Je lisais dernièrement un article du Nouvel Observateur, scandaleusement intitulé "Israël : la barrière du malheur", qui donnait des extraits dun livre consacré au « mur », un de plus sur ce sujet ! Jen tairai le titre et lauteur, pour ne pas leur faire de la publicité.
On pouvait y lire, entre autres, tout le mal que vous pouvez imaginer sur ces « 650 kilomètres de béton et dacier », quérige Israël pour protéger ses citoyens, réputé « violer allègrement le droit international » et « humilier », par la même occasion, de pauvres et paisibles villageois arabes de Qaffin, qui vivent en bonne intelligence avec les membres du kibboutz Metser (*), situé à quelques kilomètres à lest de Hadéra, et donc à lintérieur de ce quil est convenu dappeler "les frontières de 1967".
Daprès cet article, la direction du kibboutz devait avoir une rencontre avec des responsables de larmée, le 11 novembre 2002, car elle trouvait que « le premier tracé de la barrière proposé par larmée [était] inacceptable
et ne correspondait à aucune nécessité de sécurité ».
Noam (4 ans), Revital (34 ans) et Matan (5 ans), massacrés au Kibboutz Metzer
Cette rencontre neut jamais lieu. En effet, dans la nuit du 10 au 11, un terroriste arabe sinfiltra dans le kibboutz et y assassina cinq personnes, une mère de famille de 34 ans, ses deux enfants de 5 et 4 ans [**], une femme de 42 ans ainsi quun responsable du kibboutz, âgé, lui, de 43 ans.
Ce massacre - un véritable carnage - fut revendiqué par un sinistre groupe armé « lié au Fatah dArafat », ce même Arafat qui, cyniquement et hypocritement, « condamna » lattentat, ce même Arafat à qui, scandaleusement, la France rendit les honneurs lors du transport de sa dépouille mortelle, le 11 novembre 2004, deux ans, jour pour jour, après ce quintuple assassinat. Un crime qui aurait vraisemblablement pu être évité, si la clôture de sécurité, tant décriée, par idéologie peut être, ou par une confiance en des Arabes, qui sest avérée très mal placée, avait déjà été érigée.
Et comment réagit lUnion Européenne face à cet acte de barbarie ? Par une simple et très vague réprobation. Son émissaire de lépoque, Allister Kook, fit remarquer « que sil y avait eu, dans ce cas, violation de laccord conclu avec lOLP sur larrêt des attentats à lintérieur de la ligne verte », il en aurait été tout autrement pour des attentats contre des civils israéliens de Judée-Samarie et de la bande de Gaza.
Ainsi donc, un terroriste qui massacre des Israéliens en dehors de la « ligne verte » est en parfait accord avec les engagements conclus entre Arafat et lUnion Européenne.
Ces dramatiques événements se sont déroulés il y a quatre ans. De nos jours, rien na changé. Israël a toujours tort, quoi quil fasse. Une erreur très regrettable de tir tuant des civils arabes, parmi lesquels, ou près desquels, se terrent des terroristes lanceurs de roquettes, et cest lhallali. Par contre, pour les terroristes arabes qui assassinent des civils israéliens, toutes les excuses sont bonnes : humiliation, pauvreté, désespoir, et que sais-je encore ! Et ceci, dailleurs, non seulement de la part des ennemis et détracteurs dIsraël, mais, malheureusement et également, de la part de certains Juifs israéliens.
Israël a toujours tort. Israël est systématiquement condamné. Nous lavons encore vu, dans la nuit de samedi à dimanche dernier, à lONU, pour laffaire de Beit Hanoun. Condamnation qui provoqua la légitime colère de lAmbassadeur dIsraël, Dan Gillerman, qui accusa Paris d'avoir poussé à l'adoption d'une résolution condamnant les opérations militaires dIsraël dans la bande de Gaza, opérations qui ne sont pourtant que des représailles aux tirs de roquettes sur Sdérot.
Dan Gillerman déclara alors : « La France n'enverrait pas des fleurs à ceux qui se livreraient à des tirs de missiles contre ses villes. Le soutien à cette résolution de l'Onu revient, en fait, à envoyer des fleurs aux terroristes, des fleurs qui seront peut-être un jour déposées sur la tombe d'une victime israélienne supplémentaire ».
Personnellement, jaurais été tenté de dire sûrement plutôt que peut-être, car, malheureusement il est plus que prévisible quil y aura dautres victimes des tirs de roquettes.
Une fois de plus, une fois encore, Israël se trouve être le « Juif des nations ».
© Charles Etienne Nephtali
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Note de lauteur
(*) Le kibboutz Metser, fondé, en 1953, par une centaine de jeunes immigrants argentins de lhaShomer haTsair, qui fuyaient le régime péroniste, est devenu le quatrième producteur mondial dun système dirrigation utilisant de fins tuyaux de plastique.
Note de la Rédaction dupjf.org
[**] Voir, sur notre site, "5 morts dans un attentat au kibboutz Metzer (nord de Tel Aviv)" ; et "Ce 'détail de l'histoire' escamoté par les journalistes".
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Lettre à Avi, père des deux enfants assassinés au kibboutz Metzer

LIsraélien Avi Ohion est soutenu par des proches non identifiés à lextérieur de la maison où ses deux fils, Matan et Noam, âgés de 4 et 5 ans, ainsi que leur mère - son ex-femme -, ont été tués lundi 11 novembre 2002, dans le Kibbutz Metzer, non loin de la frontière de la Cisjordanie (Rive Gauche), après quun Palestinien armé se soit infiltré, en rampant sous une barrière de sécurité, ait fait irruption dans la maison où la mère sapprêtait à coucher ses deux enfants, et les ait abattus. (Photo AP/Brennan Linsley).
Le 20 novembre 2002, Ch. E. Nephtali adressait à Avi, mari de Révital et père de Matan et Noam, la lettre qui suit.
Mon Cher Avi,
Bien que nous ne nous connaissions pas, permets-moi de te tutoyer, par affection dabord, et parce que tu pourrais être mon fils, ensuite. Tu es même plus jeune que mes enfants.
Permets-moi également de tadresser ces quelques lignes, certainement maladroites, tellement lémotion, la colère et la peine mont envahi depuis dix jours maintenant. Dix jours pendant lesquels jai cherché quels mots tadresser. Dix jours pendant lesquels javais peine à imaginer lhorreur et la cruauté de ce barbare qui assassina Revital [lépouse de Avi Ohayon], Matan et Noam [leurs enfants]. Tes larmes et tes paroles mont bouleversé, comme elles auront bouleversé des centaines de milliers de Juifs (et de non-Juifs). Tes paroles « Tu sais ce que cest quand on tarrache deux fils, deux fils que tu ne reverras plus ? », résonneront et resteront à jamais gravées dans ma mémoire.
Je narrive pas à trouver les mots pour qualifier ce triple assassinat. Dailleurs existent-ils, ces mots ? Cest lhorreur dans lhorreur, la sauvagerie et la barbarie à létat pur. Et pourtant, en France, à la télévision, à la radio et dans les journaux, on minimise ce massacre, que tu as malheureusement vécu en direct en entendant les cris de Revital, Matan et Noam, sur ton téléphone portable. On parle dune simple « attaque dun kibboutz au cours de laquelle des Israéliens ont été tués ». Tu sais, mon cher Avi, dans ce pays, par choix, fascination, conviction, lâcheté ou peur, on ne veut pas faire de peine aux Arabes, alors, on utilise certains mots pour atténuer la monstruosité du crime. Mais, cette fois, les journalistes nont même pas eu le "loisir" dutiliser les expressions, quils veulent infamantes, de « bébés, ou enfants-colons » [1] comme ils nhésitèrent pas à le faire, honte à eux, pour les assassinats de Shalevet, Daniéla, Avia, Oria, Lirane, Chiraz Tamara, et toutes ces autres petites victimes israéliennes innocentes, âgées de quelques mois à quelques années [2].
Lassassin de Matan et Noam na eu aucune pitié, tout comme ce monstre qui assassina Shalevet dans les bras de sa mère, ou celui qui assassina Daniéla, cette gamine de 5 ans qui se réfugiait sous son lit en serrant contre elle son nounours, pensant quil lui servirait de bouclier contre les agissements du sauvage.
Il y a 10 jours, le terroriste neut aucune pitié pour Revital qui, dans un ultime geste courageux et de protection, pensa faire, de son corps, un obstacle et un bouclier pour protéger Matan et Noam, à limage de la poule protégeant sous elle ses poussins face au danger.
En apprenant que le commanditaire de lanéantissement de ta famille avait été arrêté et que sa maison avait été détruite par Tsahal, figure-toi quil sest trouvé des journalistes - et pas seulement eux - pour sapitoyer sur son sort, et surtout sur celui de sa femme et ses enfants, qui « nont maintenant plus de toit ». Tu vois, mon cher Avi, jusquoù peut aller la perversité, la lâcheté et lintoxication dans ce pays !
Comment ne pas être hanté par tant de sauvagerie, par tant de barbarie, par tant de lâcheté ? Comment ne pas être hanté par le souvenir de tous ces petits enfants israéliens dont je conserve pieusement les photos sur mon bureau, là, devant moi ? Je narrive plus à dormir, alors, oui alors, je tadresse ces quelques lignes et, comme Shalevet, Daniéla et les autres enfants israéliens victimes de la sauvagerie et du terrorisme arabes, Matan et Noam ont rejoint le million et demi denfants, assassinés il y a 60 ans, simplement parce quils étaient Juifs. Nul doute que, dans deux semaines, lorsque nous allumerons les bougies de Hanouka, les pensées de toutes les familles juives iront vers Matan et Noam qui, de là-haut, les verront briller et, avec leur mère, prieront pour Israël !
Cest en pleurant que je termine cette lettre, en me promettant, lors dun tout prochain voyage en Israël, daller me recueillir sur les tombes de Revital, Matan et Noam, qui reposent dans ce grand cimetière de Tsur Chalom, que je connais bien, des membres de ma famille y ayant leur dernière demeure. Cest en pleurant, mon cher Avi, que je tembrasse paternellement souhaitant que la liste des enfants juifs assassinés soit maintenant close, souhaitant que la liste des victimes juives du terrorisme arabe le soit également, souhaitant de tout cur le Chalom à Israël, Chalom qui est aussi mon prénom !
Et voilà quau moment où je termine cette lettre, en fin de Chabbat, japprends que 12 Israéliens, qualifiés en France de « colons », ont été assassinés à Hébron à la sortie de la prière du vendredi soir au Caveau de nos Patriarches. Douze Israéliens, dont certains étaient tout juste âgés dune vingtaine dannées, et qui laissent 19 orphelins. A lannonce de cet attentat, des milliers dArabes ont manifesté leur joie, avec danses et you-yous, dans les rues de Gaza, Ramallah, Naplouse, et dailleurs.
Ny aura-t-il donc jamais de fin ?
Charles Etienne Nephtali
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Notes de la Rédaction dupjf.org
[1] Voir à ce propos : "Les 'Bons' font du mal aux 'Mauvais': l'euphémisme du 'Colon'".
[2] Comme lauteur la précisé plus haut, le kibboutz Metser, qui a été le théâtre de cet horrible crime, « est situé à quelques kilomètres à lest de Hadéra, et donc à lintérieur de ce quil est convenu dappeler "les frontières de 1967" ».
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Mis en ligne le 23 novembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











