez à ce père l'assistance judiciaire en Suisse, alors que vous la refusez à ma sur qui travaille et paie ses impôts à Lausanne.
Messieurs les juges, un petit enfant suisse de quatre ans, aux joues rebondies, débordant de santé et de joie de vivre, devra quitter son pays sous peu, escorté par la police, pour se retrouver dans l'Etat hébreu où il ne connaît personne, dont il ne parle pas la langue, où sa maman qui, bien sûr, l'accompagnera, risque la prison pour violation de la Convention de La Haye, laquelle semble pourtant laisser la porte ouverte à certaines exceptions.
Si sa maman est en prison, qui va s'occuper de son petit garçon en Israël ? Avez-vous réfléchi à ce que vous allez lui faire subir ? Cet enfant risque de disparaître avec son père dans une communauté ultra religieuse, alors que ce dernier avoue lui-même, navoir pas de quoi l'entretenir, où l'on n'enseigne que le Talmud, où l'on ne suit pas un programme scolaire conventionnel, où les plaisirs simples de la vie sont entravés par des rituels et des interdits, et où le monde d'aujourd'hui n'existe pas.
Messieurs les juges, le 16 août 2007, vous avez commis l'irréparable..
Qui va vous juger pour cela ?
4. Enfin, si vous êtes convaincu de la justesse de cette cause, signez
Menahem Macina
5. Annexe : version française du texte de la pétition :
Noam est un petit garçon suisse de 4 ans. Ses parents se sont mariés en Israël. Peu après sa naissance, son père a rejoint une secte religieuse ultra-orthodoxe et a tenté d'obliger Noam et sa maman à faire de même, n'hésitant pas à harceler et menacer de mort la maman. Après avoir enfin obtenu le divorce et la garde de Noam, sa maman a fui Israël pour protéger sa vie et soustraire son enfant à la secte. Elle est revenue avec Noam en Suisse, où ils vivent heureux depuis plus de deux ans. Invoquant la Convention de la Haye, le père de Noam a exigé son retour en Israël. Deux tribunaux vaudois ont rejeté cette demande, appliquant l'exception prévue par la Convention et considérant que le retour en Israël de ce très jeune enfant le placerait dans une situation intolérable et compromettrait gravement son développement. Mais le Tribunal fédéral vient de décider de renvoyer Noam en Israël à la fin du mois de septembre 2007.
Si sa maman l'accompagne, elle risque la prison et les représailles du père, qui n'a de plus jamais contribué à l'entretien de Noam.
Si Noam devait partir seul, il subirait un traumatisme irréparable: se retrouver sans sa maman, dans un pays qu'il ne connaît pas, dont il ne parle pas la langue et avec un père qui pourrait le placer dans une institution religieuse de la secte. S'il vous plaît, aidez-nous à éviter cela et signez pour que Noam puisse rester en Suisse. De tout cur, merci.
Nous agissons en qualité de citoyens concernés par la protection des enfants et la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et nous demandons à nos dirigeants de prendre des mesures pour que Noam reste en Suisse.











