
Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
ROCH HACHANA 5767
23 & 24 SEPTEMBRE 2006 1&2 TICHRI 5767
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Jérusalem |
Paris |
Montréal |
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Entrée22.09.06 |
de 16.57 à 17.57 |
de 18.33 à 19:33 |
de 17.35 à 18.35 |
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Sortie 24.09.06 |
19:11 |
20:33 |
19:33 |
Très chers amis,
Jai le plaisir de vous adresser un Dvar Thora sur ROCH HACHANA.
Dans le but de diffuser encore et toujours le message éternel de la Thora, nous envoyons ce Dvar Thora à des milliers de personnes francophones dans le monde, via Internet.
Cette année, notre Institution a emménagé dans un nouveau bâtiment, qui porte dorénavant le nom de BEIT YEHOUDA VEHANA au nom de la famille qui a contribué au financement de cette acquisition ; notre reconnaissance est infinie tant pour cette famille que pour tous nos généreux donateurs et amis.
Le bâtiment est situé face au Mont HERZL et nous serons toujours heureux de pouvoir vous y accueillir avec les 18 enseignants, les 10 avrehim et les 153 étudiants.
Durant les vacances scolaires, nous avons mis le bâtiment à la disposition des familles du nord du pays qui recherchent un peu de répit.
Pour visualiser les photos et le film d'inauguration du bâtiment à Jérusalem vous pouvez cliquer sur le lien suivant :
http://www.daathaim.org/evenement/index.htm

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 643 07 19
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Ce Dvar Thora est écrit pour la guérison (refoua chelema) du fils de
Rav Eliahou Elkaïm,
Haïm Yéhouda ben Mazaltov
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance, la réussite, la bonne santé et la paix en cette année 5767.
Avec notre plus cordial Chabbat Chalom et nos vux les plus chaleureux de Chana Tova,
BULLETIN DE SOUSCRIPTION
Association Loi de 1901
12, rue Notre Dame des Victoires - 75002 PARIS
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Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
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A la recherche dune existence perdue
Par le Rav Moché Tapiero
En quelques propositions succinctes, Rambam suggère lenjeu du jugement de Roch Hachana.
Article un : « Chaque homme, sans exception, acquiert des mérites ou sentache de fautes. Lhomme dont les mérites sont supérieurs aux fautes est un juste (tsadik). Celui dont les fautes excèdent les mérites est un méchant (Racha). Celui dont les mérites et les fautes sont égaux est défini comme un homme moyen (benoni).»
Article deux : « L'homme dont les fautes excèdent les mérites meurt sur le champ de son mal
»
Article trois : « De même que lon pèse les mérites et les fautes de lhomme au moment de sa mort, lon examine aussi chaque année les fautes et les mérites de chaque mortel à Roch Hachana. Qui est trouvé juste, est inscrit pour la vie. Qui est trouvé méchant, se voit frappé dune sentence de mort. Pour lhomme moyen son sort reste en suspens jusquà Kippour. Si dans lintervalle il fait Techouva on rend en sa faveur un verdict de vie ; dans le cas contraire cest une sentence de mort qui est prononcée contre lui. »
Le jugement semble se résumer à une comptabilité des fautes et des mérites. Lélément majoritaire sera seul retenu. Mais, suffirait-il que les mérites dun homme excèdent ses fautes pour que celles-ci soient tout simplement occultées ? Ne dit-on pas du juge divin quil ne se laisse soudoyer daucune manière, serait-ce par la grâce des Mitsvot !
Le cas singulier de lhomme moyen interpelle. Peut-on concevoir que le nombre de mérites coïncide exactement avec celui des fautes? Serait-ce une catégorie théorique, pure abstraction ? Les maîtres du Talmud définissent pourtant leur génération comme composée essentiellement dhommes moyens. Quel mépris des règles de probabilité !
Deux principes sont à la base de cette proposition du Rambam.
- Lidentité du sujet.
Les catégories de tsadik et de racha ne dépendent pas du nombre des fautes et des actes méritoires, mais de leur importance respective dans lorientation générale de lattitude du sujet. Lhébreu biblique nomme yetser ce que la morale désigne comme bon et mauvais penchants. Construit sur la racine de yétsira il désigne lacte de façonner et de donner formes aux choses. Bien et mal sont des catégories constituantes du sujet. Est juste celui qui est façonné et structuré par le bien. Lhomme mauvais nest pas celui qui commet des méfaits, mais celui qui nest pas animé par une perpétuelle tension vers le Bien.
Est juste celui dont les actes méritoires relèvent dune motivation authentique, dun souci réel. Ses fautes et démérites sont autant daccidents qui ne modifient pas sensiblement une trajectoire quil arrive toujours à redresser. Sa visée vers le Créateur est certes perturbée par la faute mais jamais menacée en son fondement. La faute, bien que toujours présente et effective, perd son incidence lorsquil sagit de déterminer la stature de ce sujet.
La règle halakhique des mélanges illustre cette définition : soit un mélange à froid de deux aliments permis et dun aliment interdit que lon ne saurait distinguer et reconnaître. Le principe du Bitoul bérov permet la consommation de tout le mélange. Certes, laliment interdit est présent, mais seul lélément majoritaire détermine la nature générale de toute cette entité composée.
Lexcédent de mérites est déterminant non pas par le nombre de Mitsvot mais du fait du caractère prédominant de ces actes dans la constitution de lidentité du sujet. Est Racha quiconque est attaché aux préoccupations terrestres et dont les actes attestent dune existence rivée au sol. La proportion majoritaire des démérites nest pas affaire de quantité mais de limpact de ces fautes dans la nature de celui qui les accomplit.
Lhomme moyen est habité dune tension double et contradictoire. Animé dun souci pour le Bien, il répond aussi à lappel du mal. Levinas définissait lEurope comme intrinsèquement hypocrite du fait de son double attachement à la Bible et aux grecs. Hypocrisie qui nest pas seulement un vilain défaut mais une catégorie existentielle dun sujet déchiré. On pourra dire de lhomme moyen dont parle Rambam quil est le type même de lhypocrite.
2. Le don de lexistence
Chaque mérite appelle récompense, chaque faute exige une punition. Chaque jour de lannée le Créateur juge les hommes et examine leurs actes. Les sanctions quIl décrète alors sont diverses. Des moindres maux jusquà la mort. Le jugement de Roch Hachana est dun tout autre ordre. Il porte sur la condition même de la vie. La mort nous rappelle que la vie nest pas acquise une fois pour toute. Elle est pure donation qui chaque année doit être renouvelée. Car la donation de vie correspond à loctroi dune place pour l'être dans léconomie du monde, un rôle à jouer dans la geste créatrice. Le don de la vie nest autre que linvestissement dune mission. Lexistence est comme un contrat unilatéral valable pour une seule année. A chaque nouvel an, il faut bénéficier dun renouvellement de ce contrat pour avoir droit à une nouvelle tranche dexistence.
Sest-on demandé pourquoi le jour du jugement est fixé au nouvel an ? Jour anniversaire de luvre créatrice, il correspond au renouvellement de toute la création. Il faut alors redistribuer les postes, définir de nouvelles missions. Chacun est jugé pour savoir sil est digne de confiance, si il est opportun de lui confier à nouveau la responsabilité de la création. A ce titre seul compte la situation actuelle du sujet, sa capacité présente à se faire lieu où passerait la trace divine. Certes, le jour du nouvel an sont examinés les actes et faits antérieurs, les moindres gestes, les pensées les plus profondes. Mais lacte ne compte quen tant quil a marqué le sujet dune empreinte encore vive. On ne retient des agissements passés que leur incidence sur la structure présente. (Seul le jugement quotidien considère lacte pour lui-même).
Si les catégories existentielles de juste et méchant sont ici déterminantes, cest quelles expriment le niveau dadéquation de l'être au projet divin. Le juste est inscrit pour la vie non pour ses mérites mais parce quil est capable dassumer une nouvelle charge, dêtre investi à nouveau de la responsabilité de luvre divine. A linverse du châtiment qui peut résulter des jugements quotidiens, la sentence de mort qui frappe ici le mécréant, nest pas une punition mais une privation. Le contrat dexistence nest pas reconduit à son égard.
Chaque jour lhomme est jugé sur tous ses actes. La peur dune sanction habite perpétuellement celui qui ne se réfugie pas dans lillusoire de limaginaire. Pourquoi signifier alors Roch Hachana par la crainte et la terreur face à la gravité du jugement divin ? On ne saurait comparer linquiétude de celui qui craint une sanction et cherche à préserver un acquis, au profond dénuement de celui qui a déjà perdu le droit de vivre et se doit douvrir une nouvelle porte vers la vie.
Comme un pauvre qui quête aux portes. Nest-ce pas pure gageure ? Comment exiger dun homme a qui la vie sourit, qui possède santé, richesse et famille de se sentir subitement dénué, privé de tout ? Pourtant tel est le réel des choses. A proprement parler tous les acquis sévanouissent avec la fin de lannée. Il faut tout reconquérir par la prière et la conversion intérieure. La crainte (yiraa) dérive alors de la vision (réïya) juste du réel. Le yéré chamaïm cest lhomme respectueux de sa créaturialité qui sait ne pas être à lorigine de soi et a conscience que son essence consiste dans lexpression de la volonté du très Haut.
3. Le livre de la vie
Article deux : « lhomme dont les fautes excèdent les mérites meurt sur le champ de son mal
»
Sentence exécutoire et sans délai que la réalité dément. Ne voit-on pas de nombreux mécréants profiter dune existence paisible ! Manquent ils des hommes mauvais qui ne meurent pas suite à leurs péchés?
« Trois livres sont ouverts à Roch Hachana. Les justes sont inscrits dans celui de la vie, les méchants dans celui de la mort et les hommes moyens sont en suspens. » Pourquoi signifier le jugement divin comme écriture ? De quel livre sagit-il ?
Les Maîtres dIsraël définissent le réel comme livre. Le monde est créé avec les lettres de la Torah. Parallèle exact de celle-ci, car il est aussi expression de la volonté du très Haut, manifestation de sa Gloire. Kavod ! Trois livres pour dire trois dimensions du réel, trois réalités différentes. Pluralités de mondes dans un seul espace. Les hommes nhabitent pas tous le même monde ! Le livre des justes cest le réel. Sy voir inscrit cest recevoir don dune existence authentique, celle où la vie est animée de la présence divine, où le vécu est proximité avec le Créateur. Le monde ouvert dans le livre de la mort est celui du pur imaginaire. Privé de toute relation au bien, le sujet est vidé de toute intériorité, lexistence sy résume à la vie biologique. Cest en ce sens que Rambam annonce une sentence de mort immédiate pour le Racha. Il continue à vivre mais dune existence privée de toute substance. Le prix à payer pour une telle vie est bien lourd. On y perd tous ses mérites que lon doit monnayer contre chaque moment de vie et lon reste dénué face aux enjeux de lexistence réelle et éternelle.
4. la dynamique de la Techouva
Le sort de lhomme moyen reste en suspens jusquà kippour. Si dans lintervalle il fait Techouva, on rend en sa faveur un verdict de vie ; dans le cas contraire cest une sentence de mort qui est prononcée contre lui.
Question darithmétique élémentaire : si lhomme moyen est celui qui comptabilise autant de mérites que de fautes, lacquisition dune seule Mitsva devrait lintroduire dans la catégorie des justes. Rambam rappelle ailleurs lurgence daccomplir le plus de Mitsvot dans cette période intermédiaire qui précède Kippour. Pourquoi faire dépendre le salut de lhomme moyen de la seule Techouva ?
La Techouva entendue comme repentir est un acte de la conscience qui permettrait dannuler rétroactivement les fautes commises. La décision de ne plus fauter doublée dun remords profond lorsquils sont clairement exprimées par le sujet (acte du Vidouy) vident la faute de sa substance. Mais la Techouva est irréductible au remord des moralistes et ne se suffit pas dune mauvaise conscience. Elle est avant tout retournement dun sujet jeté dans la dispersion du monde et qui, retrouvant en lui la trace de lInfini, accepte de se faire lieu pour elle.
On peut donc parler de deux dimensions de la Techouva : la première, fondamentale, touche à lidentité dun sujet qui, en renouant avec la visée droite vers le Bien, quitte lillusoire de limaginaire et réintègre le réel. A ce retournement premier se greffe alors un acte de repentance qui a effet dannuler la faute. Les règles et modalités diffèrent sensiblement. Le retour au réel est affaire de conscience, toute en intériorité. Aucune extériorisation des sentiments nest nécessaire. La repentance sattaque à une faute qui sest déjà inscrite dans la réalité extérieure. Luvre de conscience ne suffit pas à modifier un acte. Le Vidouy qui extériorise en parole le remords intérieur est impératif.
« Si un homme, même mécréant, épouse une femme en acceptant comme condition de validité quil soit un homme juste, dans le doute on considérera le mariage comme valable. Il faut craindre quil ait peut être fait Techouva en son cur ». Pourtant le Vidouy est posé comme impératif de la Techouva ? (Voir Minhat Hinoukh). Le statut de juste est indépendant des fautes que le sujet doit expier. Celles-ci concernent le passé, alors que les catégories de juste et dimpie définissent la structure actuelle du sujet. Encore entaché par le poids de ses fautes le Racha peut retrouver la droiture du juste pour peu quil réalise une conversion intérieure et rétablisse sa visée vers le Bien. Lhomme moyen ne saurait par contre se suffire daccomplir quelques Mitsvot.
Car le jugement ne retient que la direction que lon donne à sa vie, le sens que lon imprime à son existence. La Techouva entendue comme retour au Créateur permet daccéder au livre du réel et de bénéficier du don de la vie.
Chabat Chalom et Chana Tova











