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Judaïsme
Daat Haim Parashot Baalotekha (France), ShlaH LeKHa (Israël) 16, 17 juin 2006 20, 21 Sivan 5766

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jérusalem Tel : 00 972 2 643 07 20 - Fax : 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 - Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
Chabbath Parachat Baalotéha (en France) - Chelah-leha (en Israël)
16, 17 juin 2006 20, 21 Sivan 5766
Jérusalem Paris Montréal
Entrée : 19 h 09 21 h 38 20 h 27
Sortie : 20 h 26 23 h 03 22 h 44
Très chers amis,
Jai le plaisir de vous adresser le Dvar Thora de cette semaine, avec lequel nous poursuivons le deuxième chapitre des « Maximes des pères » (Pirké Avoth).
Les commentaires sur le premier chapitre ont fait lobjet dun livre, le troisième volume de notre série « Dvar Thora ». Le quatrième volume est déjà sous presse.
Dans le but de diffuser encore et toujours le message éternel de la Thora, nous envoyons ce Dvar Thora à des milliers de personnes francophones dans le monde, via Internet.
Cette année, La Yéchiva Daat Haïm a accueilli une nouvelle promotion, ce qui porte le nombre de nos élèves à 140. Le corps enseignant compte désormais 16 membres.
Laide de tous nos amis nous sera précieuse pour assumer ce nouveau "challenge" qui permettra à la Yéchiva de poursuivre son essor.
Ce Dvar Thora est écrit pour la guérison (refoua chelema) du fils de
Rav Eliahou Elkaïm,
Haïm Yéhouda ben Mazaltov
Ces paroles de Thora sont également dédiées à la mémoire de
Chimon ben Zohara Bitane, zl
Simy bat Freha Bouhsira, zl
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance et la paix.
Avec notre plus cordial Chabbath Chalom,
Rav Chalom Bettan

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jérusalem Tel : 00 972 2 643 07 20 Fax : 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
Comme un mendiant qui implore
(Première partie)
Par le Rav Eliahou Elkaïm
Le seul motif de la création de lhomme est sa louange envers le Créateur. Mais encore faut-il savoir comment la dire, et quand
« Rabbi Siméon disait : Sois attentif à la récitation du Chema et de la prière ; quand tu pries, nen fais pas une chose fixe,
mais (un appel à la) miséricorde et supplication devant D.ieu (béni soit-Il), comme il est dit :
Car Il est clément et miséricordieux, longanime et plein de bonté, se ravisant sur la mal (Joël 2-13); et ne sois pas méchant devant toi-même ».
(Chapitre 2, Michna 13)
En abordant cette semaine le deuxième volet de la maxime de Rabbi Siméon, nous allons découvrir une approche profonde et vibrante de la prière.
Nous retrouvons une formulation analogue dans la Michna Berahot (chap.4-4) :
« Rabbi Eléazar dit : Celui qui fait de sa prière une chose fixe (tefilato keva), ne peut espérer quelle suscite la miséricorde divine. »
A ces deux occasions, Maïmonide interprète lexpression tefilato keva de la façon suivante :
« tefilato keva, est une prière qui est ressentie comme une obligation et un pensum, que lon fait à la va-vite et dans la perspective de se reposer quand on sen sera acquitté. »
Le Rachbats ajoute : « Cette expression désigne une prière accomplie par ceux qui auraient certes préféré en être dispensé. »
Cest contre une telle attitude que Rabbi Siméon et Rabbi Eléazar sélèvent, nous encourageant à éveiller au contraire le sensation profonde que nous faisons appel à la miséricorde divine, en adressant à D.ieu nous supplications.
Le Rachbats précise que cela vient également nous conseiller de ressentir chaque parole énoncée.
-
Un esclave implore son maître
Et il ne suffit pas de faire une prière avec enthousiasme ! Il faut que celui qui prie se comporte, sexprime, et ressente comme une personne qui souffre et demande grâce.Celui qui prie a le devoir déveiller en lui une sensation de souffrance dans tous les domaines pour lesquels il demande la grâce divine.Cest dans cet esprit que le Talmud décrit la prière de Rava :« Il serrait ses poignets lun sur lautre et priait dans cette position, en disant : Cest ainsi quun esclave implore son maître » (Talmud Chabbat 10a)La prière est dailleurs désignée, dans la terminologie de nos maître : rahamé, un appel à la miséricorde (cf. Pessahim 117b, Sota 33a ).Dans les Hagiographes, la prière est décrite sous la même forme :« ( ) leur demandant dinvoquer la miséricorde divine (rahamin), celle du D.ieu du ciel » (Daniel 2-18).Et il est clair que celui qui appelle la miséricorde ne peut le faire quavec des supplications.« Le pauvre parle en suppliant » (Proverbes 18-23)Cest ainsi quil méritera que D.ieu exauce sa prière, car Il est lorigine de la miséricorde elle-même (baal harahamim) et Il laccorde à tous ceux qui en ont besoin.Cest bien lintention de Rabbi Siméon lorsquil cite le verset (Joël 2-13) :« Car Il est clément et miséricordieux, longanime et plein de bonté, se ravisant sur le mal. »Il y est clairement exprimé que celui contre qui un décret de malheur a été décrété peut espérer y échapper en évoquant la miséricorde divine (Rachbats ibid.).Rabbénou Yona ajoute une note supplémentaire :« Il faut prier comme un mendiant qui demande laumône ( ) et non comme celui qui présente une requête sans véritablement en éprouver le besoin. Ce dernier ne supplie pas avec un cur brisé.Quoiquil en soit, chaque être humain doit demander grâce, car :« Il nest point dhomme sur terre qui fasse le Bien sans jamais faillir »(Ecclésiaste 7-20)On le voit, tous les hommes ont besoin de la miséricorde divine et cest lidée exprimée dans le verset repris par Rabbi Siméon.Même si D.ieu est clément et accorde un sursis et Sa miséricorde, ce nest pas grâce aux mérites de lhomme.Il faut supplier D.ieu quIl ne mette pas fin à cette clémence, car il faut toujours craindre que nos fautes fassent basculer vers le négatif le verdict divin. Et il ne faut pas agir comme si les miracles pouvaient se répéter. » (Rabbénou Yona ibid.)
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Moment propice
Cette interprétation de tefilato keva correspond aux deux premières réponses du Talmud sur ce sujet.En effet, le Talmud sinterroge (Berahot 29b) :« Maï keva ? » : que signifie le terme keva dans cette maxime ?Le Talmud, après avoir donc donné des réponses similaires à linterprétation que nous venons de voir, ajoute deux interprétations supplémentaires.« Rava et Rav Yossef disent que tefilato keva signifie ne pas ajouter de nouveaux éléments lors de notre prière, ce qui peut être la preuve que cette prière est devenue une action machinale. »On le sait, il est permis dajouter, avant la conclusion de chaque bénédiction de la Amida, dans son langage personnel, une requête intime.Et cest plus particulièrement le cas pour la bénédiction Choméa tefila A Celui qui écoute les prières (cf. Choulhan Arouh Orah Haïm chap.119).Daprès le Gaon de Vilna (Hidouché Agra ibid.), la réponse de Rava et Rave Yossef est différente. Il ne sagit pas dajouter une requête personnelle mais de méditer avant chaque prière sur ses besoins au moment précis où lon sapprête à prier.Ces besoins ne sont jamais exactement les mêmes. Cest la preuve de notre implication personnelle dans la prière.Le Talmud poursuit :« Abbayé bar Avine et Rabbi Hanina bar Avine expliquent : tefilato keva est la prière de ceux qui ne font pas coïncider leurs prières avec le moment où le soleil est à lhorizon.Cest à ce sujet que Rabbi Hiya bar Abba dit : Il est une mitsva de prier au moment où le soleil est à lhorizon (dimdoumé hama).Cest ce que nous enseigne le verset des Psaumes (72-5) :« Puisse-t-on te vénérer au moment du lever du soleil et avant que napparaisse la lune de génération en génération »Rachi commente :Au moment du lever du soleil (nets hahama) : cest la prière de ChaharitAvant que napparaisse la lune (juste avant la chekia, le coucher du soleil) : cest la prière de Minha.Le terme keva est donc à comprendre dans le sens dune chose fixe, cest-à-dire une obligation dont on se rend quitte à heure fixe, sans faire leffort de chercher le moment propice pour accomplir de son mieux cette mitsva (Rachi ibid.).Pour bien comprendre cette notion de moment propice à la prière, il nous faut faire le point sur lorigine même de la prière.
Offrandes particulièresLe Choulhan Arouh Orah Haïm chap. 89-1 nous enseigne :« Le temps institué pour la prière de Chaharit doit coïncider avec le lever du soleil (nets). Si un homme avance sa prière au lever du jour (amoud hachahar), il est quitte de son devoir.Il en est ainsi pour la prière de Minha : celui qui prie à partir de 6 h 30 (zemanit) est quitte de son devoir, mais le moment le plus propice est de prier à partir de 9 h 30 (Orah Haïm 233-1).Pourquoi ces moments-là plutôt que dautres ?Les prières ont été instituées pour remplacer les offrandes que nous faisions au Temple.Chaharit correspond à loffrande du matin (korban hatamid chel chahar) et Minha à loffrande de laprès-midi (korban hatamid chel ben haarbayim).Théoriquement, il était possible de sacrifier loffrande de laprès-midi à partir de 6 h 30 (zemanit). Mais en pratique, cela avait toujours lieu après 9 h 30 pour permettre le sacrifice de toutes les offrandes particulières.Car le korban hatamid devait toujours être la dernière offrande de la journée.Cest la raison pour laquelle, encore de nos jours, le moment privilégié pour faire la prière de Minha se situe à partir de 9 h 30.Cest ce que lon appelle Minha ketana, prière qui correspond au sacrifice hatamid chel ben haarbayim (cf. Dvar Thora année 5762, paracha Vayikra).Daprès cette dernière interprétation dAbbayé bar Avine, keva signifie donc ne pas faire leffort de faire coïncider ses prières avec le moment idéal pour les sacrifices (korbanot).Dans le Dvar Thora de la semaine prochaine, nous analyserons les paroles de Rabbi Siméon à la lumière du Maharal, qui nous permettra de découvrir de nouveaux horizons sur la prière, que lon appelle aussi service divin (avoda).
Chabbat Chalom
Commentaires sur la Parachat BehaalotéKHa
La Lettre et lEsprit
Par le Rav Eliahou Elkaïm
Des actions décrites dans un ordre précis, lenchâssement de deux versets.
Grâce à des détails qui peuvent passer inaperçus, on découvre cette semaine la passion des Juifs pour leur mission
Après le recensement du peuple dIsraël et les ordres divins concernant la structure du campement dans le désert au début de Bamidbar, la Paracha de Behaaloteha nous raconte des événements qui se sont produits pendant cette période.
Nos maîtres (cf. Rachi et Nahmanide, Nombres 9 ; 1) font remarquer que ces événements ne sont pas toujours cités daprès lordre chronologique.
Le Sforno, lui, voit dans lordre que la Thora a choisi pour décrire ces événements un sens très précis (Nombres 9 ;1)
Vu limportance de ce commentaire, nous le citons in extenso.
« La Thora commence par le recensement des hommes aptes au service, suivi de la structuration du camp et des bannières, pour ensuite fixer le rôle de ceux qui vont transporter le Tabernacle.
Entrée immédiate
Nous trouvons ensuite lordre divin déloigner les personnes impures du camp, ainsi que la Paracha de « la femme sota », la femme infidèle. Tout cela va permettre laccomplissement du but final : « ton camp sera saint » et cest ainsi que la « chehina », la présence divine, pourra résider parmi le peuple juif.
La Thora cite ensuite quatre des actions effectuées par le peuple dIsraël, et mentionne le mérite que ces actes auraient dû permettre : lentrée immédiate en Terre de Canaan, sans guerre de conquête.
Cest dailleurs ce que Moïse dit à Jéthro, que la Thora appelle par son deuxième nom.
« Moïse dit à Hobab, fils de Reouel le Midianite, beau-père de Moïse :
Nous partons pour la contrée dont lEternel a dit : Cest celle que Je vous donne » (Nombres 10-29) pour préciser ensuite :
« Or, lorsque larche partait, Moïse disait : « lève-toi, Eternel ! Afin que Tes ennemis soient dispersés et que Tes adversaires fuient de devant Ta face »
(Nombres 10-35)
Le Sforno, ad hoc, explique que ce verset exprime le plan divin initial qui prévoyait la fuite de toutes les peuplades de Canaan devant larche sainte et la communauté dIsraël, et cela sans aucune résistance.
Ce plan merveilleux va être bouleversé après la faute des « Meraglim », les Explorateurs envoyés par Moïse, qui vont médire sur la terre promise, décourageant le peuple dIsraël, leur faisant croire que la conquête de la terre de Canaan nest pas à leur portée.
Le Sforno énumère ensuite les quatre actions qui auraient dû permettre lentrée en terre de Canaan :
1) Linauguration de lAutel par les offrandes des Princes
2) Lempressement du peuple dIsraël à consacrer les Lévites au service divin
3) Lempressement du peuple à accomplir lordre divin du sacrifice pascal
4) La disposition du peuple à suivre Hachem selon les déplacements de la nuée dans le désert, malgré les désagréments que cela pouvait causer : un déplacement de plusieurs millions de personnes de façon inopinée, lirrégularité de ces déplacements, et limpossibilité de prévoir à lavance quand ils auraient lieu.
Daprès lui, lordre des événements tel quil est cité par la Thora sexplique par limportance et la valeur respective de chaque action. Cest la raison pour laquelle lordre chronologique proprement dit nest pas respecté.
Nous allons essayer de dégager le sens véritable du troisième mérite cité par le Sforno, celui du zèle à accomplir lordre divin du sacrifice pascal.
Force majeure
En réalité, ce mérite semble peu important lorsquil est comparé aux efforts que le peuple dIsraël devait fournir dans les trois autres actions.
Quy a-t-il de particulier dans laccomplissement de cet ordre, qui puisse le hausser à un tel niveau ?
En effet, ce mérite est situé avant celui davoir suivi la nuée sans hésitations, alors même que cela entraînait des désagréments, action qui a précédé dans le temps celle du sacrifice pascal.
Daprès le principe du Sforno, cela signifie que la valeur de ce mérite dépasse celle du suivant.
Comment comprendre cette idée qui paraît a priori étonnante ?
En réalité, une étude approfondie des textes va nous faire découvrir une nouvelle dimension de la volonté des Juifs.
Laccomplissement de lordre divin concernant lagneau pascal est suivi par un texte étonnant :
« Or, il y eut des hommes qui se trouvaient souillés par des cadavres humains, et qui ne purent faire la Pâque ce jour-là. Ils se présentèrent devant Moïse et devant Aharon, ce même jour. Et ces hommes lui dirent : Nous sommes souillés par des cadavres humains, mais serons nous privés doffrir le sacrifice du Seigneur en son temps, seuls entre les enfants dIsraël ? Moïse leur répondit : Attendez que japprenne ce que lEternel statuera à votre égard. »
Cest alors que D. va leur dévoiler la possibilité pour celui qui était impur ou se trouvait sur une route éloignée le 14 Nissan (jour de Pessah), doffrir le sacrifice pascal le 14 Iyar. Cest ce quon appelle « Pessah Cheni »
A priori, la revendication de ces hommes est incompréhensible. Daprès nos maîtres, ces hommes étaient ceux qui transportaient le cercueil de Joseph et étaient donc en situation de force majeure absolue.
Des hommes purs
Ils étaient occupés à accomplir une autre mitsva et étaient donc exemptés de celle de lagneau pascal, quils ne pouvaient accomplir vu leur état dimpureté :
Par exemple, un malade qui na pas pu manger de la matsa le soir du séder aurait-il lidée de venir réclamer une deuxième occasion pour accomplir cette mitsva ?
Plus encore, nos maîtres rapportent un long débat halahique entre ces hommes et Moïse.
Ils soutiennent leur position alors quils sont pourtant exemptés de cette mitsva, vu leur situation.
Le Sifri conclut leur discussion par une phrase : « Ces hommes étaient purs et attentifs aux mitsvoth »
Une nouvelle dimension se dévoile ici au sein dIsraël. Une soif intarissable de mitsvoth, dont lorigine est lappréciation véritable de la valeur de chaque accomplissement de lordre divin.
Celui qui comprend véritablement lenjeu dune mitsva, et dont lâme est pure, ne peut supporter lidée de ne pas avoir pu accomplir un ordre même pour des raisons tout à fait valables.
Cest cet état desprit qui prévalait au sein dIsraël et cest lui qui est considéré par le Sforno comme lun des mérites-clefs qui devaient permettre leur entrée en terre dIsraël directement.
Cest dailleurs ce qui a fait mériter à ces hommes dêtre ceux qui ont permis de dévoiler une nouvelle mitsva de la Thora, celle de Pessah chéni.
Comme un enfant qui sort de lécole
La deuxième partie de la paracha nous présente deux des premières défaillances du peuple dIsraël. Et cest aussi dans la perspective de nos Maîtres que nous pouvons comprendre lextrême sévérité avec laquelle la Thora considère ces erreurs.
La première défaillance est dévoilée par nos Maîtres dans le Talmud (Chabbath 116) : « Et ils quittèrent le Mont de lEternel » (Nombres 10-22)
Rabbi Hanna fils de Rabbi Hanina dit quils se sont écartés de D.ieu. Cela est précisé par le Midrach, cité par les Tossafoth (ad hoc)
« Ils fuirent lEternel, trois jours de chemin, comme un enfant qui sort de lécole en courant, heureux dêtre débarrassé du fardeau de létude. »
La deuxième défaillance est celle des des Miteonenim, ceux qui se sont plaints (Nombre 11-1)
Le Talmud ajoute que les deux versets : « Or, lorsque larche partait, Moïse disait : « lève-toi, Eternel ! Afin que Tes ennemis soient dispersés et que Tes adversaires fuient de devant Ta face ! Et lorsquelle faisait halte, ils disaient : Reviens siéger, Eternel, parmi les myriades des familles dIsraël. » (Nombres 10-35 ; 36), qui sont entourés de deux lettres de Noun, la deuxième écrite à lenvers, ne sont pas inscrits à leur place.
Ces deux noun viennent exprimer un genre de crochet.
Ces versets ont en fait été intercalés au milieu de cette Paracha pour marquer une interruption entre ces deux défaillances, passibles de châtiment, pour séparer une faute de lautre.
A nouveau, une lecture superficielle de ces textes nous laisse perplexes.
Quels sont les griefs si graves que lon reproche au peuple dIsraël ?
Et en quoi le fait dintercaler un passage dune autre paracha va arranger les choses ?
Plus encore que la première défaillance, la deuxième citée paraît incompréhensible et le châtiment sans proportion :
« Le peuple affecta de se plaindre amèrement aux oreilles du Seigneur. D.ieu lentendit et Sa colère senflamma, le feu de lEternel sévit parmi eux, et déjà il dévorait les dernières lignes du camp » (Nombres 11-1)
De quelle plainte sagit-il ?
Rachi précise que certains cherchaient un prétexte pour se séparer de D.ieu, afin quil entende ce prétexte, alila, et que cela Lirrite.
Le peuple se dit : « Malheur à nous, combien nous sommes-nous fatigués sur ce chemin, sans pouvoir nous reposer pendant trois jours de la fatigue de la marche »
Quest-ce qui nous fait croire que telle était leur intention ?
Plus encore, le mot alila est en général employé pour exprimer une accusation sans aucun fondement qui cache une animosité profonde.
Laccusation des chrétiens que les Juifs utilisaient du sang chrétien pour la confection de la matsa est appelée dans les textes alilath dam.
Imaginons, comme nous le fait remarquer Rabbi Yerouham de Mir, un étudiant
qui quitte son pays pour aller étudier la Thora à létranger ; à larrivée dun long et pénible voyage, il raconte à ses amis à quel point ce trajet était éprouvant.
Est-ce que nous le considérons comme un homme cherchant un prétexte pour fuir D.ieu et susciter son courroux ?
La même difficulté concerne laccusation : ils fuirent D.ieu comme un enfant qui sort de lécole.
Ont-ils quitté le Mont Sinaï de leur propre initiative ? Les versets sont clairs : cest sur lordre formel de Moïse quils lont fait.
Sensation de déchirement
Cest que la Thora nous dévoile ici un élément nouveau. Après la révélation sinaïtique et la proximité divine durant près de douze mois, leurs plus profonds sentiments au moment de quitter la Montagne de lEternel auraient dû être une sensation de déchirement.
Le sentiment même le plus subtil de soulagement est vu par nos Maîtres comme une fuite.
Le même raisonnement sapplique pour les plaintes concernant la difficulté de la route. Car on le comprend, celui à qui lon a promis une mine dor ne ressent pas la sensation de la fatigue.
Pouvoir seulement exprimer un soupir sur la difficulté du chemin signifie que le Peuple dIsraël a failli dans son appréciation véritable de la proximité divine et de lenvergure extraordinaire de leur prochaine entrée en Terre sainte.
Après la Révélation, ce soupir est déjà considéré comme une faute très grave qui cache une mauvaise appréciation de ce que D.ieu va leur accorder : cest aussi une alila.
La signification du verset enchâssé au milieu de la Paracha est la suivante : la miséricorde divine a voulu considérer ces deux fautes comme des incidents distincts qui ne sont pas en rapport lun avec lautre.
Laccusation aurait été beaucoup plus grave si le lien avait été fait entre les deux. Cela aurait pu être considéré comme une ligne de conduite fixe, et aurait gravement entravé le plan divin qui destinait le peuple dIsraël à entrer directement en Erets Israël, même avant la faute des explorateurs.
Si la Thora a cru nécessaire de nous dévoiler ces enseignements, cest que même à notre niveau, on doit se faire un devoir de ressentir profondément laccomplissement des mitsvoth et le joug de la Thora, comme lon fait ceux qui vinrent réclamer à Moïse la possibilité doffrir le sacrifice pascal.
Etre toujours à lopposé de celui qui quitte les lieux du service divin comme un enfant qui sort de lécole précipitamment,
heureux dêtre enfin débarrassé du joug de létude. Grâce à cette Paracha, nous prenons mieux la mesure de la lettre et de lesprit.
Commentaires sur la Parachat Chelah Leha
Donner et senrichir
Par le Rav Eliahou Elkaïm
Si les impôts que nous devons verser à létat ne sont pas particulièrement réjouissants,
les prélèvements que la Thora impose nous permettent de prendre conscience dun privilège que D.ieu nous accorde
La deuxième partie de notre Paracha nous enseigne les lois concernant les oblations de farine (Ménahoth), et les libations de vin (Nessahim) accompagnant les sacrifices.
Nos trouvons à leur suite la mitsva du prélèvement de la hala.
« LEternel parla à Moïse en ces termes : Parle aux enfants dIsraël et dis-leur : A votre arrivée dans le pays où je vous conduirai, lorsque vous mangerez du pain de la contrée, vous en prélèverez un tribut au Seigneur. Comme prémices de votre pâte, vous prélèverez un morceau en tribut. A linstar du tribut de la grange, ainsi vous le prélèverez. » (Nombres 15- 17 ; 20)
Nos maîtres nous ont précisé que lon prélève un morceau de pâte (qui deviendra la hala), en faisant une bénédiction, à partir de 2, 250 kg de farine.
Cette hala doit être ensuite remise à un Cohen qui la consommera en respectant les lois de pureté (tahara).
De nos jours, nayant plus la possibilité de nous rendre purs (par les cendres de la vache rousse), cette hala sera brûlée.
A partir de 1, 200 kg de farine, nos maîtres ont statué que lon devait prélever la hala, mais sans faire de bénédiction.
La hala est lun des vingt-quatre prélèvements et offrandes que lon devait remettre aux Cohen. Les principaux autres ne seront précisés que dans la paracha suivante, Parachat Korah.
Mais avant daller plus loin dans notre sujet, un peu de technique simpose...
Quatre saintetés
Les vingt-quatre offrandes que la Thora attribue aux Cohanim se divisent en quatre catégories.
1) Haute sainteté (Kodeché kadachim) : les parties de ces sacrifices expiatoires qui ne sont pas brûlées sur lAutel doivent être consommées par les Cohanim dans lenceinte du Temple.
2) Sainteté simple (Kadachim kalim) : ce sont les parties des sacrifices (Chelamim, Korban Toda
) qui ne sont pas brûlées sur lAutel. Cette viande peut être consommée par les Cohanim dans toute la ville de Jérusalem, à lintérieur des murailles qui lentourent.
3) Prélèvements saints de la récolte : ils peuvent être consommés sur tout le territoire dIsraël, à condition de respecter les lois de pureté. Il sagit notamment de la térouma (prémices), la hala et les bikourim.
4) Offrandes sans sainteté : cest entre autres le cas des pièces dargent du Pidion Haben (rachat des premiers-nés) ou des prémices de la toison du menu-bétail (Réchit haguez)
Le Lévy, lui, na droit quau Maasser qui lui revient de droit pour son service autour du tabernacle. Cette dîme na pas de sainteté particulière et peut être consommée de façon libre.
Le processus des prélèvements sur les récoltes est le suivant :
Les céréales, les produits de la vigne, et les olives (y compris lhuile qui en est extraite) sont les produits de la terre qui nécessitent les prélèvements explicitement décrits dans la Thora (midéoraïta)
Les Hahamim ont élargi cette obligation à tous les fruits et légumes qui poussent en Israël.
Le premier prélèvement est celui de la térouma. La Thora na pas fixé de quantité obligatoire et a laissé à chacun le choix de la quantité quil désire réserver pour ce prélèvement : un seul grain de blé suffirait pour un silo entier.
Les Hahamim ont fixé par la suite trois options :
· 1/40ème de la récolte pour ceux qui sont généreux
· 1/50ème pour ceux qui ont un niveau moyen
· 1/60ème pour ceux qui ont un niveau bas de générosité
Quel quil soit, ce prélèvement doit être remis aux Cohanim.
« Je vous donne pour votre héritage »
Après déduction de la Terouma, il faut prélever le Maasser Richon (la dîme), qui représente 1/10ème de la récolte restante.
Cette dîme revient de droit au Lévy.
Il faut enfin prélever le Maasser Cheni ou, selon les années, le Maasser Ani : daprès le cycle de lannée sabbatique, les deux premières années, on prélève le Maasser Cheni, et la troisième le Maasser Ani.
Le Maasser Cheni doit être consommé à Jérusalem par le propriétaire de la récolte, tandis que le Maasser Ani doit être remis à des pauvres.
Cest seulement après ces prélèvements que la récolte devient permise à la consommation.
De son côté, le Lévy devra à nouveau prélever 1/10ème du Maasser quil a reçu, et remettre cette partie au Cohen.
Cest ce quon appelle Téroumat Maasser.
Cest ce que la Thora explique quand elle dit :
« LEternel parla à Moïse en ces termes : Parle ainsi aux Lévites et dis-leur : Lorsque vous aurez reçu des enfants dIsraël la dîme que Je vous donne de leur part, pour votre héritage, vous prélèverez dessus, comme impôt de lEternel, la dîme de la dîme. Cet impôt sera considéré pour vous comme le blé prélevé de la grange et comme la liqueur prélevée du pressoir » (Nombres 18- 25 ; 27)
Ce nest quaprès tous ces prélèvements que, lorsquune pâte est pétrie avec de la farine dune des cinq céréales que lon prélève la hala, que lon remettra au Cohen, comme nous lavons vu plus haut.
Deux remarques simposent :
1) Pourquoi la Thora a-t-elle fixé la mitsva de hala dans notre paracha, avant même davoir enseigné les prélèvements sur la récolte elle-même ? Lordre est apparemment inversé.
2) Pourquoi le Lévy est-il tellement défavorisé par rapport au Cohen, qui a droit aux vingt-quatre catégories doffrandes, alors que le Lévy na droit quà une seule : le Maasser. Comment cela peut-il leur suffire, alors quils sont beaucoup plus nombreux que les Cohanim?
Le Sefer hahinouh (Mitsva 395) va nous donner une piste pour répondre à cette deuxième question.
Un partage équitable
Dans son développement sur les raisons de cette mitsva, il précise :
« Cest parce que la tribu de Lévy a été choisie par D.ieu pour Le servir quotidiennement au Temple que la Miséricorde divine a voulu leur octroyer ce dont ils avaient besoin pour vivre de façon honorable, car il sied aux serviteurs du Roi quils soient servis par dautres pour pouvoir se consacrer de façon entière au service du Roi.
Plus encore, étant une tribu parmi douze autres, un partage équitable aurait dû leur accorder seulement un douzième des récoltes et non un dixième.
Cet avantage vient honorer leur position, et leur proximité du Roi leur fait mériter davoir droit à une part plus importante que les autres tribus. Cet avantage est encore plus important que larithmétique pure, puisquils nont pas de frais alors que les autres tribus doivent déduire de leur revenu agraire les frais quils ont eu. »
On le voit, les Lévites sont loin dêtre désavantagés, la dîme quils reçoivent doit satisfaire largement leurs besoins. Et même si les Cohanim ont le droit à un plus grand nombre doffrandes, on ne peut considérer que les Lévites soient lésés.
Avant daborder la première remarque exposée, relevons le fait que les Lévites doivent prélever la dîme de la dîme et la remettre au Cohen.
« Cet impôt sera considéré pour vous comme le blé prélevé de la grange et comme la liqueur prélevée du pressoir. » nous dit le verset cité supra. Il est clairement exprimé à cet endroit de la Thora que le Lévy (Nombres 18-27) est également astreint aux prélèvements sur son revenu ; lanalogie avec lIsraélite est donc claire. « Comme le blé prélevé de la grange : il sagit évidemment des prélèvements de lIsraélite »
Pourquoi dans ces conditions la Thora nexige t-elle pas du Lévy un double prélèvement «trouma » et « maasser » comme cest le cas pour lIsraélite ?
Le cri de guerre
Lauteur du Dereh Houkeha explique :
« Une étude attentive des textes nous permet de discerner que la Thora a fixé deux catégories de prélèvements : et ce sont deux concepts distincts qui sont ici dévoilés.
La première catégorie est celle des « prémices », le Réchith.
Cest la catégorie, précisée explicitement dans la Thora, de la Terouma, la Hala, les Bikourim, les premiers-nés, les prémices de la toison du menu bétail (Deutéronome 18-4 ).
Le mot Réchith est mentionné dans chaque cas.
Ce concept a été perçu avant la révélation par Abel qui a présenté à D.ieu les premiers-nés de son bétail (Genèse, 4-4) et nous le retrouvons dans Josué, qui va aussi lappliquer dans un nouveau contexte.
Après la conquête de Jéricho, première ville conquise par Israël, Josué déclare :
« Poussez le cri de guerre, car lEternel vous a livré cette ville ! Elle sera un anathème au non du Seigneur avec tout ce quelle renferme (Josué 6-16,17)
Le Midrach (Yalkouth Chimoni cité par le Radak ad hoc) ajoute : « Puisque Jéricho est la première ville à être conquise (suivie par trente autres rois qui seront frappés par Israël), Josué dit :
« La Thora a fixé « comme prémices de votre pâte, vous prélèverez un morceau pour lEternel » puisque Jéricho a été conquise en premier vous en ferez une « hala » pour D. »
La remise des prémices aux serviteurs de D.ieu, vient exprimer la conscience des hommes que cest à D.ieu que tout appartient.
Cest le sens du concept ainsi exprimé : le Réchith, le premier, revient au tout Puissant.
Au centuple !
La deuxième catégorie de prélèvements est celle de la dîme, le Maasser.
Il est intéressant de remarquer que les Patriarches ont déjà, à travers leur propre connaissance, perçu ce concept.
Avraham a remis la dîme à Malki Tsedek, « Et Avram lui donna la dîme de tout le butin » (Genèse 14-20).
De même Isaac : « Isaac sema dans ce pays-là, et recueillit cette même année au centuple » (Genèse 26-12)
Nos maîtres expliquent que ce calcul était nécessaire pour fixer la quantité de Maasser (dîme)
Jacob : « Tous les biens que tu maccorderas, je veux ten offrir la dîme (Genèse 28-22)
Ce prélèvement (10%) est quantitativement important, et vient exprimer la reconnaissance totale de lhomme envers D.ieu :
Cest Lui qui enrichit les hommes et Lui seul, comme la exprimé David après que le peuple juif ait offert tout ce qui était nécessaire pour la construction du Temple :
« Certes tout vient de Toi, et cest de Ta main que nous tenons tout ce que nous tavons donné » (Chroniques 1-29-14)
Cest en prélevant avec joie 10 % de son revenu que lon exprime ce sentiment de façon claire.
Une nouvelle dimension
Le Lévy qui a reçu la dîme nest pas astreint à prélever la Terouma puisque les prémices ont déjà été prélevées de toute la récolte. Ce que la Thora exige de lui, cest de donner au moins la dîme sur son revenu pour exprimer le second concept, celui du maasser.
La « Hala » en revanche, est appelée « prémices », alors que la farine utilisée a déjà vu le prélèvement de ses prémices : la Terouma.
Cest quune nouvelle dimension sest ajoutée : la récolte engrangée exprime lenrichissement alors que la pâte pétrie exprime la possibilité de consommer.
Les prémices de cette consommation potentielle doivent aussi être présenté à D.ieu.
Pouvoir profiter de son avoir est une création en soi.
Posséder et profiter sont deux éléments distincts.
Mais revenons à présent à notre première remarque : Pourquoi la Thora a-t-elle fait précéder la mitsva de Hala à celle de la Terouma alors que lordre effectif est inverse ?
Cest que la Thora veut nous indiquer limportance primordiale de celui qui donne lorsquil profite lui-même de ses biens.
Ce don (nétina), dépasse, par son envergure, les prélèvements de celui qui possède des biens dont il ne jouit pas ou pas encore.
Pourquoi ? Car il permet de faire prendre conscience à lhomme quavoir la possibilité de profiter de ses biens nest pas entre ses mains.
Cest seulement la volonté divine qui permet cette étape.
Le Sforno exprime notre idée dans son style concis :
« Après la faute des Meraglim (explorateurs), la Thora a ordonné de prélever la Halla, car cest seulement ainsi quils mériteront que la bénédiction divine siège dans leurs habitations.
Comme le dit le prophète Ezechiel : « Et la première part de vos pâtes vous la donnerez au Pontife, pour que la bénédiction divine repose sur votre maison ». (Ezechiel 44-30)
Le prophète Elie dit également : « Ne crains rien, rentre, et fais comme tu l'as dit. Seulement, tu en feras un petit gâteau pour moi et tu me lapporteras. Tu feras cuire ensuite pour toi et pour ton fils. Car ainsi a parlé le Seigneur D.ieu dIsraël. La cruche de farine ne se videra pas. » (Rois, I, 17-13-17)
Le Sforno nexplique pas en quoi la mitsva de hala va réparer la faute des Méraglim.
Leur faute a eu pour base le fait quils croyaient que cest le peuple dIsraël, par sa propre force militaire, qui devrait conquérir la terre de Canaan.
Cette approche erronée a entraîné leur faute. La mitsva de hala vient exprimer que lhomme reconnaît de façon entière, que ce nest pas lui qui décide quand et comment profiter de ses biens, même quand il en est le possesseur.
Lorsque lhomme reconnaît cette réalité absolue, il mérite véritablement la bénédiction divine.
Cest une chose de comprendre que cest D.ieu qui donne.
Cen est une autre davoir conscience que cest D.ieu qui nous permet de nous servir de nos biens, alors quils sont déjà en notre possession.
Posséder et consommer
Après lexil du peuple dIsraël, nos maîtres ont fixé la mitsva de maaser kessafim (la dîme des revenus, à remettre aux pauvres ou en soutien à létude de la Thora) cest le concept de Maasser qui est ainsi conservé.
Celui de la Halla, lui, na pas été fixé comme obligation pour les revenus matériels ou financiers, mais seulement pour le pain. Mais lidée est clairement dévoilée par la Thora.
Le Juif fait une distinction entre posséder et consommer.
Car on peut gagner de largent et ne pas avoir la chance de pouvoir le dépenser et den jouir.
En faisant un don pour « célébrer » la possibilité de profiter de ses biens,
lhomme exprime de façon éclatante la foi absolue que cest seulement D.ieu qui nous permet de consommer.
Et cest cela qui amènera la bénédiction divine dans les maisons dIsraël.
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