Islam
'Au nom de la citoyenneté !' Appel d'Antoine Sfeir
17 février 2005 Source : Éditorial paru sur le site histoiresdememoire.org.
Histoires De Mémoire est une association détude et de promotion de limmigration maghrébine en France. Cet éditorial dAntoine Sfeir, directeur des Cahiers de lOrient est courageux. Il a surtout le mérite de témoigner de ce que, loin dêtre des radicaux islamistes, et donc des terroristes en puissance, la majorité des musulmans de France sont des citoyens bien intégrés et responsables. On notera avec quelle vigueur (non exempte de courage) lauteur se démarque dassociations extrémistes, même quand, elles avancent masquées, telle lUnion des Organisations Islamistes de France (UOIF) [1], qui a été imprudemment cooptée comme membre de la Consultation des Musulmans de France, laquelle a donné naissance au Conseil Français du Culte Musulman, la première instance officielle de tous les musulmans de France [2]. Pourtant, les choses sont loin dêtre simples, la terminologie dAntoine Sfeir lui-même est contestée par une Maghrébine qui, dans sa "Réponse à Antoine Sfeir", récuse les expressions "musulmans français" et "Français de confession musulmane", objectant, entre autres : « Pourquoi la compréhension de notre histoire ne se réduit-elle quà une seule étiquette religieuse : Musulman-e ? Navons-nous pas une culture autre que lIslam, un héritage autre quarabo-persique ou arabo-andalou ? Sommes-nous condamnés à un avenir qui ne serait quun long passé jalonné là-bas, dinvasions, de conquêtes, de code dindigénat, de protectorat et ici, de musulmanité à la française malgré nos décennies de présence en France et nombre des nôtres tombés sous le drapeau tricolore ? » Cest autant pour la clarté de ses positions que pour les problèmes quelles suscitent au sein même de celles et ceux qui pensent comme lui, que jai cru utile et instructif de mettre en ligne cet article dAntoine Sfeir, et de léquiper dun apparat de références permettant de mieux appréhender le contexte de cette problématique complexe. Menahem Macina.
Un musulman français est aussi un Français à qui revient de plein droit lhéritage dune histoire de luttes pour la liberté
Les musulmans de France sont, depuis plusieurs mois et souvent malgré eux, sous les feux de lactualité. Ils sont, au-delà de tout amalgame, quelques millions dont la grande majorité est parfaitement intégrée dans la République ; ils vivent leur foi dans la sphère privée sans état dâme.
Du côté des organisations musulmanes, les choses se présentent différemment. Cela a commencé par la loi contre les signes religieux ostentatoires à lécole qui na pas manqué dagiter le microcosme politique. On a vu alors lUnion des organisations islamiques de France (UOIF) stigmatiser la France en espérant mobiliser certains pays arabes et musulmans contre cette mesure.
Laffaire des otages français en Iraq a imposé un unanimisme certain qui na duré que le temps de voir surgir laffaire des hôpitaux où, daprès les nouvelles règles que lUOIF entend faire adopter, les femmes ne devraient être auscultées et soignées que par des médecins femmes et les hommes par des hommes. Il reste encore à venir le problème du mariage religieux musulman que cette même organisation voudrait faire reconnaître en France avant le mariage civil.
La marginalisation politique et sociale dune partie des musulmans de France, que certains appellent de tous leurs vux, est en train de créer une sorte darchipel de lisolement, fait de quartiers dits sensibles et de zones dombre, où un autre consensus que celui de la République est souhaité, sinon appliqué. Avec le temps, ces îlots auto-marginalisés sont appelés à devenir autant de bombes à retardement dont lexplosion pourrait menacer tous les acquis engrangés par les musulmans intégrés et tous les efforts pour promouvoir une coexistence dans le cadre de la communauté nationale et de la République française. Circonstance aggravante, personne ne peut prédire jusquoù irait ce qui constituerait une déstructuration du tissu social mais aussi national.
Les pistes récemment explorées par le gouvernement (formation des imams, loi de 1905) vont dans le bon sens. Toutefois, il ne faudrait pas sarrêter à la forme ; il convient de sintéresser au fond également. Ces imams que lon veut former, il faut quils soient de véritables imams "français", non seulement dans leur langage, leur sémantique, mais aussi par le fait quil leur reviendra de développer une approche de lislam adaptée à la vie en France, et non pas aveuglément copiée sur quelque interprétation restrictive en vigueur dans de riches pays musulmans.
La République et lécrasante majorité des musulmans français (ou plutôt des Français de confession musulmane), qui est tout à fait intégrée, se retrouvent en fait devant un problème dont lampleur navait peut-être pas été clairement perçue. En effet, pour instaurer un islam français, de la même manière que lÉglise catholique, les Églises protestantes et la communauté juive françaises sont parties intégrantes de la nation, il est apparu quil nétait pas possible de se [contenter] de quelques modifications superficielles.
Ce qui est clairement apparu, cest que lislam des pays musulmans, transposé tel quel en France, ne pouvait que poser ces problèmes dont lUOIF a fait son fonds de commerce. Pour les dépasser, il existe actuellement une occasion historique unique qui soffre, à savoir : la mise en chantier dun aggiornamento de lislam. Il [existe] aujourdhui une possibilité réelle pour que lislam de France sexprime et envisage la poursuite de linterprétation créatrice de ses textes sacrés, ce que les théologiens arabes appellent lijtihad.
Les musulmans de France, malgré toutes les insanités que lon a entendues lors de la crise du voile, jouissent, dans la plus petite parcelle de territoire sous souveraineté française, de plus de liberté dexpression politique, philosophique et religieuse, que dans lensemble des pays du monde musulman. Il est fort possible que cette situation napparaisse pas encore assez clairement aux yeux de certains sur qui sexercent des pressions rétrogrades. Mais un musulman français est aussi un Français à qui revient, de plein droit, lhéritage dune histoire de luttes pour la liberté sous toutes ses formes, un héritage dont personne, sous quelque prétexte que ce soit, ne peut le priver.
Cette chance qui est la leur, les musulmans de France se doivent de la saisir pour mettre à jour linterprétation des fondements de leur foi. Rien dans celle-ci ne sy oppose. Lobstacle vient dailleurs ; mais loccasion unique, cest de pouvoir y faire face en étant en France, cest-à-dire à labri de loppression, de linjustice et de la loi des plus obscurantistes. Cest ce qui nous fait dire que ceux que certains médias veulent présenter comme des minorités persécutées doivent bien prendre conscience quils sont dabord et avant tout des gens qui ont beaucoup de chance, à condition de séloigner de la pensée unique dorganisations comme lUOIF ou de celle dautres gourous, et de bien voir les possibilités que le fait de vivre en France leur offre.
Au moment où la France fête le centenaire de la loi de 1905, il serait judicieux de nous pencher sur une réflexion autour de la citoyenneté et de la laïcité. Celle-ci nest point, comme aiment à le dire certains ministres de la République, "la liberté de culte". Cest là la définition anglo-saxonne de la laïcité. Au-delà de la séparation de lÉglise et de lÉtat, la laïcité est avant tout le droit de croire ou de ne pas croire. Ce droit républicain inaliénable est celui de tous les citoyens, y compris ceux qui professent la foi musulmane.
La citoyenneté, en France, transcende lappartenance communautaire, identitaire, ou régionale : cest ce qui fait de nous des citoyens égaux. Si le musulman en France, absent lors de lorganisation du culte dans notre pays au début du XIXe siècle et du XXe siècle, ressent des inégalités, il peut avoir recours à la Justice, mais aussi au tissu associatif. En revanche, se réfugier dans lérection de sociétés en marge de la communauté nationale savère un risque de déstructuration de nos liens sociaux et nationaux.
Cest une telle attitude, faite de fermeture, damalgames stupides et dinsinuations malhonnêtes, quil faut à tout prix éviter dadopter. Les musulmans de France et les Français musulmans valent beaucoup mieux que ça ! Ignorer les sentiments haineux, rejeter les systèmes simplistes, refuser le rejet de lautre dès quil nest pas de votre avis ; aller de lavant sans peur ; reconnaître lautre dans son altérité, tel quen lui-même, et non pas le "tolérer".
En France, il ny a pas dinquisiteurs ; profitons-en ! Et, par-dessus tout, sachons utiliser ensemble ce don du ciel que les islamistes ne connaîtront jamais : lintelligence.
Antoine Sfeir *
© histoiresdememoire.org
* Directeur de la rédaction des Cahiers de lOrient.
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Note de la Rédaction dupjf.org
[1] LUnion des Organisations Islamiques de France (UOIF) est membre du Conseil français du Culte Musulman (CFCM), où elle a rapidement obtenu la majorité. Rappelons quon a amèrement reproché à Jean-Pierre Chevènement, dabord, puis à son successeur André Vaillant, davoir introduit ce "cheval de Troie" islamique dans la paisible cité musulmane. Lopinion des ministres de la République à légard de lUOIF a oscillé de la méfiance déclarée à la louange. Au cours dune émission mémorable, Nicolas Sarkozy nhésitait pas à affirmer : « lUOIF, ça compte ! Est-ce que vous avez quelque chose à leur reprocher ? Moi je suis ministre de lIntérieur, je puis vous dire que sur le plan de lordre public il ny a rien à leur reprocher. » (voir le texte intégral de lémission "100 minutes pour convaincre", du 20 novembre 2003, restée célèbre en raison de la joute entre le ministre de lIntérieur français et lintellectuel islamiste Tariq Ramadan).
[2] Pour connaître le vrai programme de cette association, consulter : Le vrai visage de lUOIF, rapport du Centre S. Wiesenthal. Au-delà de ses déclarations de principe, on aura une idée plus conforme à la réalité de la position de lUOIF, à la lecture de ce passage dune interview de Michèle Tribalat, co-auteur, avec Jeanne-Hélène Kaltenbach, de louvrage intitulé La république et lIslam. Entre crainte et aveuglement: « La réforme sannonce ardue et périlleuse, et le réformateur potentiel vit sous la menace dêtre déclaré apostat. Lorsque, dans Le Parisien du 12 février 2003, Ladj Thami Breze, président de lUnion des Organisations Islamiques de France (UOIF) dit : "le Coran est notre Constitution", il exprime son refus de reconnaître la primauté des lois de la République sur la loi islamique, ainsi que son opposition à lidée même de relativisation du religieux. Il faut le prendre très au sérieux. Comment alors croire à la sincérité de la signature, par lUOIF, de la charte de Jean-Pierre Chevènement, censée acter sa reconnaissance de la primauté des lois républicaines ? Je crois, pour ma part, que linterprétation correcte de cette signature est la suivante : "Bien sûr, je ne peux pas faire autrement que de déclarer que le respect des lois françaises simpose, puisque je vis en France. Mais ma conviction profonde est que ces lois sont inférieures aux lois islamiques dinspiration divine, et je mets, dans lheure qui suit ma signature, toutes mes forces dans la bataille pour transformer les lois françaises". La volonté de transformation, si elle ne prône pas un recours à la violence, nen est pas moins déterminée. » Cest ce qui autorise Fouad Alaoui, secrétaire général de lUOIF, à déclarer que « de même que lon demande à lislam de changer, la laïcité doit changer », [et ce] alors même que lUOIF vient de signer la charte (Libération, 18 octobre 2001). À lire également larticle polémique et pugnace de V. de Sá Rosas, "Le Parti des Musulmans de France, une Arme de Destruction Massive". À consulter également, larticle - plus politique, mais tout aussi polémique de Xavier Ternisien, dans Le Monde du 03/09/04, "Le conseil français du Culte musulman a assis sa légitimité". Etc.
Mis en ligne le 28 février 2005 sur le site www.upjf.org.
Un musulman français est aussi un Français à qui revient de plein droit lhéritage dune histoire de luttes pour la liberté
Les musulmans de France sont, depuis plusieurs mois et souvent malgré eux, sous les feux de lactualité. Ils sont, au-delà de tout amalgame, quelques millions dont la grande majorité est parfaitement intégrée dans la République ; ils vivent leur foi dans la sphère privée sans état dâme.
Du côté des organisations musulmanes, les choses se présentent différemment. Cela a commencé par la loi contre les signes religieux ostentatoires à lécole qui na pas manqué dagiter le microcosme politique. On a vu alors lUnion des organisations islamiques de France (UOIF) stigmatiser la France en espérant mobiliser certains pays arabes et musulmans contre cette mesure.
Laffaire des otages français en Iraq a imposé un unanimisme certain qui na duré que le temps de voir surgir laffaire des hôpitaux où, daprès les nouvelles règles que lUOIF entend faire adopter, les femmes ne devraient être auscultées et soignées que par des médecins femmes et les hommes par des hommes. Il reste encore à venir le problème du mariage religieux musulman que cette même organisation voudrait faire reconnaître en France avant le mariage civil.
La marginalisation politique et sociale dune partie des musulmans de France, que certains appellent de tous leurs vux, est en train de créer une sorte darchipel de lisolement, fait de quartiers dits sensibles et de zones dombre, où un autre consensus que celui de la République est souhaité, sinon appliqué. Avec le temps, ces îlots auto-marginalisés sont appelés à devenir autant de bombes à retardement dont lexplosion pourrait menacer tous les acquis engrangés par les musulmans intégrés et tous les efforts pour promouvoir une coexistence dans le cadre de la communauté nationale et de la République française. Circonstance aggravante, personne ne peut prédire jusquoù irait ce qui constituerait une déstructuration du tissu social mais aussi national.
Les pistes récemment explorées par le gouvernement (formation des imams, loi de 1905) vont dans le bon sens. Toutefois, il ne faudrait pas sarrêter à la forme ; il convient de sintéresser au fond également. Ces imams que lon veut former, il faut quils soient de véritables imams "français", non seulement dans leur langage, leur sémantique, mais aussi par le fait quil leur reviendra de développer une approche de lislam adaptée à la vie en France, et non pas aveuglément copiée sur quelque interprétation restrictive en vigueur dans de riches pays musulmans.
La République et lécrasante majorité des musulmans français (ou plutôt des Français de confession musulmane), qui est tout à fait intégrée, se retrouvent en fait devant un problème dont lampleur navait peut-être pas été clairement perçue. En effet, pour instaurer un islam français, de la même manière que lÉglise catholique, les Églises protestantes et la communauté juive françaises sont parties intégrantes de la nation, il est apparu quil nétait pas possible de se [contenter] de quelques modifications superficielles.
Ce qui est clairement apparu, cest que lislam des pays musulmans, transposé tel quel en France, ne pouvait que poser ces problèmes dont lUOIF a fait son fonds de commerce. Pour les dépasser, il existe actuellement une occasion historique unique qui soffre, à savoir : la mise en chantier dun aggiornamento de lislam. Il [existe] aujourdhui une possibilité réelle pour que lislam de France sexprime et envisage la poursuite de linterprétation créatrice de ses textes sacrés, ce que les théologiens arabes appellent lijtihad.
Les musulmans de France, malgré toutes les insanités que lon a entendues lors de la crise du voile, jouissent, dans la plus petite parcelle de territoire sous souveraineté française, de plus de liberté dexpression politique, philosophique et religieuse, que dans lensemble des pays du monde musulman. Il est fort possible que cette situation napparaisse pas encore assez clairement aux yeux de certains sur qui sexercent des pressions rétrogrades. Mais un musulman français est aussi un Français à qui revient, de plein droit, lhéritage dune histoire de luttes pour la liberté sous toutes ses formes, un héritage dont personne, sous quelque prétexte que ce soit, ne peut le priver.
Cette chance qui est la leur, les musulmans de France se doivent de la saisir pour mettre à jour linterprétation des fondements de leur foi. Rien dans celle-ci ne sy oppose. Lobstacle vient dailleurs ; mais loccasion unique, cest de pouvoir y faire face en étant en France, cest-à-dire à labri de loppression, de linjustice et de la loi des plus obscurantistes. Cest ce qui nous fait dire que ceux que certains médias veulent présenter comme des minorités persécutées doivent bien prendre conscience quils sont dabord et avant tout des gens qui ont beaucoup de chance, à condition de séloigner de la pensée unique dorganisations comme lUOIF ou de celle dautres gourous, et de bien voir les possibilités que le fait de vivre en France leur offre.
Au moment où la France fête le centenaire de la loi de 1905, il serait judicieux de nous pencher sur une réflexion autour de la citoyenneté et de la laïcité. Celle-ci nest point, comme aiment à le dire certains ministres de la République, "la liberté de culte". Cest là la définition anglo-saxonne de la laïcité. Au-delà de la séparation de lÉglise et de lÉtat, la laïcité est avant tout le droit de croire ou de ne pas croire. Ce droit républicain inaliénable est celui de tous les citoyens, y compris ceux qui professent la foi musulmane.
La citoyenneté, en France, transcende lappartenance communautaire, identitaire, ou régionale : cest ce qui fait de nous des citoyens égaux. Si le musulman en France, absent lors de lorganisation du culte dans notre pays au début du XIXe siècle et du XXe siècle, ressent des inégalités, il peut avoir recours à la Justice, mais aussi au tissu associatif. En revanche, se réfugier dans lérection de sociétés en marge de la communauté nationale savère un risque de déstructuration de nos liens sociaux et nationaux.
Cest une telle attitude, faite de fermeture, damalgames stupides et dinsinuations malhonnêtes, quil faut à tout prix éviter dadopter. Les musulmans de France et les Français musulmans valent beaucoup mieux que ça ! Ignorer les sentiments haineux, rejeter les systèmes simplistes, refuser le rejet de lautre dès quil nest pas de votre avis ; aller de lavant sans peur ; reconnaître lautre dans son altérité, tel quen lui-même, et non pas le "tolérer".
En France, il ny a pas dinquisiteurs ; profitons-en ! Et, par-dessus tout, sachons utiliser ensemble ce don du ciel que les islamistes ne connaîtront jamais : lintelligence.
Antoine Sfeir *
© histoiresdememoire.org
* Directeur de la rédaction des Cahiers de lOrient.
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Note de la Rédaction dupjf.org
[1] LUnion des Organisations Islamiques de France (UOIF) est membre du Conseil français du Culte Musulman (CFCM), où elle a rapidement obtenu la majorité. Rappelons quon a amèrement reproché à Jean-Pierre Chevènement, dabord, puis à son successeur André Vaillant, davoir introduit ce "cheval de Troie" islamique dans la paisible cité musulmane. Lopinion des ministres de la République à légard de lUOIF a oscillé de la méfiance déclarée à la louange. Au cours dune émission mémorable, Nicolas Sarkozy nhésitait pas à affirmer : « lUOIF, ça compte ! Est-ce que vous avez quelque chose à leur reprocher ? Moi je suis ministre de lIntérieur, je puis vous dire que sur le plan de lordre public il ny a rien à leur reprocher. » (voir le texte intégral de lémission "100 minutes pour convaincre", du 20 novembre 2003, restée célèbre en raison de la joute entre le ministre de lIntérieur français et lintellectuel islamiste Tariq Ramadan).
[2] Pour connaître le vrai programme de cette association, consulter : Le vrai visage de lUOIF, rapport du Centre S. Wiesenthal. Au-delà de ses déclarations de principe, on aura une idée plus conforme à la réalité de la position de lUOIF, à la lecture de ce passage dune interview de Michèle Tribalat, co-auteur, avec Jeanne-Hélène Kaltenbach, de louvrage intitulé La république et lIslam. Entre crainte et aveuglement: « La réforme sannonce ardue et périlleuse, et le réformateur potentiel vit sous la menace dêtre déclaré apostat. Lorsque, dans Le Parisien du 12 février 2003, Ladj Thami Breze, président de lUnion des Organisations Islamiques de France (UOIF) dit : "le Coran est notre Constitution", il exprime son refus de reconnaître la primauté des lois de la République sur la loi islamique, ainsi que son opposition à lidée même de relativisation du religieux. Il faut le prendre très au sérieux. Comment alors croire à la sincérité de la signature, par lUOIF, de la charte de Jean-Pierre Chevènement, censée acter sa reconnaissance de la primauté des lois républicaines ? Je crois, pour ma part, que linterprétation correcte de cette signature est la suivante : "Bien sûr, je ne peux pas faire autrement que de déclarer que le respect des lois françaises simpose, puisque je vis en France. Mais ma conviction profonde est que ces lois sont inférieures aux lois islamiques dinspiration divine, et je mets, dans lheure qui suit ma signature, toutes mes forces dans la bataille pour transformer les lois françaises". La volonté de transformation, si elle ne prône pas un recours à la violence, nen est pas moins déterminée. » Cest ce qui autorise Fouad Alaoui, secrétaire général de lUOIF, à déclarer que « de même que lon demande à lislam de changer, la laïcité doit changer », [et ce] alors même que lUOIF vient de signer la charte (Libération, 18 octobre 2001). À lire également larticle polémique et pugnace de V. de Sá Rosas, "Le Parti des Musulmans de France, une Arme de Destruction Massive". À consulter également, larticle - plus politique, mais tout aussi polémique de Xavier Ternisien, dans Le Monde du 03/09/04, "Le conseil français du Culte musulman a assis sa légitimité". Etc.
Mis en ligne le 28 février 2005 sur le site www.upjf.org.











