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Daat Haim : Parashat Nasso - 26 mai 2007 - 8 Sivan 5767
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Au  nom  du  saint  et  vénéré  Rabbi  Haïm  Cohen  zt’l

1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20     Fax: 00 972 2 643 07 19

12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11        Fax : 01 42 27 54 91

Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org

 

Parachat NASSO

                                            26 MAI  2007 –  8 SIVAN 5767

 

 

Très chers amis,

 

J’ai le plaisir de vous adresser un Dvar Thora sur la Paracha de la semaine que nous consacrons à la mémoire d'EYTAN.

 

Dans le but de diffuser encore et toujours le message éternel de la Thora, nous envoyons ce Dvar Thora à des milliers de personnes francophones dans le monde, via Internet.

 

Cette année, notre Institution a emménagé dans un nouveau bâtiment, qui porte dorénavant le nom de BEIT YEHOUDA VEHANA au nom de la famille qui a contribué au financement de cette acquisition ; notre reconnaissance est infinie tant pour cette famille que pour tous nos généreux donateurs et amis.

 

Le bâtiment est situé face au Mont HERZL et nous serons toujours heureux de pouvoir vous y accueillir avec les 18 enseignants, les 10 avrehim et les 153 étudiants.

 

Pour visualiser les photos et le film d'inauguration du bâtiment à Jérusalem vous pouvez cliquer sur le lien suivant :

 

http://www.daathaim.org/evenement/index.htm

 

 

 

Au  nom  du  saint  et  vénéré  Rabbi  Haïm  Cohen  zt’l

1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20     Fax: 00 972 2 643 07 19

12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11        Fax : 01 42 27 54 91

Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org

 

 

Ce Dvar Thora est diffusé pour la guérison (refoua chelema) du fils de

 Rav Eliahou Elkaïm,

‘Haïm Yéhouda ben Mazaltov

 

 

Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance et la paix.

 

Avec notre plus cordial Chabat Chalom,

           

Rav Chalom Bettan

 

 




 

Au  nom  du  saint  et  vénéré  Rabbi  Haïm  Cohen  zt’l

1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20     Fax: 00 972 2 643 07 19

12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11        Fax : 01 42 27 54 91

Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org

 

La souffrance de D.ieu

Par le Rav Eliahou Elkaïm

 

Un serpent d’airain, fabriqué par Moïse, va nous faire découvrir la signification des prières que nous adressons à D.ieu lorsque nous sommes en détresse…

 

A la fin du long périple dans le désert, juste avant d’entrer en terre promise, certains des enfants d’Israël ont perdu courage.

« Ils partirent de Hor la Montagne dans la direction de la mer des Joncs, pour tourner le pays d’Edom. Le peuple perdit courage à cause de cette marche et il se plaignit de D.ieu et de Moïse.

‘Pourquoi nous avez-vous tirés de l’Egypte pour nous faire mourir dans ce désert ? Car il n’y a point de pain, point d’eau, et nous sommes excédés de cet aliment misérable (la manne).’

Alors l’Eternel envoya contre le peuple les serpents brûlants, qui mordirent le peuple et il périt une multitude en Israël.

Et le peuple vint vers Moïse et ils dirent : ‘Nous avons pêché car nous avons parlé contre l’Eternel et contre toi. Intercède auprès de l’Eternel, pour qu’Il détourne de nous ces serpents !’

Et Moïse intercéda pour le peuple. L’Eternel dit à Moïse : ‘Fais toi-même un serpent et place-le au haut d’une perche : quiconque aura été mordu, qu’il le regarde et il vivra !’

Et Moïse fit un serpent d’airain, le fixa sur une perche ; et alors, si un serpent avait mordu quiconque, celui-ci levait les yeux vers le serpent d’airain et il était sauvé. » (Nombres 21, 4-9)

Rachi (ibid.) nous précise la raison de cette perte de courage : les enfants d’Israël se voyaient tout près de la terre promise quand ils reçurent l’ordre de retourner en arrière.

Ils dirent : « C’est ainsi que nos pères ont dû rebrousser chemin pour errer dans le désert trente-huit années. » Ils perdirent espoir et en vinrent à se plaindre.

C’est la raison pour laquelle le serpent va les punir. Car le serpent lui-même a été puni par D.ieu pour avoir médit : l’un des châtiments qu’il a reçu fut d’être privé de la sensation du goût à tout jamais.

C’est donc ce serpent qui va punir ceux qui ont parlé contre D.ieu et contre Moïse, eux qui se sont montrés ingrats alors qu’ils jouissaient de la manne où chacun pouvait sentir le goût qu’il préférait. » (Midrach Bamidbar Rabba 19 ; 22).

Mais comment comprendre la réponse de D.ieu à Moïse, et quelle est la signification de ce serpent d’airain qu’il suffit d’observer pour guérir ?

Soumettre son cœur

D’après le Midrach (ibid.), le serpent n’était pas placé sur une perche, mais Moïse l’a projeté vers le ciel et il est resté suspendu dans les cieux, ce qui relevait du miracle.

Le Midrach interprète d’ailleurs le terme Ness dans le sens de miracle, et non dans le sens de perche.

Le Targoum Yonatan Ben Ouziel et le TargoumYérouchalmi ajoutent un nouvel élément, que nous trouvons également dans la Michna Roch Hachana (chapitre 3-8).

D’après leurs interprétations, il ne suffisait pas d’observer le serpent d’airain pour guérir : il fallait également soumettre son cœur à la parole divine (Y Ben Ouziel), et tourner son visage vers D.ieu en l’implorant par la prière (Targoum Yérouchalmi).

La Michna est plus explicite encore : « Le serpent peut-il faire mourir ou ressusciter ?

Certainement pas. La vraie signification de ce texte est la suivante : Lorsque les enfants d’Israël élevaient leurs regards vers le ciel en soumettant leur cœur à leur père céleste, ils guérissaient. Dans le cas inverse, ils succombaient. »

On le voit, c’est la prière venant du cœur, entièrement soumis à D.ieu, qui était exaucée.

Mais dans ces conditions, quel est le rôle de ce serpent d’airain suspendu ? Et comment comprendre les mots de la Thora qui précisent que c’est en regardant ce serpent que la guérison était possible ?

 

Scalpel et piqûres

 

Rabbi ‘Haïm de Volozhine, dans son ouvrage Nefech Hahaïm (partie 2 chapitre 11, idem dans son commentaire Rouah ‘Haïm sur les Maximes des Pères 3-2) propose une première interprétation, qui va nous permettre une nouvelle approche de la prière.

Les requêtes personnelles que nous adressons à D.ieu, en l’implorant de nous soulager de nos souffrances, présentent a priori un paradoxe.

Car l’un des fondements de notre foi est que rien n’est dû au hasard, et que tout ce qui émane de D.ieu, source de bonté infinie, est en réalité un bienfait pour l’homme, même si ce dernier ne peut comprendre exactement la nature de ces bienfaits.

Même les souffrances que l’homme doit traverser ont un effet réparateur sur les fautes qu’il a commises.

« Il n’y a pas de souffrances sans fautes » (Talmud Chabat 55a), et c’est seulement à travers ses peines que l’homme peut réparer les dommages causés à son âme par ses actes.

Mais alors, comment peut-on demander à D.ieu de nous épargner des souffrances qui sont en fait le remède véritable pour d’autres souffrances, bien plus profondes et bien plus graves, celles de notre âme ?

A-t-on déjà vu un malade devant subir une opération vitale, supplier le chirurgien de ne pas opérer, pour éviter une souffrances passagère ?

Au contraire, toute personne sensée est prête à payer pour que ce médecin, pourtant simple être de chair et de sang pouvant commettre des erreurs, opère, avec scalpel et piqûres.

Pourquoi donc, lorsque que c’est D.ieu Lui-même qui envoie le remède pour l’âme, sous forme de souffrances sur terre, et même si elles sont pénibles, pouvons-nous prier pour ne pas les subir ?

C’est que notre intention (kavana) au moment de la prière, ne doit pas être la simple volonté d’éviter la souffrance.

« Je suis avec lui dans la détresse »

Il faut bien comprendre que lorsque D.ieu nous envoie des souffrances, Il est comme un père qui punit son fils pour son bien, pour le mettre dans le bon chemin.

Même si ce père sait qu’il a parfaitement bien agit en punissant, il souffre de voir son fils malheureux, sans doute même plus que l’enfant lui-même.

C’est ce que nos maîtres expriment dans leur langage (Talmud Sanhédrin 46a) :

« Rabbi Meïr dit : ‘Lorsque l’homme souffre, la Présence divine (Chehina) s’exprime ainsi : ‘Ma tête est lourde, mon bras souffre.’

Par ailleurs, les Midrashim interprètent le verset des Psaumes (91 ; 15) : « Je suis avec lui dans la détresse ».

Lorsque l’homme, par la prière, parvient à s’élever et à ressentir un profond chagrin d’avoir fauté, ce repentir, s’il est parfaitement sincère, peut annihiler les causes même de sa souffrance.

Mais le niveau le plus élevé de cette prière est que l’homme ressente, dans la mesure du possible, la souffrance qu’il a causé à D.ieu par sa faute, et que cette souffrance divine devienne presque plus difficile à supporter que la sienne propre.

D’après les Kabbalistes, cette identification avec la souffrance divine a le même effet réparateur que sa propre souffrance, purifiant ainsi son âme de la noirceur de la faute.

Sa propre faute aura été, de ce fait, entièrement réparée.

D’après Rav ‘Haïm de Volozhine, le serpent d’airain avait le pouvoir d’éveiller dans le cœur des enfants d’Israël ce sentiment sublime d’identification à la souffrance divine.

En l’observant, suspendu au dessus de la terre, on devait prendre conscience que la souffrance physique causée par la morsure était bien moins grave que celle causée à D.ieu

Car D.ieu souffrait, on l’a compris, du fait qu’Il avait dû punir, par une morsure mortelle, Ses enfants.

Rien en dehors de Lui

Rabbi ‘Haïm propose une deuxième interprétation dans la partie 3, chapitre 12, de son ouvrage :

En élevant leurs regards vers ce serpent suspendu, il fallait prendre conscience que chaque élément naturel, ou toute force surnaturelle n’existe, et n’a de pouvoir (bénéfique ou maléfique) seulement si c’est la volonté divine.

En observant simultanément ce serpent et les cieux, on devait s’imprégner de cette vérité absolue : le serpent n’a aucun pouvoir de nuire. Il n’existe que par la volonté divine, qui gère à chaque instant, tous les éléments de la création.

Parvenir à une prise de conscience absolue de ce concept élève l’homme à un niveau de proximité tel du Créateur que toutes les forces de la nature perdent leur emprise sur lui.

Même la morsure du serpent devient inoffensive.

Ce niveau sublime de foi est exprimée par les mots du verset : Ein od milévado : il n’existe rien en dehors de Lui (Deutéronome 4 ; 39).

C’est seulement ainsi que l’observation du serpent d’airain pouvait guérir.

 

Citons à ce propos les versets des Rois II (chapitre 18 ; 4) concernant le règne d’Ezéchias :

« C’est lui qui fit disparaître les hautslieux, qui brisa les stèles, détruisit les Achêra, et broya le serpent d’airain fabriqué par Moïse.

Jusqu’à cette époque, les Israélites lui offraient de l’encens. Il l’appela Néhushtân. »

Le Radak (Rabbi David Kim’hi) dans son commentaire (ibid.) précise :

« Depuis l’époque où les Rois d’Israël ont failli et se sont adonnés à l’idolâtrie, les enfants d’Israël lui présentaient des offrandes. Car ils croyaient que ce qui était écrit à propos du serpent d’airain était valable pour eux aussi : « Qu’il le regarde et il vivra » (Nombres 21 ; 8).

Ils en avaient déduit que le serpent pouvait servir d’intermédiaire entre D.ieu et eux, possédant un pouvoir propre et indépendant.

En fait, le serpent d’airain avait été conservé depuis l’époque de Moïse (tout comme l’avait été la manne) pour perpétuer à tout jamais le souvenir de la guérison miraculeuse de ceux qui avaient été mordus par le serpent brûlant.

Voyant qu’à l’époque de son père, ce serpent d’airain avait acquis le statut d’une idole, Ezéchias décida de le détruire.

Pourtant, même à cette époque, certains le regardaient bien comme un souvenir du miracle de D.ieu. Mais la faute des autres ne permettait pas qu’on le conservât.

Ezéchias le nomma Néhushtân (morceau d’airain insignifiant), nom qui venait exprimer son mépris à l’égard d’un simple objet de matière, et le broya.

Les intentions de D.ieu

Le Talmud ajoute que l’acte d’Ezéchias est l’une des trois initiatives qu’il a prises et qui ont joui des louanges des Maîtres d’Israël de son époque (Sanhédrin)

Par son acte, Ezéchias nous a appris que les objets les plus sacrés n’ont de valeur et de raison d’être que s’ils sont utilisés comme catalyseurs pour éveiller une foi véritable.

Bien sûr, la Thora a fixé des lois précises sur certains objets de culte.

Tout objet de culte, même fabriqué par Moïse sur l’ordre divin, n’a de raison d’existence que s’il éveille en l’homme de vrais sentiments de repentir et de reconnaissance absolue de la toute-puissance du Créateur.

L’idée de porte-bonheur ou d’objet fétiche est tout à fait étrangère à notre tradition, et elle représente, à travers toutes les générations, un grave danger : celui de nous écarter de la volonté divine véritable.

Si D.ieu a donné l’ordre à Moïse de fabriquer ce serpent, c’est seulement pour éveiller la conscience de ceux dont la foi avait été ébranlée, et qui avaient été, pour cette raison, mordu par le serpent brûlant.

Utiliser cet objet comme « faiseur de miracle » est une falsification grave des intentions de D.ieu.

Aujourd’hui encore, ce danger persiste. Les ségouloth (actes rituels et traditionnels pour provoquer une chose) sont utilisés de façon si courante de nos jours, qu’ils se substituent par moment à la foi véritable.

Tous les objets, les actes et les rites qui ne font pas partie des 613 commandements de la Thora, n’ont de raison d’être que s’ils renforcent en nous la foi en D.ieu et en Sa parole, et notre engagement à suivre Ses voies.

C’est seulement dans ce contexte que l’on peut justifier leur utilisation, nécessaire le plus souvent à ceux qui ont été « mordus » par l’influence du monde extérieur, et qui peuvent, à travers eux, revenir à la foi véritable.

Ils ne sont en aucun cas recommandés à ceux qui peuvent directement puiser dans la Thora elle-même, et dans l’accomplissement des commandements divins, leur bonheur véritable.

 

 

 

Abstinence ou plénitude ?

Par le Rav Eliahou Elkaïm

 

La paracha de cette semaine parle du nazir, cet homme dont le vœu engage à se priver de vin et à ne pas se couper les cheveux. La Thora le considère comme un homme saint, et par ailleurs, le voit comme un fauteur. Comment comprendre cette apparente contradiction ?

 

Plusieurs textes de nos maîtres sur le sujet du nazir, semblent contradictoires, mais sont en réalité les différentes facettes d’une même entité.

La Thora propose différentes méthodes pour atteindre la Kedoucha (sainteté) et c’est l’occasion de découvrir un chemin de Vérité à travers les excès, qui sont autant d’écueils.

« L’Eternel parla à Moïse en disant : ‘Parle aux enfants d’Israël et dis-leur : lorsqu’un homme ou une femme fera explicitement le vœu d’être un nazir, voulant s’abstenir en l’honneur de l’Eternel, il s’abstiendra de vin et de boisson enivrante, ne boira ni vinaigre de vin, ni vinaigre de liqueur, ni une infusion quelconque de raisins et ne mangera point de raisins frais ou secs.

« Tout le temps de son abstinence, il ne mangera d’aucun produit de la vigne, depuis les pépins jusqu’à l’enveloppe. Tout le temps fixé pour son abstinence, le rasoir ne doit pas effleurer sa tête. Jusqu'au terme des jours où il veut s’abstenir pour l’Eternel, il sera saint, et il laissera pousser librement la chevelure de sa tête.

« Tout le temps de cette abstinence en l’honneur de l’Eternel, il ne doit pas approcher d’un corps mort. Pour son père et sa mère, pour son frère et sa sœur, pour ceux-là même, il ne se souillera point à leur mort, car l’auréole de son D.ieu est sur sa tête. Tous les jours de son abstinence, il est consacré à D.ieu.’ » (Nombres 6 ; 1-8).

La Thora nous livre ensuite le processus d’expiation pour le nazir qui s’est rendu impur, même de façon involontaire, énumérant ensuite les offrandes que le nazir doit présenter au terme de son abstinence, ainsi que le cérémonial qui accompagne la coupe de ses cheveux.

Le terme employé par la Thora dès le départ au sujet du nazir est : Ich qui yafli lindor.

Cette expression de yafli est traduite par le Targoum par le terme yéfarech, qui signifie : « Exprimer explicitement »

Rabbi Avraham Ibn Ezra le comprend d’une façon différente. Selon lui, yafli doit être expliqué dans le sens de pélé, miracle. Car le fait qu’un homme puisse s’engager à devenir nazir tient en quelque sorte du miracle : car par son acte, il va à l’encontre de la nature humaine.

Dans sa quasi-totalité, l’humanité est à la recherche des plaisirs matériels.

Allant à l’encontre du monde, le nazir limite ses possibilités de jouir en s’ajoutant des interdits.

On le voit, la nézirouth (abstinence), est considérée comme un engagement d’un très haut niveau moral. La Thora est d’ailleurs claire dans ce sens : «Il sera saint, et il porte l’auréole de D.ieu. (…) Tous les jours de son abstinence, il est consacré à D.ieu. »

Plus encore, les lois du nazir touchant à l’interdiction d’être en contact avec un mort sont les mêmes que celles du Grand Prêtre, summum de la sainteté au sein du peuple d’Israël.

Une nouvelle dimension

Mieux encore, le principe même du nazir semble être considéré par l’Ecriture comme un concept nouveau, créé par la Thora.

Il existe déjà le cadre classique des Nédarim, vœux ou interdits que l’homme s’impose et qui deviennent effectifs par une simple parole.

Les interdictions du nazir auraient pu être intégrées dans ce cadre : il est possible de se créer un interdit de boire du vin ou de se couper les cheveux par le biais d’un engagement explicite.

Pourquoi la Thora a-t-elle trouvé bon de créer une nouvelle formule, où la simple déclaration, «Haréni nazir » (« Je m’engage à être nazir ») engage une personne à toutes les interdictions stipulées dans cette paracha ?

La seule explication est que la Thora a voulu créer une nouvelle dimension, qui englobe les éléments-clefs nécessaires à une élévation vers la sainteté.

S’il fallait encore une preuve que la Thora considère le nazir comme un saint, Nahmanide cite les paroles du prophète Amos (2-11)

« Et c’est parmi vos fils que j’ai suscité des prophètes, parmi vos adolescents des naziréens », en mettant l’accent sur l’analogie entre les prophètes et les naziréens.

Le Chem Michmouel (année 5670) va encore plus loin.

Il remarque que le mot Bahouréhem (vos adolescents) signifie également «votre élite » dans le sens de Mouvhar.

Avec cette explication, on comprend que le nazir se trouve à un niveau plus élevé que celui de prophète. C’est ce que laisse alors entendre le verset d’Amos : « Parmi vos fils, j’ai suscité des prophètes, et parmi votre élite des naziréens. »

Le Sforno sur le verset : « Le nazir est consacré à D.ieu » (6 ; 8) est éloquent : « Il méritera d’être éclairé par la lumière céleste, sera instruit de la Connaissance et chargé de sa diffusion, comme il sied aux saints de la génération. »

Car les interdits touchant le nazir englobent les éléments fondamentaux de la sainteté.

D’abord l’aspect intérieur : la tentation pour le matériel, qui est écartée par la privation de vin et l’interdiction de se couper les cheveux.

Ensuite l’aspect extérieur : l’interdit de se rendre impur au contact des morts, qui l’écarte de toute impureté extérieure.

Chevelure et sainteté

Mais un texte du Talmud (Taanit11 a), cité par Rachi (Nombres 6 ; 11) vient nous surprendre.

Chmouel disait : « Quiconque s’installe dans le jeûne est appelé pêcheur».

Cette opinion rejoint celle du Tana Rabbi Eléazar Hakapar Bérabi qui pose une question : « Que vient nous enseigner l’ordre de la Thora concernant le nazir devenu impur de façon involontaire, selon lequel : « Le prêtre fera pour lui expiation du pêché qu’il a commis sur l’âme » ?

Contre quelle âme a-t-il donc pêché ?

Selon Rabbi Eléazar Hakapar Bérabi, son pêché a consisté à s’être mortifié en se privant de vin. Et si se priver de vin est considéré comme une faute ; se priver de tout aliment est encore plus grave.

Rabbi Eléazar émet un autre avis, opposé à celui de Rabbi Eléazar Hakapar.

Selon Rabbi Eléazar, si la Thora considère le nazir comme un saint, comme il est écrit : « Il sera saint, il laissera pousser librement la chevelure de sa tête. », il ne peut pas être réprimandé pour s’être mortifié.

Selon lui, le pêché pour lequel le nazir doit faire expiation est celui de s’être souillé au contact d’un mort.

Maïmonide (Yad Hahazaka, hilhoth deot, chapitre 3 ; 1) fixe la halakha comme Rabbi Eléazar Hakapar.

Un deuxième texte du Talmud (Nédarim 10 a) précise d’ailleurs l’opinion de Rabbi Eléazar Hakapar.

Après avoir cité l’opinion de ce dernier, le Talmud pose la question : si la faute du nazir est de s’être mortifié, pourquoi la Thora en parle seulement au sujet du nazir qui s’est rendu impur ?

A cela, le Talmud répond qu’il y a effectivement une faute dans l’abstinence elle-même mais cette faute a été aggravée lorsque le nazir est devenu impur, la base de la faute étant toujours celle de s’être mortifié.

Il y a donc ici une double faute. Le Ran (Rabbénou Nissim ad hoc) explique que ce sont les mots du verset ‘qu’il a commis sur l’âme’, à priori superflus (car il aurait suffit de dire qu’il expie son pêché), qui viennent nous indiquer qu’il y a ici une double faute.

Mais le Talmud continue, en soutenant qu’il y a bien une faute dans l’abstinence elle-même comme le pense Rabbi Hakapar, puisque l’on doit comprendre que le nazir a aggravé sa faute, la base ayant été de s’être mortifié.

Mais en quoi le fait de se mortifier est-il considéré comme une faute ?

Comment comprendre que la Thora qui considère le nazir comme ayant atteint un grand niveau de sainteté peut-elle aussi le voir comme un fauteur ?

Il existe un autre élément qui vient nous troubler encore un peu plus !

Le sacrifice expiatoire que le nazir doit offrir s’il est devenir impur est exigé même dans le cas où il lui serait absolument impossible de prévoir que la personne qu’il côtoie va mourir. Il lui suffit de se trouver dans une pièce où quelqu’un décède, même brutalement et sans qu’il fut possible de l’imaginer, pour que le nazir devienne impur et doive faire un sacrifice.

Si ce n’est par manque de prudence qu’il en est arrivé à devenir impur, comment peut-on dire qu’il a fauté ?

S’il s’agissait d’un jeûne prolongé comme c’est le cas pour Chmouel, on aurait pu peut-être comprendre que le fait de s’affaiblir par ce biais risque d’entraver le service divin et l’étude de la Thora.

Mais ce n’est pas le cas. Au contraire, le Sforno (Nombres 6 ; 3) explique que la Thora n’a pas fixé, comme interdits pour le nazir, des jeûnes ou d’autres mortifications qui l’auraient affaibli ou limité dans son étude de la Thora et son accomplissement des mitsvoth.

La Thora a choisi l’interdiction de boire du vin, qui va l’aider à repousser les envies matérielles sans limiter ses forces.

Si l’on ne parle pas de jeûne, quel aspect négatif contient donc un interdit restreint ?

L’auteur du Kli Yakar (Rabbi Chlomo Efraïm, 16ème siècle), ajoute une dernière remarque qui va enfin nous aider à voir plus clair…

 
Ligne de conduite

 

Si l’on suit l’avis de Rabbi Eléazar Hakapar, la Thora ne désigne le nazir comme fauteur que dans le cas où ce dernier serait devenu impur. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là qu’il est accusé doublement : d’abord de se trouver dans un état d’impureté et ensuite du fait même de s’être mortifié.

A l’inverse, le nazir qui aurait terminé sa période de nézirouth sans faillir n’est pas accusé par la Thora. Pourquoi alors n’est-il pas accusé au moins de s’être mortifié ?

En fait, explique le Kli Yakar, c’est bel et bien une ligne de conduite générale que la Thora nous indique par les lois sur le nazir.

Ne pas être attaché aux plaisirs matériels est effectivement le meilleur moyen de se rapprocher de la sainteté, Kedoucha.

C’est l’enseignement de base de la paracha du nazir.

La Thora a d’ailleurs choisi deux éléments qui incarnent le plus l’attrait au matériel : le vin (pour les jouissances du monde) et la chevelure (l’attrait du corps).

Et ce sont ces deux aspects de la matérialité que l’on est tenu de contrôler avec le plus de rigueur.

Parallèlement, la Thora veut nous préciser que l’élévation de l’homme doit se faire de façon équilibrée.

Celui qui, pour s’élever, se sent obligé de devenir nazir, prouve en général qu’il n’a pas réussi à contrôler de façon équilibrée ses tentations.

Il tente donc le tout pour le tout, avec une méthode de choc, celle du Néder, former un vœu.

 

Mais il créé ici une nouvelle situation, où il s’est ajouté de nouvelles interdictions à celles de la Thora. Cette attitude comporte un grand risque, celui d’exciter le mauvais penchant, le yetzer hara, les forces du mal.

Ces forces du mal, en réalité, peuvent être surmontées à force de persévérance et de volonté.

Sentiment de plénitude

D.ieu a créé la force morale en chacun de nous pour respecter les lois de la Thora.

C’est quand on ajoute de nouveaux interdits que l’on prend de grands risques.

Pour un nazir, être devenu impur, même de façon totalement involontaire, doit être attribué aux forces du mal, qui ont tout mis en place pour empêcher cet homme de mener à bien sa nézirouth.

Il est donc doublement accusé. D’abord d’avoir au préalable eu une conduite sans limite qui l’a poussé à ajouter des interdits, ensuite et par voie de conséquence, d’avoir entraîner une situation où le yetzer hara lui a causé une impureté.

Le Kli Yakar ajoute à cela un autre élément, qui va dans le même sens.

Rabbi Eléazar Hakapar utilise le terme tzier, « il s’est mortifié »

Celui qui éprouve un sentiment de mortification, et non de joie, au moment où il se prive des plaisirs matériels, prouve qu’il n’est pas encore à un niveau lui permettant de s’ajouter des interdits et ne peut donc mériter la protection divine qui lui permettra de les respecter.

Le service divin exige une joie intérieure, un sentiment de plénitude.

Seul celui qui éprouve déjà cette sensation peut prendre le risque d’ajouter les interdits du nazir.

C’est pour cela que le nazir doit déjà posséder un très haut niveau moral et de sainteté pour prendre cet engagement.

C’est aussi pour cela que s’il échoue dans son abstinence, et ce pour quelque raison que ce soit, sa faute lui sera reprochée, même rétrospectivement.

On le voit, le chemin que la Thora nous conseille de suivre est celui de l’équilibre.

Les plaisirs matériels doivent être utilisés comme des moyens d’apporter la sérénité indispensable au service divin. Plus on s’élève et moins on doit être attaché au matériel.

Les moyens matériels ne seront utilisés que comme des outils pour accomplir son devoir vis-à-vis de son Créateur.

C’est la raison pour laquelle le nazir qui a mené sa nézirouth avec succès jusqu’à son terme, même s’il a pris un risque grave, est considéré comme saint, puisqu’il a réussi à s’élever et à se détacher des tentations matérielles.

Seuls des hommes ou des femmes d’élite, dont parle le prophète Amos, qui se trouvent déjà à un niveau supérieur de spiritualité, peuvent choisir de devenir nezirim.

En aucun cas, cela ne peut être l’apanage de la masse.

C’est d’ailleurs l’idée exprimée par le verset : « voulant s’abstenir en l’honneur de l’Eternel, seule une intention d’une pureté totale peut permettre la nézirouth. »

C’est ce qui se dégage de la fameuse histoire citée par le Talmud (Nédarim 9b)

 

« Simon le Juste (qui, en tant que Grand Prêtre aurait pu manger du sacrifice d’un nazir), raconte :

« Jamais de ma vie, je n’ai mangé du sacrifice d’un nazir, sauf une seule fois. Un homme venu du sud est arrivé chez moi, qui avait de beaux yeux, une allure élégante, et dont les cheveux retombaient en belles boucles.

« Je lui demandais : ‘Pourquoi vas-tu altérer ta belle chevelure ?’ Il me répondit : J’étais berger chez mon père lorsqu’une fois, en allant puiser de l’eau, j’ai vu mon visage se refléter dans le puits.

« Le mauvais penchant m’a assailli et a tenté de me faire fauter. Je me suis adressé à mon mauvais penchant, à moi-même : ‘Vaurien ! Qu’as-tu à te pavaner pour des choses qui ne t’appartiennent pas alors que tu es destiné à pourrir. Viens que je te rase au Nom du Ciel !’

 

« Et Simon de conclure : « Sur ce, je me levai, l’embrassai sur le front en lui disant :
« Que beaucoup de naziréens te ressemblent en Israël ! C’est à ton sujet que la Thora parle d’un nazir qui voulait s’abstenir en l’honneur de D.ieu. »

 

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     Au  nom  du  saint  et  vénéré  Rabbi  Haïm  Cohen  zt’l

GALA ANNUEL

"Grâce à votre aide nous  grandissons"

        Réservations : par email daat.haim@piximel.com  ou par Tél. 06.07.42.16.04

MERCREDI 20 JUIN 2007 à 20 heures

Dans le cadre prestigieux des  SALONS HOCHE  9, avenue Hoche Paris

INTRONISATION D'UN SEPHER THORA

Ecrit A LA MEMOIRE DE

MOCHE ET SIMHA KOSKAS zal

par leur fils

Monsieur Guy Koskas

 

 

1, rue Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20   Fax: 00 972 2 641 76 39

12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11   Fax : 01 42 27 54 91

Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org

 

 

© Daat Haim 
 
Mis en ligne le 25 mai 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org
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