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Incitation à la haine
Le peuple choisi par Dieu, Jostein Gaarder
Mieux vaut avertir davance nos internautes : beaucoup seront révulsés de lire lhorrible article du célèbre romancier norvégien, traduit ici en français. Personnellement, ce qui ma été le plus pénible, cest lusage massif que fait Gaarder de la personne de Jésus et de passages des Evangiles pour blasphémer le peuple juif, pour la religion et les coutumes duquel il ne cherche même pas à dissimuler son mépris. Cet homme appartient à lespèce la plus dangereuse des haïsseurs de notre peuple : celle des humanistes de culture chrétienne qui nont jamais pu surmonter leur aversion viscérale pour la spécificité (segulah) religieuse, culturelle et historique du peuple juif, dont le destin déroutant et irrationnel les rend fous. Israël est leur alibi pour donner libre cours à leur désir exterminateur. Les derniers paragraphes de ce monument de haine et dignorance mêlées sont réellement effrayants. En les lisant on se demande si les divagations meurtrières de lauteur ne sont pas diaboliquement prophétiques. Ce quil entrevoit est, en effet, le sort que rêvent de nous infliger ceux qui ont juré notre perte. Et je ne puis mempêcher de me dire, en frémissant, quà vue humaine, la probabilité que se réalise ce scénario délirant est de plus en plus grande, à la lumière de la colère qui va grandissant dans le monde contre notre malheureux peuple. (Menahem Macina).
Original norvégien : "Guds utvalgte folk", paru sur le site de Aftenposten, le 5 août 2006
Traduction française : Menahem Macina.
(Sur base de la traduction anglaise de loriginal, par Sirocco.).
Introduction de Sirocco
"Jostein Gaarder, auteur du phénomène littéraire de dimensions mondiales, Sophies World (Le monde de Sophie), traduit en 53 langues, 26 millions dexemplaires, lance une brûlante attaque contre Israël dans Aftenposten, journal norvégien de référence. Gaarder, historien des idées, se décrit comme un ami du peuple juif mais a des doutes sur le fait quIsraël soit le même. Quil suffise de dire que ce propos nest pas près de paraître dans le New York Times. La forme de la condamnation de Gaarder sinspire dAmos, le premier prophète juif dont le message ait été préservé en manuscrit (vers 750 avant notre ère). Selon Wikipedia : "Lidée centrale du livre dAmos est que Yahweh a mis son peuple au même rang que les nations qui lentourent Yahweh attend que tous aient la même moralité."
Larticle de Jostein Gaarder
"Garden est un bon romancier qui, à linstar dautres excellents esprits artistiques, est un ignorant en matière politique et un formidable anti-diplomate. Pour un Européen, dire quIsraël a abusé du but pour lequel il a été créé et ne doit plus être reconnu, de ce fait, et illustrer cela par des mots de la bible, cest PIRE que si un Suédois disait : « La Norvège a été créée pour que les Norvégiens soccupent de leurs propres affaires, ce dont ils ont massivement abusé en se posant, au contraire, en juges des affaires des autres ; en conséquence, nous ne devons donc plus reconnaître lexistence de la Norvège » [ ] La meilleure chose que puisse faire Gaarder est de présenter ses excuses et de faire une pause." (Traduction du commentaire dun lecteur du nom de Lazars, 12 août 2006).
Cest un point de non-retour. Il est temps dapprendre une leçon nouvelle : Nous nacceptons plus lEtat dIsraël. Nous ne pouvions accepter le régime dapartheid de lAfrique du Sud, ni navons accepté le régime des Taliban afghans. Par la suite, beaucoup nont pas accepté lIraq de Saddam Hussein, ni le nettoyage ethnique des Serbes. Nous devons maintenant nous habituer à cette idée : LEtat dIsraël dans sa forme actuelle, cest de lhistoire ancienne.Nous ne croyons pas à la conception dun peuple élu par Dieu. Nous nous moquons des billevesées de ce peuple et pleurons sur ses méfaits. Agir en tant que peuple choisi par Dieu est non seulement stupide, mais cest un crime contre lhumanité. On appelle cela du racisme.
Des limites à la tolérance
Il y a des limites à notre patience, et il y a des limites à notre tolérance. Nous ne croyons pas que les promesses divines justifient loccupation et la ségrégation. Le Moyen-Âge est derrière nous. Nous rions avec gêne de ceux qui croient encore que le Dieu de la flore, de la faune et des galaxies a choisi un peuple particulier comme son favori et lui a donné ces drôles de Tables [de la Loi], des buissons ardents, et la permission de tuer.
Nous appelons les tueurs denfants 'tueurs denfants', et nous naccepterons jamais que de telles gens aient un mandat divin ou historique pour excuser leurs crimes. Nous disons seulement ceci : Honte à toute discrimination, honte au nettoyage ethnique, honte à toute attaque terroriste contre des civils, quelle soit perpétrée par le Hamas, par le Hezbollah, ou par lEtat dIsraël !
Lart sans scrupule de la guerre
Nous reconnaissons et acceptons limmense responsabilité de lEurope dans le malheur des Juifs, dans les honteuses persécutions, les pogromes et lHolocauste. Il était historiquement et moralement nécessaire que les Juifs aient un foyer à eux. Mais lEtat dIsraël, par son art sans scrupule de la guerre et ses armes répugnantes, a détruit sa propre légitimité. Il a systématiquement dédaigné le Droit international, les accords internationaux, et un nombre infini de résolutions de lONU, il ne peut donc sattendre à la protection de cette organisation. Il a déversé des tapis de bombes sur la reconnaissance dont il avait bénéficié de la part du monde. Mais, nayez crainte ! Cette époque difficile prendra vite fin. LEtat dIsraël a connu son Soweto [allusion à lIntifada. NDLR dupjf.org].
Nous sommes maintenant à un tournant. Il ny a pas de possibilité de retour. LEtat dIsraël a violé la reconnaissance du monde et il ne connaîtra pas la paix tant quil naura pas déposé les armes.
Sans défense, sans peau
Puissent lesprit et lépée balayer les murs dapartheid dIsraël. LEtat dIsraël nexiste pas. Il est maintenant sans défense, sans peau. Puisse donc le monde avoir pitié de la population civile. Car ce nest pas aux individus civils que sadresse notre harangue de malheur.
Nous souhaitons le bien dIsraël, rien que son bien, mais nous nous réservons le droit de ne pas manger doranges de Jaffa tant quelles empestent et sont empoisonnées. Nous avons bien pu supporter de vivre quelques années sans les raisins bleus de lapartheid.
Ils célèbrent leurs triomphes
Nous ne croyons pas quIsraël se désole davantage pour les quarante enfants libanais tués que pour les quarante années passées dans le désert sur lesquelles il sest lamenté depuis plus de trois mille ans. Nous remarquons que certains Israéliens célèbrent de tels triomphes comme ils ont jadis applaudi, tel "un châtiment mérité", aux fléaux que le Seigneur infligeait aux Egyptiens. (Dans ce récit, le Seigneur, Dieu dIsraël, savère un sadique insatiable.) On peut se demander si la plupart des Israéliens pensent quune seule vie israélienne vaut plus que les vies de quarante Palestiniens ou Libanais.
Car nous avons vu des photos de petites filles israéliennes écrivant des souhaits de haine sur les bombes qui allaient être lancées contre la population civile du Liban et de Palestine. Les petites filles israéliennes nont rien de mignon quand elles se pavanent avec allégresse pour la mort et les tourments de ceux qui sont de lautre côté de la ligne de front.
Le châtiment de la vengeance par le sang
Nous nacceptons pas la rhétorique de lEtat dIsraël. Nous nacceptons pas la spirale du châtiment de la vengeance par le sang, selon le "il pour il, dent pour dent". Nous nacceptons pas lusage des punitions collectives ni la mise à la diète de grandes parties de populations, comme armes politiques. Deux mille ans ont passé depuis quun rabbi juif [Jésus] a critiqué le "il pour il, dent pour dent".
Il disait : "Faites aux autres ce que vous voudriez quils vous fassent" [Cf. Matthieu 7, 12]. Nous nacceptons pas un Etat fondé sur des principes antihumanistes et sur les ruines dune religion archaïque et guerrière. Ou, comme la exprimé Albert Schweitzer : "Lhumanisme consiste à ne jamais sacrifier un être humain pour atteindre un but".
Compassion et pardon
Nous nacceptons pas lancien Royaume de David comme modèle pour établir la carte du Moyen-Orient du XXIe siècle. Le rabbi juif [Jésus] affirmait, il y a deux mille ans, que le Royaume de Dieu nétait pas une restauration guerrière du Royaume de David, mais que le Royaume de Dieu est au-dedans de nous [cf. Luc 17, 21]. Le Royaume de Dieu est compassion et pardon.
Deux mille ans ont passé depuis que le rabbi juif a désarmé et humanisé lancienne rhétorique de guerre. De son temps déjà, sévissaient les premiers terroristes sionistes.
Israël nécoute pas
Il y a deux mille ans que nous répétons le syllabus de lhumanisme, mais Israël nécoute pas. Ce nest pas le pharisien qui a porté secours à lhomme victime des voleurs, qui gisait sur le bas côté de la route, mais un Samaritain [cf. Lc 10, 30 ss.] aujourdhui nous dirions : un Palestinien. Car nous sommes avant tout des êtres humains ensuite seulement des chrétiens, des musulmans, ou des Juifs. Ou encore, comme disait le rabbi juif : "Si vous saluez seulement vos frères, en quoi faites vous mieux que les autres ? [Cf. Matthieu 5, 47]. Nous nacceptons pas lenlèvement de soldats. Mais nous nacceptons pas non plus la déportation de populations entières, ni lenlèvement de parlementaires et de ministres dun gouvernement, légalement élus.
Nous reconnaissons lEtat dIsraël de 1948, mais pas celui de 1967. Cest lEtat dIsraël qui ne reconnaît ni ne respecte lEtat dIsraël de 1948, dont la légalité est admise internationalement. Israël veut davantage ; davantage deau et davantage de villages. Pour obtenir cela, certains veulent, avec laide de Dieu, une solution finale au problème palestinien. Les Palestiniens ont tellement dautres pays, ont argué certains politiciens israéliens ; nous, nous nen avons quun.
Les Etats-Unis ou le monde ?
Ou encore, comme le dit le plus puissant protecteur dIsraël : "Puisse Dieu continuer à bénir lAmérique". Une petite fille avait remarqué cela. Elle se tourna vers sa mère et lui dit : "Pourquoi le Président termine-t-il toujours ses discours par 'Dieu bénisse lAmérique' ? Pourquoi pas : 'Dieu bénisse le monde' ?"
Et puis, il y a eu un poète norvégien qui a laissé échapper ce soupir enfantin : "Pourquoi lhumanité progresse-t-elle si lentement ?" Cest lui qui a écrit de si jolies choses à propos du Juif et de la Juive. Mais il rejetait la notion dun peuple élu par Dieu. Il aimait se désigner comme musulman.
Calme et pitié
Nous nacceptons pas lEtat dIsraël. Ni aujourdhui, ni à lheure où ces lignes sont écrites, ni en cette heure de chagrin et de colère. Si lentièreté de la nation israélienne devait succomber sous ses propres intrigues et que des parties de sa population devaient fuir les régions occupées pour une autre diaspora, alors nous disons : Que leurs voisins restent calmes et leur témoignent de la pitié. Cest un crime éternel sans rémission que de porter la main sur un peuple de réfugiés et dapatrides.
Paix et libre passage pour lévacuation de la population civile qui nest plus protégée par un Etat. Ne tirez pas sur ses fugitifs ! Ne les prenez pas pour cibles ! [cf. Abdias, 14]. Ils sont maintenant vulnérables comme des escargots sans coquille, vulnérables comme les convois de réfugiés palestiniens et libanais, sans défense comme les femmes, les enfants et les vieillards de Qana, Gaza, Sabra et Chatilla. Donnez un abri aux réfugiés israéliens, donnez-leur du lait et du miel !
Ne laissez pas un seul enfant israélien perdre la vie. Beaucoup trop denfants et de civils ont déjà été assassinés.
Jostein Gaarder
© Aftenposten
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Note du traducteur en langue anglaise :
Voir : une analyse partielle de cet article controversé, et une réfutation de mauvaises interprétations.
Un commentaire sur la lettre au peuple norvégien, par Shimon Samuels, du Centre Simon Wiesenthal.
Traduction du nouvel éditorial de Gaarder, où il explique sa position concernant Israël et les Juifs.
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Mis en ligne le 25 août 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











