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Pour se souvenir : le rouleau de la Shoah, J.-M. Allafort
04/05/05Il faut savoir apprécier cette information d'autant qu'elle émane d'un religieux catholique qui a voué sa vie à l'étude et à l'enseignement du judaïsme. Rappelons que J.-M. Allafort fait partie d'une équipe de chrétiens de Jérusalem, qui anime, avec le Père Michel Remaud, outre un Centre d'Etudes Juives, le site de "Un écho d'Israël", auquel nous devons maintes informations et analyses originales sur la vie en Israël. Menahem Macina.
Extrait de "Un écho d'Israël".
En Israël, ce 5 mai, on se souvient des six millions de Juifs morts pendant la Seconde Guerre Mondiale. Journée de tristesse et de souvenirs pénibles, chacun le vit différemment.
Pour la première fois, un texte religieux pour commémorer le jour de la Shoah a été écrit par le professeur Avigdor Shinan, de l’Université hébraïque de Jérusalem, et un groupe de Juifs religieux de l’institut d’Etudes Juives Schechter, à Jérusalem. Ce texte liturgique appelé 'le rouleau de la Shoah' est destiné à être lu le jour de la commémoration de la Shoah. Cette année une édition bilingue hébreu-français du rouleau de la Shoah a été publiée.
Les tragédies ont affecté le peuple juif tout au long de son histoire et elles sont commémorées de trois façons différentes :
Le rouleau a déjà été lu l’an dernier dans de nombreuses synagogues à travers le monde. Les six chapitres - un pour chacun des six millions de Juifs - comprennent une introduction historique, une description du Ghetto de Varsovie, d’un camp de travail, d’un camp de la mort, une élégie pour les martyrs et un chapitre sur les rescapés et la naissance de l’Etat d’Israël.
L’Institut Schechter donne trois raisons à la composition de ce rouleau liturgique :
Mais, pour l’heure, avec ceux qui liront ce rouleau et ceux qui ne le liront pas, souvenons-nous des six millions de victimes de cette folie meurtrière, que l’intelligence humaine ne pourra jamais vraiment saisir.
Jean-Marie Allafort
© Afiq.net.
Mis en ligne le 04 mai 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.
En Israël, ce 5 mai, on se souvient des six millions de Juifs morts pendant la Seconde Guerre Mondiale. Journée de tristesse et de souvenirs pénibles, chacun le vit différemment. Pour la première fois, un texte religieux pour commémorer le jour de la Shoah a été écrit par le professeur Avigdor Shinan, de l’Université hébraïque de Jérusalem, et un groupe de Juifs religieux de l’institut d’Etudes Juives Schechter, à Jérusalem. Ce texte liturgique appelé 'le rouleau de la Shoah' est destiné à être lu le jour de la commémoration de la Shoah. Cette année une édition bilingue hébreu-français du rouleau de la Shoah a été publiée.
Les tragédies ont affecté le peuple juif tout au long de son histoire et elles sont commémorées de trois façons différentes :
- Soit par un jeûne public, comme le jour de la Destruction du Temple (le neuf du mois de Av) qui est le jeûne le plus connu. Au cours de l’histoire juive, on a institué des jeûnes pour commémorer, par exemple, le tremblement de terre qui secoua Israël le 18 janvier 749, où des milliers de personnes périrent ; ou encore le 20 Sivan, pour se souvenir des trente-deux Juifs qui furent envoyés au bûcher, le 26 mai 1171, à Blois.
- Soit en consacrant des périodes de deuil dans le calendrier hébraïque comme c’est le cas entre le 17 Tammouz (la première brèche dans la muraille de Jérusalem) et le 9 du mois de Av (destruction du 1er et du second Temple) ; ou encore la période de l’Omer, entre Pessah et le 33ème jour de l’Omer, en souvenir des massacres perpétrés par les Romains, lors de la révolte de Bar Kochba (135 ap. J.C.).
- Soit en composant des élégies et des complaintes. Le Livre des Lamentations, qui commémore la destruction du premier Temple en est l’exemple le plus célèbre. Mais il y a beaucoup d’élégies (kinot) qui furent composées au cours de l’histoire du peuple juif. Par exemple, l’accusation de crime rituel de 1171 fut commémorée par des poèmes liturgiques et des chroniques historiques. Rabbi Chabbtaï HaCohen (1621-1662) composa un rouleau, du nom de Meguilat Afa (cf. Za 5, 1-2) ainsi que des élégies sur les massacres de 1648-1649. Ces pièces liturgiques furent récitées le 20 sivan jusqu’à la Shoah.
Le rouleau a déjà été lu l’an dernier dans de nombreuses synagogues à travers le monde. Les six chapitres - un pour chacun des six millions de Juifs - comprennent une introduction historique, une description du Ghetto de Varsovie, d’un camp de travail, d’un camp de la mort, une élégie pour les martyrs et un chapitre sur les rescapés et la naissance de l’Etat d’Israël.
L’Institut Schechter donne trois raisons à la composition de ce rouleau liturgique :
- Les rescapés sont en train de disparaître et il faut faire la transition entre la mémoire individuelle et la mémoire collective tant que le lien à la Shoah passe par les vivants.
- Dans le judaïsme, c’est uniquement en ancrant les événements historiques dans un rituel religieux qu’on en perpétue le souvenir.
- Enfin, le négationnisme de plus en plus grandissant doit être contrecarré. C’est pourquoi il faut éduquer les enfants et les jeunes du monde entier et leur faire comprendre que cet événement est unique dans l’histoire de l’humanité.
Mais, pour l’heure, avec ceux qui liront ce rouleau et ceux qui ne le liront pas, souvenons-nous des six millions de victimes de cette folie meurtrière, que l’intelligence humaine ne pourra jamais vraiment saisir.
Jean-Marie Allafort
© Afiq.net.
Mis en ligne le 04 mai 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.











