Vous êtes :
Accueil » Religions» Judaïsme
Judaïsme
Dvar Tora : Chabbat Parachat Devarim - Hazon

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jérusalem Tel : 00 972 2 643 07 20 Fax : 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
|
Chabbath Parachat Devarim - Hazon
Écoutez et votre âme renaîtrapar le Rav Eliahou ElkaïmOn pense bien souvent que faire des reproches est plus facile que den entendre. Mais si lon suit les prescriptions de la Thora à ce sujet, il est parfois plus simple découter quelques critiques !Le livre de Devarim commence par une allusion. Car cest par allusion que la Thora fait mention des reproches adressés par Moïse avant sa mort à toute la communauté dIsraël réunie.
Le Targoum Onquelos et le Sifri repris par Rachi, interprètent le premier verset, qui fait allusion aux fautes commises par Israël pendant le périple dans le désert.
« Ce sont les paroles que Moïse adressa à tout Israël en deçà du Jourdain, dans le désert, dans la plaine en face de Souf, entre Paran et Tofel, Laban, Hacéroth et Di-Zahav » (Deutéronome 1 ; 1).
Onquelos traduit : « Moïse les a réprimandés, parce quils avaient pêché dans le désert et parce quils avaient attiré la colère divine dans la vallée de Moab et face à la mer des Joncs (Souf), parce quils avaient murmuré contre D.ieu à Paran, et parlé en termes désapprobateurs (Tofel) de la manne (Laban), émis à Hacéroth des critiques à propos de la viande, et érigé auparavant le veau dor Di-Zahav. »
On le voit, ce sont toutes les fautes commises par la communauté dIsraël dans le désert qui sont énumérées ici par Moïse.
Par allusionA ce sujet, Rachi fait plusieurs remarques :
« Comme ce sont des paroles de reproches et que lon énumère ici tous les lieux où Israël a irrité D.ieu, on a masqué les faits, en les rappelant seulement par une allusion, et cela par égard pour Israël. » (Rachi ad hoc).
Le Maharal (Gour Arié) et dautres, précisent que cette mesure « dindulgence », ne relève pas dune règle générale. Pour preuve, Moïse, par la suite, décrira de façon explicite les fautes commises par Israël, quil sagisse de la faute du veau dor (Deutéronome 9 ; 12-21) ou de celle des méraglim, les explorateurs. (Deutéronome 1 ; 22-39).
Cest seulement lorsquil fait la liste exhaustive des fautes, que Moïse choisit un langage allusif.
On pourrait aussi expliquer cette délicatesse de la part de Moïse, dit le Maharal, par le fait que ce soit lintroduction du livre de Devarim. Et il aurait été un manque dégard pour Israël de citer explicitement à cet endroit les erreurs commises dans le désert.
Plus loin, Rachi met laccent sur un deuxième élément quil remarque grâce à lun des versets suivants :
« Cétait la quarantième année, le onzième mois, le premier du mois, Moïse parla aux enfants dIsraël, en se conformant entièrement aux ordres du Seigneur à leur sujet » (Deutéronome 1 ; 3).
« Ceci vient nous préciser, explique Rachi, que Moïse a attendu les jours précédant sa mort pour les réprimander. Il a suivi en cela la conduite de Jacob, qui na adressé de reproches à ses enfants que sur son lit de mort. Il a dit à Ruben : Sais-tu pourquoi je ne tai pas adressé de reproches tout au long de ces années ? Cest par crainte que tu ne me quittes et que tu nailles te lier avec ton frère Essav.
Il y a dailleurs quatre raisons pour lesquelles il est conseillé de ne réprimander lautre que lorsquon est au seuil de la mort :
1) Pour ne pas devoir répéter ces reproches à maintes occasions.
2) Pour ne pas que la personne qui reçoit les reproches éprouve de la honte chaque fois quelle rencontre celui qui la sermonnée.
3) Pour éviter que des sentiments de haine ne séveillent à légard de celui qui a adressé les reproches.
4) Pour ne pas créer une réaction de rejet : au lieu daccepter et de mettre à profit les reproches reçus, une personne peut se justifier et accuser celui qui la sermonne. Et dans ce cas, une dispute, que lon ne contrôlera plus, peut sen suivre.
Cest la raison pour laquelle Josué, le prophète Samuel, et enfin David, lorsquil sest adressé à Salomon pour lui donner ses consignes, ont attendu les jours précédant leur mort. » (Rachi ad hoc).
Ce texte du Sifri, cité par Rachi soulève plusieurs questions.La première est de savoir quel motif, parmi les quatre cités, aurait pu inciter Ruben à quitter la maison paternelle pour se lier à Essav, dans le cas où Jacob lui aurait fait des reproches au cours des années ?
Le Maharal voit dans le premier motif le danger le plus grave : se sentir sans cesse susceptible de recevoir des reproches, maintes fois répétés, est une situation insupportable. Et même un être de la stature de Ruben naurait pu le supporter, ce qui aurait pu entraîner quil séloigne de Jacob.
Lauteur du Peniné Daat, considère le deuxième motif comme le plus dangereux : la sensation de honte entraîne un éloignement, lêtre humain ayant tendance à fuir toute situation où il éprouve de la honte.
Le danger que comporte le premier motif, celui de la répétition des reproches, se trouve dans le domaine du résultat : des remontrances répétées perdent leur intensité et nont plus dinfluence.
Seuls des reproches adressés dans un contexte adéquat (comme par exemple un moment dramatique comme les derniers instants de la vie), et une seule et unique fois, peuvent éveiller les âmes.
En privéCe texte du Sifri paraît étonnant et semble contredire lune des mitsvoth les plus fondamentales de la Thora.
« Reprends ton prochain, et tu nassumeras pas de pêché par sa faute » (Lévitique 19 ; 17).
Maïmonide fixe les normes de cette Mitsva :
« Celui qui voit son prochain fauter ou adopter une mauvaise conduite, a le devoir de le ramener dans le bon chemin, et de lui faire savoir quil nuit à sa propre personne par ses actes négatifs, comme il est écrit : Reprends ton prochain.
Que ce soit pour une mauvaise conduite à son égard, ou envers D.ieu, celui qui fait des remontrances doit le faire en privé et de façon calme et conciliante.
Il faut alors expliquer que cest seulement pour son bien quon lui adresse des reproches, afin quil jouisse du monde futur.
Si le fauteur accepte la critique, cela suffit.
Si ce nest pas le cas, il faut les lui répéter une deuxième puis une troisième fois, et continuer ainsi jusquau moment où le fauteur refuse la critique au point de frapper celui qui lémet, et dise : « Je ne veux plus tentendre ». (Yad hahazaka Hilhot Déoth 6 ; 7).
En outre, les prophètes, et leurs messages divins, qui sont souvent des reproches acerbes adressés à la communauté dIsraêl, viennent aussi contredire le Sifri.
Le fait que les prophètes détiennent un message divin ne peut être la raison pour laquelle ils pouvaient faire des reproches, car Moïse aussi agissait sous limpulsion de D.ieu :
« (
) Moïse parla aux enfants dIsraël, en se conformant entièrement aux ordres du Seigneur à leur sujet » (Deutéronome 1 ; 3).
Comment comprendre cette opposition ?
La fille de SionPlus encore, le Talmud (Chabbath 119 b), interprète les mots des lamentations (1 ; 6) :
« La fille de Sion a vu partir toute sa splendeur ; ses princes, tels des cerfs qui ne trouvent pas de pâturage, savancent à bout de force devant qui les pourchasse. »
Jérusalem na été détruite que parce quil ny avait plus de tohaha (remontrance), comme il est écrit : « ses princes étaient comme des cerfs qui ne trouvent pas de pâturage ». Car les cerfs se réunissent, la tête de lun collée à la queue du suivant. Ainsi les enfants dIsraël de la génération de la destruction du Temple (Horban) se sont penchés vers le sol au lieu de se reprendre lun lautre. »
On le voit la Thora est très exigeante en ce qui concerne la mitsva de tohaha.
Chaque personne a le devoir de reprendre son prochain.
Mais alors, comment concilier cette obligation avec la règle du Sifri, qui recommande de ne le faire quau seuil de sa mort ?
Le Maharal (Gour Arié ad hoc), résume sa réponse en quelques mots :
Il y a une différence fondamentale entre celui qui fait un reproche parce quil est le témoin dune mauvaise conduite et celui qui réprimande lautre pour une faute qui a été commise dans le passé, et pour qui une réprimande éviterait une récidive.
La règle du Sifri concerne seulement le deuxième cas (pour une action passée)
Mais si lon assiste à une mauvaise conduite, on est en devoir dempêcher à tout prix lautre de fauter.
Eveiller les espritsLa tohaha de Moïse fait partie de la deuxième catégorie, et il sagit surtout déveiller les esprits sur les causes profondes de la faute.
Rabbi Aharon Kotler (Michnat Rabbi Aharon volume 2 page 86), remarque à ce sujet :
Moïse sest surtout étendu sur la faute des méraglim, alors quà cette période, les seuls témoins encore vivants de cet épisode étaient Josué et Caleb (qui nont pas participé à la faute), ainsi que ceux qui nont pas été touchés par le châtiment divin (à savoir : les femmes, les hommes âgés de moins de vingt ans au moment de la faute et la tribu de Lévy).
Ceux qui écoutent Moïse ont donc assisté à une réalisation éclatante de la sentence divine :
Daprès nos maîtres, durant les quarante années dans le désert, chaque veille de 9 Av, Moïse annonçait à tout le camp que tous ceux qui étaient concernés par la sentence divine devaient se creuser une tombe et y passer la nuit. Au matin, plus de quinze mille personnes étaient mortes.
Et cela sest répété tout au long des quarante années. Daprès une autre opinion (Talmud de Jérusalem), cest le jour anniversaire de leur soixante ans, que chacun des membres de cette génération mourrait. Après avoir vu, de façon aussi frappante la sentence de D.ieu, quel était le besoin de revenir à nouveau sur ces faits ?
Il est évident que Moïse ne cherchait pas simplement à rappeler la faute commise, mais éveiller les esprits sur les raisons profondes de cette faute.
Ainsi, il a mis en pratique deux principes fondamentaux.
1- Le principe énoncé par le Ramhal (Introduction du Sentier de rectitude), qui veut que les vérités les plus connues et admises par tous, puissent parfois, du fait même de leur évidence, perdre de leur intensité.
2- Exiger de chacun un rappel constant des faiblesses humaines est le principe de base des maîtres du Moussar (Ethique)
Le Sifri limite donc le reproche à un moment très particulier seulement dans le cas dune prise de conscience dordre général.
Traitement durgenceDévoiler les faiblesses de lautre pour lui ouvrir les yeux sur ses erreurs passées, et si ce nest pas pour empêcher une faute qui est en train de se faire, cela est possible mais en prenant le moins de risques possibles.
Lorsquil sagit dune faute qui est en train davoir lieu la règle de Maïmonide est claire : On a le devoir de reprendre son prochain, même au prix dun rejet.
Evidemment, il faut se plier aux conditions précisées par Maïmonide : parler de façon calme et conciliante et préciser que cette démarche est seulement engagée pour le bien de lautre.
On peut comparer cela à un traitement médical durgence, où le danger est palpable : le moment nest pas propice à de longs discours médicaux. Il faut agir.
Cest seulement lorsquil sagit de traitement préventif que lon doit prendre en considération tous les facteurs psychologiques.
Il est important de préciser que le Talmud (Yébamoth 65 b) fixe encore des limites à la réprimande, même dans le cas où la faute serait en train dêtre commise :
« Il est une mitsva de reprendre son prochain dans le cas où nos paroles seraient écoutées. De même, il est une mitsva de ne rien dire si ces paroles ne seront pas écoutées. »
Encore une fois, cela semble contredire la règle de Maïmonide.
Pour mieux comprendre, le Sabba de Kelm nous éclaire :
« Si une personne écoute le reproche, même si elle naccepte pas encore de suivre le bon chemin, on a le devoir de répéter la tohaha.
Si une personne nécoute pas, la tohaha na plus de sens et cest alors une mitsva de se taire. »
Le Talmud (Ketouboth 105 b) précise encore limportance de ce devoir :
Abayé dit : « Si un maître en Thora est particulièrement aimé par les habitants de sa ville, cela ne signifie pas nécessairement quil est dun très haut niveau moral. Cela est dû au fait quil ne leur adresse pas de réprimandes sur leur conduite vis à vis de leur Créateur. »
Le Maharal (Nétiv hatohaha chapitre 2), explique :
« Le maître en Thora ressemble, dans sa relation avec le public, à lintellect par rapport au corps.
Le sens allégorique de la ville (dans le passage du Talmud ci-dessus) est le corps. Lintellect doit diriger le corps : une relation damour entre ces deux éléments ne peut donc pas se créer.
Ce nest pas une relation damour qui doit se créer entre ses deux éléments. Cest plutôt un respect et une admiration.
Si une telle relation se développe entre le maître en Thora et les habitants de sa ville, cest quil nexerce pas sa fonction de dirigeant spirituel.
On pourrait imaginer que cette ville nest habitée que par des Tzadikim (des justes), et quil ny a donc aucune raison de leur faire des reproches.
Mais la Thora elle-même nous enseigne quil nexiste aucun homme ni aucune communauté qui ne faille dans certains domaines.
On le voit, cest un devoir très astreignant et difficile qui incombe aux maîtres spirituels de chaque communauté :
Dabord créer une atmosphère dans laquelle leur message sera écouté.
Ensuite, être dune intégrité morale sans faille, qui leur permette dinsister sur les agissements qui sont en contradiction avec la Thora.
Et la Thora ne nous permet pas de nous dérober devant cette tâche, que ce soit au niveau de la communauté ou à un niveau individuel.
Et en ce qui concerne lindividu, ce sont les mots du prophète Isaïe (55 ; 3) qui doivent nous inspirer :
« Prêtez-moi loreille et venez à moi ; écoutez et votre âme renaîtra. » |

BULLETIN DE SOUSCRIPTION
Association Loi de 1901
12, rue Notre Dame des Victoires - 75002 PARIS
Tel : 01.42.27.21.11 - FAX : 01.42.27.54.91
Email : daat.haim@piximel.com
NOM ET PRENOM :
.
NOM DE SOCIETE:
ADRESSE :................................................................................................................................
TELEPHONE :.......................................................FAX :..........................................................
Email :.............................................................................................................
Ci-joint un chèque de.........................euros (CERFA)
Prise en charge d'un étudiant pour :
1 semaine 105
2 semaines 210
1 mois 450
3 mois 1.350
6 mois 2.500
1 année 5.000
Autre
..
- Merci de me contacter pour plus de précisions
100% DES SOMMES COLLECTEES SONT ADRESSEES EN ISRAEL
BNP NIEL DEMOURS, COMPTE N° 00010032851 CLE RIB 02
CODE BANQUE : 30004 - CODE GUICHET : 01385
Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jérusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
.
Si vous désirez soutenir une famille ou parrainer un enfant handicapé, merci de nous transmettre votre nom et numéro de téléphone. Nous vous contacterons dés réception de ce message.
DAAT HAIM 12 RUE N.D DES VICTOIRES 75002 PARIS ou par fax +331.42.27.54.91 ou encore par mail
Vous pouvez également nous joindre au : +336.07.42.16.04 pour plus de détails.











