Monsieur Henri Tincq, reporter, a été envoyé par votre journal, Le Monde, pour suivre le "pèlerinage-découverte" de Monseigneur André Vingt-Trois, qui était accompagné de six cents pèlerins venus de toute la France. Monsieur Henri Tincq a signé deux "papiers" sur cette visite médiatisée tant en France qu'en Israël et dans les Territoires Palestiniens. Monsieur Henri Tincq n'a suivi que très partiellement ce périple de quatre jours très denses. Il a participé au premier jour, qui s'est achevé par un colloque sur le thème "Sécurité et Ethique", au grand auditorium de l'Université de Tel Aviv, et, le quatrième jour, à la rencontre de Bethléem. Mais il a brillé par son absence à la cérémonie de plantations d'arbres à Beit Saïda, aux visites de lieux situés en Galilée - Tabga et le mont des Béatitudes -, à Nazareth, à Jérusalem, au Mur Occidental et à Yad Vashem.
La ligne de reportage adoptée par ce journaliste est simple : ce voyage, organisé par le Ministère Israélien du Tourisme (ONIT), a été rattrapé de justesse grâce aux protestations des chrétiens pro-Palestiniens : Mgr André Vingt-Trois a, bon gré, mal gré, été obligé de se rendre à Bethléem, pour rencontrer les Palestiniens et des personnalités de l'Eglise Palestinienne !
Or, cela est totalement faux, et Monsieur Henri Tincq ne peut pas ne pas le savoir.
Lors de la conférence de presse, le lundi 12 février, à l'Université de Tel Aviv, l'Archevêque de Paris a déclaré avec force que la condition qu'il avait mise à ce voyage avait été de rencontrer les communautés chrétiennes, et en Israël, et en Palestine. Lorsque Monsieur Henri Tincq a écrit dans son premier papier du 14 février : "les organisateurs ont rectifié, dans l'urgence, les contours d'un pèlerinage qui les conduira aussi au patriarcat latin de Jérusalem", il a oublié de vérifier ses sources : la visite de Bethléem a toujours figuré dans les programmes, ainsi qu'un repas privé entre Monseigneur Vingt-Trois et le Patriarche latin.
Dans son second papier (17 février) Monsieur Tincq se fait l'écho de la venue à Bethléem de Mgr André Vingt-Trois, en rapportant les propos des maires palestiniens, ceux de Mgr Twal et ceux de Mgr André Vingt-Trois.
Le journaliste a fait le choix de ne rapporter, de ce voyage, que deux événements : le colloque de l'Université de Tel Aviv, et la rencontre de Bethléem avec les autorités locales palestiniennes. En conclusion de son article, Monsieur Tincq consacre deux lignes à la visite de l'Archevêque de Paris à Yad Vashem. Mais n'ayant pas suivi l'événement, il a improvisé à partir de réflexions glanées auprès de certains participants du voyage. Pas un mot sur le passage de Mgr André Vingt-Trois au Mur Occidental, ni sur sa visite à Nazareth, au Mont des Oliviers, chez les Bénédictines, etc., puisqu'il n'y était pas !
Que Monsieur Henri Tincq choisisse de mettre en relief tel événement plutôt que tel autre, relève de son droit de journaliste. Qu'il décide de souligner, une fois de plus, la "surdité d'Israël", on peut le comprendre. Mais en tant que journaliste professionnel, mandaté par son journal, Le Monde, il se doit de vérifier l'authenticité de ses sources et de ne pas tromper le lecteur.
C'est à ce prix que Le Monde restera un grand journal.
Claudine Maison











