Islam
Le Pape Benoît XVI : Ennemi du Jihad, R. Spencer
Original anglais, paru dans FrontPageMagazine.com, du 20 Avril 2005, sous le titre : "Pope Benedict XVI : Enemy of Jihad". Traduction française : Menahem Macina
En rapportant les propos de celui qui, lorsqu'il les a écrits ou prononcés, était encore le cardinal Ratzinger, l'auteur donne parfois, involontairement, l'impression qu'il les attribue au pape Benoît XVI. Je crois donc utile de préciser qu'aucun des passages cités ci-dessous, et donnés comme étant de "Benoît XVI", n'a été prononcé ou écrit depuis l'élévation de leur auteur à la papauté. Menahem Macina.
En choisissant le cardinal Joseph Ratzinger pour succéder au Pape Jean Paul II sous le nom de Benoît XVI, l’Eglise catholique a voté pour la survie de l’Europe et de l’Occident. "L’Europe sera islamique d’ici la fin du siècle", a prédit l’historien Bernard Lewis il y a peu ; cependant, à en juger par ses écrits, il y a peu de chances pour que le nouveau Pape soit optimiste quant à cette transition. Sur un point, le nouveau Pape semble conscient du grave danger auquel les Européens sont confrontés : il a appelé l’Europe à recouvrer ses racines chrétiennes, «si elle veut vraiment survivre».
Alors que son prédécesseur avait embrassé [un volume du] Coran et fait preuve, de manière constante, d’une attitude conciliante à l’égard du monde islamique, malgré de nombreuses provocations et attaques contre les catholiques dans des pays musulmans, le nouveau Pape Benoît XVI, sans manquer à la charité, a été un peu plus loquace sur la manière dont, en réalité, l’Islam provoque l’Eglise catholique, la chrétienté, et même l’Occident post-chrétien. Il a parlé franchement des droits des convertis musulmans au christianisme, qui encourent la peine de mort dans les pays islamiques, et vivent de plus en plus dans la peur, y compris en Occident. Il a même parlé avec approbation du prosélytisme dont font montre des chrétiens à l’égard de musulmans, une pratique qui rend furieux les musulmans outre qu’elle tombe sous le coup de la loi dans beaucoup de pays islamiques.
Le nouveau Pape a critiqué la résistance de l’Europe à la reconnaissance de ses racines chrétiennes, par crainte d’offenser les musulmans qui sont de plus en plus nombreux et influents dans les pays européens – phénomène qui, comme l’historienne Bat Ye’or le démontre dans son livre «Eurabia» [1], a été activement encouragée et facilitée par les dirigeants européens durant plus de trois décennies. «Ce qui offense l’Islam», a déclaré le cardinal Ratzinger, «est l’absence de référence à Dieu, l’arrogance de la raison, ce qui provoque le fondamentalisme». Il a critiqué le «multiculturalisme» qui est si constamment et si passionnément encouragé et favorisé», parce qu’il «équivaut parfois à l’abandon et au désaveu de ce qui nous est propre».
Il souligne le contraste entre la résurgence moderne actuelle de l’Islam et la déliquescence de l’Europe. Dans la vieille Europe, a-t-il déclaré, «nous allons vers une dictature du relativisme, qui n’admet rien comme étant définitif, et considère son propre ego et ses propres désirs comme sa valeur suprême. L’Islam, par contre, est tout sauf relativiste : «La renaissance de l’Islam est due, en partie, à la nouvelle richesse matérielle acquise par les pays musulmans, mais surtout au fait qu’il se sait capable d’offrir une assise spirituelle valable pour l’existence de son peuple, assise dont la vieille Europe semble avoir perdu le contrôle».
Dans la ligne de son appel aux Européens pour qu’ils recouvrent leur héritage spirituel, le nouveau Pape s’oppose à l’entrée dans l’Union Européenne, proposée à la Turquie. «La Turquie, affirme-t-il, a toujours constitué un continent différent, en contraste permanent avec l’Europe». Et son objection n’est pas seulement géographique : en fait, il s’oppose aux excès de simplifications géographiques sous-jacents à l’empressement de l’Union européenne à l’égard de la Turquie. Et d’expliquer : «l’Europe, n’a pas été fondée sur la géographie, mais sur une foi commune. Il nous faut redéfinir ce qu’est l’Europe, et nous ne pouvons nous en tenir au positivisme». Une Europe à nouveau définie comme étant, en un certain sens, une entité chrétienne, cela peut scandaliser les laïques, mais une Europe laïque et relativiste s’est jusqu’alors montrée impuissante à s’opposer à l’islamisation de l’Europe – en dépit de du fait que cette islamisation constitue une menace pour les concepts – chers à l’Occident – de l’égalité de droits et de dignité de tous les peuples.
L’Europe, a écrit le nouveau Pape, «semble être au début de son déclin et de sa chute».
Il est peut-être trop tard - comme le croit Bat Ye’or -, pour arrêter le déclin et la chute. Cependant, la première chose qu’un médecin fait quand il traite une maladie est d’identifier le problème. Aucune guérison ne peut découler d’un mauvais diagnostic. Il est réconfortant de constater que dans différents discours et écrits publiés avant son accession à la papauté, le Pape Benoît XVI a osé parler de la menace que constitue l’Islam pour la civilisation occidentale, plus que son prédécesseur est jamais parvenu à le faire, malgré ses dons nombreux et remarquables.
A la fin de 2003, le magazine semi-officiel des Jésuites La Civiltà Cattolica s’est écarté de l’attitude de Jean Paul II à l’égard de l’Islam et a publié une critique cinglante des mauvais traitements endurés par les Chrétiens dans les sociétés islamiques. Cela constituait la première indication de ce que quelques officiels catholiques reconnaissaient les dimensions du conflit religieux que les jihadistes mènent contre les Chrétiens et d’autres de par le monde. La Civiltà Cattolica [2] soulignait que, «depuis près d’un millénaire, l’Europe a été sous la menace constante de l’Islam, qui a mis, par deux fois, sa survie en grave danger.». Aujourd’hui, l’Islam menace encore la survie de l’Europe, par le terrorisme djihadiste et la démographie, et c’est, semble-t-il, comme si, maintenant, il y avait un nouveau Pape qui en a pris conscience. Peut-être qu’en Europe, la résistance est juste en train de commencer.
Robert Spencer *
© FrontPageMagazine.com, pour l’original anglais, et upjf.org, pour la version française.
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* Robert Spencer est le Directeur de Jihad Watch. Il est aussi l’auteur de Onward Muslim Soldiers: How Jihad Still Threatens America and the West - "Bientôt des soldats islamiques : comment le jihad menace encore l’Amérique et l’Occident" (Regnery) ; et de Islam Unveiled: Disturbing Questions About the World’s Fastest Growing Faith – L’Islam dévoilé : questions troublantes au sujet de la confession de foi dont la croissance est la plus rapide du monde" (Encounter). Il est également éditeur d’un ouvrage collectif intitulé The Myth of Islamic Tolerance: Islamic Law and Non-Muslims – "Le Mythe de la tolérance islamique : Loi islamique et non-musulmans" (Prometheus). Il travaille à un nouveau livre, The Politically Incorrect Guide to Islam and the Crusades- "Le Guide politiquement incorrect de l’Islam et des Croisades (à paraître chez Regnery).
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Notes de la Rédaction d’upjf.org
[1] Voir, sur notre site, l’article de B. Thornton, "Civilisation de la Dhimmitude [sur un livre de Bat Ye’or]"
[2] Notre site a mis en ligne un article de de Giuseppe de Rosa, paru dans la Civiltà Cattolica du 18 octobre 2003 : "Chrétiens en pays islamiques". Voir aussi l’article de P. Lurçat, paru sur notre site, sous le titre : "Islam : vers un changement d'attitude du Vatican ?".
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Mis en ligne le 25 avril 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.
Alors que son prédécesseur avait embrassé [un volume du] Coran et fait preuve, de manière constante, d’une attitude conciliante à l’égard du monde islamique, malgré de nombreuses provocations et attaques contre les catholiques dans des pays musulmans, le nouveau Pape Benoît XVI, sans manquer à la charité, a été un peu plus loquace sur la manière dont, en réalité, l’Islam provoque l’Eglise catholique, la chrétienté, et même l’Occident post-chrétien. Il a parlé franchement des droits des convertis musulmans au christianisme, qui encourent la peine de mort dans les pays islamiques, et vivent de plus en plus dans la peur, y compris en Occident. Il a même parlé avec approbation du prosélytisme dont font montre des chrétiens à l’égard de musulmans, une pratique qui rend furieux les musulmans outre qu’elle tombe sous le coup de la loi dans beaucoup de pays islamiques.
Le nouveau Pape a critiqué la résistance de l’Europe à la reconnaissance de ses racines chrétiennes, par crainte d’offenser les musulmans qui sont de plus en plus nombreux et influents dans les pays européens – phénomène qui, comme l’historienne Bat Ye’or le démontre dans son livre «Eurabia» [1], a été activement encouragée et facilitée par les dirigeants européens durant plus de trois décennies. «Ce qui offense l’Islam», a déclaré le cardinal Ratzinger, «est l’absence de référence à Dieu, l’arrogance de la raison, ce qui provoque le fondamentalisme». Il a critiqué le «multiculturalisme» qui est si constamment et si passionnément encouragé et favorisé», parce qu’il «équivaut parfois à l’abandon et au désaveu de ce qui nous est propre».
Il souligne le contraste entre la résurgence moderne actuelle de l’Islam et la déliquescence de l’Europe. Dans la vieille Europe, a-t-il déclaré, «nous allons vers une dictature du relativisme, qui n’admet rien comme étant définitif, et considère son propre ego et ses propres désirs comme sa valeur suprême. L’Islam, par contre, est tout sauf relativiste : «La renaissance de l’Islam est due, en partie, à la nouvelle richesse matérielle acquise par les pays musulmans, mais surtout au fait qu’il se sait capable d’offrir une assise spirituelle valable pour l’existence de son peuple, assise dont la vieille Europe semble avoir perdu le contrôle».
Dans la ligne de son appel aux Européens pour qu’ils recouvrent leur héritage spirituel, le nouveau Pape s’oppose à l’entrée dans l’Union Européenne, proposée à la Turquie. «La Turquie, affirme-t-il, a toujours constitué un continent différent, en contraste permanent avec l’Europe». Et son objection n’est pas seulement géographique : en fait, il s’oppose aux excès de simplifications géographiques sous-jacents à l’empressement de l’Union européenne à l’égard de la Turquie. Et d’expliquer : «l’Europe, n’a pas été fondée sur la géographie, mais sur une foi commune. Il nous faut redéfinir ce qu’est l’Europe, et nous ne pouvons nous en tenir au positivisme». Une Europe à nouveau définie comme étant, en un certain sens, une entité chrétienne, cela peut scandaliser les laïques, mais une Europe laïque et relativiste s’est jusqu’alors montrée impuissante à s’opposer à l’islamisation de l’Europe – en dépit de du fait que cette islamisation constitue une menace pour les concepts – chers à l’Occident – de l’égalité de droits et de dignité de tous les peuples.
L’Europe, a écrit le nouveau Pape, «semble être au début de son déclin et de sa chute».
Il est peut-être trop tard - comme le croit Bat Ye’or -, pour arrêter le déclin et la chute. Cependant, la première chose qu’un médecin fait quand il traite une maladie est d’identifier le problème. Aucune guérison ne peut découler d’un mauvais diagnostic. Il est réconfortant de constater que dans différents discours et écrits publiés avant son accession à la papauté, le Pape Benoît XVI a osé parler de la menace que constitue l’Islam pour la civilisation occidentale, plus que son prédécesseur est jamais parvenu à le faire, malgré ses dons nombreux et remarquables.
A la fin de 2003, le magazine semi-officiel des Jésuites La Civiltà Cattolica s’est écarté de l’attitude de Jean Paul II à l’égard de l’Islam et a publié une critique cinglante des mauvais traitements endurés par les Chrétiens dans les sociétés islamiques. Cela constituait la première indication de ce que quelques officiels catholiques reconnaissaient les dimensions du conflit religieux que les jihadistes mènent contre les Chrétiens et d’autres de par le monde. La Civiltà Cattolica [2] soulignait que, «depuis près d’un millénaire, l’Europe a été sous la menace constante de l’Islam, qui a mis, par deux fois, sa survie en grave danger.». Aujourd’hui, l’Islam menace encore la survie de l’Europe, par le terrorisme djihadiste et la démographie, et c’est, semble-t-il, comme si, maintenant, il y avait un nouveau Pape qui en a pris conscience. Peut-être qu’en Europe, la résistance est juste en train de commencer.
Robert Spencer *
© FrontPageMagazine.com, pour l’original anglais, et upjf.org, pour la version française.
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* Robert Spencer est le Directeur de Jihad Watch. Il est aussi l’auteur de Onward Muslim Soldiers: How Jihad Still Threatens America and the West - "Bientôt des soldats islamiques : comment le jihad menace encore l’Amérique et l’Occident" (Regnery) ; et de Islam Unveiled: Disturbing Questions About the World’s Fastest Growing Faith – L’Islam dévoilé : questions troublantes au sujet de la confession de foi dont la croissance est la plus rapide du monde" (Encounter). Il est également éditeur d’un ouvrage collectif intitulé The Myth of Islamic Tolerance: Islamic Law and Non-Muslims – "Le Mythe de la tolérance islamique : Loi islamique et non-musulmans" (Prometheus). Il travaille à un nouveau livre, The Politically Incorrect Guide to Islam and the Crusades- "Le Guide politiquement incorrect de l’Islam et des Croisades (à paraître chez Regnery).
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Notes de la Rédaction d’upjf.org
[1] Voir, sur notre site, l’article de B. Thornton, "Civilisation de la Dhimmitude [sur un livre de Bat Ye’or]"
[2] Notre site a mis en ligne un article de de Giuseppe de Rosa, paru dans la Civiltà Cattolica du 18 octobre 2003 : "Chrétiens en pays islamiques". Voir aussi l’article de P. Lurçat, paru sur notre site, sous le titre : "Islam : vers un changement d'attitude du Vatican ?".
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Mis en ligne le 25 avril 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.











