
Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
Parachat BEAALOTEKHA
2 JUIN 2007 15 SIVAN 5767
Très chers amis,
Jai le plaisir de vous adresser un Dvar Thora sur la Paracha de la semaine que nous consacrons à la mémoire d'EYTAN.
Dans le but de diffuser encore et toujours le message éternel de la Thora, nous envoyons ce Dvar Thora à des milliers de personnes francophones dans le monde, via Internet.
Cette année, notre Institution a emménagé dans un nouveau bâtiment, qui porte dorénavant le nom de BEIT YEHOUDA VEHANA au nom de la famille qui a contribué au financement de cette acquisition ; notre reconnaissance est infinie tant pour cette famille que pour tous nos généreux donateurs et amis.
Le bâtiment est situé face au Mont HERZL et nous serons toujours heureux de pouvoir vous y accueillir avec les 18 enseignants, les 10 avrehim et les 153 étudiants.
Pour visualiser les photos et le film d'inauguration du bâtiment à Jérusalem vous pouvez cliquer sur le lien suivant :
http://www.daathaim.org/evenement/index.htm

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
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Ce Dvar Thora est diffusé pour la guérison (refoua chelema) du fils de
Rav Eliahou Elkaïm,
Haïm Yéhouda ben Mazaltov
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance et la paix.
Avec notre plus cordial Chabat Chalom,

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
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La Lettre et lEsprit
Par le Rav Eliahou Elkaïm
Des actions décrites dans un ordre précis, lenchâssement de deux versets
Grâce à des détails qui peuvent passer inaperçus, on découvre cette semaine la passion des Juifs pour leur mission
Après le recensement du peuple dIsraël et les ordres divins concernant la structure du campement dans le désert au début de Bamidbar, la Paracha de Behaaloteha nous raconte des événements qui se sont produits pendant cette période.
Nos maîtres (cf. Rachi et Nahmanide, Nombres 9 ; 1) font remarquer que ces événements ne sont pas toujours cités daprès lordre chronologique.
Le Sforno, lui, voit dans lordre que la Thora a choisi pour décrire ces événements un sens très précis (Nombres 9 ;1)
Vu limportance de ce commentaire, nous le citons in extenso.
« La Thora commence par le recensement des hommes aptes au service, suivi de la structuration du camp et des bannières, pour ensuite fixer le rôle de ceux qui vont transporter le Tabernacle.
Entrée immédiate
Nous trouvons ensuite lordre divin déloigner les personnes impures du camp, ainsi que la Paracha de « la femme Sota », la femme infidèle. Tout cela va permettre laccomplissement du but final : « ton camp sera saint » et cest ainsi que la « Chehina », la présence divine, pourra résider parmi le peuple juif.
La Thora cite ensuite quatre des actions effectuées par le peuple dIsraël, et mentionne le mérite que ces actes auraient dû permettre : lentrée immédiate en Terre de Canaan, sans guerre de conquête.
Cest dailleurs ce que Moïse dit à Yitro, que la Thora appelle par son deuxième nom.
« Moïse dit à Hobab, fils de Reouel le Midianite, beau-père de Moïse :
Nous partons pour la contrée dont lEternel a dit : Cest celle que Je vous donne » (Nombres 10-29) pour préciser ensuite :
« Or, lorsque larche partait, Moïse disait : « lève-toi, Eternel ! Afin que Tes ennemis soient dispersés et que Tes adversaires fuient de devant Ta face »
(Nombres 10-35)
Le Sforno, ad hoc, explique que ce verset exprime le plan divin initial qui prévoyait la fuite de toutes les peuplades de Canaan devant larche sainte et la communauté dIsraël, et cela sans aucune résistance.
Ce plan merveilleux va être bouleversé après la faute des « Meraglim », les Explorateurs envoyés par Moïse, qui vont médire sur la terre promise, décourageant le peuple dIsraël, leur faisant croire que la conquête de la terre de Canaan nest pas à leur portée.
Le Sforno énumère ensuite les quatre actions qui auraient dû permettre lentrée en terre de Canaan :
1) Linauguration de lAutel par les offrandes des Princes
2) Lempressement du peuple dIsraël à consacrer les Lévites au service divin
3) Lempressement du peuple à accomplir lordre divin du sacrifice pascal
4) La disposition du peuple à suivre Hachem selon les déplacements de la nuée dans le désert, malgré les désagréments que cela pouvait causer : un déplacement de plusieurs millions de personnes de façon inopinée, lirrégularité de ces déplacements, et limpossibilité de prévoir à lavance quand ils auraient lieu.
Daprès lui, lordre des événements tel quil est cité par la Thora sexplique par limportance et la valeur respective de chaque action. Cest la raison pour laquelle lordre chronologique proprement dit nest pas respecté.
Nous allons essayer de dégager le sens véritable du troisième mérite cité par le Sforno, celui du zèle à accomplir lordre divin du sacrifice pascal.
Force majeure
En réalité, ce mérite semble peu important lorsquil est comparé aux efforts que le peuple dIsraël devait fournir dans les trois autres actions.
Quy a-t-il de particulier dans laccomplissement de cet ordre, qui puisse le hausser à un tel niveau ?
En effet, ce mérite est situé avant celui davoir suivi la nuée sans hésitations, alors même que cela entraînait des désagréments, action qui a précédé dans le temps celle du sacrifice pascal.
Daprès le principe du Sforno, cela signifie que la valeur de ce mérite dépasse celle du suivant.
Comment comprendre cette idée qui paraît a priori étonnante ?
En réalité, une étude approfondie des textes va nous faire découvrir une nouvelle dimension de la volonté des Juifs.
Laccomplissement de lordre divin concernant lagneau pascal est suivi par un texte étonnant :
« Or, il y eut des hommes qui se trouvaient souillés par des cadavres humains, et qui ne purent faire la Pâque ce jour-là. Ils se présentèrent devant Moïse et devant Aharon, ce même jour. Et ces hommes lui dirent : Nous sommes souillés par des cadavres humains, mais serons nous privés doffrir le sacrifice du Seigneur en son temps, seuls entre les enfants dIsraël ? Moïse leur répondit : Attendez que japprenne ce que lEternel statuera à votre égard. »
Cest alors que D. va leur dévoiler la possibilité pour celui qui était impur ou se trouvait sur une route éloignée le 14 Nissan (jour de Pessah), doffrir le sacrifice pascal le 14 Iyar. Cest ce quon appelle « Pessah Cheni »
A priori, la revendication de ces hommes est incompréhensible. Daprès nos maîtres, ces hommes étaient ceux qui transportaient le cercueil de Joseph et étaient donc en situation de force majeure absolue.
Des hommes purs
Ils étaient occupés à accomplir une autre mitsva et étaient donc exemptés de celle de lagneau pascal, quils ne pouvaient accomplir vu leur état dimpureté :
Par exemple, un malade qui na pas pu manger de la matsa le soir du Séder aurait-il lidée de venir réclamer une deuxième occasion pour accomplir cette mitsva ?
Plus encore, nos maîtres rapportent un long débat halahique entre ces hommes et Moïse.
Ils soutiennent leur position alors quils sont pourtant exemptés de cette mitsva, vu leur situation.
Le Sifri conclut leur discussion par une phrase : « Ces hommes étaient purs et attentifs aux mitsvoth »
Une nouvelle dimension se dévoile ici au sein dIsraël. Une soif intarissable de mitsvoth, dont lorigine est lappréciation véritable de la valeur de chaque accomplissement de lordre divin.
Celui qui comprend véritablement lenjeu dune mitsva, et dont lâme est pure, ne peut supporter lidée de ne pas avoir pu accomplir un ordre même pour des raisons tout à fait valables.
Cest cet état desprit qui prévalait au sein dIsraël et cest lui qui est considéré par le Sforno comme lun des mérites-clefs qui devaient permettre leur entrée en terre dIsraël directement.
Cest dailleurs ce qui a fait mériter à ces hommes dêtre ceux qui ont permis de dévoiler une nouvelle mitsva de la Thora, celle de Pessah Chéni.
Comme un enfant qui sort de lécole
La deuxième partie de la Paracha nous présente deux des premières défaillances du peuple dIsraël. Et cest aussi dans la perspective de nos Maîtres que nous pouvons comprendre lextrême sévérité avec laquelle la Thora considère ces erreurs.
La première défaillance est dévoilée par nos Maîtres dans le Talmud (Chabat 116) : « Et ils quittèrent le Mont de lEternel » (Nombres 10-22)
Rabbi Hanna fils de Rabbi Hanina dit quils se sont écartés de D.ieu. Cela est précisé par le Midrach, cité par les Tossafot (ad hoc)
« Ils fuirent lEternel, trois jours de chemin, comme un enfant qui sort de lécole en courant, heureux dêtre débarrassé du fardeau de létude. »
La deuxième défaillance est celle des Miteonenim, ceux qui se sont plaints (Nombre 11-1)
Le Talmud ajoute que les deux versets : « Or, lorsque larche partait, Moïse disait : « lève-toi, Eternel ! Afin que Tes ennemis soient dispersés et que Tes adversaires fuient de devant Ta face ! Et lorsquelle faisait halte, ils disaient : Reviens siéger, Eternel, parmi les myriades des familles disraël. » (Nombres 10-35 ; 36), qui sont entourés de deux lettres de Noun, la deuxième écrite à lenvers, ne sont pas inscrits à leur place.
Ces deux Noun viennent exprimer un genre de crochet.
Ces versets ont en fait été intercalés au milieu de cette Paracha pour marquer une interruption entre ces deux défaillances, passibles de châtiment, pour séparer une faute de lautre.
A nouveau, une lecture superficielle de ces textes nous laisse perplexes.
Quels sont les griefs si graves que lon reproche au peuple dIsraël ?
Et en quoi le fait dintercaler un passage dune autre paracha va arranger les choses ?
Plus encore que la première défaillance, la deuxième citée paraît incompréhensible et le châtiment sans proportion :
« Le peuple affecta de se plaindre amèrement aux oreilles du Seigneur. D.ieu lentendit et Sa colère senflamma, le feu de lEternel sévit parmi eux, et déjà il dévorait les dernières lignes du camp » (Nombres 11-1)
De quelle plainte sagit-il ?
Rachi précise que certains cherchaient un prétexte pour se séparer de D.ieu, afin quil entende ce prétexte, alila, et que cela Lirrite.
Le peuple se dit : « Malheur à nous, combien nous sommes-nous fatigués sur ce chemin, sans pouvoir nous reposer pendant trois jours de la fatigue de la marche »
Quest-ce qui nous fait croire que telle était leur intention ?
Plus encore, le mot alila est en général employé pour exprimer une accusation sans aucun fondement qui cache une animosité profonde.
Laccusation des chrétiens que les Juifs utilisaient du sang chrétien pour la confection de la matsa est appelée dans les textes alilath dam.
Imaginons, comme nous le fait remarquer Rabbi Yerouham de Mir, un étudiant qui quitte son pays pour aller étudier la Thora à létranger ; à larrivée dun long et pénible voyage, il raconte à ses amis à quel point ce trajet était éprouvant.
Est-ce que nous le considérons comme un homme cherchant un prétexte pour fuir D.ieu et susciter son courroux ?
La même difficulté concerne laccusation : ils fuirent D.ieu comme un enfant qui sort de lécole.
Ont-ils quitté le Mont Sinaï de leur propre initiative ? Les versets sont clairs : cest sur lordre formel de Moïse quils lont fait.
Sensation de déchirement
Cest que la Thora nous dévoile ici un élément nouveau. Après la révélation sinaïtique et la proximité divine durant près de douze mois, leurs plus profonds sentiments au moment de quitter la Montagne de lEternel auraient dû être une sensation de déchirement.
Le sentiment même le plus subtil de soulagement est vu par nos Maîtres comme une fuite.
Le même raisonnement sapplique pour les plaintes concernant la difficulté de la route. Car on le comprend, celui à qui lon a promis une mine dor ne ressent pas la sensation de la fatigue.
Pouvoir seulement exprimer un soupir sur la difficulté du chemin signifie que le Peuple dIsraël a failli dans son appréciation véritable de la proximité divine et de lenvergure extraordinaire de leur prochaine entrée en Terre sainte.
Après la Révélation, ce soupir est déjà considéré comme une faute très grave qui cache une mauvaise appréciation de ce que D.ieu va leur accorder : cest aussi une alila.
La signification du verset enchâssé au milieu de la Paracha est la suivante : la miséricorde divine a voulu considérer ces deux fautes comme des incidents distincts qui ne sont pas en rapport lun avec lautre.
Laccusation aurait été beaucoup plus grave si le lien avait été fait entre les deux. Cela aurait pu être considéré comme une ligne de conduite fixe, et aurait gravement entravé le plan divin qui destinait le peuple dIsraël à entrer directement en Erets Israël, même avant la faute des explorateurs.
Si la Thora a cru nécessaire de nous dévoiler ces enseignements, cest que même à notre niveau, on doit se faire un devoir de ressentir profondément laccomplissement des mitsvoth et le joug de la Thora, comme lon fait ceux qui vinrent réclamer à Moïse la possibilité doffrir le sacrifice pascal.
Etre toujours à lopposé de celui qui quitte les lieux du service divin comme un enfant qui sort de lécole précipitamment, heureux dêtre enfin débarrassé du joug de létude. Grâce à cette Paracha, nous prenons mieux la mesure de la lettre et de lesprit.

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
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LHARMONIE, OBJECTIF SUBLIME
Par le Rav Eliahou Elkaïm
Un commandement apparemment ésotérique va nous amener à une leçon de vie particulièrement pertinente. Loccasion aussi de comprendre lattitude de Jacob envers Rahel et Léa
Notre paracha commence par lordre divin adressé à Aaron concernant lallumage du candélabre.
Cet ordre est suivi par celui de la consécration des Lévites.
Ces derniers devaient dabord être purifiés, pour ensuite apporter une offrande, et recevoir lapposition des mains par le peuple juif.
A la suite de cela, Aaron devait opérait une vacillation (tenoufa), qui consistait à soulever le Lévite, et le diriger dans des sens différents.
Après ce processus, chacun des Lévites était investi du service divin.
« Tu distingueras ainsi les Lévites entre les enfants dIsraël, de sorte que les Lévites soient à Moi » (Nombres 8 ; 14)
Concrètement, pendant cette vacillation, Aaron devait soulever chacun des Lévite, ce qui représentait vingt-deux mille personnes en un seul jour.
Hormis le miracle, quel est le sens de cette action pour le moins ésotérique ?
La question est dautant plus forte que la Thora semble accorder une importance très particulière à ce commandement puisque le texte biblique, si concis à lhabitude, répète cet ordre à trois reprises.
«Et Aaron opérera la vacillation des Lévites devant le Seigneur»(Nombres 8 ; 11)
« Puis tu placeras les Lévites en présence dAaron et de ses fils, et tu opéreras leur vacillation à lintention du Seigneur » (Nombre 8 ; 13).
« Alors seulement les Lévites seront admis à desservir la tente dassignation ; avant, tu les auras purifié et tu auras procédé à leur vacillation » (Nombres 8 ; 15).
Daprès Rachi (8 ; 11), à chaque fois quil est question de ces vacillations, cela concerne une famille de Lévy différente.
Les pensées dAaron
Le premier verset concerne Kehat. On le remarque, il conclut par les mots : « (
) pour quils soient consacrés au service du Seigneur ».
Cest une allusion au rôle des enfants de Kehat qui devaient porter les objets les plus saints du Tabernacle, notamment lArche, la table et le candélabre.
Le deuxième verset concerne Guershon, dont les descendants avaient aussi un rôle dans le transport du Tabernacle. Mais ces derniers devaient transporter des éléments (comme les rideaux, les tentures
) qui natteignaient pas le même niveau de sainteté que celles portées par Kehat. Cest pourquoi leur vacillation est seulement « à lintention du Seigneur ».
Le troisième verset concerne les enfants de Merari.
Une question persiste cependant. Même si les trois versets désignent des familles de Lévy différentes, la Thora aurait tout de même pu exprimer ce commandement de vacillation en un seul verset
puisque lacte est le même pour tous.
Nous sommes donc porté à penser que cest dune différence au niveau des intentions dAaron dont il est question.
En effet, Aaron devaient avoir des pensées et des intentions différentes au moment de cet acte, qui dépasse le simple cérémonial, quil sagisse de Kehat, Guershon ou Merari.
En effet, Aaron devait, par ces vacillations, élever chacun des Lévites à un niveau particulier, correspondant à son rôle futur. Cest ce que la Thora exprime par cette apparente répétition.
Le Netsiv (Rabbi Naftali Z Yéhouda Berlin, Roch Yéchivat Volozhin), dans son commentaire « Heemek Davar » propose une autre interprétation que celle de Rachi.
La vacillation des Lévites comportait trois aspects différents, relatifs aux trois versets ; et cest une triple élévation qui devait être effectuée par Aaron.
Force de caractère
Le premier aspect concerne le corps, qui devait sélever à un niveau de pureté particulier ; le deuxième concerne lesprit, qui lui aussi devait atteindre une nouvelle dimension dattachement à D.ieu.
Le troisième, qui est précédé de lordre de la purification (Nombres 8 ; 15) exprime le risque encouru par celui qui sélève à un haut niveau spirituel.
Quel est ce risque ? Il est soit de senorgueillir, soit de ne pas agir avec assez de pureté compte tenu de la position morale que cette vacillation entraînait.
Après cette cérémonie, les Lévites devaient avoir une conduite à la hauteur de leur proximité avec D.ieu.
Sils ny parvenaient pas, ils pouvaient causer une profanation du Nom divin (hiloul Hachem).(Heemek Davar Nombres 8 ; 11-13-15).
Nous avons déjà développé certains aspects concernant le niveau tout particulier de la tribu de Lévy.
Daprès nos maîtres, le choix de la tribu de Lévy était dû au fait quelle fut la seule qui na pas failli au moment de la faute du veau dor.
Cette force de caractère ne datait pas de cette époque-là, bien évidemment.
En Egypte déjà, alors que le peuple juif dans son ensemble était soumis à lesclavage, la tribu de Lévy avait réussi à se consacrer exclusivement à létude et à la recherche de lélévation morale, cest la raison pour laquelle ils étaient exemptés de lasservissement par Pharaon.
Pourquoi ? Parce que depuis toujours, cette tribu était reconnue comme le symbole de la Thora et de la morale.
Mais parmi tous les fils de Jacob, comment se fait-il que la tribu de Lévy ait réussi à sélever dune manière si extraordinaire ?
Maïmonide a une vision très intéressante de la place de Lévy au sein des autres tribus :
Avraham a transmis son héritage moral à Isaac, qui a diffusé cette foi autour de lui
Jamais oublié
Isaac a ensuite transmis cet héritage à son fils Yaakov, quil a investi denseigner la vérité.
Pour sa part, Yaacov a enseigné à tous ses enfants cette vérité et il a séparé Lévy pour le placer à la tête dune Yéchiva où il enseignait les voies de D.ieu et les lois (mitsvoth) découvertes par Avraham.
Il a également exigé de ses enfants que les descendants de Lévy restent, au long des générations, les garants de cet enseignement, afin que celui-ci ne soit jamais oublié »(Yad hahazaka Hilhot Avodat Cohavim 1 ; 3).
Rabbi Haïm Chmoulevitz (Sihoth Moussar année 5732 p.18) nous éclaire sur ce sujet et propose une conception originale.
Pour cela, il nous faut lire attentivement le texte de la Thora concernant la naissance des tribus.
Arrivé chez Laban, Jacob propose à ce dernier de travailler sept ans pour pouvoir épouser Rahel.
Laban accepte, mais ce délai passé, il trompe Jacob et lui donne Léa.
Jacob devra sengager à travailler sept années supplémentaires pour épouser Rahel.
« Jacob épousa également Rahel, et il aima Rahel plus que Léa » (Genèse 29 ; 30).
« Le Seigneur considéra que Léa était haïe (senoua) et Il rendit son sein fécond. Léa conçut et enfanta un fils. Elle le nomma Ruben : Parce que, dit-elle, le Seigneur a vu mon humiliation de sorte quà présent, mon mari maimera.
Elle conçut de nouveau et enfanta un fils. Elle dit : Le Seigneur a entendu que jétais haïe et il ma accordé aussi celui-là. Elle lappela Simon.
Elle conçut à nouveau et enfanta un fils. Elle dit : Ah ! Désormais, mon époux me sera attaché, puisque je lui ai donné trois fils. Cest pourquoi on lappela Lévy » (Genèse 29 ; 31-34).
Le mot employé au sujet de Léa, haïe (senoua) est très violent, dautant que lon ne peut imaginer quun être aussi exceptionnel que Jacob, lélu des patriarches, puisse éprouver de la haine envers sa propre femme !
Grâce à léclairage de nos maîtres, nous pourrons comprendre lintention contenue dans ces mots.
Amour et haine
Daprès Nahmanide (29 ; 31) : Léa a réellement trompé sa sur ainsi que Jacob. Car même si elle ne pouvait, par respect pour son père, refuser daller chez Jacob la nuit du mariage, ne pouvait-elle pas lui révéler sa véritable identité ?
Cest la raison pour laquelle Jacob la haïe.
Mais D.ieu savait quelle avait agit ainsi pour épouser un juste (tsadik), et cest ce qui lui a fait mériter la miséricorde divine.
Cest ce que le Midrach précise : « Lorsque Jacob a vu comment Léa a trompé sa sur, il décida de la répudier. Mais lorsque D.ieu lui accorda des enfants, il se dit : Puis-je répudier la mère de ces enfants ? » (Berechit Rabba 71 ; 2).
Mais cette « haine » nétait pas engendrée par une quelconque rancune.
Jacob possédait la vertu de vérité (émeth) à son degré le plus élevé. Il pensa donc que lattitude de Léa, qui nétait pas compatible avec la vérité absolue, lempêchait dêtre associée à lui pour mettre au monde les tribus de D.ieu.
Cest à ce sujet que rabbi Haïm Chmoulevitz cite le commentaire du Ohr Hahaïm qui apporte un éclairage très particulier sur cet épisode.
Les versets que nous avons cités semblent a priori contradictoires.
Au départ, la Thora ne parle que dun plus grand amour à légard de Rahel. Cest ensuite quil est précisé que D.ieu considère que Léa était haïe.
Mais à la première naissance, Léa ne se plaint daucune haine, elle espère seulement que cet événement déclenchera lamour de son mari.
Ce nest quà la suite de la deuxième naissance que Léa parle de cette haine, et quelle voit dans la naissance de Simon, la réponse de D.ieu à sa situation.
Ce qui semble étonnant, cest quavant de rechercher lamour, il faut dabord faire disparaître la haine.
Le Ohr Hahaïm ajoute un élément qui va nous permettre de comprendre cet ordre apparemment inversé.
Dès le départ, Léa nest pas persuadée dêtre celle qui a été élue dans le ciel (Zivoug) pour devenir la femme de Jacob, celle qui lui correspond parfaitement.
Et pourtant, elle y aspirait de toute son âme.
Au plus profond des âmes
Mais pour tous ceux qui la connaissait, elle aurait dû épouser Essav (Rachi 28 ; 17). Et les circonstances de son mariage avec Jacob nétaient pas pour lui enlever cette idée
Voyant la froideur de Jacob à son égard, elle réagit comme tous les justes, en le jugeant le mieux possible (lekaf zehout).
Elle ne peut imaginer quil la hait, et le juge le plus positivement possible en pensant quil manque seulement damour pour elle.
De son côté, Jacob, par sa stature morale, ne lui a certainement pas montré des sentiments de ce genre. Car il ne les ressent pas lui-même, tant ils sont subtils.
Seulement D.ieu, qui voit au plus profond des âmes, discerne les éléments de cette situation.
A la naissance de son premier fils, Léa pense seulement que cest par pitié pour elle que D.ieu le lui a accordé, afin de provoquer lamour de Jacob.
Au moment de la naissance de Simon, Léa nest toujours pas convaincue dêtre le Zivoug, la femme destinée à Jacob.
Mais elle va plus loin dans le raisonnement : si D.ieu lui a donné un deuxième fils, cest quil ne fallait pas seulement provoquer lamour, mais aussi faire disparaître la haine, et quil fallait donc deux étapes pour cela.
Enfin, lorsque Lévy naît, elle a la preuve quelle attendait tant quelle était celle que D.ieu avait prévue depuis toujours pour Jacob.
« Désormais, mon époux me sera attaché à tout jamais, car jai mis au monde une part entière des douze tribus (car Jacob avait en plus de ses deux femmes, les deux servantes, ce qui faisait donc quatre femme pour douze fils). »(cf. Rachi ibid.).
Jacob a lui aussi pris conscience à ce moment-là que Léa était celle qui devait être sa femme.
Et cest finalement Léa qui sera enterrée près de lui à Mearat Hamahpela.
Rabbi Haïm Chmoulevitz en déduit la conclusion suivante : Lévy, depuis sa naissance, est à lorigine de lharmonie parfaite entre Jacob et Léa.
Nous comprenons à présent la place toute particulière de ce dernier au sein des tribus car être celui qui créé lattachement des curs (Kirouv levavoth) de ses parents entraîne dêtre sanctifié à tout jamais.
Créer lharmonie entre les êtres est un acte sublime aux yeux du Créateur.
Combien ne devons-nous pas investir pour que règne lharmonie entre les êtres, et plus encore dans un couple !
Pour créer lharmonie, que ce soit dans nos propres relations, ou entre ceux qui nous entourent, le meilleur moyen est de toujours chercher à mettre en relief les points positifs de lautre.
Cest lun des nombreux secrets que la Thora nous livre entre les lignes

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
GALA ANNUEL
"Grâce à votre aide nous grandissons"
Réservations : par email daat.haim@piximel.com ou par Tél. 06.07.42.16.04
MERCREDI 20 JUIN 2007 à 20 heures
Dans le cadre prestigieux des SALONS HOCHE 9, avenue Hoche Paris
INTRONISATION D'UN SEPHER THORA
Ecrit A LA MEMOIRE DE
MOCHE ET SIMHA KOSKAS zal
par leur fils
Monsieur Guy Koskas

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