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Chabbath Parachat ‘Houkat Balak (en France) - Balak (en Israël) 7, 8 juillet 2006
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Chabbath Parachat ‘Houkat Balak  (en France) - Balak (en Israël)

7, 8 juillet 2006 – 11, 12 tamouz 5766
 
                    Jérusalem                       Paris                           Montréal
 
Entrée :          19 h 13                       21 h 37                          20 h 28
Sortie :           20 h 29                       22 h 59                          22 h 46
 
Très chers amis,
 
J’ai le plaisir de vous adresser le Dvar Thora de cette semaine, avec lequel nous poursuivons le deuxième chapitre des « Maximes des pères » (Pirké Avoth).
 
Ce Dvar Thora est consacré à la BAR MITSVA de Emmanuel NIDDAM.
 
Les commentaires sur le premier chapitre ont fait l’objet d’un livre, le troisième volume de notre série « Dvar Thora ». 
 
Dans le but de diffuser encore et toujours le message éternel de la Thora, nous envoyons ce Dvar Thora à des milliers de personnes francophones dans le monde, via Internet.
 
Nous avons eu le plaisir d'inaugurer, après en avoir fait l'acquisition, le nouveau bâtiment de la Yéchiva Motsaé Chabat 17 juin à Jérusalem en présence du Grand Rabbin d'Israël, Rav Chlomo AMAR, de très nombreux Grands Maîtres de la Thora, de Raché Yéchivoth célèbres et réputés et de plusieurs centaines de personnes dont une délégation française conduite par le Rav Avner IBGUI du Beit Hamidrach Lamed.
 
Ce bâtiment porte dorénavant le nom de BEIT YEHOUDA VEHANA au nom de la famille qui a contribué au financement de cette acquisition ; notre reconnaissance est infinie tant pour cette famille que pour tous nos généreux donateurs et amis.
 
Le bâtiment est situé face au Mont HERZL et nous serons toujours heureux de pouvoir vous y accueillir avec les 16 enseignants et les 140 étudiants.
 
 
Ce Dvar Thora est écrit pour la guérison (refoua chelema) du fils de Rav Eliahou Elkaïm,
‘Haïm Yéhouda ben Mazaltov
 
 
Ces paroles de Thora sont également dédiées à la mémoire de
 
Huguette Ra’hel bat Louisa Bellahsen, zl
Eliahou ben David Temstet, zl
 
Merci à tous ceux qui ont participé au gala de notre association à Paris le 27 juin où nous avons pu introniser un Sepher Thora ; merci à tous ceux qui absents nous ont manifesté leur soutien.
 
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance et la paix.
 
Avec notre plus cordial Chabbath Chalom,
        
Rav Chalom Bettan
 
 

BULLETIN DE SOUSCRIPTION
 
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Sacré et profane - Opposition ou complémentarité ?
 
Par le Rav Eliahou Elkaïm
 
Cette semaine, nous allons chercher à découvrir l’opinion de nos maîtres sur l’étude des sciences profanes. Un sujet qui nous concerne tous, et surtout nos enfants…
 
« Rabbi Eléazar disait : ‘Sois assidu dans l’étude de la Thora ; sache ce qu’il faut répondre à l’hérétique ; sache devant qui tu peine ; Il est fiable, le Maître de ton travail, pour te payer le salaire de ton ouvrage’  ».
 (Chapitre 2, Michna 14)
Rabbi Eléazar emploie le terme  ‘hévé chakoude’ pour exprimer la nécessité d’être assidu dans l’étude de la Thora.
En réalité, cette expression comporte plusieurs sens, qui font tous partie de la pensée de Rabbi Eléazar.
D’après Maïmonide, le terme ‘chakoude’ signifie, dans un premier temps : diligent et zélé. C’est ainsi qu’il est employé dans le verset :
« Tu as bien vu, me dit l’Eternel, car Je vais me hâter (chokède) d’accomplir Ma parole. »                                                                            (Jérémie 1-12)
 
Ce terme signifie également assidu et régulier, comme l’exprime le verset des Proverbes :
 
         « Heureux l’homme qui M’obéit en fréquentant (lichkode) Mes portes, jour après jour. »  (8-34)
 
Rachi commente et explique qu’il s’agit de celui qui arrive le premier sur le lieu d’étude et le quitte en dernier.
  • Trois éléments fondamentaux
L’auteur du Tiféreth Israël précise : « Trois éléments sont nécessaires pour que l’étude de la Thora soit fructueuse.
 
Le premier est l’assiduité : celui qui ne s’est pas fixé comme règle de réviser chaque jour ce qu’il a étudié la veille, ne parviendra jamais à une maîtrise réelle des sujets étudiés.
 
Le deuxième élément est l’approfondissement des thèmes. Il ne faut jamais finir un sujet sans en avoir éludé toutes les questions et difficultés. On ne peut pas commencer à étudier un autre sujet tant que le premier texte n’a pas été totalement éclairci et que l’on n’a pas vérifié qu’il ne contredit pas d’autres textes, et qu’il ne comporte pas de mots superflus.  Il faut également avoir compris le choix de chaque terme employé.
 
Le troisième élément est la concentration dans l’étude, une concentration qui doit permettre d’oublier tout autre préoccupation.
 
Le choix de la forme ‘chakoude’ (forme passive en hébreu) au lieu de ‘chokède’ (forme active) exprime qu’il faut se sentir obligé d’étudier avec les trois éléments que nous avons décrits, et ne pas considérer l’étude comme une activité facultative, qui dépend de notre bon vouloir.  (Tiféreth Israël ibid.)
 
Dans le texte de notre Michna, Rabbi Eléazar énonce deux vérités qui sont a priori deux idées distinctes : ‘Sois assidu dans l’étude de la Thora ; sache ce qu’il faut répondre à l’hérétique.’
 
Mais la plupart des commentateurs expliquent cependant que ces deux idées sont liées. En effet, ce n’est que par une étude approfondie que l’on parviendra à trouver les réponses aux attaques des renégats.
 
Il faut le savoir, de nombreux commentateurs de l’époque des Richonim (du Xe  au XVe siècle), ne possédaient pas la même version que nous de cette Michna. Leur texte était légèrement différent.
 
Les deux phrases que nous avons n’en formait qu’une, et l’on pouvait lire : « Sois assidu dans l’étude de la Thora qui t’apportera les réponses aux attaques des renégats. »
 
Maïmonide, d’après l’auteur du « Melehet Chlomo » (ibid.), possède lui aussi une version différente. Il lit : « Sois assidu dans l’approfondissement des sujets qui t’apporteront les notions que tu pourras utiliser dans la polémique avec les hérétiques des nations,  lorsqu’ils viendront t’attaquer. »
 
Toujours d’après Maïmonide, l’idée suivante de Rabbi Eléazar : « Saches devant qui tu peines », doit être expliquée ainsi : « Si tu étudies la philosophie des autres nations pour savoir comment répondre à leurs attaques idéologiques, sois vigilent pour qu’aucune notion de ces théories ne pénètre ton cœur. Sache que Celui devant Lequel tu investit tes efforts sonde toutes tes pensées. Consolide donc, en ton cœur, la foi en Lui. »
  • Une science transcendante
Rabbénou Yits’haq, commentant Maïmonide, comprend qu’il est conseillé d’étudier les philosophies des nations et autres religions, dans le but  de découvrir que la foi juive est la seule qui soit fondée et qui s’appuie sur la vérité.
 
Il fait, au nom de Rabbénou Israël,  une précision importante : Rabbi Eléazar fait précéder sa recommandation d’étudier de la Thora à celle de savoir comment répondre aux renégats. Ainsi, il nous offre la méthode qui nous permettra de régler les problèmes dans le bon ordre.
 
Avant toute chose, il faut s’investir dans la Thora écrite, dans le Talmud et ses lois, et approfondir cette étude jusqu’à ce que les sujets étudiés soient ancrés au plus profond de soi. C’est seulement de cette façon que l’on possèdera une connaissance solide.
 
Il faut élargir cette méthode à tous les sujets de loi (halakha) compris dans le Talmud.
 
Alors seulement, on abordera les autres philosophies, dans l’intention de pouvoir répondre aux questions qu’elles soulèvent, et prouver qu’elles ne sont pas fondées.
 
Le Talmud (Bera’hot 28b) relate que Rabbi Eléazar, avant sa mort, mit en garde ses disciples, qui lui demandaient de fixer pour eux des règles de vie :
 
« Ecartez vos enfants de la réflexion philosophique venue des nations. »
 
On remarquera que Rabbi Eléazar ne les a pas enjoint de s’en écarter eux-mêmes. En effet, les jeunes esprits, qui n’ont pas encore intégré suffisamment de Thora écrite et de Talmud, prennent des risques graves, en se penchant sur les philosophies étrangères.
 
Car en s’investissant pour comprendre les cheminements logiques qui sont l’introduction aux sciences profanes, ces jeunes risquent d’être induits en erreur par leur propre raisonnement, ce qui les amènera, D.ieu en préserve, à s’exclure de la communauté.
 
Nos maîtres précisent également  (Talmud Baba Kama 82b) :
 
« Maudit soit celui qui enseigne à son fils la philosophie grecque »
 
Encore une fois, on remarquera qu’il n’est pas dit que celui qui étudie la philosophie grecque est maudit, mais seulement celui qui l’enseigne à ses enfants qui n’ont pas encore le niveau de Thora nécessaire, mais seulement celui qui l’enseigne à ses enfants qui n’ont pas encore le niveau de Thora nécessaire.
 
Cette Michna nous permet d’aborder un sujet intéressant.
 
Il est bien évident que nos maîtres ne déconseillent pas aux jeunes d’étudier les philosophies profanes dans le seul but de leur barrer l’accès à une forme de réflexion différente de celle de la Thora.
 
Mais eux qui ont accédé à la Connaissance, savent que la Thora est une science qui transcende l’homme et qui émane du Créateur Lui-même.
 
C’est pour cette raison qu’ils ont voulu offrir aux jeunes cette science qui cerne tous les secrets de l’univers, ce système de pensée qui forge l’esprit de l’homme, et l’élève à un niveau de sagesse unique.
  • Investissement total
Preuve en est que nos maîtres les plus prestigieux n’ont pas abordé les philosophies profanes avant de maîtriser toute la Thora, ce qui leur a permis d’atteindre, dans tous les domaines de la pensée, un niveau inégalé.
 
Nos maîtres ont pu dépasser en sagesse ceux qui ont préféré aborder parallèlement les deux disciplines. Ironie du sort, c’est justement en faisant une mauvaise interprétation de notre Michna que ces derniers se sont fourvoyés…
 
Il est intéressant de citer le commentaire du Sforno sur notre Michna, lui qui fut l’un des plus grands penseurs de son époque et qui rédigea des ouvrages philosophiques de référence.
 
« C’est seulement par l’assiduité, et l’investissement de toute sa personne dans l’étude de la Thora, et par nulle autre méthode, que l’on parviendra à trouver des réponses solides aux attaques des renégats, comme l’exprime le verset :
 
« Si tu la souhaites comme de l’argent, et que tu la recherches comme des trésors, tu accèderas à la crainte de l’Eternel et tu atteindras la Connaissance de D.ieu » (Proverbes 2 ; 4-5)
 
C’est ainsi que l’on atteindra le niveau de mayane hamitgaber, expression utilisée par Rabban Yohanan ben Zakkaï pour encenser son élève, Rabbi Eléazar (Michna 8).     
 
Cette expression doit être comprise dans le sens de « prendre le dessus » (sur ses détracteurs), car le mot mitgaber a pour sens littéral cette signification. (Sforno ibid.)
 
Le Sforno, à la différence de Maïmonide, ne voit pas dans notre Michna un appel à l’étude des philosophies profanes et des différentes religions (même dans un deuxième temps, après l’étude de la Thora), dans le but de trouver des  réponses aux renégats.
 
Au contraire, il considère que l’immersion dans la Connaissance de la Thora suffit pour découvrir, à chaque instant, des réponses à toutes les interrogations que les plus incrédules pourront générer.
 
 
Chabbat Chalom
 
 
Commentaires sur la parachath ‘Houkat – Balak

La bénédiction du frelon

Par le Rav Eliahou Elkaïm

Des malédictions qui se transforment en bénédictions. Un proverbe qui s’intéresse aux abeilles et aux frelons. Une histoire drôle pour mieux comprendre les techniques des ennemis d’Israël ! La paracha de cette semaine nous ouvre de nouveaux horizons…

La paracha de cette semaine nous décrit les nombreuses tentatives de Balak, roi de Moab, pour convaincre Bileam d’utiliser ses pouvoirs surnaturels et que ses malédictions entraînent la destruction du peuple d’Israël.
 
Bileam lui-même éprouvait des sentiments de haine encore plus forts que ceux de Balak envers le peuple juif. C’est seulement l’intervention divine qui va l’empêcher de les maudire et le forcer finalement à adresser à ce peuple les plus belles bénédictions de tous les temps.
 
Le Midrach (Yalkouth Chimoni) précise même :

« Tout ce dont le peuple d’Israël jouit dans ce monde-ci est le résultat des bénédictions de Bileam. »
Bileam fut le seul prophète des Nations ayant eu accès à la Connaissance. Mais cette perception prophétique n’est pas due à un travail personnel d’élévation, ni à une recherche de rapprochement avec D.ieu, comme ce fut le cas pour les prophètes d’Israël (cf. Maïmonide, Yad hahazaka, Hilehoth Yéssodé Hathora 7, 1-2).
 
Rachi (Nombres 22 ; 5) rapporte les paroles de nos Maîtres qui s’étonnent que D.ieu ait accordé la prophétie à un homme si peu recommandable.

« Nous aussi, comme les Juifs ! »

Il faut d’abord comprendre pourquoi D.ieu a envoyé un prophète aux Nations : selon les paroles de nos Maîtres, c’est pour ne pas laisser la possibilité à ces mêmes Nations de justifier leur mauvaise conduite par l’absence d’un guide éclairé.
 
Le jour où D.ieu se dévoilera, ils pourraient dire: « Si nous avions eu, nous aussi, comme les Juifs, un prophète pour nous guider, nous aurions respecté la volonté divine»
 
Ce qui va se passer en fait, c’est que, bien au contraire, au lieu d’améliorer la conduite des Nations, Bileam va utiliser son influence pour les inciter à une plus grande perversion.
 
Alors que jusqu’à son époque il y avait un certain respect des bonnes mœurs, Bileam est celui qui va les pousser à la dégradation morale, et même à la prostitution.
 
Nos Maîtres dans leur analyse de la personnalité de Bileam, arrivent à la conclusion que cet homme incarne toute la bassesse humaine (Pirké Avoth 5 ; 19).
 
C’est que la connaissance à laquelle il a eu accès n’a pas été le fruit d’un travail personnel d’élévation morale.
 
L’accès à la prophétie, quand elle n’est pas accompagnée d’un travail personnel d’élévation morale, n’a aucune influence sur l’homme. Au contraire, elle peut être utilisée à des fins très dangereuses.
 
Cela nous permet de comprendre l’enthousiasme de Bileam à réaliser les sombres projets de Balak, sachant pertinemment que la volonté divine était différente.
Ce n’est que par la Miséricorde de D.ieu que ces malédictions vont se transformer en bénédictions…
 
Un texte du Midrach (Devarim Rabba 1-4) ajoute un nouvel élément :
« Rabbi A’ha ben ‘Hanina dit : la tohaha (les châtiments) si le peuple d’Israël ne respecte pas la Thora, annoncée par Moïse dans les parachioth Behoukotaï et Ki tavo, auraient dû l’être par Bileam, alors que les bénédictions de Bileam auraient dû être dites par Moïse.
 
Mais cet ordre des choses comportait un risque :
Si Bileam avait transmis le reproche (tohaha) au peuple juif, Israël aurait pu la rejeter en disant : « C’est parce qu’il nous hait qu’il nous dit cela ».
 
Et si Moïse leur avait adressé les bénédictions de Bileam, les Nations auraient pu dire :       
« C’est parce qu’il les aime qu’il les bénit. »
 
C’est pour cette raison que D.ieu fixa cette répartition. Ainsi, les bénédictions et la tohaha seront l’apanage reconnu du peuple d’Israël.
Le Chem Michmouel (année 5675) cite Rachi (Nombres 22-12) qui, lui-même, cite le Midrach sur le verset qui suit.
« D.ieu dit à Bileam : « Tu n’iras point avec eux. Tu ne maudiras point ce peuple car il est béni. »
 
Pourquoi D.ieu doit-Il préciser : ‘car il est béni’ ? Il aurait suffit d’interdire à Bileam de les maudire…
 
C’est que Bileam proposa, puisqu’il ne pouvait les maudire, de pouvoir au moins les bénir. Et c’est à cette proposition que D.ieu lui répondit : « Ils n’ont pas besoin de tes bénédictions, puisqu’ils sont déjà bénis. »
 
Et le Midrach cite à ce sujet le proverbe : « On dit au frelon : ‘Je ne veux ni de ton miel ni de ton dard.’ »
 
Ce texte semble contredire le Midrach cité plus haut, duquel il ressort que le plan divin était justement que ce soit Bileam qui les bénisse.
Pourquoi alors lui refuser sa demande ?

Un être pervers

Une deuxième remarque s’impose :
 
La Thora (Deutéronome 23 ; 6) précise : « Mais l’Eternel ton D.ieu, n’a pas voulu écouter Bileam, et l’Eternel ton D.ieu, a transformé pour toi la malédiction en bénédiction, car il a de l’affection pour toi, l’Eternel ton D.ieu. »
Les mots de ce verset semblent signifier que c’est une malédiction que Bileam a adressée à Israël.
Pourtant, les textes de notre paracha sont explicites : même si ce fut contre son gré, ce sont bien des bénédictions que Bileam adressa à Israël.
 
Selon le Chem Michmouel, pour répondre à ces apparentes contradictions, il faut revenir sur le proverbe utilisé par le Midrach.
Ce dernier fait remarquer que ce n’est pas par hasard que le Midrach a pris l’exemple du frelon, alors qu’il aurait été plus attendu de parler des abeilles, dont le miel est bien plus répandu.
 
Le Talmud (Be’horoth 7b) se penche sur le fait que le miel soit permis à la consommation, alors que cela paraît inconciliable avec le principe fondamental de « Kol hayotsé min hatamé tamé » (toute substance provenant d’un être interdit à la consommation est elle-même interdite).
 
Le miel, issu de l’abeille qui est interdite à la consommation aurait du être lui aussi interdit.
Pour répondre à cela, le Talmud précise : « L’abeille introduit le pollen dans on organisme et le régurgite sans y ajouter de substance qui vienne de son propre corps.»
C’est la raison pour laquelle le miel est Cacher.
 
Du même texte du Talmud, il ressort que le processus n’est pas le même pour le frelon. Ce dernier mélange au pollen une substance sécrétée par son organisme. (L’autorisation de manger de ce « miel » fait l’objet d’une discussion entre Tannaïm.)
 
D’après le Chem Michmouel, si le Midrach a choisi l’exemple du frelon, c’est pour exprimer une idée profonde : les bénédictions les plus belles, si elles viennent d’un être pervers comme l’était Bileam, deviennent des malédictions, car son dard y est mêlé.
 
C’est la raison profonde pour laquelle D.ieu refusa la proposition de Bileam.
Mais alors, comment se fait-il que Bileam ait malgré tout adressé ses « bénédictions » ? Et que celles-ci aient eu un effet aussi bénéfique, comme le dit le Midrach Yalkouth Chimoni ?

La parole divine

Le Chem Michmouel cite le Or Hahaïm et le Zohar sur le verset : « L’Eternel mit Sa parole dans la bouche de Bileam » (Nombres 23, 5).
Ces derniers interprètent ce texte : c’est D.ieu Lui-même qui parla, et ce n’est qu’une illusion auditive qui permettait de penser que ce fut Bileam qui parlait.
Il y avait une séparation entre la bouche de Bileam et la parole divine afin que le dard de Bileam ne transforme pas l’essence de ces saintes paroles.
C’est la raison pour laquelle la proposition de Bileam fut repoussée sans équivoque.
Que ce soit lui qui les bénisse directement aurait eu l’effet inverse. Il a fallu que D.ieu intervienne de cette façon pour que l’impression prévalente soit que c’était Bileam qui les bénissait.
Les Nations verront que c’est effectivement l’ennemi le plus farouche d’Israël qui les bénit. Mais en réalité, ce n’est pas lui qui les bénit, mais la Parole divine.
Ainsi, les mots du verset : « L’Eternel ton D.ieu a transformé pour toi les malédictions en bénédictions » deviennent limpides.
Rabbi Eliahou Lopian, dans un autre texte, illustre avec humour cette idée par une petite histoire…
Un couple gérait une auberge qui était merveilleusement située. Le service y était excellent, la cuisine de qualité… et la clientèle fidèle. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’au jour où la discorde s’installa dans le couple.
Dans un premier temps, c’est en privé que se déroulaient les disputes et les altercations. Mais la situation dégénéra et les clients devinrent les témoins surpris de violentes querelles, où les injures ne manquaient pas.
Le prestige de l’auberge ne suffit plus à attirer la clientèle qui préféra renoncer à ce spectacle peu encourageant.
Réalisant l’ampleur de leur problème, nos deux conjoints décidèrent de faire appel à un rabbin.
Mais on s’aperçut bien vite que les tentatives de réconciliation menaient à l’échec, le fossé étant devenu infranchissable.
Mais comment sauver ce qui pouvait encore l’être : l’auberge ?

Un code secret

Le Rav donna son avis : « Je n’ai qu’un seul conseil à vous donner : fixez entre vous un code qui fera que les mots gentils signifient des injures et exercez-vous dans ce sens.»
Aussitôt dit, aussitôt fait, notre couple commença à se disputer en s’échangeant des mots tendres.
Dans un premier temps, les clients qui restent assistent à un changement notable.
Mais très vite, ils deviennent les spectateurs de scènes étranges : le nouveau spectacle est celui d’un homme et d’une femme qui se disent des gentillesses et autres expressions de tendresse, le tout accompagné de lancement d’objets de toutes sortes.
Les bénédictions de Bileam ressemblent aux mots tendres de notre couple. Elles ne sont que des malédictions camouflées, codées.
Et il aura fallu l’intervention divine pour transformer le mal et la méchanceté en véritables bénédictions.
C’est le sens véritable du verset : « Mais l’Eternel ton D.ieu, n’a pas voulu écouter Bileam, et l’Eternel ton D.ieu, a transformé pour toi la malédiction en bénédiction, car il a de l’affection pour toi, l’Eternel ton D.ieu. » (Deutéronome 23 ; 6).
 
CHABAT CHALOM
 
 
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Mis en ligne le 07 juillet 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org
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