Islam
Saudi Gazette: 'Les musulmans andalous commémorent leur exode'
MEMRI
THE MIDDLE EAST MEDIA RESEARCH INSTITUTE
Dépêches spéciales N° 873
07/03/05
Pour voir ce document en format HTML, visitez :
memri.org/bin/french/latestnews.cgi?ID=SD87305
Le premier mars 2005, le quotidien Saudi Gazette a publié un article d’Al-Amin Andalusi intitulé «Les musulmans andalous commémorent l'exode collectif.»
L'article s'intéresse à la façon dont les descendants des musulmans expulsés en 1502 de ce qui était alors Al-Andalus (l'actuelle Espagne) commémorent encore l'événement. L'article indique en outre que ces descendants attendent toujours des excuses publiques du Roi d'Espagne Juan Carlos pour l'expulsion de leurs ancêtres. Voici une traduction de l'article: [1]
Après plus de cinq siècles, les musulmans d'Al-Andalus (l'actuelle Espagne) commémorent encore chaque année dans la douleur l'exode massif de leurs ancêtres vers l'Afrique du Nord, provoqué par le pouvoir espagnol.
Les Maures, le nom donné aux musulmans qui vivaient en Espagne après la chute du dernier bastion de Grenade en 1492, furent soumis à une série de persécutions, tortures, meurtres collectifs, conversions forcées au christianisme, à la célèbre Inquisition espagnole, et à un exode de masse qui commença en février 1502.
Aujourd'hui, près de quatre millions de leurs petits-fils vivent dans des pays d'Afrique du Nord comme le Maroc, l'Algérie et la Tunisie.
Depuis, chaque année, ils commémorent ces douloureux événements pour réactualiser les souffrances de leurs aïeux, rapportait, dimanche, sur IslamOnline.net, l'historien marocain Bin Azouz Hakim, spécialiste de l'histoire des Maures.
Les descendants des Maures au Maroc, regroupés dans des villes telles que Tanger, Fez, Marrakech et Rabat, commémorent chaque année la chute de Grenade et d'Al-Andalus, reprise en 1492 par les troupes espagnoles au cours du long processus appelé la Reconquista [reconquête], sous les monarques catholiques, Isabelle I de Castille et Ferdinand II d'Aragon.
Les descendants, qui, pour nombre d'entre eux, portent encore des noms de famille espagnols, marquent l'anniversaire par des symposiums, de la musique andalouse et des spectacles mettant en scène les souffrances de leurs ancêtres. La ville de Shafshoun, au Nord, construite par les Maures lorsqu'ils furent forcés de fuir vers le Maroc, a encore un caractère mauresque, avec son architecture andalouse et ses costumes mauresques traditionnels.
Excuses
En 2002, Hakim adressa au Roi d'Espagne, Juan Carlos, un message signé par des notables maures, lui demandant de présenter des excuses publiques aux descendants des Maures.
Le message est resté lettre morte. Hakim a cependant envoyé un autre message au roi, lui demandant d'expliquer pourquoi il avait rejeté son appel, alors qu'il avait présenté ses excuses aux Juifs, lors d'une visite en Israël, en 1992, pour l'exode collectif d'Al-Andalus.
Je pense que cela s'explique par le fait que n'avons pas de lobby puissant comme les Juifs, qui exploitent au mieux le passé pour obtenir des compensations financières, explique Hakim.
Or, les musulmans ne cherchent qu'une compensation morale et c'est pourquoi - comble d’ironie ! - l'Espagne est inflexible, ajoute-t-il.
L'expert s'est aussi opposé à une médiation marocaine pour obtenir les excuses tant espérées.
C'est un droit inaliénable des Maures. Il est absurde que le roi d'Espagne se soit excusé auprès des Juifs, qui appartiennent à ce qui est aujourd'hui Israël, et qui n'ont aucun rapport avec les sépharades (les Juifs d'Al-Andalus), alors qu'il n’est guère disposé à exprimer ses regrets aux descendants des Maures.
Après un silence de presque 500 ans, l'adhan (l'appel à la prière) et le cri du muezzin, «Allahou Akbar» (Dieu est le plus grand) ont retenti, le 10 juillet 2003, depuis le minaret de la Grande mosquée de Grenade.
Le site de la mosquée a été acheté il y a 22 ans, alors qu'il ne s'agissait, à l'époque, que d'un petit lopin de terre arable, coincé entre un couvent et une église, au sommet de l'Albaicin, le dernier quartier musulman de Grenade.
MEMRI
(1) Saudi Gazette, 1er mars 2005.
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Mis en ligne le 07 mars 2005 sur le site www.upjf.org.
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L'Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI) est une organisation indépendante à but non lucratif qui traduit et analyse les médias du Moyen-Orient. Des copies des articles et autres documents cités, ainsi que toute information d'ordre général, sont disponibles sur simple demande.
07/03/05
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memri.org/bin/french/latestnews.cgi?ID=SD87305
Le premier mars 2005, le quotidien Saudi Gazette a publié un article d’Al-Amin Andalusi intitulé «Les musulmans andalous commémorent l'exode collectif.»
L'article s'intéresse à la façon dont les descendants des musulmans expulsés en 1502 de ce qui était alors Al-Andalus (l'actuelle Espagne) commémorent encore l'événement. L'article indique en outre que ces descendants attendent toujours des excuses publiques du Roi d'Espagne Juan Carlos pour l'expulsion de leurs ancêtres. Voici une traduction de l'article: [1]
«Les musulmans d'Al-Andalus (l'actuelle Espagne)
commémorent encore chaque année l'événement dans la douleur»
commémorent encore chaque année l'événement dans la douleur»
Après plus de cinq siècles, les musulmans d'Al-Andalus (l'actuelle Espagne) commémorent encore chaque année dans la douleur l'exode massif de leurs ancêtres vers l'Afrique du Nord, provoqué par le pouvoir espagnol.
Les Maures, le nom donné aux musulmans qui vivaient en Espagne après la chute du dernier bastion de Grenade en 1492, furent soumis à une série de persécutions, tortures, meurtres collectifs, conversions forcées au christianisme, à la célèbre Inquisition espagnole, et à un exode de masse qui commença en février 1502.
Aujourd'hui, près de quatre millions de leurs petits-fils vivent dans des pays d'Afrique du Nord comme le Maroc, l'Algérie et la Tunisie.
Depuis, chaque année, ils commémorent ces douloureux événements pour réactualiser les souffrances de leurs aïeux, rapportait, dimanche, sur IslamOnline.net, l'historien marocain Bin Azouz Hakim, spécialiste de l'histoire des Maures.
Les descendants des Maures au Maroc, regroupés dans des villes telles que Tanger, Fez, Marrakech et Rabat, commémorent chaque année la chute de Grenade et d'Al-Andalus, reprise en 1492 par les troupes espagnoles au cours du long processus appelé la Reconquista [reconquête], sous les monarques catholiques, Isabelle I de Castille et Ferdinand II d'Aragon.
Les descendants, qui, pour nombre d'entre eux, portent encore des noms de famille espagnols, marquent l'anniversaire par des symposiums, de la musique andalouse et des spectacles mettant en scène les souffrances de leurs ancêtres. La ville de Shafshoun, au Nord, construite par les Maures lorsqu'ils furent forcés de fuir vers le Maroc, a encore un caractère mauresque, avec son architecture andalouse et ses costumes mauresques traditionnels.
Excuses
En 2002, Hakim adressa au Roi d'Espagne, Juan Carlos, un message signé par des notables maures, lui demandant de présenter des excuses publiques aux descendants des Maures.
Le message est resté lettre morte. Hakim a cependant envoyé un autre message au roi, lui demandant d'expliquer pourquoi il avait rejeté son appel, alors qu'il avait présenté ses excuses aux Juifs, lors d'une visite en Israël, en 1992, pour l'exode collectif d'Al-Andalus.
Je pense que cela s'explique par le fait que n'avons pas de lobby puissant comme les Juifs, qui exploitent au mieux le passé pour obtenir des compensations financières, explique Hakim.
Or, les musulmans ne cherchent qu'une compensation morale et c'est pourquoi - comble d’ironie ! - l'Espagne est inflexible, ajoute-t-il.
L'expert s'est aussi opposé à une médiation marocaine pour obtenir les excuses tant espérées.
C'est un droit inaliénable des Maures. Il est absurde que le roi d'Espagne se soit excusé auprès des Juifs, qui appartiennent à ce qui est aujourd'hui Israël, et qui n'ont aucun rapport avec les sépharades (les Juifs d'Al-Andalus), alors qu'il n’est guère disposé à exprimer ses regrets aux descendants des Maures.
Après un silence de presque 500 ans, l'adhan (l'appel à la prière) et le cri du muezzin, «Allahou Akbar» (Dieu est le plus grand) ont retenti, le 10 juillet 2003, depuis le minaret de la Grande mosquée de Grenade.
Le site de la mosquée a été acheté il y a 22 ans, alors qu'il ne s'agissait, à l'époque, que d'un petit lopin de terre arable, coincé entre un couvent et une église, au sommet de l'Albaicin, le dernier quartier musulman de Grenade.
MEMRI
(1) Saudi Gazette, 1er mars 2005.
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Mis en ligne le 07 mars 2005 sur le site www.upjf.org.
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