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Dvar Torah Chabbat Parachat Pin'has
Commentaire du deuxième chapitre des "Maximes des Pères".
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Au  nom  du  saint  et  vénéré  Rabbi  Haïm  Cohen  zt’l
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jérusalem  Tel : 00 972 2 643 07 20     Fax : 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11        Fax : 01 42 27 54 91
Email :
daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
 
 

Chabbath Parachat Pin’has
23 juillet 2005 – 16 tamouz 5765

                         Jérusalem                   Paris                     Montréal

Entrée :                 19 h 07                           21 h 24                    20 h 16

Sortie :                   20 h 23                          22 h 35                    21 h 27

 
 
Très chers amis,
 
J’ai le plaisir de vous adresser le Dvar Thora de cette semaine avec lequel nous poursuivons le deuxième chapitre des « Maximes des pères » (Pirké Avoth).
 
Les commentaires sur le premier chapitre ont fait l’objet d’un livre, le troisième volume de notre série « Dvar Thora ».
 
Dans le but de diffuser encore et toujours le message éternel de la Thora, nous envoyons ce Dvar Thora à des milliers de personnes francophones dans le monde via Internet.
 
Nous comptons sur l’aide de tous nos amis pour pouvoir assumer ce nouveau "challenge" qui permettra à la Yéchiva de poursuivre son essor.
 
Ce Dvar Thora est consacré à la guérison (refoua chelema) du fils de Rav Eliahou Elkaïm, ‘Haïm Yéhouda ben Mazaltov.
 
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance et la paix.
 
Avec notre plus cordial Chabbath Chalom,
                                                                                                                        
Rav Chalom Bettan

 
 
Au  nom  du  saint  et  vénéré  Rabbi  Haïm  Cohen  zt’l
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jérusalem  Tel : 00 972 2 643 07 20     Fax : 00 972 2 643 07 19
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Les femmes et la magie
Par le Rav Eliahou Elkaïm
 
En pensant atteindre nos objectifs, on entre, sans s’en apercevoir, dans la spirale infernale de l’angoisse et des soucis. Hillel illustre ici à quel point on risque de perdre de vue l’essentiel…
 
« Il disait : ‘Multiplier la chair, c’est multiplier les vers ; multiplier les richesses, c’est multiplier les soucis ; multiplier les femmes, c’est multiplier la sorcellerie ; multiplier les servantes, c’est multiplier la débauche ; multiplier les esclaves, c’est multiplier les vols. Multiplier la Thora, c’est multiplier la vie ; multiplier l’audience, c’est multiplier la sagesse ; multiplier les conseils, c’est multiplier l’intelligence ; multiplier la charité, c’est multiplier la paix. Acquérir un bon renom, c’est acquérir pour soi-même ; acquérir la connaissance de la Thora, c’est acquérir la vie du Monde futur.’ »
 
 
 (Chapitre 2, Michna 4)
 
Nous avons vu la semaine dernière que l’augmentation de nos possessions n’est pas synonyme de bonheur, mais, au contraire, augmente nos angoisses et nos soucis.
 
Et comme nous allons le découvrir, Hillel a établi une liste, dans l’ordre, des éléments qui participent à la course vers le matérialisme, processus toujours actuel.
 
En revanche, il faut se replacer dans le contexte historique de l’époque de Hillel pour comprendre le deuxième élément soulevé par Hillel : les femmes.
 
En effet, à notre époque, la polygamie étant une notion totalement étrangère, on a du mal a comprendre la pensée de Hillel lorsqu’il dit : ‘Multiplier les femmes, c’est multiplier la sorcellerie’.
 
D’après l’optique de la Thora, la polygamie est permise, même si elle est fortement déconseillée. C’est seulement depuis le XIème siècle qu’elle n’est plus permise, à la suite de la décision (takana) de Rabbénou Guerchon Méor Hagola, notamment pour les communautés ashkénazes.
 
 
Cinq, le chiffre du monde matériel
 
Comme nous le fait remarquer Rabbénou Ovadia, les éléments de la course au matérialisme sont mentionnés par Hillel dans un ordre précis, qui ne doit rien au hasard. Un élément en entraîne un autre, et de cette succession inévitable, il n’est pas facile de se retirer.
Comme nous l’avons vu la semaine dernière, le premier stade de cette spirale du matérialisme est l’attirance excessive vers les plaisirs de la table.
 
L’homme, habitué à assouvir tous ses appétits de bonne chère, recherchera d’autres plaisirs, comme la possession de nombreuses femmes, qui exigeront chacune des servantes.
 
Le nombre de personnes à charge ayant substantiellement augmenté, notre homme va devoir augmenter son activité (à l’époque cultiver de nombreux champs et vergers) pour nourrir sa nombreuse maisonnée.
 
Et qui accomplira ce lourd travail, si ce ne sont des esclaves ?
 
Hillel a décrit cinq stades de l’engouement pour le matériel, et cinq autres qui l’élèvent vers le spirituel. Cela n’est pas fortuit.
 
Le Maharal fait remarquer que la distance entre le ciel et la terre est représentée par nos maîtres par le chiffre dix, cinq représentant la partie matérielle proche de la terre, et cinq autres la partie spirituelle.
 
Et cette équidistance provient de la nature même de l’homme, qui est composé d’un corps (gouf) et d’une âme (néchama).
 
Cinq éléments l’attirent donc vers la matérialité (‘Homer), et cinq autres l’amènent vers le spirituel. On comprend donc qu’engager ses forces de façon excessive dans la conquête de ces cinq éléments enfonce l’homme dans la vie matérielle qui n’est qu’illusion, alors que l’investissement dans les éléments qui jalonnent  le chemin spirituel permet d’atteindre la vie véritable.
 
 
Rivalité des épouses    
 
Le deuxième élément matériel, cité par Hillel, concerne, comme nous l’avons vu, les femmes.
 
Nous avons vu précédemment pourquoi la recherche de nombreuses femmes renforce automatiquement les besoins matériels et entraîne d’autres besoins (servantes et esclaves).
 
Mais pourquoi Hillel parle-t-il de magie ?
 
D’après de nombreux commentateurs, le résultat inévitable de la polygamie est une rivalité permanente entre les différentes épouses. Cette rivalité va les amener à utiliser toutes les formes de sorcellerie.
 
En effet, une femme qui veut arriver à ses fins, emploiera des moyens qui ne nécessitent pas l’usage de la force physique, domaine dans lequel elle est défavorisée par rapport aux hommes, et parmi ces moyens elle trouvera la magie, et les sciences occultes.
 
Mis à part le danger intrinsèque que ce genre de pratiques représente, la Thora est très sévère quant à l’utilisation des forces impures, ko' hot hatoum'a, (cf. Dvar Thora année 5762, p.65).
 
« La sorcière, tu ne la laisseras pas vivre » (Exode 22-18)
 
On notera que la sorcellerie est tout aussi interdite pour les hommes, et c’est seulement parce que son usage est plus courant chez les femmes que la Thora utilise le féminin.
 
Rabbénou Yossef Ibn Chouchane ajoute un nouvel élément.
 
Lorsque l’on croit en quelque chose de façon totale, en y plaçant toute sa confiance, au point d’en faire une idée fixe qui ne quitte pas son esprit, on donne à cette croyance, même si elle n’est absolument pas fondée, une puissance effective.
 
En réalité, c’est la force de la foi (émouna), et c’est pour cela que la Thora est si sévère dans ces domaines : mal orientée, cette foi peut se révéler extrêmement dangereuse.
 
Les femmes, par leur nature moins cartésienne, ont plus tendance à la superstition, et peuvent arriver jusqu’à la sorcellerie.
 
 
Soif inextinguible 
 
Le Tiféreth Israël interprète différemment les mots de la Michna.
 
Après s’être adonné de façon exagérée aux plaisirs de la table, l’homme va se lancer dans la course à l’argent. Le stade suivant sera de rechercher les plaisirs charnels.
 
Et une seule femme ne suffira pas à assouvir cette soif. Il en sera vite lassé. L’homme qui se lance dans cette spirale, aura besoin de multiplier le nombre de ses épouses.
 
Mais cette course vers les plaisirs physiques porte finalement atteinte à sa santé et à son équilibre psychique (cf. Maïmonide Hil’hot Déoth 4-19).
 
Et finalement, il en viendra lui aussi, faute d’autres moyens, à utiliser des pratiques occultes pour conquérir de nouvelles femmes.
 
Rabbénou Yona, pour sa part, précise que les trois derniers éléments mentionnés par Hillel ont une caractéristique commune.
 
‘Multiplier les femmes, c’est multiplier la sorcellerie ; multiplier les servantes, c’est multiplier la débauche ; multiplier les esclaves, c’est multiplier les vols.’
 
On le constate, ce n’est pas le chef de famille qui est soupçonné de sorcellerie, ni de débauche, ni de vol, dont parle la Michna.
 
Ce sont ses femmes, ses servantes et ses esclaves qui sont concernés.
 
Pourtant, la responsabilité du chef de famille est directement engagée, comme s’il avait lui-même accompli ces actions.
 
La raison en est que ces actions ont eu lieu dans l’enceinte de sa maison, et que l’on considère qu’il aurait pu les empêcher.
 
On le voit, la Thora considère un homme responsable de tout ce qui peut se passer dans son domaine. Et cela est tout aussi vrai pour les actions de ses propres enfants. 
 
Même si on a une conduite exemplaire, on ne peut se dégager de la responsabilité des actions de ses enfants, ni fermer les yeux, sous prétexte que l’on n’est pas l’auteur des faits.
 
Rabbénou Yona est catégorique. Le maître de famille est responsable  de la débauche de ses servantes, comme s’il avait lui-même fauté, car c’est dans l’enceinte de sa maison que ces mauvaises actions ont eu lieu.
 
 
Aider ses frères   
 
‘Multiplier les esclaves, c’est multiplier les vols’. Cet axiome est expliqué par de nombreux commentateurs par l’origine des esclaves.
 
En effet, les peuplades de Canaan étaient immorales. Canaan lui-même, n’a-t-il pas laissé comme testament à ses descendants d’apprendre à voler ! (Talmud Pessa'him 113b)
 
Pour sa part, le Tiféreth Israël voit le danger dans le fait que les esclaves vont s’associer pour voler leur maître, de telle sorte qu’il va perdre bien plus qu’il en croyait gagner en les employant.
 
Rabbi Yossef ibn Chouchane conclut par une phrase tranchante :
 
« En multipliant ses esclaves, plutôt que d’employer les pauvres de son peuple qui ne trouvent pas de travail, le maître de ces esclaves manque à son devoir, et c’est lui qui « vole » ses coreligionnaires pauvres de ce qui leur est dû. »
 
Et il cite à ce sujet la Michna :
 
« Que les pauvres soient les habitués de ta maison » (Avoth 1-5)
 
L’interprétation de Maïmonide sur cette Michna était que ‘les habitués de ta maison’ devaient être compris dans le sens de ‘ton personnel’.
 
Et Maïmonide conclut : « Nos maîtres ont fixé qu’il est un devoir d’employer des pauvres ou des orphelins plutôt que des esclaves. Il est préférable de faire travailler ces pauvres, aidant ainsi ses frères, plutôt que de faire profiter les descendants de ‘Ham de ses biens.
 
Celui qui multiplie le nombre de domestiques non-Juifs  commet une faute, alors que celui qui emploie des pauvres parmi ses coreligionnaires fait une mitsva et ajoute à chaque instant des mérites à son compte. » (Yad ‘Hazaka- Hil’hot Matanot Aniyim 10-17)
 
Employer des pauvres n’est donc pas simplement une mitsva,
mais c’est une véritable obligation pour celui qui en a les moyens.
 
 
Chabbath Chalom
 
 
 

BULLETIN DE SOUSCRIPTION

 
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Mis en ligne le 21 juillet 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org
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