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Europe: Le Non, une bonne nouvelle pour Israël, R. Cotta
Israël-diaspora.info, 31 Mai 2005En ligne sur Aroutz7 en français
www.a7fr.com/article.php?id=3843
Le non français à la Constitution européenne est une bonne nouvelle pour Israël, car cette Constitution avait pour ambition de transformer une Europe, essentiellement économique en une force politique avec, en particulier, une politique étrangère commune et forte. Or sur le plan politique, l'Europe n'a cessé de jouer un rôle négatif, voire nuisible, dans le conflit israélo-arabe.
Le Non français à la Constitution européenne doit être analysé comme une bonne nouvelle par Israël.
Il y a à cela une raison simple : cette Constitution avait pour ambition de transformer une Europe, essentiellement économique jusqu'à ce jour, en une force politique, avec les symboles d'un Etat européen, un Président, un gouvernement, et un Ministre des affaires étrangères parlant au nom de toute l'Europe, en particulier dans le conflit israélo-arabe. Or, sur le plan politique, l'Europe n'a cessé de jouer un rôle négatif, on peut même dire nuisible, dans le conflit israélo-arabe ; elle a joué un rôle majeur dans la promotion de la cause palestinienne, elle est le foyer, dans pratiquement tous les pays, d'un renouveau marqué et inquiétant de l'antisémitisme.
Le renforcement politique de l'Europe est donc un danger grave pour l'avenir d'Israël et la paix au Moyen Orient. Son antisionisme et son parti pris pro-arabe en seraient très fortement accrus.
Cet antisionisme est trop ancré pour que l'on puisse penser à un changement de politique. Pourquoi ?
C'est également une bonne chose que Chirac en sorte affaibli, car son action a été particulièrement nocive pour Israël.
Enfin, il est excellent que les Israéliens - qui se bercent d'illusions en "rêvant" d'une entrée d'Israël dans l'Europe, ce qui serait le début de sa fin - soient amenés à réfléchir.
En revanche, le bilan pour les Juifs de France est plus mitigé. Il est, en effet, inquiétant de voir que l'alliance de l'extrême gauche et de l'extrême droite a fait l'élection. Il s'agit d'un rassemblement des antisémites de droite et des antisionistes de gauche. Mais il n'y a pas lieu de s'en inquiéter outre mesure : ils ne peuvent former une majorité de gouvernement, et, de plus, leurs lignes idéologiques sont ultra minoritaires dans le reste de l'Europe.
La volonté de l'extrême gauche de tenter d'imposer une Europe plus "sociale", en réalité plus interventionniste et étatiste, n'a pas non plus de chances de convaincre les Européens qui, dans leur grande majorité, réclament plutôt davantage de libéralisme.
Ce ne sont sûrement pas les pays de l'Est, qui ont souffert du communisme bureaucratique et autoritaire, qui les soutiendront. La "révolte" française, loin de se répandre comme les idées de la Révolution française, risque fort de marginaliser encore plus la France dans l'Europe. Enfin le désir de la France de créer une Europe contre les U.S.A. se révélera également tout aussi irréaliste.
Israël doit continuer à se méfier de l'Europe et surtout de la France. Il doit se libérer des contraintes économiques à son égard en élargissant de plus en plus son cercle d'action vers l'Asie.
A long terme, l'Europe va s'étioler par sa dénatalité qui lui fera perdre, en une cinquantaine d'années, autant d'habitants que l'adhésion des dix derniers pays lui en a apportés. Elle va totalement perdre son identité par l'obligation qu'elle aura de recourir à l'immigration pour faire face à la dénatalité et à la nécessité d'encaisser des cotisations pour payer leur retraite aux personnes âgées, bientôt majoritaires dans la "vieille" Europe.
Cessons d'avoir les yeux tournés vers l'Europe sous prétexte qu'elle compte 450 millions d'habitants. Ce n'est rien en comparaison de 7 milliards d'habitants. C'est à peine un tiers des Chinois et moins de la moitié de l'Inde.
On dira que l'Europe reste néanmoins un géant par son savoir scientifique et technologique. Il ne fait pas de doute que la civilisation européenne est la plus grande des civilisations de l'histoire dans ces deux domaines précis. Néanmoins, elle a accompli sa mission historique en donnant en héritage ces valeurs au reste du monde. Aujourd'hui, les ex-pays sous développés ont acquis ce savoir, rattrapé leur handicap et sont en passe de surclasser les Européens sur leur propre terrain.
Il est infiniment probable - car rien n'est jamais certain en Histoire - que l'Europe a fait son temps et qu'elle amorce son déclin définitif.
Ironie de l'Histoire : il se pourrait que, dans la suite des temps, Israël et les Juifs restent les seuls vrais authentiques témoins d'une Europe révolue.
Robert Cotta
© Israël-diaspora.info
[Texte aimablement communiqué par Koira.]
Mis en ligne le 06 juin 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.
Le Non français à la Constitution européenne doit être analysé comme une bonne nouvelle par Israël.
Il y a à cela une raison simple : cette Constitution avait pour ambition de transformer une Europe, essentiellement économique jusqu'à ce jour, en une force politique, avec les symboles d'un Etat européen, un Président, un gouvernement, et un Ministre des affaires étrangères parlant au nom de toute l'Europe, en particulier dans le conflit israélo-arabe. Or, sur le plan politique, l'Europe n'a cessé de jouer un rôle négatif, on peut même dire nuisible, dans le conflit israélo-arabe ; elle a joué un rôle majeur dans la promotion de la cause palestinienne, elle est le foyer, dans pratiquement tous les pays, d'un renouveau marqué et inquiétant de l'antisémitisme.
Le renforcement politique de l'Europe est donc un danger grave pour l'avenir d'Israël et la paix au Moyen Orient. Son antisionisme et son parti pris pro-arabe en seraient très fortement accrus.
Cet antisionisme est trop ancré pour que l'on puisse penser à un changement de politique. Pourquoi ?
- D'abord parce que l'Europe en son entier est le foyer premier et permanent de l'antisémitisme et ce depuis près de 1500 ans. L'Europe est imprégnée et nourrie par l'ancien antijudaïsme chrétien. La liste des pays européens constitue un inventaire géographique de toutes les pages noires de l'histoire juive : l'Espagne et l'Inquisition, la France des Croisades à Vichy en passant par l'affaire Dreyfus, l'Angleterre, de l'expulsion des Juifs à la trahison après la très brève embellie de la déclaration Balfour, l'Allemagne et la Shoah, les pays de l'Est et leurs pogroms à répétition, etc. L'Europe est le plus grand cimetière des Juifs.
Elle est aujourd'hui le fer de lance de l'antisionisme et un sondage a révélé que 59% des Européens sont hostiles à Israël. Elle connaît un renouveau inquiétant de l'antisémitisme actif. - Ensuite l'Europe est imprégnée de l'idée fausse, héritée de la révolution française, que les Juifs sont seulement les tenants d'une confession et non AUSSI un peuple. Elle croit assez stupidement qu'Israël est un Etat confessionnel ce qui est incompatible avec la vision laïque européenne. Elle n'a encore rien compris à la volonté de libération nationale d'un peuple lassé de vivre depuis des siècles "chez les autres" dont "l'hospitalité" est en dents de scie et se paye à très haut prix, un peuple ne disposant d'aucun "chez lui" où il soit maître de son destin et de son histoire, un peuple dont on a voulu hériter de son vivant tant de son patrimoine spirituel que de sa terre.
- Enfin l'Europe est une cause perdue pour les Juifs parce qu'elle a choisi, pour faire face à l'émergence d'Etats-continent comme la Russie, les USA, la Chine, l'Inde, le Brésil, etc., de s'allier au monde arabe dans l'Eurabia. Or le monde arabe a très clairement exigé comme condition que l'Europe se range à ses côtés contre Israël.
C'est également une bonne chose que Chirac en sorte affaibli, car son action a été particulièrement nocive pour Israël.
Enfin, il est excellent que les Israéliens - qui se bercent d'illusions en "rêvant" d'une entrée d'Israël dans l'Europe, ce qui serait le début de sa fin - soient amenés à réfléchir.
En revanche, le bilan pour les Juifs de France est plus mitigé. Il est, en effet, inquiétant de voir que l'alliance de l'extrême gauche et de l'extrême droite a fait l'élection. Il s'agit d'un rassemblement des antisémites de droite et des antisionistes de gauche. Mais il n'y a pas lieu de s'en inquiéter outre mesure : ils ne peuvent former une majorité de gouvernement, et, de plus, leurs lignes idéologiques sont ultra minoritaires dans le reste de l'Europe.
La volonté de l'extrême gauche de tenter d'imposer une Europe plus "sociale", en réalité plus interventionniste et étatiste, n'a pas non plus de chances de convaincre les Européens qui, dans leur grande majorité, réclament plutôt davantage de libéralisme.
Ce ne sont sûrement pas les pays de l'Est, qui ont souffert du communisme bureaucratique et autoritaire, qui les soutiendront. La "révolte" française, loin de se répandre comme les idées de la Révolution française, risque fort de marginaliser encore plus la France dans l'Europe. Enfin le désir de la France de créer une Europe contre les U.S.A. se révélera également tout aussi irréaliste.
Israël doit continuer à se méfier de l'Europe et surtout de la France. Il doit se libérer des contraintes économiques à son égard en élargissant de plus en plus son cercle d'action vers l'Asie.
A long terme, l'Europe va s'étioler par sa dénatalité qui lui fera perdre, en une cinquantaine d'années, autant d'habitants que l'adhésion des dix derniers pays lui en a apportés. Elle va totalement perdre son identité par l'obligation qu'elle aura de recourir à l'immigration pour faire face à la dénatalité et à la nécessité d'encaisser des cotisations pour payer leur retraite aux personnes âgées, bientôt majoritaires dans la "vieille" Europe.
Cessons d'avoir les yeux tournés vers l'Europe sous prétexte qu'elle compte 450 millions d'habitants. Ce n'est rien en comparaison de 7 milliards d'habitants. C'est à peine un tiers des Chinois et moins de la moitié de l'Inde.
On dira que l'Europe reste néanmoins un géant par son savoir scientifique et technologique. Il ne fait pas de doute que la civilisation européenne est la plus grande des civilisations de l'histoire dans ces deux domaines précis. Néanmoins, elle a accompli sa mission historique en donnant en héritage ces valeurs au reste du monde. Aujourd'hui, les ex-pays sous développés ont acquis ce savoir, rattrapé leur handicap et sont en passe de surclasser les Européens sur leur propre terrain.
Il est infiniment probable - car rien n'est jamais certain en Histoire - que l'Europe a fait son temps et qu'elle amorce son déclin définitif.
Ironie de l'Histoire : il se pourrait que, dans la suite des temps, Israël et les Juifs restent les seuls vrais authentiques témoins d'une Europe révolue.
Robert Cotta
© Israël-diaspora.info
[Texte aimablement communiqué par Koira.]
Mis en ligne le 06 juin 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.











