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Appel musulman à dominer la France: le texte
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04/12/04

L'enregistrement de la dangereuse diatribe transcrite ci-après est en ligne sur le site Islamiya (islamiya.info/islamiya.php?filnavn=gala-tsahal.htm)
NDLR : C’est volontairement que les liens aux sites racistes ou négationistes sont inactifs. De tels liens amélioreraient leur notation Google (ranking) et rabaisseraient la nôtre. Les internautes ont la possibilité de les copier/coller dans la zone “adresse” de leur navigateur.


Juché sur un podium, le meneur, Nouari Khiari - alias Abdelnour, ex-militant F.N. [1] et, selon Libération, proche de Farid Smahi, conseiller régional FN d'Ile-de-France, à la voix chaude et puissante, au vocabulaire cultivé - même si le ton et la syntaxe de son discours sont populaires et même populistes -, harangue une foule, qu’on ne voit pas, durant les quelque huit minutes de son allocution. D’entrée de jeu, je signale que pratiquement chaque phrase de l’orateur était ponctuée de Allah ouakbar, Insh’allah, d’acclamations ou sifflets, et de huées (à l’encontre des adversaires). Je ne les ai pas insérées partout pour ne pas allonger inutilement ce document. Menahem Macina



Merci d’être venus. Vous avez vu : quand la jeunesse elle se mobilise, y’a pas de trouble dans la rue. Parce qu’on est là pour quelque chose de normal et de juste.

On est là pour la justice et pas pour l’injustice, parce que ce qu’il y a dans le théâtre du Gymnase [il désigne le bâtiment, à bonne distance duquel a lieu cette manifestation], boulevard 'mauvaise nouvelle' – c’est pas la bonne nouvelle [jeu de mots sur l’adresse du théâtre, boulevard Bonne Nouvelle] -, c’est quelque chose de scandaleux. C’est qu’il y a une armée d’occupation étrangère qui vient en France, récolte de l’argent pour, ensuite, envoyer cet argent à des colons qui tuent, qui violent, qui massacrent. [2] [Longues huées du public].

Imaginez deux minutes, si vous faisiez un concert pour soutenir l’armée afghane, pakistanaise, iraqienne, turque, vous serez [sic] tous en prison.

Non, attendez ! On est là pour dire : la République, elle est une et indivisible, et ceux qui sont là-bas [les Juifs qui assistent au concert organisé par le KKL en l’honneur de Tsahal], ils la divisent chaque jour.

Donc, on nous rétorque, on nous dit toujours qu’on ne doit pas importer le conflit [palestino-israélien] ; mais le conflit, il n’est pas importé : pour certains [les Juifs qui soutiennent l’Etat d’Israël] il est fabriqué à partir de la France. Et vous le voyez, comme dans le concert actuellement, c’est un concert qui, du point de vue du droit, est illégitime [3]. Une armée d’occupation, une armée quelconque d’un pays étranger n’a pas à venir en France et récolter des deniers. C’est impossible. On ne doit pas l’accepter.

Ça doit se faire d’une manière très pacifique : pas de violence [la voix de l’orateur est couverte par des huées et des protestations inaudibles]. Parce que les ennemis qui sont en face, ils attendent que ça, qu’il y ait de la violence. Ne tombez pas dans leur piège. La seule réponse à cette discrimination, c’est que les jeunes, ils poursuivent leurs études, et que les autres, ils s’inscrivent dans des partis politiques ; c’est que les gens, ils se présentent à des élections municipales, régionales, et même aux présidentielles ! [Rires dans le public]

Faites carrière pour [?] le droit. Prenez pour viatique et pour [inaudible] simplement le droit. N’offensez pas le droit. Ici, donc, vous êtes là, vous êtes dans votre droit. Ce que vous faites là, c’est tout à fait légitime.

Malheureusement, vous pensez qu’on est beaucoup, mais on est très peu. [Cris du public : "Ouais, faut que tout le monde en parle !"] Parlez-en autour de vous.

Nous, ici, on lutte tous ensemble contre toutes les formes de racisme, que ce soit l’antisémitisme, l’arabophobie, la berbérophobie, l’islamophobie, la négrophobie. Ici, on n’accepte pas les différenciations. D’accord ? On est tous réunis pour le même combat !

Il y a des guerriers d’Israël déguisés en philosophes, comme Bernard-Henri Lévy, Finkielkraut, Glucksmann, etc. [Hurlements dans le public : "Bernard-Henri Lévy, BHL, Finkielkraut !" Autres noms indistincts.]

Il y a des guerriers d’Israël déguisés en sportifs. [Pas de noms. Pas de commentaires dans le public !]

Il y a des guerriers d’Israël déguisés en chanteurs. [Hurlements dans le public : "Macias !" Autres noms indistincts.]

Il y a des guerriers déguisés en musiciens comme Enrico Macias et d’autres chanteuses. [Hurlements du public : Macias ! Patrick Bruel" Autres noms indistincts.]

[L’orateur, qui semble inquiet et un peu débordé par la rage du public :] On est là pour dénoncer, on n’est pas là pour attaquer. Vous devez en parler autour de vous.

Aujourd’hui, on n’est pas beaucoup. C’est pas assez. Normalement, on devrait être dix mille, vingt mille, trente mille. Parce que ce qu’il y a en Palestine, c’est ce qui se passe en France. Même les banlieues de France, ce sont des territoires occupés.

On dit qu’il y a pas un endroit où le droit ne doit pas passer, en France. Oui, mais il y a des endroits, en France, où le droit ne s’applique pas pour nous. Il y a toujours la culture du Beur, ou du Noir de service. Ça suffit ! Il y a toujours la culture de la ségrégation raciale, des banlieues, pour les Noirs, pour les Arabes, pour les Turcs. Vous devez sortir de ces ghettos intellectuels, mentals [sic], physiques et économiques. [Des voix, dans la foule : "On commence, on commence !"]

Je vous rappelle que votre combat, il est dans vos études. Si, demain, vous avez des diplômes, ou si vous-mêmes vous ne travaillez pas, montez vos sociétés. [Approbations bruyantes] Organisez-vous économiquement. [A nouveau, approbations enthousiastes.]

Alors, je pose la question : si, demain, la France, elle est en guerre – parce que le service d'ordre protège malheureusement une armée d’occupation. Si, demain, la France est en guerre contre Israël, vous allez nous trouver, nous, pour défendre la France ! Pas ces gens qui sont en face ! [Comprenez : les Juifs qui assistent au Gala en l’honneur de Tsahal.]

Donc, aujourd’hui, les gens qui sont en face, ils ont massacré des comédiens, des chanteurs, des comiques, comme Dieudonné, qui a été victime de leur guerre. Ici, on soutient tous Dieudonné ! [Rugissements d’approbation dans le public : "Vive Dieudonné !"] Le droit de rire ne doit pas être limité aux terroristes. [Bruyantes approbations dans le public].

Votre liberté ne doit pas être conditionnée par les pseudo-intellectuels qui font pression sur les hommes politiques en France. Ici, la France, elle a besoin de liberté. Alors, entre un Etat qui interdit et des personnes qui obligent, on vous demande d’être fidèles à votre engagement, aujourd’hui et ce soir.

Donc, on va vous communiquer nos coordonnées. Si vous avez besoin de vous réunir et de vous rassembler, parce qu’aujourd’hui, on dit : Basta ! Ça suffit ! Il faut que les choses changent ! Mais pas dans la violence. On ne s’inscrit pas dans une logique de violence. Ceux qui veulent la violence, ils peuvent quitter les rangs [Cris indistincts qui semblent traduire une vive protestation.] Je vous assure que la mobilisation pacifique, elle amène beaucoup plus de choses que de la violence, qui est négative et qui se retourne contre les auteurs.

Donc, si vous avez envie de nous rejoindre, parce qu’on n'est pas assez nombreux, il faut ici soutenir les Palestiniens et soutenir aussi l’avenir de la France. [L’orateur hausse le ton, à la limite du hurlement.] Parce que l’avenir du peuple palestinien, il se décidera en France, en Europe.

L’avenir de la Palestine, c’est dans les urnes.
C’est dans les études.
C’est dans les créations d’entreprises.

Alors, il faut être fiers d’être français…
[Rugissements dans le public. On entend distinctement un voix crier : "Non, non, non, non, non !"], de combattre pour son idéal, ici. Il faut pas rougir. On est ici, tous, on n’insulte pas la France d’antisémite [lire : on n’accuse pas la France d’être antisémite – sous entendu : comme le font les Juifs], on ne siffle pas la Marseillaise, comme ils essaient de nous le faire croire ! [4] [Cris indistincts dans le public. On entend des : "Si, si, justement" !]

Ici, on est ici. On se bat contre les vrais ennemis intérieurs de la France. [5] [Cette dernière phrase est appuyée d’un index tendu en direction du théâtre du Gymnase où a lieu de concert en l’honneur de Tsahal.]

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Notes de la Rédaction d’upjf.org

[1] Information communiquée par la Newsletter de P.A.H.. Selon certaines sources, Nouari Khiari aurait déclaré publiquement (sur oumma.com mais aussi dans des réunions Aounit-Ramadan) ne plus appartenir au Front National et s'être trompé en le soutenant. Il reconnaît être passé par tous les courants politiques. Certains pensent qu’il a rejoint les salafistes. Un message de Tabouna posté sur Indymedia, le 30 novembre donne les précisions piquantes suivantes - dont je lui laisse la responsabilité (mais elle semble bien renseignée) : "Ah bon ? vous ignoriez qui est Nouari Khiari le FN grand pote de Smahi, vous êtes bien naïfs, il est l'un des piliers du site oumma.com, grand copain aussi de Fatiha Kaouès, dirigeante d'oumma et qui elle était candidate sur la liste de Dieudonné, l'alliance bruns et islamistes vous connaissez ? Sur oumma, Khiari poste sous le pseudo 'Le Rappel'." (paris.indymedia.org/article.php3?id_article=29395&id_mot=17.)

[2] En fait, ce gala est organisé par le Keren Kayemet LeIsrael (KKL), organisme de réhabilitation et de conservation des terres d’Israël, l’une des plus grandes organisations écologiques du monde, célèbre pour avoir planté des dizaines de millions d’arbres en Israël (y compris dans des zones qui sont déjà revenues, ou reviendront aux Palestiniens). La recette de ce gala sera reversée au KKL pour contribuer au financement d’aires de repos que crée cet organisme aux abords de bases de Tsahal dans le Negev. (Voir : "Grande soirée du KKL le 29 novembre".) Comme on le voit, on est loin, et même aux antipodes de la définition de l’opération que l’orateur séditieux décrit comme: "une armée d’occupation étrangère qui vient en France, récolte de l’argent pour, ensuite, envoyer cet argent à des colons qui tuent, qui violent, qui massacrent…"

[3] N’en déplaise à Nouari Khiari, le gala a été autorisé, malgré la plainte en référé d’heure en heure déposée par la CAPJPO. (Voir "La Haine", éditorial de Cl. Bensoussan, sur le site de Guysen Israël News.)

[4] Ce sont pourtant bien des jeunes issus de l’immigration qui ont sifflé la Marseillaise, au Stade de France, lors du match France-Algérie le 6 octobre 2001. La France entière a entendu et n’est pas amnésique comme M. Nouari Khiari. (Voir : dans L'Express du 14 février 2002 : "Contre-enquête sur un fiasco".)

[5] Selon un de nos internautes, une partie de ce passage a été censuré par Islamiya. Il se base sur un article de Philippe Bernard, dans le Le Monde du 30 novembre 2004, intitulé "Des manifestants propalestiniens dénoncent la tenue d'un gala de soutien à l'armée israélienne", où l'on peut lire: "Tranchant avec l'âge souvent respectable des manifestants, une centaine de jeunes se sont déployés peu après 20 h 30. Encagoulés, munis de planches de bois, manifestement à l'écart du rassemblement mais s'en réclamant, ils déclaraient "attendre le Betar", organisation sioniste d'extrême droite. "Vous êtes chez eux, sur des terres volées, c'est déjà une victoire", leur a lancé leur chef, devant la rue Saint-Denis, qui donne accès au quartier du Sentier. Faute d'ennemi, ce curieux service d'ordre s'est séparé en appelant à "lutter pacifiquement" contre "les vrais ennemis intérieurs de la France".

Transcription réalisée par Menahem Macina

© upjf.org


[Merci à M. Benzazon de m'avoir signalé deux erreurs de transcription, et à Cl. B. de m'avoir permis de corriger la date erronée que j'avais indiquée pour l'incident du Stade de France - j'en ai d'ailleurs profité pour référer à un article de fond de L'Express sur cette affaire et ses répercussions. Merci également à O.F. à qui je dois le contenu de la note 5]

Mis en ligne le 04 décembre 2004 sur le site www.upjf.org.
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