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Daat Haïm - Parashat Terouma (4 mars 2006 – 4 adar 5766)
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Au  nom  du  saint  et  vénéré  Rabbi  Haïm  Cohen  zt’l
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jérusalem  Tel : 00 972 2 643 07 20     Fax : 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11        Fax : 01 42 27 54 91
Email :
daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
 

 

Chabbath Parachat Terouma

4 mars 2006 – 4 adar 5766
 
 
                    Jérusalem                           Paris                           Montréal
 
Entrée :          16 h 58                           18 h 18                          17 h 25
Sortie :           18 h 15                           19 h 23                          18 h 28
 
 
Très chers amis,
 
J’ai le plaisir de vous adresser le Dvar Thora de cette semaine avec lequel nous poursuivons le deuxième chapitre des « Maximes des pères » (Pirké Avoth).
 
Les commentaires sur le premier chapitre ont fait l’objet d’un livre, le troisième volume de notre série « Dvar Thora ». Le quatrième volume est déjà sous presse et nous espérons vous le faire parvenir ans les meilleurs délais.
 
Dans le but de diffuser encore et toujours le message éternel de la Thora, nous envoyons ce Dvar Thora à des milliers de personnes francophones dans le monde, via Internet.
 
Cette année, nous avons accueilli la nouvelle promotion, ce qui porte le nombre des élèves de la Yéchiva à 140. Le corps enseignant compte dorénavant 16 membres.
 
Nous comptons sur l’aide de tous nos amis pour pouvoir assumer ce nouveau "challenge" qui permettra à la Yéchiva de poursuivre son essor.
 
Ce Dvar Thora est écrit pour la guérison (refoua chelema) du fils de Rav Eliahou Elkaïm,
 
‘Haïm Yéhouda ben Mazaltov.
 
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance et la paix.
 
Avec notre plus cordial Chabbath Chalom,
        
Rav Chalom Bettan
 

 
 
Au  nom  du  saint  et  vénéré  Rabbi  Haïm  Cohen  zt’l
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jérusalem  Tel : 00 972 2 643 07 20     Fax : 00 972 2 643 07 19
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Peut-être mourrons-nous demain…
Par le Rav Eliahou Elkaïm
 
Se dire que l’on va mourir demain n’est pas forcément une idée réjouissante, mais elle a le mérite de permettre une remise en question et de garder à l’esprit l’essentiel.
 
« Chacun d’eux a dit trois paroles. Rabbi Eliezer disait : ‘Que l’honneur de ton prochain te soit aussi précieux que le tien ; ne sois pas prompt à te mettre en colère ; repens-toi un jour avant ta mort ; réchauffe-toi au feu des sages mais attention à leur braises, pour ne pas te brûler ! Car leur  morsure est une morsure de renard, leur piqûre est celle du scorpion, leur sifflement celui du serpent venimeux et toutes leurs paroles sont comme des braises ardentes’ » (Chapitre 2, Michna 10)
 
Nous abordons cette semaine les deux dernières devises de Rabbi Eliezer, en faisant un tour d’horizon des commentaires sur la fin de notre Michna. Et pour commencer :
 
« Repens-toi un jour avant ta mort »
 
Le Talmud rapporte une question très judicieuse que les élèves de Rabbi Eliezer posèrent à leur maître : « L’homme peut-il connaître le jour de sa mort ? »
Il répondit : « C’est justement l’intention de mes paroles. N’ayant aucune certitude qu’il ne mourra pas le lendemain, il doit se repentir (faire techouva) chaque jour de sa vie.
 
Ainsi, toute sa vie il parviendra à faire techouva. C’est ce qu’exprime le Roi Salomon quand il dit :
«Qu’à tout moment, tes vêtements soient blancs » (Ecclésiaste 9) (Talmud Chabat 153 a) 
 
L’auteur du Tiféreth Israël fait à ce sujet une remarque intéressante.
 
Pourquoi Rabbi Eliezer parle-t-il de mourir demain ? Et pourquoi ne pas parler du risque de mourir aujourd’hui ?
 
  •  Ni à droite ni à gauche

    C’est qu’il est difficile pour un homme qui ne ressent aucune sensation de maladie ou de faiblesse d’imaginer qu’il peut quitter ce monde dans quelques instants.
    Il lui sera plus aisé de développer en lui la crainte de devoir mourir le lendemain, qui est un autre jour.
    Cette peur devrait être suffisante pour qu’il se prépare quotidiennement à ce passage dans l’autre monde, en faisant techouva.
    La suite de la pensée de Rabbi Eliezer doit être étudiée attentivement :
« Réchauffe-toi au feu des sages mais attention à leur braises, pour ne pas te brûler ! »
 
Nous commencerons par le commentaire de Rachi.
 
Selon lui, ‘se réchauffer au feu des sages’ est une image qui exprime le devoir de chacun de suivre leurs recommandations et leurs décisions, à la lettre.
 
En effet, ceux qui enfreignent leurs verdicts risquent une grave punition. Il s’agit donc d’une mise en garde comprenant la punition corrélative.
 
Et la conclusion de Rabbi Eliezer vient encore, toujours selon Rachi, inclure les décisions qui peuvent paraître les plus insignifiantes :
 
« … et toutes leurs paroles sont comme des braises ardentes »
 
Rabbénou Yona, dans Chaaré Techouva, nous éclaire sur l’importance de décisions de nos maîtres.
 
«Le premier niveau de gravité concerne ceux qui transgressent les décisions de nos maîtres (takanoth ha’hamim).
 
En effet, la Thora elle-même nous enjoint d’accepter et de suivre précisément les institutions des prophètes et des juges, d’être attentifs aux paroles de nos maîtres et de respecter tous leurs règlements, comme le précise le verset :
 
« Ne t’écarte de leurs paroles ni à droite ni à gauche »          (Deutéronome 17-11)
 
Toutefois, les commandements positifs (mitsvoth assé), explicites dans la Thora, ont un aspect plus important encore que les ordonnances des Maîtres, dans la mesure où D.ieu Lui-même nous en précise les spécificités.
 
  • Les Tefilines ? Connais pas !
Il faut noter cependant que ce n’est pas vrai sous tous les aspects. Le Talmud nous le précise à deux occasions.
 
« Transgresser les paroles des Sages est parfois plus grave que transgresser les ordres de la Thora.
 
Celui qui, par exemple, nie le commandement des Tefilines (qui apparaît dans la Thora) commet une faute (avéra) : celle de ne pas faire cette mitsva.
 
On le sait, il existe un avéra qui consiste à ajouter ou à diminuer un commandement de la Thora.  Elle est exprimée dans le verset : « Tout ce que je vous prescris, observez-le exactement sans rien y ajouter, sans rien en retrancher » (Deutéronome 13-1).
 
Celui qui met ses Tefilines, mais décrète qu’il faut y insérer cinq parchemins au lieu des quatre, comme l’indiquent les Sages, commet deux fautes :
 
1.    celle de ne pas accomplir la mitsva des Tefilines : car ces dernières ne sont pas cachères si elles contiennent plus de quatre parchemins.
2.    celle d’ajouter au commandement initial, qui est d’insérer quatre parchemins. »
 (Sanhédrin 88b)
 
Le deuxième passage du Talmud à ce sujet se trouve dans le traité Bera’hot :
 
« Celui qui transgresse les ordres des Sages est passible de mort » (4b)
 
On parle ici, évidemment, d’un châtiment divin, et un BETH DIN ne peut pas l’appliquer.
 
Puisque la transgression des commandements positifs (assé) et négatifs (lo taassé) n’est pas passible de mort dans l’immense majorité des cas, on peut donc en déduire que transgresser les paroles des Maîtres est un acte plus répréhensible encore.
 
Mais on peut se demander pourquoi…
 
C’est que celui qui transgresse les interdictions des maîtres le fait, en général, parce qu'il ne leur accorde pas beaucoup d’importance.
 
Dans son cas, ce n’est pas son mauvais penchant (yetser hara) qui a pris le dessus sur son libre-arbitre.
 
C’est qu’il ne discerne pas la lumière qui émane des paroles de nos maîtres. Il manque de foi en eux et ne veut pas se plier à leurs décisions.
 
Il considère qu’il n’a pas à faire d’effort pour respecter leurs paroles, dans la mesure où elles n’apparaissent pas dans l’Ecriture.
 
Cela diffère totalement de celui qui transgresse une mitsva de la Thora, qui est en général guidé par son mauvais penchant. Mais après avoir cédé à ses pulsions, il regrette et craint la punition divine.
 
  • Une haie de sagesse
L’un est mû par une pulsion momentanée, l’autre méprise délibérément les paroles de nos maîtres.
 
Ce dernier veut se libérer de ce qu’il considère comme des cordes qui l’emprisonnent. Il ne prend pas en compte que la Thora elle-même leur a conféré le pouvoir d’instituer et qu’elle nous enjoint de suivre leurs décisions.
 
Il ressemble en cela au zaken mamré (Deutéronome 17-12) qui est passible de mort pour avoir remis en question un verdict du Sanhédrin.
 
Mais il y a une deuxième raison à cette sanction si dure qui touche ceux qui ne suivent pas les décisions de nos maîtres.
 
C’est qu’un tel homme est loin du repentir, puisqu’il considère son action comme sans importance. Il continuera donc d’agir ainsi et répétera sa faute à l’infini.
 
Or, d’après nos maîtres, une faute, même légère devient grave si on la récidive à de nombreuses reprises. (Chaaré techouva 3-3-6).
 
Rabbi Eliezer touche donc ici à un point très délicat : celui du respect des maîtres.
 
Il nous enseigne, par sa maxime, que, même si leurs décisions nous paraissent inutiles ou trop sévères, les enfreindre est d’une gravité inouïe.
 
Nous citerons les mots de Rabbi Yaacov Kamenetski, qui complètent ce sujet (Michna 2, premier chapitre, cf. Var Thora 5764).
 
« Le principe de la haie protectrice était déjà connu depuis la révélation du Sinaï, mais le niveau très élevé des générations depuis Moïse permettait que chacun puisse fixer pour lui-même cette barrière, l’adaptant ainsi à son tempérament et à ses propres faiblesses.
 
Les hommes étaient alors capables de se connaître véritablement, et de définir seuls les domaines où leur mauvais penchant (yetser hara) pouvait les faire trébucher.
 
C’est seulement à l’époque de la Grande Assemblée que la Yéridath hadoroth (baisse des générations) a rendu inévitable la nécessité de fixer des règles générales qui seront instituées par les maîtres de chaque génération.
 
Ces décisions des Sages (takanoth) deviennent alors universelles et engagent toute la communauté d’Israël.
 
Pour parvenir à les instituer, il fallait une science qui cerne tous les aspects psychologiques de la nature humaine et ses subtilités et qui définisse les situations à risque, par lesquelles l’homme peut être amener à fauter. »
 
Aujourd’hui, plus que jamais, les excès de la société occidentale, ne font que confirmer combien nos maîtres ont vu loin et juste.
Le monde moderne a voulu détruire toutes les barrières, ne se fiant qu’aux idées élémentaires ambiantes.
 
Mais on constate qu’une fois ces barrières franchies, plus aucune limite n’existe et les pires aberrations voient le jour et sont considérées comme la norme.
 
Et pour reprendre les mots de Rabbénou Yona :
 
« Respecter à la lettre les consignes de nos maîtres, qui ont établis la haie protectrice de la Thora, est l’expression véritable de la crainte de D.ieu, but sublime de la création de l’homme. »
 
 
Chabbath Chalom
 
Commentaires sur Parachat Terouma
 
Le sanctuaire du cœur
Par le Rav Eliahou Elkaïm
 
La paracha de cette semaine décrit en détail les consignes données par D.ieu à Moïse, concernant la fabrication du tabernacle. Par delà les descriptions techniques, c’est le principe de la Présence divine qui nous est dévoilé.
 
Dès le début, l’objectif est clair :
« Et ils me construiront un sanctuaire, pour que Je réside au milieu d’eux. » (Exode 25 ; 8).
 
Le dernier mot de ce verset « beto’ham », se traduit littéralement « en leur intérieur » A priori, « en son intérieur », aurait été plus adéquat, en référence à l’intérieur du sanctuaire.
 
De cet étonnant pluriel, nos Maîtres déduisent que ce verset possède un double sens : ce n’est pas seulement dans le sanctuaire que D.ieu va résider, mais aussi à l’intérieur de chaque Juif, plus précisément dans le cœur de chacun. C’est ce que nos Maîtres appellent Hachraat Hachehina : la proximité divine.
 
Toutefois, une question est soulevée : pourquoi avoir lié la présence de D.ieu dans le cœur des Juifs avec la construction du sanctuaire ?
 
Et Moïse fit quelques pas en arrière…
 
Plus encore, l’idée même de limiter la Chehina à l’enceinte du tabernacle paraît contredire le principe fondamental d’omniprésence contenu dans la prière que nous répétons trois fois par jour, en prononçant la Kedoucha :
 
« Saint, saint, saint est l’Eternel Cebaoth, la terre est pleine de sa gloire. » (Isaïe, 6 ; 3).
Moïse lui-même fut frappé par cette apparente contradiction (Midrach Yalkouth Chimoni chap. 365) :
 
« A trois reprises, Moïse a été effrayé par les paroles de D.ieu, au point de faire plusieurs pas en arrière. Lorsque D.ieu lui intima l’ordre de construire un sanctuaire pour résider parmi eux, Moïse a répondu : « Maître du monde, il est écrit : « Le ciel et tous les cieux ne pourraient Te contenir » (Rois 1 ; 8, 27) et Tu ordonnes de construire un sanctuaire ?
D.ieu répondit à Moïse : « Ce n’est pas comme tu le penses, vingt poteaux, du côté nord, vingt du côté sud et huit à l’ouest, et Je descendrai et limiterai la Chehina ici-bas comme il est écrit : « C’est là que Je te donnerai rendez-vous » (Exode 25 ; 22) ».
 
Si la question de Moïse semble claire, la réponse de D.ieu est moins évidente.
 
Deux autres textes vont éclaircir notre compréhension du concept de la proximité de D.ieu.
 
Le septième ciel
 
« Semblable à tout ce que je t’indiquerai, c’est-à-dire au plan du tabernacle et de toutes ses pièces, et vous l’exécuterez ainsi » (Exode 25 ; 9). Rabbi Ovadia Sforno (XVème siècle) explique : « Tout ceci pour que je puisse résider parmi vous, pour te parler (à Moïse), et recevoir les prières et les offrandes d’Israël. » Cette situation sera différente de celle qui a précédé la faute du veau d’or. Car alors, la Chehina se trouvait partout, comme il est écrit : « En quelque lieu que je fasse évoquer Mon Nom, je viendrai à toi pour te bénir. » (Exode 20 ; 21).
 
Le Midrach (19 ; 13) précise : « Après la création, la Chehina se trouvait dans le monde d'ici-bas. Après la faute d’Adam, elle est retirée dans le premier ciel ; après la faute de Caïn, dans le deuxième ; Après la génération d’Enoch, dans le troisième, après la génération du déluge, dans le quatrième ; après la génération de la tour de Babel, dans le cinquième ; Après Sodome au sixième, et à l’époque de l’Egypte, du temps d’Avraham, dans le septième ciel. »
 
Contre ces fautes qui font « fuir » la Chehina, sept hommes justes la font revenir. Il s’agit d’Avraham, qui l’a fait redescendre au sixième ciel, Isaac au cinquième, Jacob au quatrième, Lévy au troisième, Kehat au deuxième, Amram au premier et Moïse qui l’a fait redescendre sur terre, comme il est écrit : « Le Seigneur est descendu sur le mont Sinaï » (Exode 19 ; 20). »
 
Comme le Sforno l’a indiqué, après la faute du veau d’or, la Chehina a quitté notre monde pour retourner dans les cieux.
 
Mais quelle est la signification véritable de la présence de la Chehina ? Un texte de la Hagada de Pessa’h nous aidera peut-être à comprendre le sens de ce concept de la Chehina.
 
« Et Il nous fit sortir de l’Egypte avec une main puissante et un bras étendu, en imprimant la terreur, en opérant signes et prodiges. » (Deutéronome 26 ; 8).
 
« Bemora gadol se traduit en général par « en imprimant la terreur ». Pourtant, la Hagada rapporte une explication différente de nos maîtres : « Bemora gadol » : c’est l’apparition de la Che’hina.
 
Quel rapport y a-t-il entre la terreur et la Che’hina ? Et pourquoi D.ieu a-t-il dévoilé sa Présence au moment de la sortie d’Egypte ?
 
La lumière divine
 
Le Sefat Emeth explique que voir la Che’hina signifie percevoir dans son cœur, de façon claire et sans équivoque, la main de D.ieu qui dirige notre monde. Cette perception parfaite eut lieu au moment de la sortie d’Egypte, lorsque D.ieu s’est dévoilé de façon éclatante. La conséquence automatique de cette perception est la crainte profonde du Créateur qui s’installe dans les cœurs. Ce n’est pas par hasard que le mot « YIREA » (crainte) comporte exactement les mêmes lettres que « REYIA » (vue). Voir la main de D.ieu permet au cœur de ressentir la crainte véritable de D.ieu.
 
En réalité, toute la création est décrite par nos maîtres comme une réduction de la lumière divine qui cache, derrière l’opacité de la matière et des lois naturelles, le caractère absolu de la Divinité.
 
Au départ, cette opacité laissait passer une lueur claire, la Che’hina. Celui qui le souhaitait pouvait percevoir la main de D.ieu. C’est la dégradation du niveau spirituel et moral du monde depuis la faute d’Adam jusqu’à la perversion de l’Egypte, qui a atténué, petit à petit et par étape, cette lueur. C’est ainsi que l’on peut comprendre le phénomène de la Che’hina qui se réfugie dans les cieux.
 
Les patriarches ont permis au monde de retrouver une proximité plus grande avec la Che’hina. Et c’est seulement lors de la révélation au mont Sinaï que le monde a pu revenir à son état initial. La réalité divine est devenue éclatante, et parallèlement, la crainte profonde du créateur a pu s’installer dans les cœurs des Juifs.
 
C’est ce que Moïse a expliqué après la révélation sinaïtique : « Moïse répondit au peuple : Soyez sans crainte ! C’est pour vous mettre à l’épreuve que le Seigneur est intervenu, c’est pour que Sa crainte soit toujours présente en vous, afin que vous ne péchiez point. » (Exode 20 ; 17).
 
Evidemment, le libre-arbitre a continué d’exister, comme ce fut le cas pour Adam, mais dans un contexte où D.ieu était beaucoup plus présent.
 
Malheureusement, cette situation idéale n’a pas perduré. La faute du veau d’or a fait régresser toute l’humanité et même le repentir du peuple d’Israël n’a pas suffit à faire revenir la Présence de la Che’hina dans notre monde.
 
Le monde ne méritera plus de voir la Che’hina de façon éclatante.
 
C’est alors qu’une nouvelle formule est proposée par D.ieu.
 
La lumière devint lueur
 
Le principe fondamental du « Tsimtsoum » (réduction de la lumière divine), dont nous avons parlé plus haut et qui permet à notre monde d’exister, va être utilisé pour « réduire », pour limiter la Présence divine à un espace matériel déterminé, celui du sanctuaire.
 
Dans cette enceinte, on pourra percevoir clairement la main de D.ieu qui dirige ce monde, et de ce fait, renforcer sa crainte du Ciel.
Ainsi, la Che’hina pourra rayonner dans le cœur de tous ceux qui s’y prépareront. On comprend à présent le lien entre le sanctuaire et la Présence divine dans les cœurs.

Posséder la Che’hina en soi (dans son intérieur), signifie que le cœur perçoit la main divine, permettant de ressentir une crainte permanente du Maître de ce monde. Le but fondamental de la résidence de D.ieu dans notre monde est atteint.
 
Depuis la destruction du Temple, nous n’avons malheureusement plus mérité d’avoir la Che’hina parmi nous. Cette perception visuelle, si limitée qu’elle fût, ayant disparue.
 
Nos maîtres nous enseignent que la Che’hina est toujours présente. Moins claire, moins éclatante, elle existe tout de même, dans les lieux de prières et d’étude. A condition toutefois de respecter la sainteté de ces « petits sanctuaires ».
 
A travers l’étude, la réflexion et la prière, soutenues par une volonté forte, il nous est toujours donné de percevoir la main de D.ieu qui dirige le monde, parvenant ainsi à réaliser le but ultime de la création.

« C’est pour que sa crainte soit toujours présente en vous, afin que vous ne pêchiez point. ».
 
 
 
 
 
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