14 juin 2005
Original anglais : "Muslim Target".
Traduction française : Menahem Macina
Oriana Fallaci a 75 ans. La célèbre journaliste vit cachée, en raison des menaces de mort dont elle a été l'objet après la publication de son livre, paru en 2001, La rage et l'orgueil [1]. Elle est atteinte d'un cancer qui lui laisse peu de temps à vivre. Et voici qu'elle va être mise en jugement pour "diffamation de l'Islam".
A l'origine de la plainte, Adel Smith, président de l'Union Musulmane d'Italie, qui n'a jamais été accusé de diffamation du Christianisme pour avoir dit du crucifix que c'était un "cadavre en miniature", lorsqu'il s'efforçait, en 2003, de faire enlever des écoles les représentations du Christ en croix (1). Il s'est acquis une réputation de drôle de type pour avoir exigé que les Chrétiens répudient les aspects de leur foi qui offensent sa sensibilité islamique. C'est ainsi qu'il a appelé à la destruction de la fresque de Jean de Modène, "Le Jugement dernier", qui se trouve dans la cathédrale du XIVe siècle de San Petronio, à Bologne (Italie), parce que ce joyau inestimable de la Chrétienté médiévale représente le Prophète Mohammed en enfer (2). Mais c'est dans le procès intenté au pape Jean-Paul II et au cardinal Joseph Ratzinger - aujourd'hui pape -, qu'A. Smith a atteint le record du manque de sérieux : il les accusait d'offense envers l'Islam, pour avoir exprimé leurs opinions, au demeurant banales s'agissant de dignitaires chrétiens, selon lesquelles le Christianisme est unique et supérieur aux autres religions, y compris l'Islam (3).
Son nouveau procès contre Fallaci est au moins aussi peu sérieux, mais Smith a réussi à trouver un juge qui accepte d'entrer dans le jeu. Le juge Armando Graislamophosso, de la ville italienne de Bergame, a statué, lors d'une audience préliminaire, que le dernier livre de Fallaci, La Forza della Ragione - La force de la raison -, contenait 18 affirmations «nettement blessantes pour l'Islam et les Musulmans», et que, en conséquence, il devait faire l'objet d'un examen (4). Le juge se basait sur une liste établie par Smith, qui se plaignait de ce que Fallaci ait «répandu la haine de l'Islam et des Musulmans, en déformant les faits historiques établis pour en inventer d'autres, mentir et diffamer les Musulmans du monde entier» (5). La décision de Grasso a fait jubiler Smith : «C'est la première fois qu'un juge ordonne l'ouverture d'une procédure pour diffamation envers la foi islamique. Mais il ne s'agit pas seulement de diffamation. Nous aimerions également que (le tribunal) reconnaisse que c'est une incitation à la haine religieuse.» (6).
Le ministre italien de la justice, Roberto Castelli, n'a pas apprécié la décision de Grasso. «En Europe», a-t-il déclaré, «nous assistons à l'émergence d'un mouvement qui cherche à réduire au silence ceux qui ne s'alignent pas sur une seule tendance, selon laquelle il est interdit de dire du mal de l'Islam. Le livre de Fallaci contient une très forte critique de l'Islam, mais pas de diffamation.» (7).
Le procès devra recourir à une batterie d'historiens : plusieurs des dix-huit propos offensants de Fallaci sont tout simplement des assertions historiques. S'ils s'avéraient faux, Smith aurait matière à plaider, quoique, dans une société libre, il serait préférable de fournir des preuves de leur fausseté, plutôt que de se précipiter vers les tribunaux pour faire taire Fallaci. Bien entendu, les organisations islamiques occidentales n'ont pas hésité à s'opposer à des descriptions exactes de l'Islam, qu'elles trouvent inopportunes. En mars dernier, le Conseil des Relations Américano-Islamiques (CAIR) a mené une campagne, qui a été couronnée de succès, pour contraindre la National Review à faire retirer de la vente par son service littéraire un livre [qualifié de] «violemment islamophobe», intitulé "La vie et la religion de Mohammed", de J. L. Menezes. CAIR reproche au livre sa description négative de Mohammed, le Prophète de l'Islam, présenté comme un guerrier sanguinaire et dissolu. Pourtant, durant toute la campagne, CAIR a eu la sagesse de ne jamais affirmer que le livre contient quoi que ce soit de faux - car ce n'est pas le cas (8). L'intention de sa campagne, comme de celle de Smith, pourrait avoir été de faire taire les voix qui mettent en exergue le rôle joué par l'Islam dans la croissance du terrorisme mondial à l'époque moderne. Mais Smith est allé plus loin que CAIR en prétendant que Fallaci «déforme les faits historiques et en invente d'autres», et qu'«elle ment». Si ce procès aboutissait à ce qu'un tribunal établisse que Fallaci n'a dit que la vérité, ce serait un excellent résultat.
Il ne sera pas inutile de passer en revue les 18 outrages, tels que spécifiés dans la plainte déposée par Smith, pour voir à quel point le procès qu'il intente est tortueux et dépourvu de substance.
1. Fallaci affirme que, quand les combattants du djihad occupaient l'Abbaye de Montecassino (Italie), en 883, «les Musulmans s'amusaient à sacrifier, chaque nuit, la virginité d'une nonne. Devinez où ! Sur l'autel de la cathédrale» (9). Je n'ai pas été en mesure de trouver une indication historique qui corrobore cela, dans le délai qui m'était imparti pour la rédaction de cet article ; Fallaci, qui n'est pas une historienne, n'équipe pas son travail de notes. Toutefois, c'est un fait bien établi que les envahisseurs djihadistes mirent à sac et brûlèrent l'Abbaye et tuèrent son Abbé, Saint Bertarius.
Se seraient-ils arrêtés brusquement sans violer des nonnes, ni désécrer l'autel de la cathédrale ? La loi islamique suggère autre chose. Le Coran permet aux Musulmans d'avoir des relations sexuelles avec leurs épouses et les femmes non mariées qui sont leurs esclaves : «Vous sont interdites
les femmes mariées, sauf celles qui vous appartiennent en tant qu'esclaves» (Sourate 4 :23-24). Les jeunes femmes esclaves sont considérées comme ayant été les épouses des hommes massacrés au combat par les guerriers du djihad. Le recueil légal islamique Umdat al-Salik, agréé par l'Université Al-Azhar, l'autorité la plus respectée de l'Islam sunnite, stipule : «Quand un enfant ou une femme sont faits captifs, ils deviennent des esclaves du fait de leur capture, et le mariage antérieur est automatiquement annulé» (10). Pourquoi ? Parce qu'ainsi ces femmes peuvent devenir les concubines de leurs vainqueurs.
C'est le Prophète Mohammed qui est à l'origine de cette législation. Après un combat victorieux, il déclara à ses hommes : «Prenez toutes les femmes comme esclaves.» Il en prit une également. Une tradition islamique bien établie rapporte que «le Prophète, attaqua à l'improviste les Bani Mustaliq, sans avertissement préalable, alors que, inconscients du danger, ils abreuvaient leur bétail dans des points d'eau. Leurs guerriers furent tués et leurs femmes et leurs enfants réduits en esclavage ; ce jour-là, le Prophète prit Juwairiya». Juwairiya bint [fille de] Amr devint la septième épouse du Prophète (11).
Il fit de même après son massacre notoire de la tribu juive des Kurayzah [2]. Selon son plus ancien biographe, Ibn Ishaq, Mohammed «se rendit au marché de Médine (qui est encore, aujourd'hui, le marché de cette ville) et y fit creuser des tranchées. Puis il envoya chercher [les hommes de la tribu des Banu Qurayza], et les fit décapiter dans ces tranchées, à mesure qu'on les lui amenait, groupe par groupe». Après avoir tué «600 à 700 hommes - certains avancent les chiffres de 800 à 900», le Prophète de l'Islam prit pour autre concubine une femme qu'il venait juste de réduire au veuvage, Rayhana bint Amr (12). Il n'existe pas de tradition faisant état du consentement de Juwairiya, ni de celui de Rayhana.
Selon une tradition islamique généralement acceptée, quand les hommes de Mohammed sortirent victorieux d'une autre bataille ils lui soumirent une question d'éthique : «Nous avons pris des femmes en esclavage et nous voulons pratiquer le azl [coitus interruptus] dans nos rapports avec elles». Mohammed leur dit : «Il vaut mieux que vous ne fassiez pas cela, car Allah a écrit qu'il créera jusqu'au Jour de la Résurrection» (13). En disant «Il vaut mieux que vous ne fassiez pas cela», il faisait allusion au coït interrompu, et non au viol des esclaves. Il considérait la chose comme allant de soi.
Il y a de nombreuses preuves de ce que les Musulmans se comportaient de cette manière, même quand il s'agissait de nonnes. Quand des djihadistes conquirent Thessalonique, en 904, à peine plus de vingt ans après le sac de Montecassino, un témoin oculaire rapporta que «des nonnes, pétrifiées de peur, échevelées, tentèrent de fuir, et tombèrent par milliers aux mains des barbares, qui tuèrent les plus âgées et envoyèrent les plus jeunes et les plus belles en captivité et au déshonneur. Les Sarrasins massacrèrent aussi les infortunées qui avaient cherché refuge dans les églises» (14). Et, comme le note l'historien Steven Runciman, quand les descendants et les héritiers spirituels de ces djihadistes envahirent Constantinople, le 29 mai 1453, «quelques-unes des jeunes nonnes préférèrent le martyre au déshonneur et se jetèrent dans des puits, où elles moururent» (15). Il ne semble pas évident que ces religieuses aient lu de la propagande bassement islamophobe, ni la vie du Prophète.
Pour ce qui est des assertions de Fallaci concernant les autels [sur lesquels des nonnes auraient été violées], le récit de Runciman suggère que de tels faits se sont produits dans des églises de la Constantinople vaincue, en notant, en termes prudes, qu'«il y eut des scènes d'indécence dans les églises» (16).
2. J'ignore les sources de Fallaci concernant son assertion, selon laquelle, à Constantinople, en 1453, les Musulmans «décapitaient même des nouveaux-nés, et éteignaient les chandelles avec leurs petites têtes.» Runciman ne mentionne pas le fait que le conquérant Mehmet peut difficilement être considéré comme un défenseur énergique des droits des enfants : «On dit que Mehmet lui-même envoya quatre cents enfants grecs en présent à chacun des trois principaux potentats musulmans de l'époque, le sultan d'Egypte, le roi de Tunis et celui de Grenade» (17). Soit Smith n'est pas choqué à l'idée que Mehmet aurait tué des enfants et même des bébés - selon Runciman, les conquérants «tuèrent tous ceux qu'ils trouvèrent dans les rues, hommes, femmes, enfants, sans discrimination» (18) ; soit le problème de Smith par rapport à ce qu'écrit Fallaci est que les Musulmans aient traité les cadavres de manière aussi barbare. Dans ce cas, ce n'est pas Fallaci qu'il devrait attaquer en justice, mais les érudits musulmans et les porte-parole qui ont justifié la mutilation des cadavres à Falludjah, en 2004 (19).
3. Fallaci a aussi déclenché l'ire de Smith pour avoir affirmé que «Le Coran voit, avant tout, la femme comme un utérus qui met au monde». Pourtant, le Coran compare la femme à un champ (terre de labour), dont l'homme use selon son bon plaisir : «Vos femmes sont pour vous une terre (à cultiver), allez donc à votre terre comme vous le désirez.» (2:223). Le Prophète Mohammed ajoutait que «si une femme passe une nuit hors du lit de son époux (ne couche pas avec lui), les anges lancent leurs malédictions contre elle jusqu'à ce qu'elle revienne (à son époux)», et «le droit qu'obtient l'homme sur la femme est qu'elle ne doit pas se refuser à lui, même s'ils sont sur le dos d'un chameau et qu'il essaie de la prendre» (20). Cela sonne difficilement comme une approbation de l'égalité entre femmes et hommes en matière de dignité.
4. Fallaci affirme : «...le rêve que les fils d'Allah ont entretenu durant des années, [est] de faire exploser la Tour de Giotto, celle de Pise, ou la coupole de Saint Pierre, ou la Tour Eiffel, ou l'Abbaye de Westminster, ou la cathédrale de Cologne, et ainsi de suite
» Ce point de la plainte de Smith semble fondé sur l'oubli que l'attentat du 11 septembre [2001] ait jamais eu lieu. A l'évidence, Smith escompte que les responsables politiques italiens oublieront également les nombreux terroristes djihadistes arrêtés en Europe - notamment les djihadistes algériens qui ont été arrêtés, en février, avant qu'ils aient pu mener à bien leur projet de faire sauter la Tour Eiffel (21).
5. «L'abattage halal [rituel] est barbare», affirme Fallaci, critiquant du même coup les lois juives de l'abattage rituel. Si de telles opinions sont taxées de «discours de haine», je m'attends à ce que les militants de PETA [3] soient pourchassés et mis en prison.
6. En France, dit Fallaci, «le racisme islamique, qui est la haine des chiens-d'infidèles, règne en maître et n'est jamais l'objet de poursuites judiciaires, jamais puni. Ainsi, les Musulmans déclarent ouvertement : "Nous devons profiter de l'espace démocratique que la France nous offre, nous devons exploiter la démocratie, c'est-à-dire nous en servir pour occuper du territoire." Ainsi, un nombre non négligeable d'entre eux affirment : "En Europe, le point de vue nazi n'était pas compris. Ou pas par tous. Il étair considéré comme un vecteur de folie homicide, alors qu'en réalité, Hitler fut un grand homme."».
Voyons, quel Musulman dirait une telle chose en France ? Hum. Peut-être Rabah Zehani, qui, à Lyon, jetait des pierres à ses voisins juifs en criant : «Sales Juifs, Hitler n'a pas fini le boulot !» Ou bien les écoliers musulmans qui gribouillèrent "Mort aux Juifs !" sur les murs de leur école, dans la périphérie de Paris (22).
7. Fallaci : Les Musulmans estiment que «la biologie est une science indécente, parce qu'elle s'occupe du corps humain et du sexe». Ici encore, Smith semble avoir des difficultés avec les défis qui découlent de la vie dans une société libre. De telles accusations ont été émises à l'encontre la Chrétienté, durant des années, et aucune n'a entraîné des poursuites judiciaires.
8. Fallaci : «Nous devrons nous soumettre au joug d'une foi qui
au lieu d'amour répand la haine, et au lieu de la liberté, l'esclavage». Ici, à nouveau, la plainte de Smith s'effondre au contact des faits. Le Coran dit aux Musulmans de ne pas aimer leurs ennemis, mais d'être "miséricordieux l'un envers l'autre" et "impitoyable envers les incroyants" (48:29). Al-Muhajiroun, célèbre groupe djihadiste de Grande-Bretagne - aujourd'hui dissous -, organisa, en 2004, un séminaire intitulé «L'obligation d'inciter à la haine religieuse» (23). Ou encore, comme me l'a écrit récemment un jeune Musulman : "Je vous hais pour l'amour d'Allah et je fais du'a [c'est-à-dire, je prie] pour votre destruction" (24).
Et l'esclavage ? Aujourd'hui pratiqué uniquement dans les pays musulmans (spécialement au Soudan et en Mauritanie), où il est justifié sur des bases islamiques, il est considéré comme allant de soi par le Coran.
9. Fallaci se plaint d'une Droite et d'une Gauche
qui (en Italie) sont, l'une et l'autre, du côté de l'ennemi (l'Islam)». Le problème de Smith, à ce propos, est-il que l'Islam soit appelé l'ennemi ? L'origine de cette définition est à chercher chez des guerriers, tel Osama bin Laden, qui a déclaré la guerre à l'Occident dans les années 1990, et non chez Fallaci.
10. Fallaci : «Les exigences des Islamistes concernant les programmes scolaires impliquent que, dans les cours de littérature, nous ne serons pas autorisés à inclure, par exemple, le Divine Comédie [de Dante]
ni le Cantique des Créatures, ni les chants religieux d'Alessandra Manzoni
» De la part d'un homme qui a demandé la destruction de la fresque de Modène à Bologne, c'est un curieux élément de plainte.
11. Fallaci dédaigne «
la disgracieuse lamentation du muezzin
» Aujourd'hui, même les questions de goût doivent être soumises à la police de la pensée.
12. Fallaci: Au cours des 20 dernières années, des terroristes ont tué six mille personnes, «à la gloire du Coran. En obéissance à ses versets». Smith sait-il que, dans un sermon prononcé en 2003, Osama bin Laden a loué Allah pour le Verset de l'Epée (Coran 9:5) (25). Ou que Abu Musab al-Zarqawi a publié une défense détaillée de ses actes, basée sur le Coran et sur la tradition islamique ? (26). Ou que des djihadistes font des recrues dans le monde entier, parmi les Musulmans, en se référant au Coran, et en se présentant comme des interprètes d'un "Islam pur" ? (27).
13. Fallaci: «Notre Jésus de Nazareth
ils l'ont mis dans leur Danna, où il mange comme Trimalchion [4], boit comme un pochard, copule comme un maniaque sexuel». "Danna" ou jannah, est le Paradis islamique, où la nourriture, la boisson et les femmes abondent, en effet (cf. Coran 13:35, 44:54, 47:15, etc.). Du fait que Jésus est considéré comme un prophète de l'Islam, on considère qu'il est au Paradis. La description que fait Fallaci de ce Paradis est péjorative, mais indéniablement exacte.
14. Fallaci: «le Droit féodal, révoltant, réactionnaire et borné, ne se trouve aujourd'hui qu'en Islam. Il est l'Islam». Smith proteste contre cette vision des choses, et pourtant, il ne semble pas qu'il ait trouvé à redire à la défense de la lapidation des adultères, publiée par Hani Ramadan dans un magazine parisien (28).
15. Fallaci condamne «la mutilation que les Musulmans imposent aux petites filles pour les empêcher de tirer du plaisir de l'acte sexuel quand elles seront adultes. C'est une castration féminine pratiquée par les Musulmans dans vingt-huit pays de l'Afrique islamique, et qui est responsable de la mort de deux millions d'êtres humains chaque année, par septicémie ou hémorragie
» Smith s'imagine-t-il nous faire croire que Fallaci a inventé cela ? Alors que le parlement norvégien, confronté à l'évidence sans cesse croissante de cette pratique, vient juste d'introduire, cette semaine, une législation qui rend obligatoires des examens pour mutilations génitales féminines (29).
16. Fallaci: Les Italiens, résignés à leur islamisation et complètement laïcisés, «ne s'offensent pas quand des immigrants musulmans urinent sur leurs monuments ou souillent les sacristies de leurs églises, ou jettent leurs crucifix par la fenêtre d'un hôpital». Ils ne seront pas en mesure de les faire jeter hors des écoles - Adel Smith en a acquis la certitude. Mais des choses de ce genre se produisent-elles ? Certainement - et les Italiens les accueillent avec indifférence, en effet. L'année dernière, une école de Rome a même mis au placard sa représentation annuelle de Noël, au profit du "Petit Chaperon rouge", pour éviter de choquer les Musulmans (30). Pour mieux vous manger [5], bien sûr.
17. Fallaci: «L'Islam est un étang. Et un étang est une cuvette d'eau stagnante
Il n'est jamais purifié
Il se pollue facilement, comme un trou destiné à abreuver un bétail de peu de valeur. L'étang n'aime pas la vie : il aime la mort
» Peut-être Smith devrait-il orienter sa plainte contre Maulana Inyadullah, de Al-Qaeda, qui affirmait avec morgue, peu de temps après le 11 septembre : «Les Américains aiment le Pepsi-Cola, nous, nous aimons la mort» (31).
18. Fallaci: «En dépit des massacres par lesquels les fils d'Allah nous ont ensanglantés et se sont eux-mêmes couverts de sang durant plus de trente ans, la guerre que l'Islam a déclarée à l'Occident
est une guerre de culture
ils nous tuent pour nous soumettre. Pour nous intimider
Leur but n'est pas de remplir les cimetières. Ni de détruire nos gratte-ciel
Il est de détruire notre âme et nos idées. Nos sentiments et nos rêves.
Smith espère sans doute que nous n'avons jamais entendu parler du Sheikh Muhammad bin Abd Al-Rahman Al-Arifi, Imam de l'Académie de la Défense du roi Fahd, qui déclarait récemment : «
Nous dominerons la terre du Vatican ; nous dominerons Rome et y introduirons l'Islam. Oui, les chrétiens qui ont gravé des croix sur la poitrine de musulmans [
] devront nous payer la djiziya [taxe payée par les non-musulmans sous tutelle musulmane], dans l'humiliation, ou ils devront se convertir à l'islam
» (32) [6]. Smith est certain que la majorité des Occidentaux n'entendront jamais parler de l'influent Sheikh Yusef Al-Qaradawi, loué comme réformiste par l'universitaire dhimmi, John Esposito (33). Qaradawi a écrit que «l'Islam reviendra en Europe en conquérant et en vainqueur, après en avoir été expulsé à deux reprises [
] J'affirme que la conquête, cette fois, ne se fera pas par l'épée, mais par la prédication et l'idéologie
» (34) [7]
Fallaci demeure méfiante : «Ce n'est pas moi que vise ce procès. Il n'est pas non plus instruit par un juge en mal de publicité. C'est un procès qui vise à créer un Précédent, le Cas Fallaci. Je ne condescendrai pas à l'honorer de ma présence. Cette action judiciaire est inacceptable, impardonnable. Déformer la pensée d'une personne, épingler un mot par ci, un autre par là, coudre le tout ensemble avec des points de suspension, c'est arbitraire. Illicite. Illégal. Contraire à toute décence morale et intellectuelle. C'est une honte !» (35).
Au cours d'un exposé, à Washington, en 2002, Fallaci a déclaré : «La haine envers l'Occident augmente comme un incendie attisé par le vent. La confrontation entre eux et nous n'est pas militaire. Elle est culturelle, religieuse, et le pire est encore à venir.» Le procès qui lui est intenté n'est qu'un signe avant-coureur de ce terrible dénouement [8].
Robert Spencer *
© FrontPageMagazine.com, pour l'original anglais, et Menahem Macina et debriefing.org pour la traduction française.
* Robert Spencer dirige Jihad Watch. Il est l'auteur de Onward Muslim Soldiers: How Jihad Still Threatens America and the West (Regnery), et de Islam Unveiled: Disturbing Questions About the World's Fastest Growing Faith (Encounter). Il est aussi éditeur de la série d'essais The Myth of Islamic Tolerance: Islamic Law and Non-Muslims (Prometheus). Son dernier ouvrage, The Politically Incorrect Guide to Islam (and the Crusades) (Regnery), sera disponible à partir du 8 août.
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Notes de l'auteur
(1) "Italian Judge Bans Crucifix From School", Associated Press, 27 octobre 2003.
(2) "Paper: Italian Church Attack Plotted", Associated Press, 23 juin 2002.
(3) "Muslim Activist Sues Pope, Cardinal", Associated Press, 29 février 2004.
(4) "Fallaci To Go On Trial For Defaming Islam", AGI, 24 mai 2005.
(5) Ibid.
(6) "Italian Author To Face Charges Of Defaming Islam", Reuters, 25 mai 2005.
(7) Ibid.
(8) Robert Spencer, "CAIR's War on National Review", FrontPageMagazine.com, March 30, 2005.
(9) Traductions du matériau contenu dans la plainte, par Chris Newman, "The 18 things you can't say about Muslims in Italy", sur le Blog de Dagger In Hand, 26 mai 2005.
(10) Nuh Ha Mim Keller, éditeur et traducteur, Reliance of the Traveller ('Umdat al-Salik), Amana Publications, 1994.
(11) Sahih Bukhari, vol. 3, livre 46, no. 717.
(12) Ibn Ishaq, The Life of Muhammad, traduction de A. Guillaume, Oxford University Press, 1955, p. 464.
(13) Sahih Bukhari, vol. 5, livre 59, no. 459.
(14) O. Tafrali, Thessalonique - Des Origines au XVIe siècle, pp. 151-154, cité d'après Andrew G. Bostom, "Jihad Killings of POWs and Non-Combatants", FrontPageMagazine.com, 9 septembre 2004.
(15) Steven Runciman, The Fall of Constantinople - 1453, Cambridge University Press, 1965, p. 147.
(16) Runciman, p. 148.
(17) Runciman, p. 151.
(18) Runciman, p. 145.
(19) See Jeff Jacoby, "Mutilation of victims and Muslim law", Boston Globe, 13 juin 2004.
(20) Abu Hamid al-Ghazzali, Ihya' ulum al-din (Cairo, n.d.), 4:747. Cité dans Hamdun Dagher, The Position of Women in Islam, Light of Life, 1997.
(21) "Officials: Militants Targeted Eiffel Tower", Associated Press, 16 février 2005.
(22) "Holocaust Lessons Meet Muslim Rebuff in France", Reuters, 20 janvier 2005.
(23) "The obligation of inciting religious hatred", Dhimmi Watch, 15 mars 2004.
(24) "we make dua Allah allows your blood to spill over our hands", Jihad Watch, 31 mai 2005.
(25) Middle East Media Research Institute (MEMRI), "Bin Laden's Sermon for the Feast of the Sacrifice", MEMRI Special Dispatch No. 476, 5 mars 2003.
(26) "Zarqawi Statement May 20, 2005 Part 1", Jihad Unspun, 26 mai 2005.
(27) "Fears as young Muslims 'opt out'", BBC, 7 mars 2004.
(28) "Swiss Court Reinstates Muslim Teacher To His Job", IslamOnline, 4 avril 2004.
(29) "Doctors warn against child exam", Aftenposten, 3 juin 2005.
(30) "Furor Over Scrapping of Christmas Play", Reuters, 9 décembre 2004.
(31) David Brooks, "Among the Bourgeoisophobes: Why the Europeans and Arabs, each in their own way, hate America and Israel", The Weekly Standard, 15 avril 2002.
(32) Steven Stalinsky, "The Next Pope and Islamic Prophecy", FrontPageMagazine.com, 14 avril 2005.
(33) John L. Esposito, "Practice and Theory" Boston Review, avril/mai 2003.
(34) Stalinsky, "The Next Pope and Islamic Prophecy".
(35) "Fallaci: 'Processo non contro di me", Tgcom, 27 mai 2005. Traduction de Chris Newman, "Oriana's trial date set", sur le Blog de Dagger In Hand, 3 juin 2005.
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Notes du traducteur
[1] O. Fallaci a également écrit «La force de la raison», ouvrage analysé par Lorenzo Vidino, dans un article intitulé "Forceful Reason", mis en ligne le 4 mai 2004 dans National Review Online, et traduit en français par S. Pilczer, sous le titre "'Vigoureuse Raison' d'Oriana Fallaci", pour le site Objectif-info.com.
[2] Les Bnay Quraysh (ou Kuraish). Pour mémoire : En 628, Mohammed conclut une trêve avec les infidèles de sa tribu, les Bnay Kuraysh [qui étaient Juifs]. Il agit ainsi en raison de leur refus de se joindre à la communauté islamique, lorsqu'il réalisa qu'il ne pouvait les vaincre militairement. Deux ans plus tard, ayant consolidé son pouvoir, il attaqua la sainte Mecque, abattit les gens de son propre clan, et détruisit tous les symboles de leur culture païenne. Voir Un analyste israélien de l'Islam et de la politique arabe: Je crois Arafat.
[3] PETA est l'acronyme de People for the Ethic Treatment of Animals.
[4] Personnage truculent et épicurien du Satyricon, uvre latine attribuée à Petrone.
[5] Allusion à la réponse du Loup déguisé en grand-mère à la question du Petit Chaperon Rouge : «Grand-mère pourquoi avez-vous de si grosses dents ?» - «C'est pour mieux te manger, mon enfant !»
[6] Voir Dépêche de MEMRI, n° 447, du 6 décembre 2002, traduite en français sur notre site, sous le titre "Des cheiks annoncent la conquête de Rome par l'islam", et "Rome, prochaine conquête de l'Islam".
[7] Voir Macina, "Eurabia, Qaradawi, Ramadan: la menace islamiste soft". Pour avoir une idée plus précise de la tactique de Al-Qaradawi, voici, dans son intégralité, le passage auquel l'auteur fait allusion:
« On posa au prophète Mahomet la question suivante : "Quelle ville sera conquise en premier, Constantinople ou Romiyya ? Il répondit : La ville d'Héraclès sera conquise en premier", c'est-à-dire Constantinople
Romiyya est la ville aujourd'hui appelée 'Rome', capitale italienne. La ville d'Héraclès [qui devint ensuite Constantinople] fut conquise en 1453 par Mohammed Ben Morad, jeune Ottoman de 23 ans, connu sous le nom de Mohammed le Conquérant. L'autre ville, Romiyya, reste [à conquérir], et nous espérons et croyons [qu'elle sera conquise]
. Cela signifie que l'islam retournera en Europe. L'islam est entré deux fois en Europe, et deux fois l'a quittée
Peut-être que la prochaine conquête, avec la volonté d'Allah, se fera par la prédication et l'idéologie. Toute terre n'est pas obligatoirement conquise par l'épée
. [La conquête de la Mecque] ne s'est pas faite par l'épée ou la guerre, mais par un traité [de Houdaybia] et par des moyens pacifiques
Peut-être allons-nous conquérir ces terres sans armées. Nous voulons qu'une armée de prédicateurs et d'enseignants présentent l'islam dans toutes les langues et tous les dialectes
Nous avons conquis Constantinople, mais la deuxième partie de la prophétie reste à accomplir - la conquête de Romiyya. Celle-ci implique le retour de l'islam en Europe
L'Europe [finira par] se rendre compte qu'elle souffre de sa culture matérialiste et se cherchera une solution de remplacement, une échappatoire, un canot de sauvetage ; elle ne trouvera rien qui puisse la sauver, si ce n'est le message de l'islam, le message du muezzin, qui lui transmettra la religion sans renier le monde, la conduira aux cieux sans la déraciner de la terre. Avec la volonté d'Allah, l'islam retournera en Europe, et les Européens se convertiront à l'islam. Ils seront ensuite à même de propager l'islam dans le monde, mieux que nous, les anciens musulmans. Tout cela est possible pour Allah. »
[8] L'audience préliminaire de ce procès a été fixée au 12 juin 2006.











