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Après les émeutes de Clichy-sous-Bois, le chantage des "grands frères"
Sans souscrire à toutes les analyses de ce texte, et à la manière dont il les formule, je crois qu’il exprime tout haut une partie de ce que beaucoup pensent tout bas. On peut toutefois regretter son manque de nuances et déplorer qu’il n’évite pas toujours l’amalgame entre les fidèles musulmans loyaux envers l’Etat français, et les islamistes extrémistes qui ne reculent devant aucune violence pour établir le pouvoir d’un intégrisme islamique fanatique, dont le but ultime semble bien être de saper les fondements des sociétés démocratiques pour leur substituer la dictature d'une charia fondamentaliste, intraitable envers tout ce qui n'entre pas dans les schémas de la dictature religieuse tentaculaire qu'elle entend imposer aux esprits et aux âmes des hommes et des femmes du monde entier. (Menahem Macina)
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 02/11/05
 
Les "grands frères" posent leurs conditions au retour de la paix dans les banlieues, et le gouvernement s'apprête à payer la rançon.
 
Texte repris du site de l’Union Républicaine [1]
 
Il y a peu, des maires avaient évoqué le chantage auquel ils étaient soumis par les "grands frères", qui monnayaient la "paix dans les quartiers" en échange de concessions faites à la communauté musulmane.

Ce chantage est désormais passé au degré supérieur, et la France est bien l'otage d'une minorité, d'une communauté extrémiste qui a posé, ce soir, "ses" conditions au gouvernement pour concourir au rétablissement de l'ordre dans les banlieues françaises. Et ce gouvernement s’apprête à payer la rançon en annonçant un « grand plan pour les banlieues ».

Une série d'exigences ont été émises devant la presse, mercredi, par les médiateurs – les «grands frères», bénévoles ou salariés – de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Entre autres conditions, susceptibles, selon eux, de « faire baisser la violence » après la mort de deux mineurs jeudi dernier, ils réclament que Nicolas Sarkozy ne soit plus leur interlocuteur, se permettant ainsi de contester un ministre d’état de la République, qui, quelles que soient ses positions et sa responsabilité, et à moins d’être démis de ses fonctions, est issu d’un gouvernement démocratiquement élu, dont les décisions ne peuvent être contestées par aucun groupuscule communautaire et/ou religieux ou qui que ce soit, sauf à prendre position contre la démocratie.

Souhaitant la médiation de Dominique de Villepin, en qui ces « grands frères » disent avoir confiance, ils posent leurs conditions au retour au calme, entre autres: le retrait immédiat «des forces de l'ordre implantées au cœur même de la vie des quartiers», leur maintien en « périphérie pour éviter toute provocation », autrement dit l’abandon des banlieues à la seule loi des grands frères et des mosquées. C’est un véritable acte de sécession territoriale qui est ainsi exigé et se substitue au contrôle de la police, ce qui revient en fait, à ériger des zones de non droit en véritables territoires autonomes livrés à eux-mêmes.

Pour maintenir la linéarité émotionnelle, le communiqué exige la «vérité» - autrement dit, leur version des faits - sur les circonstances de la mort des deux délinquants, Bouna Traoré et Zied Benna, ainsi que des poursuites contre les «policiers agresseurs de la mosquée Bilal». Mais ils omettent de signaler que, si un tel tir [de grenade lacrymogène] a eu lieu, ils en portent la responsabilité, du fait des émeutes qu’eux-mêmes, ou leur communauté ont provoquées, et qui ont entraîné des dommages collatéraux, dont celui-ci n’est qu’un cas parmi d’autres, pour lesquels il n’est pas exigé de « vérité » : depuis la mort d’un père de famille [roué de coups], à Epinay, jusqu’aux voitures brûlées de nombreuses familles françaises honnêtes, seules vraies victimes de ces émeutes.

Outre la forme scandaleuse – contestation du gouvernement de la République – et le fond de cette revendication de sécession de territoires, qui seraient alors laissés à leur discrétion par le retrait de la police, on ne peut que constater à quel point les « grands frères », présentés comme médiateurs par les pouvoirs publics, sont, en réalité, les véritables instigateurs de cette guérilla urbaine et le fer de lance de la montée en force de l’islam communautariste en France, et constituent donc une menace pour la République et pour la cohésion nationale de notre pays.

En anticipant et en accompagnant cette initiative [insurrectionnelle] par l’annonce d’un « grand plan pour les banlieues », Dominique de Villepin, s’il croit pouvoir ensuite récupérer un quelconque vote musulman, devrait prendre garde au sens de « l’appel » de ces « grands frères » des cités. Sarkozy vient spectaculairement de s’y brûler les ailes, et pourtant, aucun ministre de la République n’avait fait autant que lui pour favoriser l’émergence du communautarisme musulman dans notre pays. S’il est un homme à qui les membres du CFCM [Conseil Français du Culte Musulman] [2] doivent tout, et notamment leur puissance institutionnelle, c’est bien le ministre de l’intérieur. Il n'empêche, ceux qu’il a tant favorisés n’ont eu aucun scrupule à le lâcher pour un meilleur « cheval », qu’ils ne ménageront pas davantage s’ils en ont l’occasion, car seuls comptent pour eux leurs intérêts, les hommes politiques n’étant, au mieux, que les instruments de leur affirmation communautaire. Il fut un temps, au début des années 90, où des organisations de jeunes musulmans incitaient leurs coreligionnaires issus de l’immigration à se présenter sur les listes municipales de droite comme de gauche, indistinctement, sans autre but que de créer une représentation visible des musulmans dans les états-majors politiques locaux, afin d’y promouvoir leur communauté.

En s’apprêtant, comme l’a annoncé Dominique de Villepin à l’Assemblée nationale, à payer la rançon, en l’espèce d’un « grand plan pour les banlieues », et donc à céder au chantage à la violence sociale et urbaine, auquel il est soumis, le Premier Ministre ouvre la voie à d’autres violences, d’autres revendications, chaque fois plus exigeantes et plus graves.

Jusqu’où ira-t-on ? Où s’arrêtera cette dérive des autorités publiques qui ont déjà tant concédé, et sont sur le point de faire encore de nouvelles concessions à ce communautarisme qui mène lentement la France à une véritable guerre de sécession, dont la dimension civile est largement tributaire de la dimension religieuse ?

Car l’islamisme militant n’est pas seulement, en tant que tel, une menace pour la paix civile, en raison de ses actes, mais il s’érige en un véritable pouvoir occulte intérieur, qui impose les conditions de son rapport politique au reste de la nation, et qui fait, de la violence et de l’insurrection civile, son instrument d’influence, dont ces « grands frères » ne sont que les émissaires. La lâcheté et la faiblesse des politiciens font le lit de la révolte, précisément parce que cette inertie des politiques alimente peu à peu une sourde et silencieuse exaspération du peuple français, dont l’explosion de colère légitime sera si brutale, que ces échauffourées de banlieue apparaîtront rétrospectivement comme des enfantillages.

Les élites ne voient que les feux de paille de banlieue, mais elles devraient bien prendre garde au peuple français, à ses silences et à sa lenteur intérieure, qui se sont mués, plus d’une fois dans l’histoire, en tempêtes balayant des régimes vieux de plusieurs siècles.
 
 
 
Notes de la Rédaction d’upjf.org
 
[1] La syntaxe et le style de ce texte laissant à désirer, nous nous sommes permis de modifier l’une et l’autre partout où cela a paru nécessaire à la compréhension du propos de l’auteur. On peut toujours se reporter à la version originale de ce document. http://www.unionrepublicainepopulaire.org/
[2] Sur cette institution officielle, voir l’article de Portail-Religion.com.
 
Mis en ligne le 02 novembre 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org
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