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Da'at Haïm : Chabbath Parachat Ki-Tavo (24 sep. 2005 20 eloul 5765)

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jérusalem Tel : 00 972 2 643 07 20 Fax : 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
Chabbath Parachat Ki-Tavo
24 septembre 2005 20 eloul 5765
Jérusalem Paris Montréal
Entrée : 17 h 59 19 h 29 18 h 32
Sortie : 19 h 10 20 h 32 19 h 33
Très chers amis,
Jai le plaisir de vous adresser le Dvar Thora de cette semaine avec lequel nous poursuivons le deuxième chapitre des « Maximes des pères » (Pirké Avoth).
Les commentaires sur le premier chapitre ont fait lobjet dun livre, le troisième volume de notre série « Dvar Thora » et nous espérons bientôt éditer un nouveau volume reprenant les « Dvar Thora » de l'année 5765.
Dans le but de diffuser encore et toujours le message éternel de la Thora, nous envoyons ce Dvar Thora à des milliers de personnes francophones dans le monde, via Internet.
Pour cette 9ème rentrée scolaire, nous venons daccueillir la nouvelle promotion qui comprend 140 étudiants en internat. De ce fait, nous avons augmenté le personnel, qui compte dorénavant 15 membres.
Nous comptons sur laide de tous nos amis pour pouvoir assumer ce nouveau "challenge" qui permettra à la Yéchiva de poursuivre son essor.
Cet été, nous avons eu l'honneur de recevoir la visite de nombreux amis de la Yéchiva ; qu'ils soient ici remerciés de leur attachement à notre institution. Cest avec un grand plaisir que nous vous accueillerons si vous êtes de passage à Jérusalem.
Ce Dvar Thora est consacré à la guérison (refoua chelema) du fils de Rav Eliahou Elkaïm, Haïm Yéhouda ben Mazaltov.
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance et la paix. Avec notre plus cordial Chabbath Chalom,
Rav Chalom Bettan

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jérusalem Tel : 00 972 2 643 07 20 Fax : 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
Céder et saider
Par Rav Eliahou Elkaïm
Faire la charité et la bienfaisance, cest parfois savoir pardonner et renoncer à ses revendications. Le Maharal de Prague nous explique quil faut créer une obligation de donner, pour accroître la paix entre les hommes
« Il disait : Multiplier la chair, cest multiplier les vers ; multiplier les richesses, cest multiplier les soucis ; multiplier les femmes, cest multiplier la sorcellerie ; multiplier les servantes, cest multiplier la débauche ; multiplier les esclaves, cest multiplier les vols. Multiplier la Thora, cest multiplier la vie ; multiplier laudience, cest multiplier la sagesse ; multiplier les conseils, cest multiplier lintelligence ; multiplier la charité, cest multiplier la paix. Acquérir un bon renom, cest acquérir pour soi-même ; acquérir la connaissance de la Thora, cest acquérir la vie du Monde futur. »
(Chapitre 2, Michna 4)
Cette semaine, nous poursuivons notre analyse de la maxime de Hillel, en réfléchissant sur un nouvel aphorisme, à la lumière de lenseignement de nos maîtres.
Multiplier la charité (tsedaka), cest multiplier la paix (Chalom).
Rabbénou Yona explique : « Celui qui fait la charité se fait aimer par ceux qui vont jouir de sa générosité. Ainsi, il multiplie la paix entre les hommes.
En outre, faire la charité, cest aussi donner lexemple, et utiliser son influence pour que dautres imitent sa démarche.
Et en cela, celui qui fait la charité entraîne deux mécanismes :
1- Il obtient une partie du mérite de la mitsva faite par ceux qui lont imité, comme sil avait lui-même accompli cette bonne action.
2- Il se fait aimer, apprécier, et provoque la reconnaissance de ceux qui, grâce à lui, ont pu faire une action noble et méritante.
En ce sens, ladage multiplier la charité, cest multiplier la paix est lantithèse de cet autre, vu précédemment : multiplier les esclaves, cest multiplier les vols.
En effet, les actes répréhensibles commis par les esclaves dun homme sont mis à son compte, et les victimes de ces vols lui en tiendront rigueur, à lui personnellement.
A linverse, celui qui fait la charité provoque la sympathie à son égard.
- Le pauvre se morfond
Rabbi Yossef Ibn Chouchane apporte une précision importante :
« La charité dont parle Hillel, cest évidemment la charité que lon fait aux pauvres. Mais cela inclut également toute manifestation de bonté (hessed) : envers les pauvres et les riches, les vivants comme les morts.
La charité et la bonté (guemilout hassadim) impliquent aussi que lhomme surmonte son caractère (maavir al midotav), ne tienne pas rancune, passe outre sa susceptibilité et trouve la force de toujours pardonner. Cest aussi une forme de bonté et de charité. »
Le Gaon de Vilna cite un verset en référence à notre Michna :
« Mais plutôt quon sattache à ma protection, quon fasse la paix avec Moi »
(Isaïe 27-5)
Ce même verset est interprété par le Midrach (Bamidbar Rabba) dans un sens très particulier, qui apporte un nouvel éclairage à la paix dont parle Hillel dans notre maxime :
« Rabbi Yéhouda ben Simone dit : Le pauvre est assis et se morfond : «Pourquoi suis-je différent dun autre homme, lui qui dort dans un lit, et moi qui dors par terre ; lui qui dort dans sa maison et moi qui dors dehors ? »
Toi, dit D.ieu, tu es venu lui donner laumône, et lui redonner goût à la vie. Sache que Je considère que tu as fais la paix entre lui et Moi. » (Bamidbar Rabba 34-16)
Le Sefat Emeth reprend exactement la même idée : le pauvre remet en question les décisions du Ciel, et grâce à celui qui fait la charité, la paix augmente dans les sphères célestes.
Rabbénou Ovadia, pour sa part, cite un autre verset, toujours dans Isaïe, en référence à notre Michna :
« Et luvre de la justice (maassé hatsedaka) sera la paix » (Isaïe 32-17)
Le Talmud linterprète de la façon suivante : « Le terme utilisé par le prophète est maassé hatsedaka. Mais il aurait suffit de dire hatsedaka tout simplement et le mot maassé est a priori superflu.
Rabbi Eliezer le lit différemment. Au lieu de maassé (acte), il lit meassé, qui signifie user de toute son influence sur les autres, et les obliger, dans la mesure du possible, à faire la charité (tsedaka).
Et le Talmud de conclure : Rava a adressé le message suivant aux habitants de Mahauza : Je vous supplie dobliger chacun dentre vous à faire la charité. Grâce à cette action, vous obtiendrez la bienveillance des autorités, qui vous accorderont la paix. (Talmud Baba Batra 9a)
- Au-delà des limites de la loi
A partir de ce texte du Talmud, le Maharal de Prague construit une nouvelle conception de la notion de paix (Chalom) dont parle Hillel, et qui transcende celle de Rabbénou Yona.
Le fondement de toute dispute (mahloketh) est le refus de chacune des parties de renoncer volontairement à ses revendications.
Y renoncer est appelé agir lifnim méchourat hadin, littéralement au-delà des limites de la loi, ce qui signifie concrètement ne pas exiger de lautre quil se conforme à la rigueur de la loi.
Nous venons de voir que lattitude qui entraîne les disputes et de ne pas savoir renoncer à ses revendications.
Lopposé absolu à cette attitude est la générosité naturelle (nedivout lev) qui permet à un homme de donner de ses biens ou de soi-même à lautre.
Lorsque la société est polluée par la dispute (mahloket), un état desprit sinstalle dans tous les domaines de la vie, et empêche le rapprochement entre les parties.
La charité est, bien entendu, lantithèse de la mahloket, mais elle nentraîne pas forcément que lhomme a profondément changé sa vision des choses.
En effet, il peut être prêt à donner et à faire la charité, mais seulement quand il la décidé par lui-même, et il le fait uniquement pour ceux envers lesquels il éprouve de la sympathie.
Cela signifie quil peut, parallèlement à son attitude charitable, rester rigide et intraitable envers certaines personnes avec qui il est en litige par exemple.
Cest la raison pour laquelle le Talmud interprète le verset du prophète dans le sens de contrainte.
Il faut donc que les hommes créent pour eux une structure sociale qui les oblige et les contraigne à faire la charité. Et ce doit être dans le cadre de la réalisation dune mitsva, on ne parle pas ici des impositions et taxes fiscales qui sont dun autre ordre.
Donner et faire la charité sous la contrainte permet de briser létat desprit de la dispute, qui empêche lhomme de donner à celui qui ne lui plaît pas.
Le Maharal explique que dans cette perspective se place la pensée de Hillel quand il dit : multiplier la charité, cest multiplier la paix.
Multiplier la charité signifie laugmenter par tous les moyens possibles, et surtout en limposant à chacun.
Les résultats, presque psychiques, sobserveront dans toutes les relations entre les hommes et ouvrira les curs de ceux qui sont en conflit, leur permettant de renoncer à une partie de leurs revendications, chacun faisant une partie du chemin vers lautre.
Cest ce qui permet la paix véritable.
- Céder et gagner
Le Maharal ajoute un élément important, qui va nous permettre de comprendre les mots du Talmud.
Il explique que lorsque cette vertu qui consiste à concéder (middat havitour), ainsi que lattitude lifnim mechourat hadin, brillent dans notre monde, tous les niveaux de la création en jouissent.
Cest ce qui explique que les autorités non-juives, qui peuvent parfois intervenir et singérer dans les affaires de la communauté, seront influencées et agiront positivement envers elle.
Là se trouve le sens véritable des mots du Rava, qui exhorte le peuple juif à imposer à tous ses membres de faire la charité et la bienfaisance. Il promet en contrepartie que cette attitude provoquera la bienveillance des autorités, même si elles ne sont absolument pas concernées par cette mitsva.
(Référence du Maharal de Prague : Dereh Haïm ibid., Hidouché Aggadot Baba Batra 9a, Nétiv hatsedaka chap.4)
Cette interprétation du Maharal rejoint la pensée de Maïmonide, que nous avions étudiée au début de ce chapitre : le seul moyen de rétablir léquilibre du caractère (midoth) est daller, pendant une certaine période, au point extrême inverse de nos défauts.
Cet enseignement est capital et essentiel, particulièrement à notre époque, où le vent de la dispute emporte tout sur son passage et fait des ravages dans toutes les structures de la société.
Chabbath Chalom
RECUEIL DVAR THORA 5766

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Mis en ligne le 23 septembre 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org











