
Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
KI TAVO
1ER SEPTEMBRE 2007 18 ELLOUL 5767
Très chers amis,
Jai le plaisir de vous adresser un Dvar Thora sur la paracha consacré à la bonne santé de TSION BEN YEHOUDA VEHANA.
Dans le but de diffuser encore et toujours le message éternel de la Thora, nous envoyons ce Dvar Thora à des milliers de personnes francophones dans le monde, via Internet.
Notre Institution a emménagé dans un nouveau bâtiment situé face au Mont HERZL où nous serons toujours heureux de vous accueillir ; ce bâtiment porte dorénavant le nom de BEIT YEHOUDA VEHANA au nom de la famille qui a contribué au financement de cette acquisition ; notre reconnaissance est infinie tant pour cette famille que pour tous nos généreux donateurs et amis.
Nous avons démarré depuis Roch Hodech la nouvelle session d'études et y avons accueilli 44 nouveaux élèves sélectionnés parmi des centaines de candidats. Nous aurons donc 180 élèves internes à la Yéchiva et 210 personnes au Beth Hamidrach, avec les enseignants et étudiants externes. Nous grandissons grâce à votre aide : il y a neuf ans, nous étions 9 !
Pour visualiser les photos de notre dernier gala à Paris et le film d'inauguration du bâtiment à Jérusalem vous pouvez cliquer sur le lien suivant :
http://www.daathaim.org/evenement/index.htm
Ce Dvar Thora est diffusé pour la guérison (refoua chelema) du fils de
Rav Eliahou Elkaïm,
Haïm Yéhouda ben Mazaltov
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance et la paix.
Chabat Chalom.

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
Acquérir la crainte, et devenir serein
Par le Rav Eliahou Elkaïm
Nous connaissons tous le terme de Harédim, (craignants D.ieu), qui désigne les Juifs orthodoxes. La paracha de cette semaine nous permet de comprendre comment, grâce à leur crainte du Ciel, ces hommes et ces femmes atteignent une sérénité à nulle autre pareille
La deuxième partie de notre paracha décrit les sanctions attribuées à la communauté dIsraël si elle sécarte de son attachement à la Thora et à laccomplissement des mitsvoth.
« Mais si tu nécoutes pas la voix de lEternel ton D.ieu, si tu nas pas soin dobserver tous Ses préceptes et Ses lois que je te recommande en ce jour, toutes ces malédictions se réaliseront contre toi et seront ton partage » (Deutéronome 28 ; 15).
Suit une énumération de ces malédictions, et nos maîtres en ont compté quatre-vingt dix-huit.
Cet avertissement vient compléter la mise en garde dans la paracha de Behoukotaï (Lévitique 26 ; 14-46), dans le cas où le peuple de suit pas les lois de la Thora. Ce passage contient quarante-neuf sanctions.
Dans son commentaire (Deutéronome 28 ; 42), Nahmanide retrouve, dans lhistoire dIsraël jusquà nos jours, notamment durant la destruction des deux temples, la réalisation effective de ces châtiments, avec leurs phases et leurs déroulements.
Le Malbim cite dailleurs lun de ses livres (inédit), qui contient la vérification historique de la concrétisation systématique des paroles divines.
Cest dans le sens de cette concrétisation que lon doit comprendre le verset :
« Elles seront un signe et un prodige, sur toi et ta postérité, à jamais » (Deutéronome 28 ; 46).
La lumière après la nuit
Bien sûr, la conduite du peuple juif et la réaction de D.ieu ne sont pas toujours synchronisées, car léternité Lui appartient.
En outre, D.ieu tient compte de tous les facteurs et les circonstances atténuantes pour rendre Son jugement.
Cest lattribut de D.ieu que lon appelle ereh apaïm, « tardif à la colère » (Nombres 34 ; 6), qui permet un ajournement de la sanction, un délai supplémentaire.
Cest ce qui explique certaines périodes daccalmie, alors même que le peuple juif sétait affaibli dans son attachement à D.ieu et à Sa Thora.
Mais malheureusement, à plusieurs époques de notre histoire, « le vase a débordé », et lattribut de la rigueur divine a dû entrer en action, et cest ce qui a entraîné, à plusieurs reprises, lapplication des châtiments cités dans notre paracha.
Mais au delà de lobservation du système mis en place par D.ieu, il nous faut comprendre le but véritable de cette mise en garde si effrayante.
Et Rachi (au début de la paracha de Nitsavim), qui cite le Midrach Tanhouma, va nous ouvrir de nouveaux horizons
« Vous voici, aujourdhui, tous debout devant le Seigneur votre D.ieu (
)» (Deutéronome 29 ; 9).
Pourquoi ce verset est-il juxtaposé au texte des malédictions ?
Cest quIsraël, après avoir entendu les quarante-neuf premières menaces, venait de prendre connaissance de quatre-vingt dix-huit supplémentaires !
Ils furent pris dune terrible frayeur et sécrièrent : « Qui pourra supporter tout cela ? »
Moïse les apaisa en leur disant : « Vous êtes debout aujourdhui devant D.ieu, et cela malgré les maintes circonstances où vous lavez irrité. Pourtant, Il ne vous a pas exterminé.
De la même façon que le jour est une réalité permanente, et quavec le jour vient la lumière qui éclaire le monde après la nuit, D.ieu vous a éclairé et vous éclairera dans le futur.
Les souffrances et les sanctions sont là pour vous affermir devant D.ieu.»
Moïse a-t-il voulu dire que ces menaces ne sont que didactiques ? Cela semblerait contredire le déroulement même de lhistoire
Un cheval paresseux ?
Une remarque intéressante du Sabba de Kelm nous permettra peut-être de mieux comprendre cette réponse.
Le dernier verset du passage des sanctions annoncées est : « Voilà les paroles de lAlliance que le Seigneur prescrivit à Moïse pour conclure avec les enfants dIsraël dans le pays de Moab (
) » (Deutéronome 28 ; 69)
Il aurait été plus normal, remarque le Sabba de Kelm, de conclure cette paracha en disant : « Voilà les paroles de menace que le Seigneur prescrivit
»
Ce que la Thora veut nous faire comprendre, cest que les menaces de D.ieu ne sont pas à prendre dans le sens de malédictions et de châtiment.
Pour reprendre lexpression du Sabba de Kelm, il sagit dun fouet, que lon utilise pour réveiller un cheval paresseux.
Cétait le moyen pour parvenir à une nécessité absolue : faire prendre conscience à la communauté dIsraël de son rôle primordial dans le monde.
Pour appuyer son propos, il cite les paroles du Midrach (Yalkouth Chimoni) : « Un amora (maître du Talmud), alors quil était avec un autre amora, lisait la paracha de Ki-Tavo en bégayant de frayeur.
Lautre lui dit : Pourquoi bégaies-tu ? Ce ne sont pas des malédictions, ce ne sont que des remontrances ! »
Pour bien comprendre la profondeur et les conséquences de ces paroles, il faut que le rôle de lhomme, rôle principal, soit précisé.
Le Talmud (Chabbat 31 ; 6) va nous y aider.
Voilà la sagesse
Rabbi Yohanan dit, au nom de Rabbi Eléazar : lélément le plus important pour D.ieu est la Yirath chamaïm, la crainte du Ciel, qui se trouve dans le cur des hommes, comme il est écrit :
« Et maintenant Israël, ce que lEternel ton D.ieu te demande uniquement, cest de craindre lEternel ton D.ieu (
) » (Deutéronome 10; 12
Il est également écrit : « Ah, la crainte du Seigneur, voilà la sagesse » (Job 28 ; 28).
Le mot hèn, traduit par « Ah ! » dans cette phrase, signifie, en grec : un.
Cela vient nous apprendre que la crainte de D.ieu est la couronne de la sagesse qui existe dans le monde : le summum que peut atteindre lhomme.
Pour que lhomme puisse atteindre cet objectif ambitieux, il a fallu que la parole divine lui en fasse prendre conscience, le mette sur la voie et le prédispose à cette tâche.
« D.ieu a fait (des situations pour) quon Le craigne. » (Ecclésiaste 3; 14).
Le Talmud (Yébamoth 63a) ajoute un élément :
« Rabbi Eléazar ben Avina dit : Toutes les catastrophes qui frappent ce monde ont pour but déveiller la conscience dIsraël (et, ajoute Rachi, dinsuffler dans le cur de chacun la crainte pour quils se repentent) comme il est écrit :
« Jai anéanti des nations, leurs tours fortifiées sont en ruines, jai dévasté leurs campagnes (
) Je disais : Si seulement tu me craignais et en prenais la leçon » (Cephania 3 ; 6-7).
Le Maharal (Hidouché Agadoth ad hoc) explique : « Il est impossible de concevoir que ces catastrophes arrivent dans le seul but de détruire des nations.
Car le mal ne peut être issu de D.ieu, qui est le Bien par excellence.
Penser quelles arrivent dans le but dentraîner une prise de conscience de ces nations est également inconcevable, car la réaction de ces nations est de senfoncer plus encore dans le mal.
Le seul et unique but des catastrophes et des fléaux est déveiller la conscience des enfants dIsraël et de mettre la crainte du Ciel dans leur cur (
) »
De cette crainte en découle une autre : celle denfreindre la volonté divine.
Et ces deux craintes ont une caractéristique commune : elles ne créent pas chez lhomme de sentiment dinsécurité.
Au contraire, elles lui apportent un sentiment de plénitude.
La peur constructive
Conscient de la réalité des paroles de D.ieu dans notre paracha, lhomme qui craint D.ieu touche réellement au but de la création, par un retour sur soi, qui va lui permettre de saméliorer, de réparer ses fautes et de sentir la proximité divine.
Cest donc ainsi quil faut comprendre la réponse de Moïse.
Rabbi Haïm Kanievski (lun des géants en Thora de notre génération), dans son ouvrage Orhoth Yocher (chapitre 23), illustre de façon parfaite les notions que nous avons développées, et nous interpelle dautant plus dans la période que nous vivons actuellement.
« Certaines personnes vivent dans la peur constante de toutes sortes de catastrophes, que ce soit des maladies, des guerres, des mauvaises rencontres.
Leur vie est pleine de soucis et de crainte de ce qui pourrait leur arriver. Certains en viennent même à ne plus voyager, se déplacer, ni même sortir de chez eux.
Cette façon dagir est en tous points négative.
Le Talmud (Berahoth 60a), raconte lhistoire dun élève qui accompagnait Rabbi Ychmaël ben Yossi.
Ce dernier saperçut que son élève était effrayé et lui en fit la remarque : « Tu es un transgresseur, car il est écrit : La peur était dans les curs des transgresseurs de Sion. (Isaïe 33, 14)
Lélève répliqua : Il est écrit également : Heureux est lhomme qui a toujours peur (Proverbes 28, 14).
- Il sagit ici dune autre crainte, répondit Rabbi Ychmaël. Dans ce verset, il est question de la peur doublier ses connaissances en Thora. De ce fait, il sobligera constamment à les réviser
»
Une joie irradiante
Ce que Rabbi Ychmaël voulait dire à son élève, cest quil existe deux sentiments de crainte qui nont rien à voir lun avec lautre.
Vivre dans langoisse na aucun rapport avec la véritable crainte que D.ieu veut de nous.
Le souci permanent nuit à la santé et amène de nombreuses maladies, comme le précise le Talmud (Sanhédrin 100b) :
« Ninstalle pas les frayeurs dans ton cur, cela a achevé le plus solide des hommes. »
Car cette crainte des événements extérieurs trouve son origine dans un manque de confiance en D.ieu (manque de émouna).
Celui qui est conscient que tout est dirigé par la volonté divine na pas de peur dans son cur.
Pourquoi ? Parce que sil a été décrété quil doit souffrir, aucune prévention ne sera efficace. Si ce nest pas le cas, il na rien à craindre.
Quoi quil arrive, nous sommes entre les mains de D.ieu, que ce soit dans une période de paix ou une période de guerre.
D.ieu dispose de moyens infinis pour que sa volonté saccomplisse. Notre rôle est de craindre D.ieu et craindre de transgresser Sa volonté.
En dehors de cela, lhomme ne doit pas vivre dans la peur. Cest seulement dans le cas dun danger précis quil devient nécessaire de faire hichtadlouth (action concrète), notamment en séloignant de lendroit où ce danger est présent.
Il faut prier D.ieu pour que le Bien sinstalle et que nos vies soient paisibles.
Il ne faut en aucun cas développer des angoisses générales. Cest dailleurs dans ce sens que va le Talmud (Taanit 22a), qui fait léloge de ceux qui sont toujours joyeux et qui imprègnent de leur joie tous ceux qui les côtoient.
A ceux qui parviennent à communiquer leur joie de vivre, le Talmud donne le titre de
bné Olam Haba, littéralement les fils du monde futur. »
© Daat Haïm
Mis en ligne le 31 août 2007, par M.











