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Daat Haim : Chabbat Parachat Korah (Houkat en Israël) (01/07/06)

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jérusalem Tel : 00 972 2 643 07 20 Fax : 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
Chabbat Parachat Korah (Houkat en Israël)
1er juillet 2006 5 tamouz 5766
Paris JERUSALEM MONTREAL
Entrée : 21 h 40 19 h 09 20 h 29
Sortie : 22 h 56 20 h 31 21 h 44
Très chers amis,
Jai le plaisir de vous adresser le Dvar Thora de cette semaine, avec lequel nous poursuivons le deuxième chapitre des « Maximes des pères » (Pirké Avoth).
Ce Dvar Thora est consacré à la BAR MITSVA de Emmanuel NIDDAM.
Les commentaires sur le premier chapitre ont fait lobjet dun livre, le troisième volume de notre série « Dvar Thora ».
Dans le but de diffuser encore et toujours le message éternel de la Thora, nous envoyons ce Dvar Thora à des milliers de personnes francophones dans le monde, via Internet.
Nous avons eu le plaisir d'inaugurer le nouveau bâtiment de la Yéchiva Motsaé Chabat 17 juin à Jérusalem en présence du Grand Rabbin d'Israël, Rav Chlomo AMAR, de très nombreux Grands Maîtres de la Thora, de Raché Yéchivoth célèbres et réputés et de plusieurs centaines de personnes dont une délégation française conduite par le Rav Avner IBGUI du Beit Hamidrach Lamed.
Ce bâtiment porte dorénavant le nom de BEIT YEHOUDA VEHANA au nom de la famille qui a contribué au financement de cette acquisition ; notre reconnaissance est infinie tant pour cette famille que pour tous nos généreux donateurs et amis.
Le bâtiment est situé face au Mont HERZL et nous serons toujours heureux de pouvoir vous y accueillir avec les 16 enseignants et les 140 étudiants.
Merci à tous ceux qui ont participé au gala de notre association à Paris le 27 juin où nous avons pu introniser un Sepher Thora ; merci à tous ceux qui absents nous ont manifesté leur soutien.
Ce Dvar Thora est écrit pour la guérison (refoua chelema) du fils de Rav Eliahou Elkaïm,
Haïm Yéhouda ben Mazaltov
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance et la paix.
Avec notre plus cordial Chabbat Chalom.
Rav Chalom Bettan

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jérusalem Tel : 00 972 2 643 07 20 Fax : 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
La part sacrée qui est en nous
Par le Rav Eliahou Elkaïm
Après avoir établi les bases de la prière que nous devons adresser à D.ieu, Rabbi Siméon nous révèle comment appréhender lâme pure qui réside en nous.
« Rabbi Siméon disait : Sois attentif à la récitation du Chema et de la prière ; quand tu pries, nen fais pas une chose fixe, mais (un appel à la) miséricorde et supplication devant D.ieu (béni soit-Il), comme il est dit : Car Il est clément et miséricordieux, longanime et plein de bonté, se ravisant sur la mal (Joël 2-13); et ne sois pas méchant devant toi-même ».
(Chapitre 2, Michna 13)
Nous abordons cette semaine le troisième et dernier volet de la maxime de Rabbi Siméon : « Ne sois pas méchant (racha) devant toi-même ».
Nous allons découvrir, à travers les différentes interprétations de nos maîtres, des leçons de vie, qui nous concernent tous.
Commençons par linterprétation de Maïmonide :
Si lhomme se considère comme un méchant (racha), il perdra la sensation de la gravité de la faute, et aucune faute ne sera assez importante à ses yeux pour quil sempêche de la faire.
Le Sforno exprime la même idée et il cite lexemple de Elicha Aher (Talmud Haguiga 17a).
Elicha Aher fut lun des maîtres du Tana Rabbi Meïr. Il fut lun des quatre grands maîtres qui purent, en utilisant lun des Noms sacrés de D.ieu, entrer au Pardess : les sphères célestes (Rachi ibid.)
Mais cette proximité avec le Créateur lui fut néfaste, car il navait pas atteint le niveau spirituel suffisant pour appréhender la Connaissance.
Après cette expérience, il devint hérétique, et ne pratiqua plus la Thora. Ayant conscience quil avait perdu le monde futur, il se livra à la débauche.
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Un équilibre délicat
Cet exemple pourrait nous faire penser quaprès un certain stade, il ny a aucun espoir de retour vers le Bien, et que tous les efforts dans ce sens seraient vains : cest faux, la voie du repentir reste toujours ouverte.Rabbénou Yona, qui suit cette interprétation, fait la part des choses :A aucun moment, dans aucune situation, il ne faut se considérer comme inapte au repentir.Cela risque damener à la conclusion erronée que, passés un certain stade de fautes (avérot), tous les excès sont permis. En effet, cette démarche entraîne à considérer quune faute encore plus grave a déjà été commise par le passé, et que lon peut donc se permettre la faute présente, moins importante.Précisons toutefois que Rabbi Siméon ne considère pas quil faut se considérer comme un Juste (tsadik), allant ainsi à lautre extrême.Un texte du Talmud (Nidda 30b) le précise clairement :« Encore dans le ventre de sa mère, on fait prêter serment au ftus : Quand bien même le monde entier dirait de toi que tu es un juste (tsadik), sois à tes propres yeux comme un racha. »A priori, une telle affirmation va à lencontre de la maxime de Rabbi Siméon.On le voit, la forme utilisée est comme un racha (littéralement keracha), ce qui signifie : considère que tu es sans cesse comme un racha potentiel. Quest-ce que cela signifie concrètement ?On doit se considérer à chaque instant comme possédant la même quantité de mérites et de fautes. Lacte qui se présente devant nous peut donc faire basculer la balance positivement si on fait une mitsva, et négativement si lon commet une avéra.Cest ce que nous enseigne le Midrach (Kohélet rabba 10-1) : « Lhomme doit toujours considérer quil possède le même nombre de mérites que de fautes. » (Rabbénou Yona ibid.)Ces mots de Rabbénou Yona nécessitent un développement : en effet, comment peut-on demander à une personne qui sait où elle se trouve, et qui sait pertinemment que ses fautes sont plus importantes que ses mérites, de se considérer comme en ayant un nombre égal ? Lhomme doit-il se leurrer ?Dans son ouvrage Darach Moché (Darouch 2), Rabbi Moché Feinstein nous propose une première piste : nous devons nous considérer comme un être humain moyen (benoni), et rester dans le doute de savoir si lon mérite ou non la grâce divine, car le calcul entre les mérites et les fautes dépend de paramètres qui échappent à lesprit humain.Une seule faute peut parfois annuler de nombreuses mitsvoth : cest notamment le cas lorsque la tentation nest pas forte. Dans ce cas, on aurait pu sabstenir facilement, ce qui explique que cette faute pèse lourd.Inversement, une seule mitsva peut parfois peser aussi lourd que de nombreuses avéroth, notamment si elle a nécessité un effort très particulier.Mieux vaut donc toujours se considérer comme un benoni : ainsi, lhomme ne fait pas lerreur de penser que tout espoir est perdu pour lui.La différence de terminologie entre notre maxime et le texte du Talmud exprime une idée profonde.Notre maxime dit : ne sois pas méchant à tes yeux, alors que le Talmud dit : Considère-toi comme un méchant.Etre un racha à ses propres yeux signifie quêtre méchant est lessence même de sa personnalité.En revanche, être comme un méchant signifie que lon est conscient que nos agissements ne sont pas conformes à la volonté divine, mais ce nest pas pour autant la substantifique moelle de notre personnalité.La conduite et les actes sont à corriger, mais lâme reste attachée à D.ieu.
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Nous sommes sacrés
Lauteur de « Halekah vehalibouv » cite à ce sujet lun des grands maîtres de la Hassidout qui interprète le verset dans Isaïe (55-7) : « Que le pervers abandonne sa voie (darko) »Le terme dereh (littéralement chemin) exprime en hébreu une approche réfléchie de la vie.Comment peut-on dire quun racha ait une philosophie de la vie ? Sa conduite émane-t-elle dune réflexion sincère et profonde ?Il répond que lerreur est justement que le racha croit que sa démarche est lessence de sa personnalité. Le premier pas du repentir est de prendre conscience que le mal nest quun élément extérieur vers lequel un certain laisser-aller nous pousse, mais quil est toujours possible de sen éloigner, et que D.ieu nous offre la possibilité de nous en séparer tant que lon et en vie.Lorsque le prophète parle de la voie du pervers, il désigne cette approche erronée.Rabbi Aharon Kotler (Michat Rabbi Aharon vol 1 p.158) ajoute une note supplémentaire :Le Talmud (Taanit 11b) nous enseigne : « Lhomme a le devoir de créer en lui la sensation quun être saint habite en lui en permanence.Cest le sens du verset : « Le saint qui réside en toi » (Osée 11-9)Ce verset nest pas une image ou lexpression dune idée abstraite mais bien le reflet dune réalité absolue.En effet, on observe souvent que certaines personnes, qui ne se comportent pas forcément comme le voudrait la volonté divine, ressentent une peur sincère de se conduire de façon déplacée devant un grand maître en Thora. Et que ces mêmes personnes, en présence de Sages dont on ressent la sainteté parviennent même à nourrir des pensées pures et élevées.
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Un modèle de vie
Cest exactement ce que lon demande à lhomme de ressentir envers sa propre âme (nechama). Nous devons avoir conscience que, quelque soit notre niveau spirituel, la sainteté de notre propre âme est inaltérable.Cest là que se trouve le sens profond de la pensée de Rabbi Siméon, et cest la clef de toute élévation morale : méconnaître sa propre valeur et celle de son âme juive est lun des facteurs les plus puissants qui entraîne à la faute.Une deuxième interprétation de cette maxime nous vient de Rachi :« Ne fais jamais une chose pour laquelle tu aurais plus tard à rougir, ne serait-ce devant toi-même. Agis avec respect envers ta propre personne.Un jour, un homme sage dit à son fils : Si tu as plus de honte devant des personnes étrangères que devant ton âme, tu prouves par là que tu nestime pas ton âme. »Le Rachbats fait remarquer que le terme employé devant toi-même (bifné atsméha) correspond plus à cette interprétation. En effet, pour concorder parfaitement à linterprétation de Maïmonide, il aurait mieux valu dire à tes propres yeux (beeyneha).Une troisième interprétation fait le lien entre ce volet de la maxime et les deux premiers.Après avoir mentionné limportance de ne pas faire faire de la prière et du Chema une chose fixe (comme nous lavons expliqué dans les Divré Thora précédents), Rabbi Siméon ajoute :« Ne va pas imaginer que, dans la mesure où la prière étant un acte très personnel et intime, tu peux te dire : Personne ne connaît la teneur véritable de ma prière. Je peux donc être un racha devant moi-même et faire de ma prière une chose fixe, qui suffira pour le social.Car le Créateur sonde tes pensées, et cest seulement si tu prie avec cur que ta prière sera acceptée » (Rabbénou Yitshaq, ibid.).Rabbi Haïm de Volozhine ajoute encore une notion intéressante :Il sagit ici de celui qui ne fait pas leffort de prier en assemblée (betsibour). Cest, dans ce cas, le sens de devant toi-même (bifné atsméha). Il est fort possible que pour cette raison, il soit considéré comme un racha.En effet, une prière dite par un homme seul (beyahid) doit avoir, pour être entendue, un niveau tout à fait exceptionnel, et comprendre des intentions (kavanot) très particulières et élevées.Ce nest malheureusement pas chose courante.Lorsque lon prie avec une assemblée, en minyane, les mérites de tous les hommes présents sont joints. Cette prière bénéficie donc de tous les mérites de lassemblée, ce qui lui permet daccéder aux sphères célestes.Concluons par une dernière interprétation :« Ne sois pas un racha, en te comportant comme si tu étais un être dexception, ce qui tentraînera à éviter les relations sociales » (Rachbats ibid., et aussi Rabbi Yaacov ben Chimchon ibid.)
Selon cette interprétation, Rabbi Siméon, qui, on sen souvient, avait été encensé par son maître, Rabban Yohanan ben Zakkaï, comme étant « celui qui craint la faute » a voulu nous mettre en garde.
Celui qui atteint un niveau très élevé dans ce domaine peut parfois fuir la société et se considérer comme un être dexception. Mais cette attitude va à lencontre de la volonté divine : que lhomme soit en contact avec la société pour lui apporter une influence bénéfique et proposer un modèle. Tel est le but de la création.
Chabbat Chalom
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