Islam
Islamisme : la "zizanie" en France, Ivan Rioufol
23 janvier 2004Extraits du "Bloc-Notes" de Ivan Rioufol, dans Le Figaro
Ces islamistes qui défilent en France pour défendre le voile à l'école publique : ils ne tiennent pas seulement des discours ouvertement antioccidentaux, antisionistes, antisémites, antihomosexuels, tout en dénonçant l'«islamophobie» dont ils s'affirment les victimes. Ils disent aussi qu'ils ne se soumettront pas aux lois communes et qu'ils nous sont supérieurs en tout. Certes, ces mots haineux et racistes sont ceux d'une minorité (ils n'étaient pas 5 000 à Paris, samedi). Mais ils contiennent les germes d'un possible futur affrontement civil.
Écoutez Mohamed Latreche, président du Parti des musulmans de France : «Nous n'accepterons jamais de céder à cette dictature républicaine ! Nous n'accepterons jamais une loi qui porte atteinte à notre dignité et à notre liberté ! Nous attendons des excuses ! Nous sommes capables de semer la zizanie politique (...) Le sionisme est une idéologie de la haine et de l'apartheid, nous la combattrons comme le nazisme».
Djamel Bouras, judoka médaillé d'or aux JO de 1996 : «Je demande aux gens qui me ressemblent de créer leur communauté. Comme ça, on aura nos avocats, nos juges, nos politiques.» Un slogan, parmi d'autres : «N'est-ce pas l'islam qui vous a fait découvrir l'école ?»
La faute serait de minimiser ces propos, au prétexte que la mobilisation parisienne a été un échec relatif. La marginalisation apparente des fondamentalistes ne doit pas faire illusion. Tout incite à redouter leurs appels à l'insoumission. A commencer par cette indulgence dont font preuve d'angéliques «droit-de-l'hommistes» face à ces mobilisations identitaires qui osent se réclamer de la liberté, de la laïcité, de la tolérance. La France, qui se fait donner des leçons de démocratie par les plus totalitaires des islamistes, doit apprendre à se faire respecter.
Ces extrémistes se comportent en pays conquis. Ils insultent la République bonasse et repentante qui les a longtemps couvés en défendant le multiculturalisme, le droit à la différence et en s'extasiant devant la «francitude nouvelle» représentée notamment par ces femmes voilées qui défilaient, il y a onze mois, contre la guerre en Irak en scandant : «Bush t'es foutu les Français sont dans la rue !» Djamel Bouras fut même de ces personnalités «citoyennes» qui se mobilisèrent contre Le Pen, en avril 2002, pour dire «Non à une France raciste, antisémite et xénophobe».
Aujourd'hui, que constate-t-on ? Que ces mêmes intégristes, convaincus de leur soutien dans certaines cités touchées par le chômage, l'insécurité et l'exclusion ethnique, font le jeu du Front national – la «zizanie» de Latreche – pour attiser des tensions entre communautés et rendre peut-être irréversibles des fractures culturelles. C'est un «choc de civilisations» que cherchent à susciter les fondamentalistes, en tirant prétexte, cette fois-ci, de la future discussion parlementaire sur le voile.
L'État ne peut plus se contenter de ses postures «humanistes» qui, négligeant une politique d'intégration, ont laissé prospérer un extrémisme islamiste. Il doit appliquer l'intolérance contre les intolérants. Certains politiques s'effrayent cette semaine d'avoir «réveillé les extrémismes» et se demandent si une loi sur le voile serait une bonne idée. La pire des politiques serait de renoncer à se battre contre l'intégrisme naissant.
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Ivan Rioufol
© Le Figaro
[Texte aimablement communiqué par M. Ibn Guadi.]
Mis en ligne le 24 janvier 2004 sur le site www.upjf.org











