
Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 641 76 39
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
CHABAT KEDOCHIM
3 MAI 2008 28 NISSAN 5768.
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Jérusalem |
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Entrée |
18.40 |
20.50 |
20.03 |
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Sortie |
20.00 |
22.03 |
21.10 |
Très chers amis,
Jai le plaisir de vous adresser Un Dvar Thora sur le thème :
La sainteté
Une exigence universelle ?
diffusé à des milliers de personnes francophones dans le monde, via Internet.
Notre Institution est installée dans un immeuble situé face au Mont HERZL où nous serons toujours heureux de vous accueillir ; ce bâtiment porte dorénavant le nom de BEIT YEHOUDA VEHANA au nom de la famille qui a contribué au financement de cette acquisition ; notre reconnaissance est infinie tant pour cette famille que pour tous nos généreux donateurs et amis.

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 641 76 39
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Ces Dvar Thora sont consacrés pour la guérison (refoua chelema) du fils de Rav Eliahou Elkaïm, Haïm Yéhouda ben Mazaltov
& de HAYA LEA BAT HANA
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance et la paix.
Avec notre plus cordial Chabat Chalom,

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
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La sainteté
Une exigence universelle ?
Par le Rav Eliahou Elkaïm
La sainteté semble être transcendante, lointaine et impalpable, apanage des justes, et éloignée de nous, trop inscrits dans le monde matériel. La Thora nous dit exactement linverse
« LEternel parla à Moïse en ces termes : Parle à toute la communauté des enfants dIsraël et dis-leur : Soyez saints car Je suis saint, Moi, lEternel votre D.ieu » (Lévitique 19 ; 2).
Rachi précise que ce verset nous apprend que cette parole fut prononcée devant toute lassemblée, car la plupart des lois fondamentales de la Thora en dépendent.
Daprès certains de nos maîtres, il sagit de lune des 613 mitsvoth, ce qui implique que chaque Juif est en devoir de laccomplir.
Dautres, comme Maïmonide (Sefer hamitsvot Chorech 4) ou Nahmanide, ne considèrent pas cet ordre comme étant assez circonscrit, et ne lintègrent pas aux 613 mitsvoth.
Quoiquil en soit, et selon tous les avis, cet ordre général sadresse à tout le peuple dIsraël, et engage chacun à laccomplir.
Mais quelle est la véritable signification de ce concept ? Et quel est le sens des paroles : «
car Je suis saint, Moi, lEternel votre D.ieu » ?
Dans son commentaire, Nahmanide cite le Sifra, qui précise lintention de la Thora, intention contenue dans le terme kedoucha, sainteté : soyez saints signifie ne soyez pas attachés au matériel (perouchim).
La même interprétation revient dans le Sifra à propos du verset : « Vous devez vous sanctifier et rester saints, parce que Je suis saint » (Lévitique 11 ; 44).
Le Sifra commente : « De la même façon que Je suis saint, vous devez lêtre aussi. De même Je suis détaché du matériel (parouch), vous devez lêtre aussi » (ibid.).
Daprès Nahmanide, à travers cet ordre, la Thora nous demande de comprendre les intentions véritables du Créateur, outre le respect des consignes de D.ieu, qui nous a interdit les aliments impurs et les relations prohibées.
Cette volonté divine de nous éloigner de tout ce qui pourrait porter atteinte à la pureté physique de lhomme, cache un désir plus profond délever lhomme, et son âme.
Générosité sans limite
Dans le cadre même des plaisirs permis et des limites fixées par la Thora, un homme peut perdre toute valeur morale (devenant ainsi un naval), sil recherche les plaisirs matériels, et sengage dans la course sans fin de la consommation.
La sainteté dont il est question dans notre verset est le détachement (perichout), qui entraîne une séparation de lhomme de la masse inculte et vulgaire.
Son élévation viendra précisément de ce non-attachement au matérialisme : cest lessence de la sainteté (kedoucha).
La même idée est reprise par la Thora concernant toutes les interdictions dordre social, comme ne pas voler, ne pas tromper
Car la Thora conclut lénumération de ces lois en disant : « Fais ce qui est juste et agréable aux yeux du Seigneur » (Deutéronome 6 ; 18).
Encore une fois, Nahmanide interprète ces paroles comme un ordre général exhortant lhomme à comprendre lintention véritable du créateur.
D.ieu ne demande pas à lhomme de respecter ces lois dans le seul but de protéger la société, mais également dans celui de sélever pour Lui ressembler, par sa droiture absolue et sa générosité sans limite (Nahmanide ibid.).
Le Sforno ajoute que cette mitsva dêtre saint, vient préciser le sens de toutes les autres qui lont précédée, à savoir les interdits alimentaires ou les unions prohibées, ainsi que lobligation de séloigner de tout ce qui est impur.
A travers toutes ces lois, le but du Créateur est que nous lui ressemblions le plus possible, car telle fut Sa volonté lors de la création :
« D.ieu dit : Faisons lhomme à notre image, à notre ressemblance » (Genèse 1 ; 26).
Transcender le matériel
La sainteté est comme une échelle. Elle a pour point de départ ce détachement (perichout), et possède des niveaux infinis. Cette sainteté donne un sens véritable à la vie de chaque Juif.
Nos maîtres développent dautres aspects de ce concept de sainteté, aspects qui complètent les paroles de Nahmanide.
A cette occasion, nous citerons notamment linterprétation dun géant en Thora, qui vécut avant-guerre, Rav Shimon Y. Schkop zatsal, Roch Yéchivat Grodna, dans lintroduction de son ouvrage « Chaaré Yocher ».
Ce dernier cite un Midrach au début de notre paracha.
Le Midrach sinterroge : « La sainteté que lon nous demande datteindre est-elle au même niveau que celle du Créateur ? A cela, le verset répond: « Je suis saint, et ma sainteté dépasse la vôtre » (Vayikra Rabba 24)
La question même du Midrach nous laisse perplexe. Le détachement que lhomme peut atteindre, même si cest à un degré extraordinaire, peut-il seulement être comparé à celui de D.ieu, qui na pas de forme matérielle ?
Mais la réponse du Midrach définit la sainteté de D.ieu comme supérieure à celle de lhomme, laissant entendre quil sagit bien de la même notion, pour D.ieu ou pour les hommes.
Pourtant, ce détachement du Créateur, transcende totalement le monde matériel, ce qui ne peut être le cas de lhumanité, inscrite par sa nature dans le matériel.
Rabbi Shimon Shkop sort de la problématique, et explique que lun des sens de sainteté (kedoucha) est hekdech, qui signifie être réservé à un but particulier.
Quel est ce but ? La Thora nous demande dorienter toute notre énergie, nos capacités, nos dons et notre volonté vers le Bien de lhumanité en général et de la communauté des Juifs en particulier.
Ce but peut être rempli par le souci du bien-être matériel des autres, mais aussi par la recherche constante du salut spirituel de lhumanité.
Même quand lhomme jouit des plaisirs de ce monde, évidemment dans le cadre des plaisirs permis, il doit toujours garder à lesprit ce but, et avoir comme intention unique de pouvoir servir Son créateur, dans les meilleures conditions, physiques et morales possibles.
Cest là la véritable sainteté, et le détachement du matériel, dont parle Nahmanide en est le moyen.
Si lon est trop assujetti au monde matériel, par ses propres plaisirs et son « moi », on ne peut devenir réellement altruiste.
Le Bien commun de lhumanité
A linstar de D.ieu, qui a créé le monde dans le but unique de prodiguer Sa bonté, et cela sans aucun intérêt personnel, lhomme doit développer au maximum en lui cette capacité de don.
Nous pouvons désormais comprendre les mots du Midrach.
La sainteté demandée à lhomme est effectivement de la même nature que celle de D.ieu. Il lui est demandé dagir sans but personnel, en recherchant le Bien absolu.
Mais le Midrach nous précise que même si la sainteté qui est demandée à lhomme possède une certaine analogie avec celle de D.ieu, lhomme ne parviendra jamais au niveau du Créateur.
Lhomme possède son « moi », qui est à lorigine de toutes ses volontés et aspirations. Il ne peut donc agir de façon absolue.
En revanche, il peut utiliser lambition innée qui a été placée en lui, dans loptique de servir la communauté des hommes, en recherchant leur bien.
Il peut utiliser son « moi » et sa volonté propre pour faire le Bien et aider le reste des hommes.
Lhomme doit se considérer comme le gérant de toutes les capacités qui ont été déposées en lui : il a la responsabilité de les utiliser pour le Bien commun, matériel et spirituel de lhumanité. Là se trouve la sainteté (kedoucha).
Un deuxième texte du Midrach apporte un éclairage supplémentaire.
« Soyez saints : cela nous apprend que si lhomme se sanctifie, D.ieu réagira en disant : Je considère cet acte comme si vous maviez Moi-même sanctifié » (Sifra ibid.)
Rav Shmouel Rozovsky zatsal, Roch Yéchivat Ponievezh, dans son ouvrage Zihron Chmouel (p.566) cite le Malbim, qui interprète les mots du Sifra.
Lhomme qui se sanctifie sélève au dessus des contingences matérielles, pouvant ainsi se consacrer à tout ce qui touche le domaine spirituel.
Celui-là méritera que D.ieu se comporte aussi avec lui sans tenir compte des contingences matérielles.
Notre ancrage dans le monde matériel limite notre vision, et empêche D.ieu de se comporter avec nous en dehors de lois naturelles.
Sanctifier D.ieu, cest permettre quIl agisse dans notre monde en dévoilant Sa puissance infinie, qui nest bien évidemment limitée par aucune loi naturelle.
Celui qui se sanctifie, comme on la vu en se détachant en partie du monde, de la course vers les plaisirs matériels, allant à lencontre de sa nature, méritera que D.ieu agisse envers lui par un comportement qui se place au dessus des contingences naturelles (Hanhaga nissit), sapparentant à des miracles.
Plus lhomme sélève et se détache de lavilissement au matériel, plus il mérite de voir ses initiatives et son accomplissement personnel réussirent de façon irrationnelle. Là se trouve la véritable sanctification du Nom divin.
Le Rav Rozovsky développe cette idée en parlant du Rav de Ponievezh, quil avait assisté pendant plus de vingt-cinq ans, et sur lequel il pouvait témoigner quil avait su dépasser toutes les contingences matérielles, que ce soit son grand âge, son grand malheur familial (après la Shoah), ainsi que les problèmes financiers apparemment insurmontables pour rebâtir un monde de Thora.
Ainsi, il avait vu un homme atteindre la sainteté et bénéficier de laide miraculeuse de D.ieu, à chacun de ses pas.
On le voit, la sainteté ne concerne pas une élite triée sur le volet ou douée dun caractère et dun tempérament exceptionnels.
La sainteté est accessible par tous et cest le message de la Thora : lhomme peut toujours sélever et se rapprocher de D.ieu en développant en lui la véritable sainteté, celle qui lui permettra de vivre ce monde, non pour sa propre jouissance mais pour rendre meilleure lhumanité toute entière.
© Daat Haim
Mis en ligne le 02 mai 2008, par M.











