[*] "Le « monstre vert » qui détruit Noël".
[**] "Comment Marie et Joseph auraient-ils franchi un poste de contrôle ? ".
Ci après, deux documents :
I. Un reportage photographique mis en ligne par site Oikoumenè du Conseil Oecuménique Mondial des Eglises.
II. La déconstruction de cette mauvaise parabole, par Menahem Macina.
08/12/04
I. Reportage photographique de limpossible voyage à Bethléem de "Marie et Joseph"
Texte original anglais : "If they had been travelling today, how would Mary and Joseph have fared at a checkpoint?".
Traduction française : Menahem Macina
1. Bloqués à un poste de contrôle israélien, "Marie et Joseph" se voient empêchés datteindre leur destination : Bethléem.

© WCC/Britta Samuelsson
2. Tout ce que les soldats peuvent offrir à "Marie et Joseph", cest une petite promenade le long de la barrière de fils barbelés, proche du poste de contrôle, tandis que quelques personnes assemblées chantent « Ô petite ville de Bethléem » [sur cette chanson populaire voir l'article "Le « monstre vert » qui détruit Noël", et sa note [2].]

© WCC/Britta Samuelsson
3. Le voyage de "Marie et Joseph" ne les mène pas à leur destination, car un poste de contrôle militaire israélien empêche le couple daller plus loin.

© WCC/Britta Samuelsson
II. Déconstruction de la parabole, par Menahem Macina
Pour comprendre tant linadéquation du motif évangélique évoqué, que le détournement, à des fins de propagande, quil constitue, du sens de ce qui est arrivé au couple Marie et Joseph de lhistoire, il est indispensable de se reporter au récit originel, tel quil figure dans lévangile selon Luc et uniquement chez cet évangéliste.
Luc 2, 1-7 : " Or, il advint, en ces jours-là, que parut un édit de César Auguste, ordonnant le recensement de tout le monde habité
Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s'appelle Bethléem, - parce qu'il était de la maison et de la lignée de David - afin de se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Or il advint, comme ils étaient là, que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. Elle enfanta son fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'il ny avait pas de place pour eux dans la salle. "
Au-delà des querelles dexperts sur le point de savoir si ce récit fait allusion à un événement historiquement datable, concentrons-nous sur la lettre du texte.
Première constatation - historique
La mésaventure du couple navait rien à voir avec la soldatesque de lépoque. Ils nont pas été bloqués à un poste de garde romain (il nen manquait certainement pas, alors, surtout en une circonstance telle quun recensement, hautement propice à des rassemblements, voire à des émeutes nationalistes ou religieuses). Tout simplement le caravansérail était au complet, et, en tout état de cause, il nétait pas question pour Marie daccoucher en public. Si bien que les considérations romantiques et pieuses, largement répandues dans les récits apocryphes des premiers siècles de lEglise et amplifiées par la légende dorée et liconographie postérieures, sur la naissance humble de Jésus dans une mangeoire, sont en fait la conséquence prosaïque et logique dune démarche, bien compréhensible, de pudeur et de commodité un abri pour animaux étant plus propice à lisolement dune accouchée et de son époux, quune salle bondée de gens.
Deuxième constatation psycho-sociologique
Limaginaire oriental, conjugué à la soif inextinguible de mythes fondateurs, dont souffre ce peuple créé de toutes pièces (arabes), dans les années 60, et donc cruellement privé de racines historiques, a développé, chez les Palestiniens une propension quasi pathologique à laffabulation pure et simple, ou, au mieux, à lemphase et à lexagération de faits non totalement dénués dexistence historique, mais relus et revus de manière amplifiée, voire épique, pour alimenter ou conforter lhistoire glorieuse, imaginée avec dautant plus de ferveur, que la trivialité et la misère du passé réel constituent une donnée de fait insupportable à affronter. Cest ainsi - beaucoup dentre nous en ont fait lexpérience - que des enfants malheureux, abandonnés, ou négligés par leurs parents, sinventent un père officier de marine, aviateur, savant, ou titulaire de toute autre distinction sociale, pour mieux oublier que leur véritable géniteur nétait quun personnage falot, voire peu recommandable. Cest à la lumière de cette observation de psychologie élémentaire quil convient dapprécier la vraie nature de ce folklore, vaguement paranoïaque et un brin ridicule pour nos mentalités dOccidentaux rassis et désabusés.
Troisième constatation politique et idéologique
Si nous étions des sociologues, rompus à la déconstruction des explications manichéennes de tous les malheurs du monde, les deux constatations qui précèdent pourraient servir de base à un article généreux sur les maladies denfance dun Etat en gestation, ou à une analyse psychologique distinguée, entièrement détachée des contingences de ce monde. Malheureusement, nous, Juifs, avons trop de mémoire et de cicatrices ancestrales pour réagir, dune manière aussi désincarnée et déconnectée de la réalité, à des récits mythiques de cette nature, qui alimentent sournoisement la haine dun peuple trop enclin à les prendre pour argent comptant et qui en est intoxiqué au point de confondre la réalité avec la fiction, les obstacles politiques avec la persécution, et le statut de peuple en marge de lhistoire - par la faute de ses dirigeants - avec celui de victime d'un autre peuple, Israël, en l'occurrence.
Conclusion
Sans donner dans lhystérie, nous devons combattre sans merci ces affabulations, parce quelles mettent en danger la légitimité et lexistence mêmes de lEtat dIsraël, tout autant, voire davantage que les attentats, les missiles et les roquettes qui frappent les populations civiles israéliennes.
En particulier, nous devons dénoncer avec force les mouvances occidentales surtout lorsquil sagit de mouvements et de dirigeants religieux chrétiens, qui devraient sabstenir rigoureusement de relayer et de soutenir de telles prédications de haine, ne serait-ce quen raison de lextrême spiritualité du message de leur fondateur, Jésus, le Juif de Nazareth, et de la haute idée quils ont de leurs Eglises et du témoignage quils veulent porter à la face du monde.
Dieu les jugera, non sur leurs paroles, mais sur leurs actes, surtout si ceux-ci contribuent à mettre en danger Son peuple. Comme latteste cette prophétie de Joël :
Jl 4, 1-2 : " Car en ces jours-là, en ce temps-là, quand je rétablirai Juda et Jérusalem, je rassemblerai toutes les nations, je les ferai descendre à la Vallée de Josaphat ; là j'entrerai en jugement avec elles à propos d'Israël, mon peuple et mon héritage. Car ils l'ont dispersé parmi les nations et ils ont partagé mon pays. "
Menahem Macina
© upjf.org
Mis en ligne le 13 décembre 2007, par M.











