
Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
ROCH HACHANA 5768
13/14 SEPTEMBRE 2007
Très chers amis,
Jai le plaisir de vous adresser un Dvar Thora sur ROCH HACHANA.
Dans le but de diffuser encore et toujours le message éternel de la Thora, nous envoyons ce Dvar Thora à des milliers de personnes francophones dans le monde, via Internet.
Notre Institution a emménagé dans un nouveau bâtiment situé face au Mont HERZL où nous serons toujours heureux de vous accueillir ; ce bâtiment porte dorénavant le nom de BEIT YEHOUDA VEHANA au nom de la famille qui a contribué au financement de cette acquisition ; notre reconnaissance est infinie tant pour cette famille que pour tous nos généreux donateurs et amis.
Nous avons démarré depuis Roch Hodech la nouvelle session d'études et y avons accueilli 44 nouveaux élèves sélectionnés parmi des centaines de candidats. Nous aurons donc 180 élèves internes à la Yéchiva et 210 personnes au Beth Hamidrach, avec les enseignants et étudiants externes. Nous grandissons grâce à votre aide : il y a neuf ans, nous étions 9 !
Pour visualiser les photos de notre dernier gala à Paris et le film d'inauguration du bâtiment à Jérusalem vous pouvez cliquer sur le lien suivant :
http://www.daathaim.org/evenement/index.htm

Ce Dvar Thora est diffusé pour la guérison (refoua chelema) du fils de
Rav Eliahou Elkaïm,
Haïm Yéhouda ben Mazaltov
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance et la paix.
Que vous soyez inscrits dans le livre de la vie
CHANA TOVA & CHABAT CHALOM.

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
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La lumière de la vie
Par le Rav Eliahou Elkaïm
Lécriture est très concise en ce qui concerne la fête de Roch Hachana, et cest seulement à travers la loi orale que nous allons découvrir le véritable sens de lordre divin de fêter la nouvelle année
Roch Hachana annonce le début des yamim noraïm, « jours redoutables » : les dix jours de repentir et le jeûne de Kippour, couronnés par Hochana Rabba (septième jour de la fête de Souccoth, jour où est entériné définitivement, selon le Zohar, la sentence divine concernant chaque individu)
La première fois quil est question de Roch Hachana, cest dans la Parachat Emor :
« LEternel parla à Moïse en disant : Parle aux enfants dIsraël en disant : Au septième mois, au premier jour du mois, aura lieu pour vous un repos solennel : commémoration par une fanfare, convocation sainte » (Lévitique 23 ; 24).
Rachi, citant le Sifra, explique les mots : commémoration par une fanfare.
« Il sagit ici des versets bibliques qui traitent du souvenir divin, et des versets concernant la sonnerie du Chofar, insérés dans la prière de Roch Hachana.
Pourquoi particulièrement ces thèmes ? Afin de rappeler en notre faveur le sacrifice dIsaac, remplacé par le sacrifice du bélier. »
A noter : les passages concernant la Royauté divine sont déduits dun autre verset.
Rachi fait ici allusion au texte de la prière de Moussaf de Roch Hachana, où nous lisons consécutivement trois séries de versets de la Thora, où sont exprimés trois thèmes :
La royauté divine (malkhouïoth) ; le souvenir divin (zihronoth) ; et la sonnerie du chofar (chofaroth).
Le jugement de D.ieu
Le Maharal (Gour Arié ad hoc) fait remarquer que Rachi na certainement pas voulu dire que ce verset exprime lordre de mentionner ces passages de la Thora dans la prière de Roch Hachana.
En effet, le Talmud (Roch Hachana 34b) précise clairement que la lecture de ces passages dans la prière de Moussaf est une mitsva instituée par les Maîtres dIsraël (midérabbanane), ce qui veut dire que cela nest pas inscrit explicitement dans la Thora.
Rachi a simplement déduit de ce texte du Sifra que nos maîtres ont interprété les mots « commémoration par une fanfare » comme exprimant les deux concepts de souvenir divin et de sonnerie du Chofar ; cette sonnerie venant susciter le souvenir divin, et rappeler en notre faveur le sacrifice dIsaac.
Nahmanide ajoute :
« La Thora ne nous a pas précisé la raison de la mitsva de sonner du chofar, ni la raison pour laquelle nous devons susciter le souvenir divin en ce jour particulier, ni dailleurs la raison pour laquelle ce jour est une convocation sainte.
Cest seulement parce que ce jour est le début du mois où est fixé le jeûne de Kippour que nous pouvons déduire que ce jour est celui du jugement divin, où D.ieu juge toute lhumanité.
Le jugement sera suivi par le jour du grand Pardon. »
Le Sforno ajoute un nouvel élément :
« Cest une commémoration par fanfare, car elle exprime la joie du peuple dIsraël de sentir le déploiement de la royauté divine.
D.ieu siège en ce jour sur le trône du jugement divin comme lexprime le verset dans les Psaumes :
« Sonnez le chofar à la nouvelle lune, au jour fixé pour notre solennité, car cest le jour de la décision divine, pour Israël, du jugement de D.ieu de Jacob » (Psaumes 81 ; 4)
Et cest pour cette raison que nous nous réjouissons particulièrement du fait que D.ieu soit notre Roi. Car cest ainsi que nous pourrons susciter la clémence divine, comme lexprime le verset :
« Oui, lEternel est notre juge, lEternel est notre législateur, lEternel est notre Roi, à Lui nous devons le salut. » (Isaïe 33 ; 22)
Daprès le Talmud (Roch Hachana 16a), cest sur la base de ces trois thèmes (malhouïoth, zihronoth et chofaroth) que nous devons comprendre la vraie signification de la fête de Roch Hachana.
Cela forme le contenu de nos prières ce jour-là, qui découle de lessence même de la fête et fut institué par les membres de la Grande Assemblée (Anché Knesset Haguedola), qui bénéficiaient de linspiration divine (rouah hakodech).
Mais le thème le plus dominant dans nos prières est celui de malhouïoth. Les bénédictions de toutes les prières de la Amida, comportent lajout de lattribut de roi, (méleh) : Haméleh hakadoch, méleh al kol haaretz.
A travers les écrits de nos maîtres, nous pouvons découvrir que le déploiement de la royauté divine est lessence même de la fête de Roch Hachana, le jugement divin, le souvenir et la sonnerie du chofar nétant que lexpression de lattribut royal de D.ieu.
Cest cette royauté qui domine toute la période des yamim noraïm, les jours redoutables.
Le Ramhal (Rabbi Moché Haïm Luzzato) exprime cette idée dans Maamar hahohma :
« (
) Le jour de Roch Hachana, D.ieu se dévoile dans son état de Roi du monde. Cest ce qui rend cette date propice aux prières, qui sélèvent vers D.ieu et limplorent de dévoiler entièrement sa majesté dans notre monde. »
Pourquoi nos maîtres donnent-ils une telle importance à ce déploiement de la royauté de D.ieu et en quoi cela se manifeste à notre niveau ?
Laudace de prier
Une interprétation de Rabbi L.Gurwicz zatsal, dans son ouvrage Méoré Chéarim nous permettra peut-être de comprendre un peu mieux les intentions divines.
« De David. Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je peur ? » (Psaumes 27 ; 1).
Un Midrach très connu (Midrach Choher tov-Téhilim) interprète ce verset et lattribue à la fête de Roch Hachana et au jeûne de Kippour. « D.ieu est ma lumière le jour de Roch Hachana et Il est mon salut le jour de Yom Kippour. »
Roch Hachana est le jour où D.ieu nous éclaire par Sa lumière, et Yom Kippour, D.ieu nous délivre par Son salut.
Quelle est la nature de cette lumière qui nous illumine à Roch Hachana ?
Daprès le Méoré Chéarim, cette lumière, cest justement le déploiement de la royauté divine.
D.ieu, le jour de Roch Hachana, se révèle à nous comme un roi. Il exprime de façon active sa royauté.
Cette royauté sest exprimée dans notre univers, pour la première fois avec la création dAdam, qui eut lieu le premier Tichri, et elle est commémorée et reconduite le jour anniversaire de cette création.
Cette commémoration crée une nouvelle proximité avec toutes les créatures et nous offre lopportunité, malgré notre niveau, de trouver laudace de prier et dimplorer D.ieu pour lui demander de dévoiler sa majesté totalement.
Cet élan crée une proximité tout à fait nouvelle entre D.ieu et chaque individu et cest grâce à elle que nous pouvons espérer susciter la clémence de D.ieu ; Grâce à cette proximité, nous pouvons aussi demander que D.ieu nous accorde la vie et le bonheur.
La lumière, dont parle David, est lexpression même de ce déploiement de la royauté divine qui va illuminer les âmes de tous les enfants dIsraël.
Cette lumière divine permet à chacun de nous une nouvelle perception de la vérité absolue. Cest ainsi que nous pouvons en toute sincérité ignorer tous nos soucis quotidiens pour naspirer quà une chose : le déploiement de la majesté divine, ce qui, nous lavons vu, est lessence de nos prières à Roch Hachana.
Cette lumière existe pour nous permettre de « voir » le monde sous sa forme véritable, de saisir la volonté divine dans sa substance et de nous élever au point de discerner le mensonge de la vérité.
Chacun de nous peut ressentir une plus grande proximité avec D.ieu pendant cette période de lannée et cela est certainement dû à cette lumière.
Il est intéressant de citer les mots du Ramhal (Sentier de rectitude chapitre 3).
« Tu amènes les ténèbres, et cest la nuit ; la nuit où circulent toutes les bêtes sauvages de la forêt. » (Psaumes 104 ; 20).
Le Talmud explique que ce verset se rapporte au monde ici-bas, qui ressemble à la nuit et aux ténèbres. (Baba Metsia 83)
Celui qui approfondit ces paroles de nos maîtres prendra conscience de la portée de leur message.
Les ténèbres de la nuit peuvent entraîner deux erreurs :
La première est de ne plus voir du tout ce qui nous entoure. Lobscurité épaisse fait totalement écran.
La seconde est de brouiller la vue et de faire prendre une chose pour une autre comme un poteau pour une personne ou linverse
Cest en cela que nos maîtres ont comparé les ténèbres de la nuit à lopacité du monde matériel, qui brouille lintellect, comme lobscurité brouille la vu ; dans le cas du monde matériel, deux erreurs existent également :
Le livre de la vie
La première erreur est de ne pas discerner les pièges que nous tend le monde matériel. Et cest ainsi que les simples, les naïfs vont à leur perte sans même avoir ressenti aucune crainte.
La deuxième erreur est plus dangereuse encore : lerreur optique causée par lopacité du monde peut entraîner une inversion des valeurs. On croit voir le Bien et cest le Mal, et réciproquement.
« Les hommes et les femmes qui se trouvent dans ce cas de figure seront persuadés que leur façon de voir la vie et leur approche des événements sont vraies, quils sont dans le Bien. Cette erreur a cela de dramatique que ces gens nont presque aucune chance de percevoir la Vérité. (
) » (Messilath Yécharim chapitre 3)
Les mots du Midrach, qui compare Roch Hachana à la lumière divine éclairant les hommes, prennent une nouvelle dimension.
La proximité avec D.ieu, que lon obtient grâce au déploiement de la Royauté divine se manifeste durant cette période sainte et éclaire lâme de chaque Juif ; cette proximité lui permet de « voir » le monde sous sa véritable forme, sans être induit en erreur par les ténèbres du monde matériel.
Ce qui est demandé à chacun dentre nous est de vivre intensément cette lumière et de la laisser pénétrer en nous à travers les textes des prières et la solennité de ces journées.
Le but du processus de Roch Hachana est de ressentir profondément ce qui est caché dans nos âmes, brouillé par les ténèbres de ce monde : notre volonté la plus profonde et la plus vraie est celle de vivre le déploiement total de la majesté divine dans ce monde et de fait, la disparition définitive des forces du mal et du mensonge.
Cest justement à travers les malhouïoth, lintronisation de D.ieu, que nous pouvons espérer que le jugement divin et Sa rigueur seront atténués par la Clémence divine, midath Harahamim.
Si nous sommes pénétrés par la volonté de voir se dévoiler la royauté divine, (Malhouth Chamaïm) même nos actes les plus répréhensibles seront considérés par D.ieu sous un angle différent et nous pourrons espérer la clémence divine.
Les mots du Sforno deviennent éloquents.
Nous réjouir du fait que D.ieu est notre Roi, savourer cette lumière, même si elle implique un jugement effrayant pour tout esprit sain, cest ce qui va nous élever et nous faire mériter dêtre inscrits dans le livre de la Vie.
«Oui, lEternel est notre juge, lEternel est notre législateur, lEternel est notre Roi,
à Lui nous devons le salut» (Isaïe 33 ; 22).
Ketiva veHatima Tova,
Soyez tous inscrits dans le livre de la vie.
Mis en ligne le 12 septembre 2007, par M.











