Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
CHABAT MIKETS
23 DECEMBRE 2006 2 TEVET 5767
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Jérusalem |
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Montréal |
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Entrée |
16.20 |
16.37 |
15.54 |
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Sortie |
17.20 |
17.52 |
17.05 |
Très chers amis,
Jai le plaisir de vous adresser un Dvar Thora sur la paracha de la semaine.
Dans le but de diffuser encore et toujours le message éternel de la Thora, nous envoyons ce Dvar Thora à des milliers de personnes francophones dans le monde, via Internet.
Cette année, notre Institution a emménagé dans un nouveau bâtiment, qui porte dorénavant le nom de BEIT YEHOUDA VEHANA au nom de la famille qui a contribué au financement de cette acquisition ; notre reconnaissance est infinie tant pour cette famille que pour tous nos généreux donateurs et amis.
Le bâtiment est situé face au Mont HERZL et nous serons toujours heureux de pouvoir vous y accueillir avec les 18 enseignants, les 10 avrehim et les 153 étudiants.
Durant les vacances scolaires, nous avons mis le bâtiment à la disposition des familles du nord du pays qui recherchaient un peu de répit.
Pour visualiser les photos et le film d'inauguration du bâtiment à Jérusalem vous pouvez cliquer sur le lien suivant :
http://www.daathaim.org/evenement/index.htm
Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
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Ce Dvar Thora est écrit pour la guérison (refoua chelema) du fils de
Rav Eliahou Elkaïm,
Haïm Yéhouda ben Mazaltov
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance et la paix.
Avec notre plus cordial Chabbat Chalom et de Hanouka Saméah,
BULLETIN DE SOUSCRIPTION
Association Loi de 1901
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 PARIS
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Parachat Mikets - 8ème jour de Hanouka
Ressentir les souffrances de lautre
et jouir de sa délivrance
Par le Rav Eliahou ELKAIM
Lattitude de Joseph nous révèle le secret de sa personnalité ; même après son avènement comme vice-roi dEgypte, dans toutes les situations, il sait comment ressentir les souffrances et les besoins de lautre.
Les dernières parachioth du livre de Berechit décrivent les péripéties de Joseph et de ses frères. Une lecture attentive des textes permet de percevoir la main divine qui dirige den haut tout le déroulement des événements. Et cela même lorsque les hommes et leurs actes sont impliqués.
Tout en restant cachée, cest cette main qui prépare laccomplissement de la Parole, transmise à Avraham au moment de lalliance dite « entre les morceaux », le brit ben habétarim, alliance entre D.ieu et le patriarche.
A cette occasion, D.ieu dit a Avraham : « Sache-le bien, ta postérité séjournera sur une terre étrangère, où elle sera asservie et opprimée durant quatre cent ans. Mais à son tour, la nation quils servirons sera jugée par Moi, et alors il la quitteront avec de grandes richesses » (Genèse 15 ; 13-14).
Tout lavenir du peuple juif dépend de la mise en marche de ce processus. Le Midrach illustre cela par une métaphore :
« Rabbi Bérahia rapporte au nom de Rabbi Yéhouda Ben Shimon : lhistoire de Joseph peut être comparée à celle dun veau et de sa mère.
On essayait sans résultat demmener une vache vers les abattoirs. Pour y parvenir, et en dernier recours, on tira son enfant devant elle et elle le suivit sans résistance.
De la même façon, pour réaliser la parole divine, Yaacov aurait dû être déporté en Egypte, même sil avait fallut pour cela lenchaîner.
D.ieu dit : « Yaacov est mon fils aîné [comme lexprime le verset : Israël est le premier-né de mes fils (Nombres 4 ; 22) ] et Je vais le faire emmener de façon indigne ? Non ! Plutôt que de le faire emmener par Pharaon, Je vais diriger son fils Joseph en Egypte avant lui et il le suivra sans hésitation. » (Berechit Rabba 86 ; 2)
Cest dans cette perspective que nous devons aborder le déroulement des événements, si douloureux au départ : à partir des relations tendues entre Joseph et ses frères, puis de ses rêves, sa vente aux Ismaélites, qui lemmenèrent en Egypte, et jusquà son avènement à la tête de lEgypte.
Le soleil, la lune et les onze étoiles
Joseph a parfaitement conscience de cet état de fait. Cest dailleurs le message quil adresse à ses frères, après sêtre fait reconnaître par eux.
« Et maintenant, ne vous affligez point, ne soyez pas irrités contre vous-mêmes de mavoir vendu pour ce pays. Car cest pour le salut que le Seigneur my a envoyé avant vous. » (Genèse 45 ; 5).
Le rôle de Joseph, dans toute cette période, est prépondérant. Depuis son plus jeune âge, il est destiné au rôle de dirigeant. [Yéhouda, son frère aîné, le sera aussi, mais plus tard, et dans un autre contexte.]
En effet, les rêves de Joseph, où il voit les gerbes de ses frères sincliner devant la sienne, puis le soleil, la lune et les onze étoiles se prosterner devant lui, étaient lexpression dune véritable prophétie.
Cest dailleurs la raison pour laquelle, daprès Nahmanide, (Genèse 42 ; 9) Joseph na pas essayé de rassurer son père en lui donnant de ses nouvelles dès son arrivée en Egypte.
Pourtant, il était conscient de la souffrance inouïe que son père ressentait après sa disparition.
Pourquoi ce long silence ? Cest que Joseph savait justement quil avait le devoir de préparer laccomplissement de la prophétie dévoilée dans ses rêves. Pour cela, il fallait attendre patiemment que ses frères viennent à lui, ignorant son identité, et se prosternent devant lui. Ce qui aura effectivement lieu par la suite.
Il savait quil devait également attendre que ses frères viennent une seconde fois, accompagné de leur père Yaacov, pour se prosterner à nouveau.
Pour mieux saisir toute lampleur des enseignements de cet épisode, il nous faut comprendre la personnalité de Joseph. Et nous allons la découvrir grâce à léclairage du Sabba de Kelm (Or Rachaz chapitre 159).
Pour ce faire, nous devons dabord expliquer un concept fondamental, développé par tous les grands maîtres du Moussar (Ethique), celui de Nossé béol im havéro, littéralement : Partager les difficultés de son prochain.
Se substituer à lautre
Nous trouvons pour la première fois cette expression dans la Michna (Maximes des Pères 6 ; 6).
Elle est citée parmi les quarante-huit qualités requises pour acquérir la science sacrée de la Thora.
Mais la traduction littérale nexprime pas suffisamment le sens véritable de cette vertu, et ce sont les maîtres du Moussar qui développent ce concept.
Pour eux, cette notion est une clé indispensable pour celui qui cherche lélévation morale.
Le Sabba de Kelm explique que pour partager les difficultés de son prochain, il ne suffit pas dêtre foncièrement bon.
Il faut parvenir à ce que lintellect et les sentiments fassent vivre à la personne la souffrance de lautre. Ainsi, à travers limagination, on se substitue à lautre. Et cest ainsi que lon pourra véritablement partager sa souffrance et ses difficultés.
Là se trouve la vraie signification de Nossé béol im havéro.
Si les maîtres du Moussar accordent une telle importance à cette vertu, cest quelle est lexpression dune plénitude de lâme. Nos maîtres nous ont dévoilé (Michna citée plus haut) que cette vertu permet à celui qui lacquiert daccéder à la connaissance.
Nous allons découvrir quelle est également le moyen dattendre le niveau dun dirigeant authentique dans le peuple juif.
Le Sabba de Kelm fait remarquer que dans toutes les péripéties des sa vie, Joseph incarne de façon inégalée cette qualité. Et cest cette vertu, acquise par un travail personnel depuis son plus jeune âge, qui le prédestine au rôle de dirigeant.
Le Sabba cite le commentaire du Baal Hatourim sur notre paracha. Ce dernier remarque que le mot ouleyossef est utilisé deux fois dans la Thora.
Une première fois dans Mikets et une deuxième fois dans la paracha Vezot Haberaha.
« Or, il naquit à Yossef (ouleyossef youlad), avant quarrivât la période de disette, deux fils que lui donna Asenath, fille de pôti-féra, prêtre dOn » (Genèse 41 ; 50).
« Sur Joseph, il parla ainsi (ouleyossef amar) : Bénie par le Seigneur est sa terre ! Elle possède les dons du Ciel, la rosée, comme ceux de labîme aux couches souterraines » (Deutéronome 33 ; 13).
Le Baal Hatourim explique que si cette expression (ouleyossef) ne figure quà ces deux endroits, cest pour que nous établissions le rapport entre ces deux versets : lun est la conséquence de lautre.
« Celui qui sidentifie aux souffrances de ses frères méritera de jouir de leur consolation » (Talmud Taanit 11a) [Baal Hatourim Genèse 41 ; 50]
Cette phrase très concise demande à être développée. Et cest grâce aux interprétations de Rachi sur ces deux versets, que nous allons comprendre lintention du Baal Hatourim.
Bénie est sa terre
Sur les mots : « il naquit à Yossef, avant quarriva la période de disette », Rachi rapporte le Talmud (Taanit 11a), qui déduit que durant toute la période de famine, Joseph, qui lui ne souffrait pas personnellement de la faim, sest abstenu dentretenir des relations avec sa femme.
Il décida dagir de la sorte justement pour pouvoir ressentir lui aussi, et dans une certaine mesure, la souffrance des autres.
Cest ce que la Thora exprime, par allusion, quand elle précise que ses enfants sont nés avant la disette, et cest cette façon dagir quelle conseille à tous les Juifs, de suivre dans les périodes de famine.
Sur les mots : « Sur Joseph, il parla ainsi : Bénie par le Seigneur est sa terre ! », Rachi précise : De tous les territoires des autres tribus, il ny avait pas dendroit qui soit comblé de toute labondance comme le territoire de Joseph.
Le Baal Hatourim établit un rapport clair : Joseph, par une décision personnelle, sest privé de tous les plaisirs pendant la période de la disette. Pourtant, il était à la tête de lEgypte, et il aurait pu profiter, sans aucun soucis, de toutes les jouissances de la vie.
Cest cette vertu quil a développée, et la capacité quil avait de participer aux souffrances de lautre, qui lui a fait mériter par la suite de jouir du territoire le plus fertile de tout Israël.
Le Sabba de Kelm ajoute que dès le début de sa vie, Joseph avait ce sens profond de la responsabilité collective et du souci du bien-être de chacun.
On dit de Yaacov quil a « attendu lévénement » (Genèse 37 ; 11), quand il eut écho des rêves de Joseph.
Pourquoi Yaacov a-t-il pris au sérieux des rêves qui paraissent tout à fait fantaisistes ?
Yaacov avait compris que les critiques de Joseph sur ses frères nétaient que lexpression de son souci inconditionnel pour leur bien-être non seulement matériel, mais aussi moral.
Joseph, qui pensait que ses frères agissaient mal, était prêt à tout pour les ramener dans le droit chemin, même au prix de leur ressentiment à son égard. Les critiques de Joseph trouvaient leur origine dans les intentions les plus pures, les intentions de celui qui ressent intensément la vie de lautre.
La souffrance du frère
Pourtant, la Thora emploie un terme légèrement péjoratif pour désigner Joseph au moment de cet épisode. Il est écrit : Vehou Naar, cest-à-dire, quil se conduisait comme un jeune.
Cela signifie seulement que malgré son niveau de connaissance et de morale inégalé, il lui manquait la maturité que procure lexpérience de la vie.
Malgré ses intentions pures, une réflexion plus mûre laurait amené à agir différemment pour atteindre son but. (cf. Sforno Genèse 37 ; 2).
Yaacov avait compris que les qualités de Joseph le prédisposaient au rôle de roi. Car diriger un peuple, au sens où lentend la Thora, demande que le concept de Nossé beol soit parfaitement compris et intégré.
Cela doit être la vertu de base de tout dirigeant.
Et Joseph va prouver, par la suite, de façon éclatante quil avait véritablement intériorisé cette notion, et cela aux périodes dabondance comme pendant les famines.
Dans toutes les situations, il se soucie du bien-être de ses frères comme de celui de toute lhumanité.
On peut le constater encore au moment de sa jeunesse :
« Passant son enfance avec les fils de Bilha et ceux de Zilpa, épouses de son père » (Genèse 37 ; 2).
Rachi explique ces mots comme signifiant que Joseph voyait que ses frères considéraient avec dédain les enfants des servantes Bilha et Zilpa. Devant ce mépris, et comprenant la souffrance de ses demi-frères, Joseph se rapprocha deux et les soutint, lui qui était le préféré de son père.
Le Sabba de Kelm conclue son raisonnement en expliquant que si Yaacov, Moïse et David furent tous des bergers, ce nest pas par hasard.
Ces grands hommes, prédestinés à être les dirigeants dIsraël, ont cherché ainsi un véritable apprentissage de la mida de Nossé béol im havéro.
Si des hommes de leur stature se sont abaissés à être de simples bergers, ce nest encore pas par hasard : séduquer à être attentif aux besoins les plus élémentaires des animaux va les préparer au véritable « Nossé béol » à légard de leurs frères humains.
Le troupeau de D.ieu
Le Midrach explique cette idée de façon très explicite :
« LEternel examine le juste » (Psaumes 11 ; 5). Dans quel contexte D.ieu éprouve-t-il le futur roi David ?
Justement dans le pâturage, avec le troupeau. D.ieu a examiné David, et il sest avéré être un bon berger. Comment ?
Il faisait paître dabord les plus jeunes bêtes, qui avaient ainsi lherbe tendre. Venait ensuite le tour des bêtes les plus âgées, qui broutaient lherbe normale. Enfin, les bêtes les plus fortes pouvaient se nourrir de lherbe dure.
D.ieu dit : « Celui qui sait faire paître le troupeau, chacun selon ses forces, quil vienne être le berger de mon peuple. »
Moïse a lui aussi été examiné par D.ieu dans le pâturage.
Nos maîtres racontent : alors que Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro dans le désert, une petite brebis séchappa. Moïse la poursuivit et la vit sarrêter à une flaque deau pour y boire.
Lorsque Moïse la rattrapa, il lui dit : « Jignorais que tu avais couru parce que tu avais soif. A présent, tu dois certainement être fatiguée. » Et Moïse prit la brebis sur lépaule pour la ramener parmi le troupeau.
D.ieu dit : « Si tu as pitié lorsque tu dirige des animaux, cest toi qui mérite dêtre le berger de Mon troupeau, celui dIsraël. » (Chemot Rabba 2 ; 2)
Un dernier texte du Midrach couronne les paroles du Sabba de Kelm.
« Que la bénédiction soit sur celui qui nourrit les autres : il sagit de Joseph le tsadik qui a nourri lhumanité toute entière pendant les années de disette, et cest lui qui sest conduit comme un berger qui dirige son troupeau vers les meilleurs pâturages.
David exprime cette idée dans les Psaumes :
« Pasteur dIsraël, prête loreille, Toi qui mène Joseph comme un troupeau» (80 ; 2).
Le Midrach explique différemment ce verset :
Lorsquil y eut la famine à lépoque de David, ce dernier supplia D.ieu : Maître de ce monde, dirige ton troupeau comme Joseph qui sest soucié de toute lhumanité et la nourrie pendant la période de disette. » (Yalkouth Chimoni chapitre 42).
D.ieu est sollicité pour être comme Joseph ! Quel niveau extraordinaire a dû atteindre Joseph comme berger !
Ces enseignements nous concernent directement. Aujourdhui, dans un monde qui sest fixé comme objectif la poursuite du confort et des facilités matérielles, légoïsme se développe à une ampleur effrayante.
La Thora, dans la paracha de cette semaine, nous dévoile la véritable clé de lélévation morale.
Le concept de Nossé béol im havéro, et tout ce quil implique, nous permet de lutter activement contre notre propre égoïsme et de trouver les chemins pour ressentir les souffrances et les besoins de lautre.











