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Une forme 'subtile' de révisionnisme, au Brésil ?
Commentaire anonyme du site brésilien www.deolhonamidia.org.br (version brésilienne de Honestreporting.com)
www.deolhonamidia.org.br/Comentarios/mostraComentario.asp?tID=204
Traduction française du brésilien : Claude Detienne.
Aujourd'hui, jeudi 5 mai, c'est le "Yom Hashoa" dans le calendrier juif. Jour de souvenir des victimes de l'Holocauste, et d'hommage aux héros de la Résistance.
Cependant, 60 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, certains secteurs des médias commencent à relativiser ce qui s'est passé pendant ces années obscures. A commencer par le bourreau-en-chef, Adolf Hitler. Des films et des témoignages dans des journaux tentent de présenter une image plus "soft" du monstre, lors de ses derniers jours. Serait-ce une forme "subtile" de révisionnisme ? Sinon, que pourrait bien être cet étrange phénomène ?
Après que Mel Gibson ait transformé les juifs en êtres dépravés, assoiffés de sang et de vengeance, sur les écrans de cinéma, c'est au tour du cinéma allemand d'humaniser Hitler et de laisser entendre qu'il n'était pas si mauvais que ça. Le film du producteur allemand Bernd Eichinger, fils de soldat nazi, "Der Untergang" (Le Déclin), va jusqu'à montrer le dictateur allemand, assassin de plus de 40 millions de personnes pendant la seconde guerre mondiale, en train de verser des larmes lors de ses derniers jours. Le journal O Globo [N. du Tr.: Principal journal de Rio de Janeiro, partie de l'empire médiatique du même nom, tire à un peu plus de 7.500.000 exemplaires], qui a reproduit une critique du film, affirme: "Après le passage de quelques extraits à la télévision, le journal Bild a réalisé une enquête: «Ce monstre peut-il être présenté comme un être humain ?»".
Hitler est l'homme qui a créé la plus grande machine de guerre de l'histoire, qui a causé un total de 40 millions de morts pendant la seconde guerre mondiale. Il a créé le système d'élimination systématique et industrialisée des juifs, en a assassiné six millions en Europe, dans des massacres, des camps de travail et dans les camps d'extermination par gazage. Avec Goebbels, il a été l'auteur d'une révolution en matière de propagande antisémite sur le continent.
Telle est la personne que le film essaye d'"humaniser".
À la fin de février le journal O Estado de São Paulo [N. du Tr.: Journal conservateur influent de São Paulo, qui tire à un peu plus de 7.000.000 d'exemplaires] est allé plus loin et a interviewé un garde du corps personnel du Führer, qui l'a accompagné pendant cinq ans, jusqu'à sa fin. Pour Rochus Misch, "le Führer était un homme tout à fait normal et n'avait rien d'un monstre". Que le garde personnel d'Hitler le dise, on pouvait s'y attendre. Que l'Estado de São Paulo publie ce commentaire tel quel, comme si c'était une vérité, est lamentable.
Parmi les affirmations de Misch, dans son interview, et qui restent absolument sans réponse, figurent celles-ci: "Ce n'était pas un monstre, ce n'était pas quelqu'un de mauvais, il n'avait pas de problèmes psychiques. De ses attitudes politiques je ne peux rien dire. Mais au quotidien, c'était un homme tout à fait normal, simple, rien de spécial. Il aimait les enfants et les chiens. Le soir, il ne permettait pas de parler de politique. Il écoutait de la musique, buvait du thé..."
Hitler devient un homme sensible. Qui adorait enfants et chiens. Est-ce que le million et demi d'enfants juifs massacrés pendant l'Holocauste était sa façon particulière de démontrer cet amour ?
En parlant de la connaissance qu'avait Hitler de l'Holocauste, il dit:
"Je n'ai jamais rien su. Hitler n'a jamais visité de camp de concentration. Nous étions toujours ensemble. J'aurais su. La haine des juifs était plutôt une question politique. Il n'avait rien contre le peuple juif, mais contre le pouvoir du capital juif. La cuisinière de Hitler, qu'il aimait beaucoup, était juive. Je pense que les camps de concentration furent une décision prise dans d'autres sphères du gouvernement. Hitler n'était qu'un homme, derrière lui il y avait toute une machine publique".
Autrement dit, toute la machine meurtrière des camps d'extermination, toute la propagande nazie au cinéma, à la radio, à la télévision, etc. Toutes les expulsions, la Nuit de Cristal, qui s'est répercutée dans le monde entier [...] tout cela était MÉCONNU de l'administrateur de toute la machine, le chef de l'État allemand. Le budget nécessaire à la réalisation de tout cela était-il, lui aussi, méconnu de Hitler? Sans doute était-il schizophrénique et n'a-t-il jamais lu son PROPRE LIVRE [Mein Kampf], où il distille la haine des juifs et un antisémitisme de la pire espèce, à chaque page !
Qui aurait dû faire ce commentaire? L'Estado de São Paulo qui, comme nous l'avons déjà dit, n'en a rien fait. Il a laissé parler l'interviewé qui transformait Hitler en une personne sensible et délicate. Image fort éloignée de la situation réelle.
Pour faire suite à cette nouvelle manie, ces derniers jours a été publiée par plusieurs médias une interview de l'infirmière de Hitler. Erna Flegel dit que "son autorité était extraordinaire. Il s'est toujours montré courtois et charmeur. Il n'y avait rien à corriger".
De nouveau, sans commentaires, sans explications, la conversation soulève les mêmes questions que [l’entretien avec] Misch: Hitler serait un homme très sensible, qui s'est ému du suicide des fils de Goebbels, et qui a commencé une dépression, quand son chien est mort.
Le fait est particulièrement dangereux, à un moment où la haine des juifs se répand sans contrôle en Europe, provoquant des incendies dans des écoles, des profanations dans des cimetières, des passages à tabac de jeunes, et autres actes similaires dans la région.
Aujourd'hui, en France, en Espagne, en Allemagne, en Autriche et dans les pays voisins, si grandes sont la force et la qualité de la propagande antisémite dans ces régions, qu’il est normal de comparer les Israéliens aux nazis. Sauf que cette fois-ci, le tir principal ne vient pas de l'extrême droite ni de groupes chrétiens, mais de la gauche et de groupes islamiques qui se développent dans ces pays.
Pour aggraver davantage encore la situation, Mel Gibson décrit les juifs comme des bourreaux pires que les nazis, des assassins cruels et inhumains. En conséquence - doivent penser les spectateurs -, les Israéliens aussi sont comme ça. Et maintenant, incroyable, Hitler n'était pas "si méchant". Il fut même capable de "pleurer" et d’éprouver de la "faiblesse", dans ses derniers jours. Un "être humain comme nous", somme toute.
Chaque jour les médias deviennent le contraire de ce que pour quoi ils furent créés: informer. Il est de plus en plus difficile de trouver une information et une documentation caractérisées par la qualité et la vérité.
La question à laquelle nous laissons nos lecteurs répondre est la suivante :
A qui profite et pourquoi est organisée cette campagne visant à adoucir l'image de Hitler, juste au moment où nous commémorons les 60 ans de la fin des atrocités et de l'horreur ? Qu'y a-t-il derrière cette suite d'événements qui tentent d' "humaniser" ce monstre? Est-ce que bientôt nous verrons des interviews, des films, des témoignages et autres choses semblables disant que si Hitler n'était pas si mauvais, la guerre ne le fut pas non plus, et en conséquence l'Holocauste non plus ?
Tout cela serait-il une forme "subtile" de révisionnisme ? Il n'y pas de mal à poser la question, cher lecteur.
Mais la réponse ne nous appartient pas. Elle appartient aux médias. Aussi devons-nous attendre pour voir... Le temps, maître de la raison, nous le dira.
© deolhonamidia.org.br
Mis en ligne le 10 mai 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.
www.deolhonamidia.org.br/Comentarios/mostraComentario.asp?tID=204
Traduction française du brésilien : Claude Detienne.
Aujourd'hui, jeudi 5 mai, c'est le "Yom Hashoa" dans le calendrier juif. Jour de souvenir des victimes de l'Holocauste, et d'hommage aux héros de la Résistance.
Cependant, 60 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, certains secteurs des médias commencent à relativiser ce qui s'est passé pendant ces années obscures. A commencer par le bourreau-en-chef, Adolf Hitler. Des films et des témoignages dans des journaux tentent de présenter une image plus "soft" du monstre, lors de ses derniers jours. Serait-ce une forme "subtile" de révisionnisme ? Sinon, que pourrait bien être cet étrange phénomène ?
Après que Mel Gibson ait transformé les juifs en êtres dépravés, assoiffés de sang et de vengeance, sur les écrans de cinéma, c'est au tour du cinéma allemand d'humaniser Hitler et de laisser entendre qu'il n'était pas si mauvais que ça. Le film du producteur allemand Bernd Eichinger, fils de soldat nazi, "Der Untergang" (Le Déclin), va jusqu'à montrer le dictateur allemand, assassin de plus de 40 millions de personnes pendant la seconde guerre mondiale, en train de verser des larmes lors de ses derniers jours. Le journal O Globo [N. du Tr.: Principal journal de Rio de Janeiro, partie de l'empire médiatique du même nom, tire à un peu plus de 7.500.000 exemplaires], qui a reproduit une critique du film, affirme: "Après le passage de quelques extraits à la télévision, le journal Bild a réalisé une enquête: «Ce monstre peut-il être présenté comme un être humain ?»".
Hitler est l'homme qui a créé la plus grande machine de guerre de l'histoire, qui a causé un total de 40 millions de morts pendant la seconde guerre mondiale. Il a créé le système d'élimination systématique et industrialisée des juifs, en a assassiné six millions en Europe, dans des massacres, des camps de travail et dans les camps d'extermination par gazage. Avec Goebbels, il a été l'auteur d'une révolution en matière de propagande antisémite sur le continent.
Telle est la personne que le film essaye d'"humaniser".
À la fin de février le journal O Estado de São Paulo [N. du Tr.: Journal conservateur influent de São Paulo, qui tire à un peu plus de 7.000.000 d'exemplaires] est allé plus loin et a interviewé un garde du corps personnel du Führer, qui l'a accompagné pendant cinq ans, jusqu'à sa fin. Pour Rochus Misch, "le Führer était un homme tout à fait normal et n'avait rien d'un monstre". Que le garde personnel d'Hitler le dise, on pouvait s'y attendre. Que l'Estado de São Paulo publie ce commentaire tel quel, comme si c'était une vérité, est lamentable.
Parmi les affirmations de Misch, dans son interview, et qui restent absolument sans réponse, figurent celles-ci: "Ce n'était pas un monstre, ce n'était pas quelqu'un de mauvais, il n'avait pas de problèmes psychiques. De ses attitudes politiques je ne peux rien dire. Mais au quotidien, c'était un homme tout à fait normal, simple, rien de spécial. Il aimait les enfants et les chiens. Le soir, il ne permettait pas de parler de politique. Il écoutait de la musique, buvait du thé..."
Hitler devient un homme sensible. Qui adorait enfants et chiens. Est-ce que le million et demi d'enfants juifs massacrés pendant l'Holocauste était sa façon particulière de démontrer cet amour ?
En parlant de la connaissance qu'avait Hitler de l'Holocauste, il dit:
"Je n'ai jamais rien su. Hitler n'a jamais visité de camp de concentration. Nous étions toujours ensemble. J'aurais su. La haine des juifs était plutôt une question politique. Il n'avait rien contre le peuple juif, mais contre le pouvoir du capital juif. La cuisinière de Hitler, qu'il aimait beaucoup, était juive. Je pense que les camps de concentration furent une décision prise dans d'autres sphères du gouvernement. Hitler n'était qu'un homme, derrière lui il y avait toute une machine publique".
Autrement dit, toute la machine meurtrière des camps d'extermination, toute la propagande nazie au cinéma, à la radio, à la télévision, etc. Toutes les expulsions, la Nuit de Cristal, qui s'est répercutée dans le monde entier [...] tout cela était MÉCONNU de l'administrateur de toute la machine, le chef de l'État allemand. Le budget nécessaire à la réalisation de tout cela était-il, lui aussi, méconnu de Hitler? Sans doute était-il schizophrénique et n'a-t-il jamais lu son PROPRE LIVRE [Mein Kampf], où il distille la haine des juifs et un antisémitisme de la pire espèce, à chaque page !
Qui aurait dû faire ce commentaire? L'Estado de São Paulo qui, comme nous l'avons déjà dit, n'en a rien fait. Il a laissé parler l'interviewé qui transformait Hitler en une personne sensible et délicate. Image fort éloignée de la situation réelle.
Pour faire suite à cette nouvelle manie, ces derniers jours a été publiée par plusieurs médias une interview de l'infirmière de Hitler. Erna Flegel dit que "son autorité était extraordinaire. Il s'est toujours montré courtois et charmeur. Il n'y avait rien à corriger".
De nouveau, sans commentaires, sans explications, la conversation soulève les mêmes questions que [l’entretien avec] Misch: Hitler serait un homme très sensible, qui s'est ému du suicide des fils de Goebbels, et qui a commencé une dépression, quand son chien est mort.
Le fait est particulièrement dangereux, à un moment où la haine des juifs se répand sans contrôle en Europe, provoquant des incendies dans des écoles, des profanations dans des cimetières, des passages à tabac de jeunes, et autres actes similaires dans la région.
Aujourd'hui, en France, en Espagne, en Allemagne, en Autriche et dans les pays voisins, si grandes sont la force et la qualité de la propagande antisémite dans ces régions, qu’il est normal de comparer les Israéliens aux nazis. Sauf que cette fois-ci, le tir principal ne vient pas de l'extrême droite ni de groupes chrétiens, mais de la gauche et de groupes islamiques qui se développent dans ces pays.
Pour aggraver davantage encore la situation, Mel Gibson décrit les juifs comme des bourreaux pires que les nazis, des assassins cruels et inhumains. En conséquence - doivent penser les spectateurs -, les Israéliens aussi sont comme ça. Et maintenant, incroyable, Hitler n'était pas "si méchant". Il fut même capable de "pleurer" et d’éprouver de la "faiblesse", dans ses derniers jours. Un "être humain comme nous", somme toute.
Chaque jour les médias deviennent le contraire de ce que pour quoi ils furent créés: informer. Il est de plus en plus difficile de trouver une information et une documentation caractérisées par la qualité et la vérité.
La question à laquelle nous laissons nos lecteurs répondre est la suivante :
A qui profite et pourquoi est organisée cette campagne visant à adoucir l'image de Hitler, juste au moment où nous commémorons les 60 ans de la fin des atrocités et de l'horreur ? Qu'y a-t-il derrière cette suite d'événements qui tentent d' "humaniser" ce monstre? Est-ce que bientôt nous verrons des interviews, des films, des témoignages et autres choses semblables disant que si Hitler n'était pas si mauvais, la guerre ne le fut pas non plus, et en conséquence l'Holocauste non plus ?
Tout cela serait-il une forme "subtile" de révisionnisme ? Il n'y pas de mal à poser la question, cher lecteur.
Mais la réponse ne nous appartient pas. Elle appartient aux médias. Aussi devons-nous attendre pour voir... Le temps, maître de la raison, nous le dira.
© deolhonamidia.org.br
Mis en ligne le 10 mai 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.











