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Relations entre Israël et la Turquie (revue de la presse israélienne)
Extrait de la Revue de Presse de l’Ambassade de France en Israël, du lundi 02 mai 2005 :www.ambafrance-il.org/diplomatie/revuepresse.php?id=2946&rub=3
La presse israélienne dressait, ce matin, un bilan très positif de la visite en Israël du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, au terme de laquelle Ankara et Jérusalem ont décidé de renforcer leur coopération stratégique. «Un téléphone rouge entre Sharon et Erdogan pour lutter contre le terrorisme», titrait le quotidien à grand tirage, Yédiot Aharonoth, en publiant une photo du chef du gouvernement turc déposant une gerbe au Mémorial de la Shoah de Yad Vashem.
Lors de leur rencontre à Jérusalem, Ariel Sharon et Tayyip Erdogan ont abondamment évoqué la coopération entre les deux pays, malgré les divergences de vues concernant la promotion du processus diplomatique entre Israël et les Palestiniens, rapporte, de son côté, le quotidien de tendance gauche libérale Haaretz. Le Premier ministre turc s’est rendu en Israël à la tête d’une grande délégation pour montrer que les relations entre les deux pays avaient été remises sur les rails, un an après la condamnation par le Premier ministre turc des liquidations des dirigeants du Hamas, souligne le journal.
Le Yédiot note, pour sa part, un progrès considérable dans les relations économiques entre les deux pays. La Turquie a en effet commandé à Israël des drones de combat et conclu un marché pour la modernisation de ses appareils «Phantom» par les industries aéronautiques israéliennes, pour un montant de 300 millions de dollars.
«Voir des dirigeants musulmans à Yad Vashem n’est pas courant mais pour le Premier ministre Erdogan, la condamnation de l’antisémitisme est l’un des objectifs essentiels de sa visite», souligne le Haaretz. «L’antisémitisme est un crime contre l’humanité. C’est ainsi que je vois les choses, c’est ainsi que mon parti voit les choses, ainsi que ma religion", a-t-il déclaré. Le journal de centre droit Maariv relève qu’«en dépit de toutes les demandes et du protocole en vigueur, le Premier ministre turc, qui est le chef d’un parti islamiste, s’est refusé à porter la kippa lors de sa visite au Mémorial. Après avoir examiné la question, le ministère israélien des Affaires étrangères a finalement décidé de ne pas envenimer les relations avec la plus importante démocratie musulmane de la région.
Le conflit israélo-palestinien a également été évoqué par les Premiers ministres turc et israélien, notent les médias. Selon le Maariv, M. Erdogan a demandé à Ariel Sharon qu’Israël se montre patient et donne à Abou Mazen le temps de tenir ses engagements dans le domaine sécuritaire : "Vous devez l’aider davantage pour qu’il gagne les élections et ait la force de tenir ses engagements", a-t-il dit au Premier ministre israélien, avant de poursuivre : "il faut être optimiste quant à l’application de la Feuille de route, pour que le terrorisme ne soit pas vainqueur". A. Sharon a répondu qu’Abou Mazen devait décider de l’orientation à prendre, soit opter pour la Feuille de route, soit pour un dialogue avec les organisations terroristes : "S’il choisit le dialogue avec ces organisations, nous ne pourrons pas progresser avec lui vers l’application de la Feuille de route, et le terrorisme enregistrera une nouvelle recrudescence. Les mesures qu’il prend m’inquiètent. Ce n’est que s’il œuvre contre le terrorisme que nous pourrons l’aider".
Selon le Haaretz, le Premier ministre turc a fait valoir que son pays pouvait aider à résoudre le conflit israélo-palestinien. Sharon lui a répondu que la Turquie pouvait contribuer au renforcement de la Bande de Gaza, par exemple en construisant une centrale électrique qui dessalera l’eau de mer, et des logements pour les réfugiés des camps.
Dans les colonnes du Maariv, l’ancien Directeur général du ministère des AE, Alon Liel, parle d’un regain d’affection entre Ankara et Jérusalem. «C’était une bonne chose que de voir de nouveau à Jérusalem les dirigeants politiques, militaires et industriels turcs. Après une année difficile, il était bon de se serrer les mains et de se rencontrer une fois de plus en tête-à-tête, et non par le biais des médias. Recep T. Erdogan et les ministres de sa suite diffèrent de l’ancien leadership turc. Alors que Suleiman Demirel et les dirigeants turcs des années 90 nous aimaient, Erdogan nous a reçus en héritage. Il comprend très bien l’importance des relations avec Israël, mais le sentiment n’est plus ce qu’il était. Erdogan est un dirigeant musulman d’une espèce encore inconnue ici. Il est très pieux chez lui, à la maison, et laïque dans son ministère. Il se sent à l’aise aussi bien dans les capitales arabes que dans les capitales occidentales. Si Sharon parvient à séduire Erdogan, ce sera «avec sursis» et sous condition. Il faudra qu’Abou Mazen soit satisfait, pour que les Turcs nous aiment de nouveau pour de bon. Erdogan se soucie beaucoup plus des Palestiniens que ses prédécesseurs à Ankara […] Avec la Syrie aussi, Erdogan a des relations affectueuses. Il y a une semaine, il a envoyé le président Ceser y effectuer une visite. La Turquie fait confiance à Bachar Assad. La chaleur manifestée par Ankara vis-à-vis des Palestiniens et de la Syrie transforme sa visite en défi pour Israël», conclut l’ancien diplomate.
© Ambassade de France en Israël
Mis en ligne par M. Macina, le 02 mai 2005, sur le site www.upjf.org.
Lors de leur rencontre à Jérusalem, Ariel Sharon et Tayyip Erdogan ont abondamment évoqué la coopération entre les deux pays, malgré les divergences de vues concernant la promotion du processus diplomatique entre Israël et les Palestiniens, rapporte, de son côté, le quotidien de tendance gauche libérale Haaretz. Le Premier ministre turc s’est rendu en Israël à la tête d’une grande délégation pour montrer que les relations entre les deux pays avaient été remises sur les rails, un an après la condamnation par le Premier ministre turc des liquidations des dirigeants du Hamas, souligne le journal.
Le Yédiot note, pour sa part, un progrès considérable dans les relations économiques entre les deux pays. La Turquie a en effet commandé à Israël des drones de combat et conclu un marché pour la modernisation de ses appareils «Phantom» par les industries aéronautiques israéliennes, pour un montant de 300 millions de dollars.
«Voir des dirigeants musulmans à Yad Vashem n’est pas courant mais pour le Premier ministre Erdogan, la condamnation de l’antisémitisme est l’un des objectifs essentiels de sa visite», souligne le Haaretz. «L’antisémitisme est un crime contre l’humanité. C’est ainsi que je vois les choses, c’est ainsi que mon parti voit les choses, ainsi que ma religion", a-t-il déclaré. Le journal de centre droit Maariv relève qu’«en dépit de toutes les demandes et du protocole en vigueur, le Premier ministre turc, qui est le chef d’un parti islamiste, s’est refusé à porter la kippa lors de sa visite au Mémorial. Après avoir examiné la question, le ministère israélien des Affaires étrangères a finalement décidé de ne pas envenimer les relations avec la plus importante démocratie musulmane de la région.
Le conflit israélo-palestinien a également été évoqué par les Premiers ministres turc et israélien, notent les médias. Selon le Maariv, M. Erdogan a demandé à Ariel Sharon qu’Israël se montre patient et donne à Abou Mazen le temps de tenir ses engagements dans le domaine sécuritaire : "Vous devez l’aider davantage pour qu’il gagne les élections et ait la force de tenir ses engagements", a-t-il dit au Premier ministre israélien, avant de poursuivre : "il faut être optimiste quant à l’application de la Feuille de route, pour que le terrorisme ne soit pas vainqueur". A. Sharon a répondu qu’Abou Mazen devait décider de l’orientation à prendre, soit opter pour la Feuille de route, soit pour un dialogue avec les organisations terroristes : "S’il choisit le dialogue avec ces organisations, nous ne pourrons pas progresser avec lui vers l’application de la Feuille de route, et le terrorisme enregistrera une nouvelle recrudescence. Les mesures qu’il prend m’inquiètent. Ce n’est que s’il œuvre contre le terrorisme que nous pourrons l’aider".
Selon le Haaretz, le Premier ministre turc a fait valoir que son pays pouvait aider à résoudre le conflit israélo-palestinien. Sharon lui a répondu que la Turquie pouvait contribuer au renforcement de la Bande de Gaza, par exemple en construisant une centrale électrique qui dessalera l’eau de mer, et des logements pour les réfugiés des camps.
Dans les colonnes du Maariv, l’ancien Directeur général du ministère des AE, Alon Liel, parle d’un regain d’affection entre Ankara et Jérusalem. «C’était une bonne chose que de voir de nouveau à Jérusalem les dirigeants politiques, militaires et industriels turcs. Après une année difficile, il était bon de se serrer les mains et de se rencontrer une fois de plus en tête-à-tête, et non par le biais des médias. Recep T. Erdogan et les ministres de sa suite diffèrent de l’ancien leadership turc. Alors que Suleiman Demirel et les dirigeants turcs des années 90 nous aimaient, Erdogan nous a reçus en héritage. Il comprend très bien l’importance des relations avec Israël, mais le sentiment n’est plus ce qu’il était. Erdogan est un dirigeant musulman d’une espèce encore inconnue ici. Il est très pieux chez lui, à la maison, et laïque dans son ministère. Il se sent à l’aise aussi bien dans les capitales arabes que dans les capitales occidentales. Si Sharon parvient à séduire Erdogan, ce sera «avec sursis» et sous condition. Il faudra qu’Abou Mazen soit satisfait, pour que les Turcs nous aiment de nouveau pour de bon. Erdogan se soucie beaucoup plus des Palestiniens que ses prédécesseurs à Ankara […] Avec la Syrie aussi, Erdogan a des relations affectueuses. Il y a une semaine, il a envoyé le président Ceser y effectuer une visite. La Turquie fait confiance à Bachar Assad. La chaleur manifestée par Ankara vis-à-vis des Palestiniens et de la Syrie transforme sa visite en défi pour Israël», conclut l’ancien diplomate.
© Ambassade de France en Israël
Mis en ligne par M. Macina, le 02 mai 2005, sur le site www.upjf.org.











