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Incitation à la haine
La judéophobie dans la société, selon un intellectuel brésilien
Cet article, publié antérieurement dans la revue Notícias de Israel, d’août 2004, est extrait du bulletin du B’nai B’rith.Traduction française : Claude Detienne, pour upjf.org
Texte original : Judeufobia na sociedade global
Imiter les nazis
Luiz Nazário est professeur de cinéma à la Faculté des beaux-arts de l’Université fédérale de Minas Gerais. Sa dissertation de maîtrise était intitulée "Autodafés comme spectacles de masse", sous la direction du Professeur Anita Novisnky, de l’Université de São Paulo. Sa thèse de doctorat traitait du "rôle du cinéma dans la préparation de l’Holocauste", et étudiait de manière approfondie la propagande antisémite en Allemagne, où il habita pendant plusieurs années.
Au Brésil, Nazário est responsable de la communication des incidents de caractère antisémite dans le pays, qui sont incorporés au rapport mondial produit par l’Université de Tel Aviv.
Invité par la Commission nationale des droits de l’homme du B’nai B’rith du Brésil à parler de la "judéophobie dans la société globale", le chercheur a été clair et incisif. Pour Nazário, l’imaginaire antisémite répandu dans le monde arabe est très intense, et les caricatures, les livres scolaires, les médias et les discours utilisent le même schéma d’identité et de dégradation des juifs que l’imaginaire de la propagande nazie. Israël et les villes israéliennes ne figurent pas sur les cartes de 28 livres scolaires palestiniens.
Le total de la population de la Palestine indiqué dans les légendes est la somme des Arabes d’Israël et de ceux qui vivent sous l’Autorité palestinienne (AP).
Cela conduit à la grave conclusion qu’il s’agit "d’une éducation qui enseigne l’extermination de la population juive". Étudiés dans "Les manuels scolaires palestiniens" de Yohanan Manor, ces livres scolaires ont été réalisés à l’époque des Accords d’Oslo (1993), avec des financements de l’Union européenne (UE). L’UE a beaucoup investi dans l’AP, croyant que ce serait le chemin de la paix. Cependant, les livres sont utilisés pour l’endoctrinement d’enfants et de jeunes, qui caractérise les Israéliens comme des envahisseurs.
Concernant le discours islamique relevé dans les médias des pays arabes, Nazário corrobore l’analyse de Pierre-André Taguieff concernant l’existence d’un projet totalitaire de destruction de la société occidentale. "Un projet totalitaire comme le fut le nazisme", insiste-t-il. Taguieff affirme que le terme antisémitisme (la persécution raciale, ethnique, biologique) n’est plus adéquat et devrait être remplacé par judéophobie. Pour Nazário, "la nouvelle judéophobie est un paradoxe, parce qu’elle a été dévoyée par les mouvements antiracistes. Un exemple en est la Conférence de Durban. Dans ce nouvel amalgame, les mouvements anti-globalisation d’extrême gauche et pacifistes utilisent la judéophobie au nom de l’antiracisme. Cela provoque même l’augmentation des attaques physiques contre les juifs, nettement influencées par l’islamisme, surtout en Europe".
Cette tendance, renforcée par les gauches, se reflète dans la croissance de l’antisémitisme dans les milieux académiques brésiliens, au sein des directions et des professeurs universitaires. Les médias sont également complices de la nouvelle judéophobie : la grande presse en est venue à adopter une attitude a priori hostile à Israël. Par exemple, dans les informations, Israël n’affirme jamais quelque chose, mais "prétend que". Sharon est devenu un symbole de cette judéophobie, qui sert de catalyseur à l’antisémitisme inconscient.
Nazário fait remarquer que des intellectuels juifs de gauche ont publié un livre réfutant les affirmations de Taguieff, et le taxant "d’islamophobe". Pour sa part, Nazário croit que le totalitarisme islamique étouffe les musulmans modérés et conquiert un espace toujours plus grand dans les pays arabes. Il pense que la démocratie devra être très forte pour empêcher le progrès de ce nouveau totalitarisme en Occident.
© Notícias de Israel, pour l’original portugais, et upjf.org pour la version française.
Mis en ligne le 19 septembre 2004 sur le site www.upjf.org.











