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Un article de Metula taxé d’"opportuniste" et de "tissu d’erreurs" : R.Y Dajoux vs. V. Miles
N. Lipszyc nous adresse ce texte, avec la remarque suivante : «Sans commentaires. Voici un vrai débat qui traduit à la fois la sensibilité et le respect de chacun de ses protagonistes. A comparer avec les élucubrations de France 2. L'auteur de la réponse ci-dessous est un résident français de Jérusalem».
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15/08/05
 
En ce qui me concerne, j’ajouterai seulement qu’ayant lu le texte de Viviane Miles, mis en ligne par Metula, je me suis senti très mal à l’aise face à ce qui m’apparaît comme un panégyrique dithyrambique d’Ariel Sharon et une apologie des thèses de la gauche israélienne en matière de peuplement de ce qui fut tout de même, jadis – l’auteur de la réaction qui suit le rappelle avec justesse –, Eretz Israël, la patrie des Juifs, qui englobait, entre autres territoires, de Dan, à l’extrême nord, jusqu’à Beersheva, à l’extrême sud : Hagalil, Yehoudah weShomron, Gaza et le Néguev. Menahem Macina.
 
 
Réponse à Viviane Miles
 
 
Permettez moi de réagir à l’article Viviane Miles intitulé : http://www.menapress.com/article.php?sid=1155 «D’abord le constat de l’échec d’une conception» [1].
  
Son analyse relève, à mon avis, d’un certain opportunisme, mais surtout, il contient un tissu d’erreurs.
 
Opportunisme, car il devenu, aujourd’hui, de bon ton de saluer Sharon, alors qu’il était un chef d’Etat honni par la majorité des médias quelques semaines auparavant. Il aura suffi qu’il décide du transfert d’Israéliens de leurs maisons et accepte de céder des terres aux Palestiniens pour qu’il soit, en très peu de temps, devenu un chef d’Etat fréquentable.
 
Imaginons le tollé qu’aurait soulevé ce transfert de population s’il s’était agi de quelques dizaines de palestiniens. Le monde entier aurait crié au scandale.
  
L’expulsion d’Israéliens de leurs demeures serait-elle plus acceptable et plus morale pour les adeptes de la bien-pensance ?
 
J’ai participé, avec Sharon et d’autres personnalités politiques, à une grève de la faim au jardin des Roses, à Jérusalem, en 1993, pour protester contre les accords d’Oslo. Ces accords étaient censés apporter la paix ; ils ont, hélas, entraîné une augmentation du nombre des victimes et ouvert la voie à la deuxième Intifada.
  
Pour avoir défendu Sharon dans mon livre *, alors qu’il était persona non grata, je dois dire que Sharon est aujourd’hui pris en flagrant délit de contradiction. Il écrivait : «Quelle que soit la substance d’un plan israélien de paix - ou de n’importe quel plan de paix - deux conditions premières doivent être remplies avant que des progrès puissent être accomplis. La première est que la paix soit d’une importance égale pour les Arabes et pour les Juifs... La quête de paix doit être symétrique. La seconde est de ne pas précipiter le processus de négociations. Il ne saurait être question de mener ce processus le chronomètre à la main, avec des dates-limite, en exerçant des pressions pour que les partenaires signent et s’embrassent à une date fixée.» Ariel Sharon. 
 
Or, la décision de Sharon est unilatérale, elle n’est donc pas d’égale importance pour les Palestiniens et pour les Israéliens. Par ailleurs, il s’est fixé lui-même une date butoir, là encore, en contradiction avec lui-même.
Viviane Miles se trompe lorsqu’elle utilise la terminologie de «territoires occupés depuis 1967», qui est habituellement celle des ennemis d’Israël.
 
En 1948, la Judée et la Samarie étaient sous domination jordanienne, et la bande de Gaza était sous administration égyptienne. Ces dominations étaient illégales, au mépris de la Résolution 181 de l'Assemblée générale de l'ONU, qui prévoyait le partage du territoire du Mandat britannique entre un Etat juif et un Etat arabe. Cette mainmise sur des territoires par l'Egypte et la Jordanie ne fut jamais reconnue par la communauté internationale. Les territoires occupés sont ceux qui sont placés soit sous une souveraineté reconnue, soit conquis au cours d'une guerre.
 
Ne se trouvant placées sous la souveraineté légitime et reconnue d'aucun Etat avant la Guerre des Six jours, la Rive occidentale [Cisjordanie] et la bande de Gaza ne peuvent pas être considérées comme des territoires occupés, mais contestés [2].
 
Viviane Miles se trompe encore lorsqu’elle parle du «retrait de Gaza». Il ne s’agit pas du retrait de Gaza, mais du Goush Katif, qui, n’en déplaise à Viviane Miles, fait partie du territoire de la tribu de Yéhouda.
Serait-il interdit aux Juifs de retrouver leur patrimoine sous prétexte qu’il aurait été islamisé il y a quatorze siècles ? Les Juifs devraient-ils faire l’économie de la Bible, alors que les musulmans mènent une guerre au nom du Coran ?
 
Comment peut-on négliger la vie de 8.000 Israéliens parce qu’il ne s’agit que d’un faible pourcentage par rapport à la population d’Israël ? Avez-vous oublié que, dans le judaïsme, la vie d’un seul être humain est aussi importante que celle de toute l’humanité ?
 
Etablir une symétrie entre les extrémistes palestiniens et juifs est aussi une grave erreur. En Israël, les assassins sont jugés et punis, alors que, pour les Palestiniens, ils sont considérés comme des héros ou comme des martyrs.
 
Les habitants du Goush Katif ont remis leurs armes et ils ont répété qu’ils n’opposeront qu’une résistance passive, non violente afin de montrer au monde entier qu’ils sont expulsés de leurs demeures contre leur volonté.
 
Quitter le Goush Katif sans aucune contrepartie est une erreur d’autant plus grave, que le combat des Palestiniens continue ouvertement pour la Judée, la Samarie et Jérusalem.
 
Le véritable échec est celui de la conception d’un chef de guerre qui croit que la paix est arrivée, alors que nos ennemis continuent le combat.
 
N’en déplaise à Viviane Miles, qui ne semble pas croire au «pays biblique», je terminerai par un enseignement du rabbin Léon Ashkénazi, qui rappelait que nous sommes encore dans le temps de David, lui qui a dû gagner toutes les guerres pour permettre ensuite à son fils Salomon de construire le Temple de la Paix à Jérusalem.
 
Il est important de sortir du temps des confusions.
 
© Roland Yéhouda Dajoux, Jérusalem
 
 
* R. Dajoux, Le temps des confusions,  Editions Le Manuscrit.
 
 
Notes de la Rédaction d’upjf.org
 
[1] Nous nous sommes permis d’indiquer le lien direct à l’article de V. Miles, pour la commodité des internautes qui voudraient s’y reporter pour y voir plus clair dans cette controverse, et du fait que l’article est en accès libre sur le site de Metula.
 
[2] Ou "disputés". Notre site a mis en ligne plusieurs articles importants sur ce thème. Voir, en particulier : Dore Gold, "Des territoires 'occupés' aux territoires 'disputés'".
 
 
Mis en ligne le 15 août 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org
 
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