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Incitation à la haine
Dans certaines écoles belges, l'antisémitisme est à la mode, E. Van Wilder
20/04/05Ce billet d’humeur a été adressé aux journaux belges suivants : Le Soir, La Dernière Heure, La Libre Belgique, Le Vif.
J’accompagnais, en cette après-midi du 19 avril, mes élèves de 4e et 6e Secondaire au Heysel, où se tenait l’ «Opération Carrières» qu’organise chaque année, avec succès et pour le plus grand profit de ses jeunes visiteurs, le Rotary. L’événement drainait un nombre impressionnant d’écoles bruxelloises. Tous ces adolescents étaient en demande d’information avant de choisir leur profession future et, partant, leurs études, universitaires ou autres. Ces adolescents se trouvaient, pour l’heure, agglutinés dans le métro qui les menait à bon port. Le groupe voisin du nôtre ne passait pas inaperçu. En son sein, les invectives volaient, dont la plus fréquente était «Sale juif !». Juifs, mes élèves l’étaient, et se tenaient cois. Ils ne portaient ni kippa, ni étoile de David, dont quelque chose me dit qu’elles auraient fait tache dans un environnement où abondaient nuques rasées, foulards et voiles. Un garçon a lancé à l’un de ses pareils «Si tu continues, je t’égorge !», et à une fille qui peinait à se frayer un passage dans la foule : «Tu veux que je t’ouvre un chemin au couteau ?» Je me permis de rappeler l’auteur de ces paroles à un vocabulaire moins agressif, non sanglant ; il me reprocha de manquer d’humour. Cette aimable jeunesse se préparait à démonter les sièges de la STIB quand, fort opportunément, on arriva à destination.
Dans le métro du retour, seule, cette fois, j’entendis prononcer le mot «synagogue». Un jeune homme de la même belge origine que les précités répéta, à l’adresse de deux copains, qu’il savait où était la «synagogue» - «Ouais, c’est ainsi que ça s’appelle» - et que ce serait bien de l’«exploser»… Je frémis, je manquais sans doute d’humour. Puis, il me revint un incident vieux de deux ans. En compagnie de mon proviseur, je descendais l’escalier de l’école professionnelle où j’officiais alors. Nos regards tombèrent en même temps sur une inscription ornant un mur : «Mort aux juifs !». Mon supérieur eut un soupir navré et commenta : «C’est la mode…»
Ouf ! Quand c’est la mode, tout est commode…
© Elisabeth Van Wilder *
* Elisabeth Van Wilder est professeur de français à l'Athénée Maimonide. Elle a communiqué ce témoignage à Rachel Samoul d’israelinfo@BRUSSELS.mfa.gov.il, qui nous l’a transmis.
Mis en ligne le 21 avril 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.
Dans le métro du retour, seule, cette fois, j’entendis prononcer le mot «synagogue». Un jeune homme de la même belge origine que les précités répéta, à l’adresse de deux copains, qu’il savait où était la «synagogue» - «Ouais, c’est ainsi que ça s’appelle» - et que ce serait bien de l’«exploser»… Je frémis, je manquais sans doute d’humour. Puis, il me revint un incident vieux de deux ans. En compagnie de mon proviseur, je descendais l’escalier de l’école professionnelle où j’officiais alors. Nos regards tombèrent en même temps sur une inscription ornant un mur : «Mort aux juifs !». Mon supérieur eut un soupir navré et commenta : «C’est la mode…»
Ouf ! Quand c’est la mode, tout est commode…
© Elisabeth Van Wilder *
* Elisabeth Van Wilder est professeur de français à l'Athénée Maimonide. Elle a communiqué ce témoignage à Rachel Samoul d’israelinfo@BRUSSELS.mfa.gov.il, qui nous l’a transmis.
Mis en ligne le 21 avril 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.











