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Les Juifs, Le Sionisme et Israël dans les manuels scolaires syriens (I), CMIP
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Centre pour l’Observation de l’Impact de la Paix
(Center for Monitoring the Impact of Peace – CMIP)
www.edume.org/


Original anglais : www.edume.org/reports/6/toc.htm

Traduction française par Claude Detienne, Louvain-La-Neuve, pour CJE. [Tous droits réservés à l'Association internationale Chrétiens et Juifs pour un enseignement de l'Estime (CJE)]


Voir la Deuxième Partie : www.upjf.org/detail.do?noArticle=804&noCat=110&id_key=110#)
Voir la Troisième Partie : www.upjf.org/detail.do?noArticle=828&noCat=110&id_key=110#


Résumé


La paix est devenue le choix stratégique déclaré de la Syrie depuis la conférence de Madrid en 1991. La présente enquête, réalisée à l’initiative du Center for Monitoring the Impact of Peace (CMIP), a entrepris de déterminer dans quelle mesure l’idée de paix avec Israël est entrée dans le programme scolaire officiel syrien. Soixante-huit manuels pour les années 1-12 dans différents domaines, tous utilisés dans le programme scolaire syrien en 200, ont été examinés dans cette enquête. Voici les résultats :

· Le conflit arabo-israélien est un thème majeur dans le programme scolaire syrien où il est abordé dans la plupart des manuels. L’essence du conflit est le droit à l’existence d’Israël, non ses frontières. En fait, le conflit est dépeint comme une lutte décisive pour l’existence entre l’ensemble de la nation arabe et une entité juive sioniste qui s’est établie en Palestine.
· Il est impossible de trouver le moindre mot favorable pour les juifs dans les manuels syriens. Les juifs s’y voient nier les caractéristiques d’une nation, ils n’ont pas de lien avec leurs ancêtres ni avec la terre de Palestine, et leur religion est raciste. Ils sont dépeints comme des ennemis des Arabes depuis l’antiquité, de l’Islam depuis son début, de toute l’humanité, des prophètes et de Dieu lui-même. La haine des nations du monde entier envers eux est justifiée. L’holocauste est justifié quoique son ampleur soit exagérée par les juifs. Il y a un passage dans les manuels qui appelle à leur élimination.
· Le sionisme est dépeint comme un mouvement raciste et agressif basé sur de fausses présomptions que les juifs sont un peuple lié à la Palestine. Le sionisme exploite la religion juive en vue de contrôler de vastes zones de la patrie arabe.
· Israël est dépeint comme une entité étrangère et artificielle est n’est pas reconnu comme un État légitime. Son emplacement sur la carte est toujours identifié comme Palestine. Israël est entièrement mauvais. Il ressemble à un cancer qui se propage et il est aussi la source d’innombrables ennuis dont sont victimes les Arabes, à commencer par l’usurpation de la Palestine, en passant par l’empêchement de la réalisation de l’unité arabe et du progrès économique arabe, pour finir par la tentative d’effacer l’identité nationale palestinienne et arabe. La société israélienne est pleine de malice envers les Arabes et les soldats israéliens sont diabolisés.
· Jérusalem est et a toujours été une ville arabe. Les juifs ne sont pas mentionnés comme ses habitants, ni dans le passé ni dans le présent. Leurs lieux saints dans la ville ne sont pas mentionnés à côté de ceux des musulmans et des chrétiens. La présence des juifs dans Jérusalem est celle d’occupants étrangers que les Arabes et les musulmans devraient chasser. Pareille opération revêt les caractéristiques d’une purification, puisque les juifs souillent l’endroit par leur simple présence.
· Faire la paix avec Israël signifie se rendre, ce qui est rejeté comme un acte de trahison. D’un autre côté, la participation au processus de paix actuel est présentée comme la continuation de la vieille lutte contre le sionisme et Israël par d’autres moyens. Nulle part l’expression « paix avec Israël » n’apparaît et nulle part la Syrie n’est citée comme s’engageant à reconnaître le droit d’Israël d’exister dans ses frontières d’avant 1967.
· La libération de la Palestine est dépeinte comme un but majeur de la Syrie, de même que comme un devoir pan-arabe et pan-musulman. Les manuels syriens ne cachent pas le fait que la libération complète de la Palestine est synonyme de la liquidation d’Israël, mentionnée comme un des buts du parti Ba’ath au pouvoir. C’est aussi un acte de purification, c’est-à-dire purifier la Palestine de la « souillure » sioniste, et un moyen de restaurer la dignité arabe et musulmane.
· La lutte contre Israël est une « guerre sainte » - un Jihad, devoir de tout musulman.
· Dans ce contexte, le martyre est une valeur exaltée dans les manuels syriens, propagée par le président Hafez el-Assad lui-même dans les esprits des élèves de différentes façons.
· Enfin, embrasser et soutenir des activités terroristes contre Israël est un thème récurrent. Même si le mot « terreur » lui-même n’est jamais employé dans ce contexte et si de telles activités sont décrites comme des opérations contre des objectifs militaires, les cas soumis à l’attention des élèves dans les manuels se réfèrent à des attaques réelles et imaginaires contre des civils.


Table des matières

Résumé

Introduction

Chapitre I : L’essence du conflit : l’existence d’Israël

1. Vue d’ensemble
2. L’essence du conflit est l’existence même d’Israël, non ses frontières
3. Primauté du conflit
4. Une affaire d’honneur
5. Traitement obsessionnel du conflit arabo-israélien

Chapitre II : Portrait des juifs et du judaïsme

6. Vue d’ensemble
7. Pas une seule remarque positive sur les juifs
8. Un « faux » peuple, une nation « imaginaire »
9. Les juifs n’ont pas de lien avec leurs ancêtres ni avec la Palestine
10. Le judaïsme et les juifs sont racistes
11. Occupants de terres arabes depuis l’antiquité
12. Ennemis des Arabes et des musulmans au moyen âge
13. L’antisémitisme et l’holocauste sont justifiés
14. Les juifs sont mauvais et méritent d’être éliminés

Chapitre III : Le sionisme

15. Vue d’ensemble
16. Présentation du sionisme aux élèves syriens
17. Un mouvement raciste basé sur des mensonges et de fausses allégations
18. Un partenaire de l’impérialisme
19. Le sionisme ressemble au nazisme et même le dépasse
20. Danger du sionisme
21. Lutte arabe contre le sionisme

Chapitre IV : Portrait d’Israël et des Israéliens

22. Vue d’ensemble
23. Israël est une entité étrangère établie au cœur de la patrie arabe
24. Israël est une entité artificielle et illégitime
25. Israël n’existe pas sur les cartes syriennes
26. Israël a usurpé la Palestine
27. Israël essaye d’exterminer les Palestiniens
28. Israël opprime les Palestiniens et s’efforce d’effacer leur identité nationale arabe
29. Israël est une entité colonialiste au service de l’impérialisme contre les Arabes
30. Israël est raciste
31. Israël est agressif et expansionniste
32. Israël est comparé à un cancer qui se propage
33. Israël est une menace pour le monde arabe et un obstacle à l’unité arabe
34. Israël soutient le particularisme et le sectarisme dans le monde arabe
35. Israël est la cause du retard arabe
36. Israël est complètement mauvais
37. Les Israéliens ne sont pas une nation
38. Les Israéliens sont pleins de malice envers les Arabes
39. L’apparence et l’odeur des Israéliens sont répugnantes

Chapitre V : Jérusalem

40. Vue d’ensemble
41. Ville fondée par les anciens Arabes
42. Ville arabe occupée par Israël
43. Ville sainte pour les musulmans et les chrétiens
44. Seuls les lieux saints musulmans et chrétiens sont mentionnés
45. Israël profane les lieux saints musulmans et chrétiens
46. Les musulmans devraient libérer les lieux saints des juifs

Chapitre VI : Rejet de la paix avec Israël / reconnaissance du « processus de paix »

47. Vue d’ensemble
48. Un champion de la bataille contre la paix
49. Le « processus de paix » est la continuation de la lutte contre Israël
50. Une paix conditionnelle est unilatérale

Chapitre VII : Libération de la Palestine / Liquidation d’Israël

51. Vue d’ensemble
52. La libération de la Palestine est un but officiel de la Syrie
53. La libération de la Palestine est un devoir pan-arabe et pan-musulman
54. La libération de la Palestine est un moyen de restaurer la dignité bafouée des Arabes
55. La libération de la Palestine va de pair avec la liquidation d’Israël
56. Purifier la Palestine des sionistes
57. Justification de la violence et légitimation du bain de sang
58. La force est le seul moyen
59. La guerre de 1973 était une étape préliminaire vers la libération et la liquidation
60. L’intifada est le début de la libération, de l’anéantissement et de la purification

Chapitre VIII : Guerre sainte [Jihad] et militarisme

61. Vue d’ensemble
62. Le militarisme dans les manuels syriens
63. La guerre contre Israël est une guerre sainte [Jihad]
64. Tout le monde devrait participer au Jihad

Chapitre IX : Martyre [Shahadah]

65. Vue d’ensemble
66. Une valeur exaltée
67. Le martyre comme chemin vers la libération
68. Le Président Hafez el-Assad et la question du martyre
69. Autre moyens d’inculquer le martyre
70. Devoirs sur le martyre

Chapitre X : Terreur

71. Vue d’ensemble
72. Le mot terreur [irhab] est réservé exclusivement à Israël
73. Le terrorisme palestinien est dépeint comme une activité militaire
74. Soutien au terrorisme palestinien
75. La terreur mène à la victoire, à la récupération de la terre, à la dignité et à la destruction d’Israël

Chapitre XI : Le système éducatif syrien

Liste des sources


Les juifs, le sionisme et Israël dans les manuels syriens


Résumé

Introduction

La Syrie est une partie majeur du conflit arabo-israélien. Il affronte Israël à la fois directement et via le Liban, avec aussi une certaine influence dans l’arène palestinienne. Son idéologie nationaliste profondément enracinée, ses aspirations traditionnelles au leadership du monde arabe et les croyances fermes de son ancien Président à propos du conflit ont fait de la Syrie le dernier rempart contre Israël sur ses frontières.
Pourtant la Syrie s’est jointe au processus de paix en 1991 (conférence de Madrid) et, bien que toujours en état de guerre avec Israël, a fait de la paix un choix stratégique déclaré. Aussi est-il pertinent dans ce contexte de se demander si la Syrie a intériorisé le concept de la paix avec Israël et dans quelle mesure cela se reflète dans la vie publique syrienne, notamment dans l’éducation.
En Syrie, toutes les écoles, même celles du secteur privé et de l’UNRWA, sont étroitement supervisées par le ministère de l’Éducation qui leur impose un programme scolaire et une unique liste de manuels.
Le Center for Monitoring the Impact of Peace (CMIP) a entrepris d’étudier cette question en examinant les manuels syriens – comme il l’a fait pour les manuels palestiniens et israéliens. Dans ce but, soixante-huit manuels pour les années 1-12 ont été examinés, tous faisant partie du programme scolaire syrien pour l’année 2000. Ils comprennent :

62. 26 manuels de lecture et de littérature pour les années 1-12
63. 8 manuels de grammaire pour les années 5-12
64. 7 manuels de géographie pour les années 5-11
65. 7 manuels d’histoire pour les années 5-11
66. 3 manuels de civisme pour les années 4-6
67. 6 manuels d’éducation national-socialiste pour les années 7-12
68. 8 manuels d’éducation islamique pour étudiants musulmans pour les années 3-6 et 8-11
69. 3 manuels d’éducation chrétienne pour étudiants chrétiens pour les années 4. 6 et 7
Tous ces livres ont été examinés en détail et toute la matière concernant le conflit arabo-israélien, le processus de paix et autres sujets connexes a été extrait puis organisé selon des thèmes spécifiques. Chaque thème est représenté par une ou plusieurs citations des manuels, toutes traduites en anglais et accompagnées de la référence à la source spécifique. Les explications extérieures ont été réduites au minimum pour que le matériel de la source parle de lui-même.
Les références originales négatives aux juifs qui se trouvent dans le Coran ou les Hadiths n’ont pas été inclues dans l’étude, quoique des expressions anti-juives actuelles se basent sur ces références.


Chapitre I : L’essence du conflit : l’existence d’Israël

1. Vue d’ensemble

Le conflit arabo-israélien n’est pas considéré par les manuels syriens comme une lutte territoriale entre deux parties légitimes. Il n’est pas non plus considéré comme un conflit local entre deux nations rivales, juifs et Palestiniens arabes, qui pourrait se résoudre par des compromis politiques et territoriaux.
Le conflit est plutôt vu comme une lutte décisive pour l’existence entre la nation arabe toute entière et l’entité juive sioniste qui s’est établie au cœur de la patrie arabe – au détriment du peuple palestinien – et a menacé depuis lors toute la nation arabe.

Le conflit arabo-israélien, ou le problème palestinien – comme il est souvent appelé - est donc présenté comme le plus sérieux défi affronté par la nation arabe aux temps modernes. Les manuels syriens ajoutent à cela l’élément religieux qui présente le conflit comme une lutte entre juifs et musulmans pour la Palestine et les lieux saints qui s’y trouvent.

En outre, les manuels syriens insistent sur le fait que la perte de la Palestine en 1948 a humilié et déshonoré tous les Arabe et tous les musulmans qui ont subi un autre coup similaire en 1967. Pareille situation intolérablement honteuse pourrait et devrait être corrigée par la seule guerre et par la vengeance. La lutte contre Israël est donc une affaire d’honneur.

Enfin, la référence au conflit arabo-israélien dans les manuels syriens n’est ni occasionnelle ni marginale, mais étendue et centrale, parfois même obsessionnelle. Insuffler cette question dans les esprits des jeunes Syriens apparaît comme un objectif majeur des manuels.

2. L’essence du conflit est l’existence même d’Israël, non ses frontières

« Dans le monde entier, les musulmans luttent pour chasser les juifs de Palestine en défense de la mosquée al-Aqsa » (Éducation islamique, 6e année, p. 57).

« L’existence de l’impérialisme et du colonialisme sionistes dans la partie occupée de la Palestine est l’extrême contraire de l’existence de la nation arabe sur sa terre » (Éducation national-socialiste, 8e année, p. 96).

La lutte entre le monde arabe et le sionisme est une lutte nationale inéluctable, une lutte pour l’existence (sira’ wujud) et non une lutte pour des frontières (Éducation national-socialiste, 10e année, p. 133

« Notre lutte avec l’ennemi est une lutte pour l’existence [sira’ wujud] et non une lutte pour des frontières » (Éducation islamique, 9e année, p. 67).

« Des bandes d’oppresseurs sionistes ont occupé des parties de notre terre et menacent notre existence » (Éducation islamique, 9e année, p. 166).

« … l’invasion sioniste menace encore leur existence (c.-à-d. l’existence des Arabes)… (Question : ) Quel est le devoir des Arabes pour affronter les dangers qui menacent leur existence ? » (Grammaire, dictée et écriture, 7e année, pp. 160, 161)

« En fait, au cours de leur longue histoire, les pays arabes n’ont jamais été confrontés à un danger plus grand que celui auquel ils sont exposés aujourd’hui. Nous luttons d’abord et avant tout pour écarter une agression traîtresse menée contre nous et pour sauvegarder notre existence » (Lecture et textes littéraires, 9e année, p. 96).


3. Primauté du conflit

Le conflit avec Israël, souvent appelé « le problème palestinien », devrait être considéré comme la question la plus prioritaire par les Arabes. L’importance de la Palestine est soulignée en la décrivant comme le cœur de la patrie arabe, et reçoit plus d’insistance que le Golan, territoire syrien occupé par Israël lors de la Guerre des six jours en 1967.

« Dans notre politique arabe et internationale, la priorité est d’affronter Israël et, en conséquence, de donner à l’aspect national de la lutte entre Arabes et Israéliens la priorité sur toutes les autres affaires nationales » (Président Hafez el-Assad, Éducation national-socialiste, 8e année, p. 130).

« La lutte entre Arabes et sionistes tire son origine première du problème palestinien, qui restera l’essence de la lutte. Aucune solution n’est possible sans l’élimination de l’injustice et le rétablissement du peuple arabe palestinien dans ses droits » (Éducation national-socialiste, 10e année, p. 114).

« Après la catastrophe [nakbah] de l’année 1948, le problème palestinien est devenu le problème principal des Arabes » (Éducation national-socialiste, 8e année, p. 132).

« Le problème palestinien est le plus grand défi auquel notre nation arabe ait été confrontée à l’époque moderne » (Littérature arabe moderne, 12e année, p. 101).

« Le problème palestinien est le problème fondamental des Arabes. La priorité est donnée à la lutte pour le rétablissement du peuple arabe palestinien dans ses droits nationaux légitimes sur sa terre et dans sa patrie » (Éducation national-socialiste, 12e année, p. 49).

« Le problème palestinien est le principale problème des Arabes et la libération de la Palestine est une nécessité première comme la libération du Golan » (Éducation national-socialiste, 12e année, p. 66).

« Le problème palestinien est le principal problème des Arabes » (Éducation national-socialiste, 9e année, p. 73).

Pour rendre ce point encore plus concret, la Palestine elle-même est décrite comme le cœur de la patrie arabe :

« La place de la Palestine parmi les nations arabes est comme la place du cœur à l’intérieur du corps » (Lecture, 6e année, 2e partie, p. 94).

« … la terre de Palestine, cœur de la patrie arabe » (Président Hafez el-Assad, Éducation national-socialiste, 8e année, p. 18).

« L’établissement d’Israël au cœur de la patrie arabe » (Éducation national-socialiste, 8e année, p. 87).

« L’établissement de l’État d’Israël au cœur de la patrie arabe, l’expulsion de ses habitants et la tentative de les exterminer » (Éducation national-socialiste, 10e année, p. 60).

« Les sionistes passèrent à la réalisation de la deuxième étape de leur plan… et ils chassèrent les Arabes de Palestine de leurs maisons et établirent au cœur de la patrie arabe un État qu’ils appelèrent Israël » (Lecture et textes littéraires, 8e année, p. 131).
La discussion de la question du Golan dans les manuels syriens est bien moins étendue que celle de la Palestine. Une déclaration du Président Hafez el-Assad, dans un discours aux habitants arabes du Golan occupé par Israël, clarifie ce point :

« Frappez dans vos mains, nos fils du Golan, ensemble avec vos frères les Arabes de Palestine, parce que l’ennemi est le même, parce que le but est le même, parce que notre destin est le même, parce que notre histoire est la même. Je vous salue, nos fils du Golan, et je salue vos frères les Arabes de Palestine. Sachez que la Syrie est pour la Palestine autant que la Palestine est pour la Syrie » (Éducation national-socialiste, 12e année, p. 54).


4. Une affaire d’honneur

Combattre Israël et se venger des défaites humiliantes est une affaire d’honneur.

« La question posée saigne de honte : comment ont disparu Haifa et le Néguev » (Grammaire, dictée et écriture, 7e année, p. 199).

« La nostalgie pour la terre, la patrie et la famille, le regret d’avoir abandonné les maisons, le maintien de l’espoir et la détermination à la revanche devinrent des motifs de premier plan dans la littérature des fils de Palestine à ce stade [après 1948] » (Littérature arabe moderne, 12e année, p. 101).

« Nous, les musulmans, devrions … sacrifier nos âmes et nos biens … jusqu’à ce que nous recouvrions nos lieux saints et rendions à notre nation sa gloire et sa dignité » (Éducation islamique, 4e année, p. 106).

« La génération arabe palestinienne qui est née et a grandi sous les tentes, et a connu la Palestine par les larmes des mères et la détermination des pères à recouvrer la terre a juré de libérer sa terre et de rendre leur dignité à ses habitants [palestiniens] et à la nation [arabe] » (Civisme, 6e année, p. 129).

« Nos frères palestiniens ont sacrifié leur sang jusqu’à ce que le monde entier entende leur voix et connaisse leur cause. Ils meurent encore au champ d’honneur » (Lecture, 6e année, 2e partie, p. 95).

« Continuons notre lutte et nous libérerons notre terre arabe et rétablirons notre dignité » (Grammaire, 9e année, p. 55).

« Nous devrions continuer la lutte opiniâtre en vue de défendre la dignité arabe » (Grammaire, 10e année, p. 64).

« La défaite du 5 juin 1967 a laissé dans les âmes des citoyens arabes une impression pénible mêlée à un désir réel de prendre leur revanche, de se réhabiliter et de laver l’offense dans le sang » (Civisme, 5e année, p. 100).

« La glorieuse guerre d’octobre fut un lien important dans la lutte [générale] contre l’impérialisme et son allié Israël. Ses causes les plus importantes furent… le désir des Arabes de prendre leur revanche sur la défaite de juin 1967 » (Histoire moderne des Arabes, 9e année, p. 159).


5. Traitement obsessionnel du conflit arabo-israélien

Sur les 68 livres examinés dans cette étude, 52 contenait de la matière directement liée au conflit selon des degrés variables d’intensité, sous la forme de leçons et de discussions, d’histoires brèves, de poèmes, de slogans, de citations de discours du président Hafez el-Assad, d’exercices linguistiques, de devoirs de toutes sortes, de photos, de dessins, de diagrammes et de cartes. Dans certains livres, le conflit arabo-israélien s’étend sur des chapitres entiers, consacrés à ses divers aspects. Quatre autres livres contenaient des remarques négatives sur les juifs dans l’antiquité et au moyen âge, mais sans référence au conflit actuel.

Parmi les questions générales discutées dans ce contexte, on peut trouver Jérusalem et la mosquée al-Aqsa, la guerre de 1973, la perte de la Palestine, la lutte armée palestinienne contre Israël, le sionisme, les anciens Hébreux ennemis des anciens « Arabes » (c.-à-d. Cananéens, Araméens, Chaldéens, etc.), la lutte des Palestiniens contre l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza, l’hostilité des juifs envers Mahomet et les premiers musulmans, les résolutions du parti Ba’ath concernant la Palestine et Israël, le militarisme, le Jihad et le martyre, le hauteurs du Golan occupées, la collaboration d’Israël ave l’impérialisme, l’oppression des Palestiniens par les Israéliens, le processus de paix, etc.

Ces sujets sont traités de façon répétitive et sont souvent subdivisés. La première mention du conflit apparaît dans la 2e année (Jérusalem) et dans la 3e année (guerre de 1973, Jérusalem). Dans la 4e année, la question de la Palestine dans son ensemble apparaît pour la première fois, et à partir des 5e et 6e années, l’élève est exposé aux autres éléments du conflit dans une élaboration constante.

Chapitre II : Portrait des juifs et du judaïsme


6. Vue d’ensemble

On ne trouve dans les manuels syriens aucune remarque positive sur les juifs. Au contraire, ils ne constituent pas une nation, ils n’ont pas de lien avec leurs ancêtres ni avec la Palestine. Leur religion contient des éléments racistes.

En outre, les juifs ont prouvé qu’ils sont des ennemis éternels des arabes depuis l’antiquité et des ennemis mortels des premiers musulmans.

Leur comportement parmi les nations a provoqué la haine de celles-ci envers eux, et de façon justifiable. L’holocauste, quoique son ampleur ait été exagérée par les juifs, peut aussi être justifié. Les juifs sont racistes, ennemis des prophètes, des musulmans et, en fait, de l’humanité toute entière et même de Dieu.

La conclusion finale est évidente : ils doivent être éliminés.


7. Pas une seule remarque positive sur les juifs

Dans tous les soixante-huit manuels examinés pour cette étude, pas la moindre remarque positive sur les juifs n’a pu être trouvée, comme le montre le matériel présenté ci-dessous.

Les seules remarques non-hostiles dans les manuels syriens sont les suivantes.

« Le sionisme tente de donner à la lutte arabe pour le recouvrement des droits légitimes du peuple arabe palestinien les caractéristiques d’une hostilité religieuse et raciste de la part des Arabes contre les juifs. Quelle est votre opinion sur la vérité de cela ? Est-ce que les Arabes sont opposés aux juifs en tant que religion ? Constituent-ils [les juifs] un peuple ? Est-ce que le sionisme est un mouvement raciste et agressif ? Expliquez cela. » (Devoir, Éducation national-socialiste, 8e année, p. 95).

« Le sionisme est un phénomène objectivement antisémite. Lutter contre lui revient en fait à lutter pour un meilleur futur pour les juifs où qu’ils se trouvent » (Lecture, 12e année, p. 131).


8. Un « faux » peuple, une nation « imaginaire »

« Il est clair que la prétention sioniste quant à l’existence d’un peuple juif avec un nationalisme [qawmiyyah] indépendant est une revendication fausse qui n’est appuyée par aucun fait scientifique et aucune donnée réelle. Car les juifs sont les enfants des sociétés où ils vivent et leur appartiennent en tant que nation, langue, civilisation et histoire. Le seul facteur religieux ne peut en faire une nationalité indépendante » (Éducation national-socialiste, 10e année, p. 90).

« Le judaïsme est une religion comprenant des adeptes de différents peuples dans le monde. Parmi eux [on peut trouver] les Falashas d’Éthiopie, les Tamouls de l’Inde, les Arabes du Yémen, Les Khazars turcs, les Slaves et Allemands d’Europe… Tout juif est citoyen du pays où il vit » (Éducation national-socialiste, 10e année, p. 89).

« Le mouvement sioniste s’est efforcé d’exploiter la religion juive comme un facteur de réunion de juifs dispersés dans le monde, qui appartiennent à diverses nationalités et à de nombreux peuples » (Éducation national-socialiste, 10e année, p. 89).

« Les sionistes croient à l’existence d’une « nation juive mondiale » dont les éléments humains sont constitués par les juifs du monde entier qui vivent dans différents pays et sous divers régimes. Ils constituent une nation en dépit du fait qu’ils ne jouissent pas des caractéristiques essentielles qui créent la nation, comme le territoire, la civilisation, la langue, la constitution intellectuelle, l’histoire commune et l’unité économique » (Lecture, 12e année, p. 129-130).


9. Les juifs n’ont pas de lien avec leurs ancêtres ni avec la Palestine

Les manuels syriens s’efforcent de détacher les juifs d’aujourd’hui de leurs ancêtres et, par conséquent, de leur ancienne patrie. Même les manuels d’éducation islamique qui mentionnent les patriarches et d’autres personnages juifs considérées saintes dans l’Islam ne les associent jamais avec les juifs. Un exemple est le chapitre sur Abraham dans le manuel d’éducation islamique de 3e année, p. 59-60. Dans les années plus hautes, ce thème est davantage développé, avec la conclusion que les juifs modernes n’ont aucun lien avec la Palestine.

« Leur prétention, qu’ils sont les descendants des Hébreux qui ont émigré en Palestine il y a plus de deux mille ans, est scientifiquement fausse et réfutée par les anthropologues, vu qu’il n’y a pas dans le monde de peuple au sang pur, parce que tous les peuples ont déjà été mélangés les uns aux autres… Elle est aussi historiquement fausse, parce que des groupes provenant de peuples différents ont embrassé le judaïsme sans être originaire de Palestine ni descendre des Hébreux, comme le peuple du royaume khazar… et ils constituent aujourd’hui 9% de la juiverie mondiale » (Éducation national-socialiste, 10e année, p. 94).

« Le sionisme se base sur une ancienne notion religieuse qui prétend qu’il y a un lien entre les juifs et la Palestine, alors qu’il est bien connu que les juifs d’aujourd’hui n’ont aucun lien avec la Palestine » (Éducation national-socialiste, 8e année, p. 92).


10. Le judaïsme et les juifs sont racistes

Les juifs sont décrits comme racistes. Un manuel recommande que les élèves lisent un livre intitulé « Le racisme juif » par le Dr Jirji Kan’an (Éducation national-socialiste, 9e année, p. 151).

Le concept de « peuple choisi » [cliquer ici pour une explication] est biaisé pour prétendre que les juifs sont racistes.

« Ils [les juifs] sont poussés par leur racisme à prétendre qu’ils sont la crème de la création et les favoris de Dieu » (Éducation islamique, 11e année, p. 32).

« Ils [les juifs] disent d’eux-mêmes qu’ils sont racistes. Par le simple fait de dire que vous êtes le peuple choisi. C’est du racisme » (Président Haffez el-Assad, Éducation national-socialiste, 10e année, p. 94).

Selon ce point de vue, les conquérants arabes musulmans de ces régions au septième siècle apr. J.-C. « libérèrent » des terres arabes d’une domination étrangère (Histoire : l’ère du prophète et des califes orthodoxes, 6e année, p. 105).

La migration postérieure de tribus arabes musulmanes dans ces régions et leur mélange avec leurs « frères arabes » déjà présents compléta la création de la nation arabe moderne (Éducation national-socialiste, 7e année, p. 31). Dans cette logique, la Palestine a toujours été arabe (Éducation national-socialiste, 8e année, p. 94).

En outre, cette ligne d’argumentation présente les juifs comme ennemis traditionnels des Arabes depuis des temps immémoriaux.

« Un peuple mixte, séduit par les richesses des villes de Canaan et par leur civilisation, traversa le fleuve Jourdain, ce qui lui donna le nom de « Hébreux ». Il commença à attaquer les villes de Canaan et s’en emparer une par une, leur infligeant ruine et destruction, usant de toute sorte de traîtrise et de ruse pour creuser un fossé entre les villes-États de Canaan. Il profita de l’absence d’un État canaanite unifié capable de s’opposer aux envahisseurs avides et de les repousser, tout comme les sionistes profitent aujourd’hui en Palestine de la faiblesse et du désaccord dont souffrent les Arabes. La guerre entre les Canaanites et leurs adversaires continua pendant environ cent cinquante ans et pendant cette période les Hébreux parvinrent à établir un État en Palestine. Peu après cet État fut divisé à cause des disputes entre ses dirigeants, jusqu’à ce que les Canaanites y mettent fin » (Histoire ancienne des Arabes, 5e année, p. 43).

« Comparez l’attitude des Hébreux alors et l’attitude des sionistes actuellement » (Devoir, Histoire ancienne des Arabes, 5e année, p. 76).

« Damas, Hama et Souba étaient des royaumes araméens qui combattirent les Hébreux pendant de longues années et réussirent à mettre fin à leur avidité » (Histoire ancienne des Arabes, 5e année, p. 45).

« Parmi ses rois les plus célèbres [c.-à-d. les rois d’Assyrie] figure Sargon, qui chassa les juifs de Palestine » (Histoire de la civilisation arabe, 10e année, p. 12).

« Il [l’empire chaldéen] atteignit sa plus grande extension sous le règne de leur roi Nabuchodonosor qui voulut redonner à la région son visage arabe ; ainsi il se heurta aux juifs qui avaient occupé une partie de la Palestine cananéenne et commençaient à conspirer et à se révolter contre lui. À cause de cela il en finit avec eux, il détruisit les villes qu’ils avaient occupées et les emmena en captivité à Babylone » (Histoire ancienne des Arabes, 5e année, p. 27).

« Parmi leurs rois les plus célèbres figure Nabuchodonosor, parmi les exploits duquel figure l’élimination du royaume de Judée et l’envoi des juifs en captivité à Babylone » (Histoire de la civilisation arabe, 10e année, p. 12).

« Le roi nabatéen dut protéger et défendre les frontières de son État. Cela l’amena à faire la guerre aux juifs » (Histoire ancienne des Arabes, 5e année, p. 79).

11. Occupants de terres arabes depuis les temps anciens

En contradiction avec le déni de l'existence nationale juive, les manuels scolaires syriens se réfèrent aux juifs comme à un peuple de Palestine, mais "illégitime". Le fondement de cette assertion s'appuie sur l'affirmation arabe moderne selon laquelle toutes les nations du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, à l'exception d'une seule, étaient Arabes. Ainsi les Assyriens, Chaldéens, Amorites, Canaanites, Araméens, Egyptiens et Berbères de jadis étaient tous des Arabes qui avaient émigré de la Péninsule Arabique vers la Mésopotamie, l'est de la Méditerranée, l'Egypte et l'Afrique du Nord ((Ancient History of the Arabs, Grade 5, p. 17 et carte p. 18).



12. Ennemis des Arabes et des musulmans au moyen âge

La mission du prophète Mahomet entraîna un certain antagonisme avec les juifs de son temps, exprimé dans le Coran et dans ses relations avec plusieurs tribus juives. Les manuels syriens insistent sur cet antagonisme et ajoutent d’autres sujets qui présentent les juifs sous un jour défavorable et comme des ennemis de l’Islam et des musulmans.

« Deux tribus arabes, les Aws et les Khazraj vivaient dans la ville de Yathrib [Médine]… À côté de ces deux tribus vivaient trois petites tribus juives qui excitèrent l’hostilité entre les Aws et les Khazraj, ce qui provoqua des guerres où tombèrent de nombreuses victimes » (Histoire ancienne des Arabes, 5e année, p. 147).

« Pourquoi les juifs et les païens voulurent-ils éliminer l’État des musulmans dans la ville éclairée de Médine ?… Quelle est notre devoir envers les ennemis qui guettent notre nation ? » (Devoir, Éducation islamique, 5e année, p. 141)

« Le Prophète connaissait l’intention traîtresse hébergée dans les âmes des juifs » (Éducation islamique, 6e année, p. 127).

« Pourquoi les juifs incitèrent-ils les tribus [païennes] à envahir Médine ?… Comparez la position des juifs d’alors envers le Prophète et les positions des sionistes d’aujourd’hui envers la nation arabe » (Devoir, Histoire : L’ère du Prophète et des califes orthodoxes, 6e année, p. 51).

« Le Prophète sentit que le temps était venu de punir les juifs pour leur position qui était pleine de ruse et de conspiration » (Histoire : L’ère du Prophète et des califes orthodoxes, 6e année, p. 55).

« Quand aux juifs traîtres et déloyaux, ils restèrent à Médine comme criminels et pécheurs, attendant le verdict des musulmans sur leur cas » (Éducation islamique, 10e année, p. 113).

« Les hommes [de la tribu juive de Qurayzah] étaient [au nombre de] plus ou moins 600-700. Une tranchée fut creusée pour eux au marché et ils furent décapités devant le Prophète, Dieu le bénisse et lui donne le salut, et ses compagnons. [Ainsi] Dieu délivra les musulmans de la fourberie de tous les juifs de Médine » (Éducation islamique, 8e année, p. 157).

« Les musulmans devraient se méfier des juifs » (Éducation islamique, 9e année, p. 49).


13. L’antisémitisme et l’holocauste sont justifiés

Les juifs sont présentés comme la seule cause de l’antisémitisme.

« … l’état d’isolement dans lequel vivaient les juifs dans les sociétés où ils se trouvaient du fait de leur mépris pour les autres dans ces sociétés… » (Éducation national-socialiste, 10e année, p. 89-90).

« Citez les raisons de la rancune des nations contre les juifs dans les sociétés où ils vivent » (Devoir, Éducation national-socialiste, 10e année, p. 92).

« Pendant la deuxième Guerre mondiale, les Nazis ont persécuté des millions d’êtres humains en Europe et ailleurs et une partie de cette persécution affecta les juifs pour les raisons suivantes :
· Parce qu’ils ne se mêlaient pas aux nations et aux sociétés où ils vivaient.
· Parce qu’ils contrôlaient et monopolisaient le change des monnaies, la banque et les finances commerciales.
· Parce qu’ils étaient traîtres à leur patrie, l’Allemagne, se mettant au service des Alliés »
(Éducation national-socialiste, 10e année, p. 104).

« Il [Hitler] prit conscience des conditions des juifs en Allemagne et de leur rôle dans son affaiblissement et sa défaite dans la [première] Guerre [mondiale]… Les principes et idées nazis essentiels [étaient] : l’abolition des droits des juifs pace qu’étrangers à la société aryenne allemande en plus de leur influence sur la défaite de l’Allemagne dans la première Guerre [mondiale] » (Histoire des temps modernes, 11e année, 2e partie, p. 68-69).


14. Les juifs sont mauvais et méritent d’être éliminés

Les juifs sont présentés comme ennemis des musulmans, de toute l’humanité, des prophètes et de Dieu lui-même. Ils sont dépeints comme nourrissant une nature mauvaise et des intentions criminelles qui sont enracinées dans leur personnalité. Ils devraient donc être éliminés.

« Les juifs ne négligent aucun effort pour nous tromper, nous étant hostiles, reniant notre noble Prophète, provoquant [les autres] contre nous et manipulant les Livres Divins… Les juifs collaborent avec les païens et les athées contre les musulmans parce qu’ils voient que l’Islam dévoile leur fourberie et leur mauvaise nature » (Éducation islamique, 11e année, p. 32)

« L’accord du racisme ethnique et religieux révèle une notion réactionnaire condamnée par l’humanité parce qu’il place les juifs plus haut que les autres peuples et implique l’hostilité et le mépris envers les nations » (Éducation national-socialiste, 10e année, p. 95).

« Les enfants d’Israël n’avaient pas d’estime pour les prophètes. Ils en tuèrent certains et attaquèrent les autres, comme ils firent à Moïse, que la paix soit sur lui, quand ils l’accusèrent d’avoir tué Aaron. Ils l’accusèrent [aussi] d’adultère et d’avoir une infirmité corporelle… Aussi méritèrent-ils le châtiment de Dieu » (Éducation islamique, 10e année, p. 171-172).

« Les juifs en lui en voulurent [à Jésus] parce qu’ils avaient trouvé dans son appel un dénigrement de leur comportement et un affaiblissement de leur influence, aussi conspirèrent-ils contre lui » (Histoire de la civilisation arabe, 10e année, p. 233).

« Dans les environs de la mosquée al-Aqsa, dans le pays de Palestine, les juifs, ennemis de Dieu, tentèrent de crucifier le Christ mais Dieu le sauva de leur complot » (Éducation islamique, 6e année, p. 56).

« Une des raisons de l’hostilité des juifs envers les Arabes est que Dieu a envoyé Mahomet comme Sceau des Prophètes parmi les Arabes, alors qu’ils croyaient que la fonction de prophète était exclusivement à eux » (Éducation islamique, 11e année, p. 32).

« Les juifs, ennemis de Dieu, veulent rester en Palestine pour prendre possession de le mosquée al-Aqsa » (Éducation islamique, 6e année, p. 57).

D’où le verdict.

« Vous avez déjà appris l’attitude des juifs qui complotèrent pour tuer, piller et exterminer les musulmans [aux temps du Prophète]… C’est la caractéristique des traîtres et fourbes de tous les temps et tous les lieux. Ils usent de tolérance et de douceur comme foyer et échappatoire ( ???) pour leurs crimes et leurs péchés.

« Si cette affaire a un sens, c’est d’indiquer la tendance hostile et mauvaise enracinée dans la personnalité juive. Cela confirme à son tour que co-exister avec eux ou les avoir pour voisins est un danger énorme qui menace l’existence des musulmans et des Arabes de destruction et d’extinction.

Aussi la logique de la vraie justice prononce contre eux un verdict dont l’exécution est inévitable. Leur intention criminelle devrait être retournée contre eux au moyen de leur élimination [isti’sal] » (Éducation islamique, 10e année, p. 115-116).

Chapitre III : Le sionisme

15. Vue d’ensemble

Le sionisme, mouvement national du peuple juif désirant réétablir son foyer national dans sa patrie ancestrale, est dépeint comme un « mouvement politique raciste, impérialiste, colonialiste et agressif » qui exploite la religion juive en vue de contrôler de vastes zones de la patrie arabe en partenariat avec l’impérialisme.
Les manuels syriens présentent l’idéologie sioniste comme une idéologie réactionnaire, basée sur de vieilles notions religieuses [prétendant] qu’il y a un lien entre les juifs et la Palestine et sur la fausse allégation que les juifs sont un peuple.
Pour noircir davantage cette image, l’essence du sionisme est décrite dans les manuels syriens comme similaire à celle du nazisme ou pire.
Le sionisme est présenté comme le mouvement le plus hostile qui menace le nationalisme arabe et la patrie arabe dans son intégralité.


16. Présentation du sionisme aux élèves syriens

Le sionisme est présenté aux élèves des années inférieures accompagné d’épithètes négatives, comme « les agresseurs sionistes » (Lecture, 2e année, 1re partie, p. 107), « l’ennemi sioniste » (Conversation, lecture, expression et déclamation, 2e année, 2e partie, p. 20), « la souillure du sionisme » (Éducation islamique, 6e année, p. 109), « le cancer sioniste » (« La Palestine est arabe », Histoires choisies, 6e année, p. 52). Il est en outre présenté comme la principale identité de l’ennemi. Les soldats sionistes, ou simplement « les sionistes » sont ceux qui tuent le père de Bassim dans l’histoire « Le petit citronnier » (Histoires brèves, 5e année, p. 8 et 12 respectivement). Les Sionistes, plutôt que les Israéliens, sont mentionnés comme occupants et oppresseurs dans la ville de Nablouse en Cisjordanie, dans l’histoire « La Palestine est arabe » (Histoires choisies, 6e année, p. 47, 49, 50, 54, 57).

À partir de la 8e année, la présentation du sionisme est plus systématique, quoique déformée, et les manuels syriens font un grand effort pour réfuter l’idéologie sioniste, surtout les manuels d’éducation national-socialiste.


17. Un mouvement raciste basé sur des mensonges et de fausses allégations

« Le sionisme est un mouvement politique raciste, impérialiste, colonialiste, agressif, expansionniste lié à l’impérialisme, qui utilise la religion juive pour arriver à ses fins concernant l’établissement d’un foyer national pour les juifs en Palestine et dans les pays voisins » (Éducation national-socialiste, 10e année, p. 89).

« Racisme : le racisme [erreur probable pour « sionisme »] considère le sioniste comme supérieur à toute l’humanité » (Éducation national-socialiste, 8e année, p. 93).

« La gravité de la tendance raciste [du sionisme] s’est manifestée dans des déclarations de dirigeants du mouvement sioniste. Herzl appela au rassemblement du peuple arabe palestinien et à son extermination collective » (Éducation national-socialiste, 10e année, p. 95).

« Le sionisme est un mouvement politique raciste établi par les juifs d’Europe pendant la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Il visait à la création d’un foyer national pour les juifs, mais ils n’étaient pas d’accord sur la définition du territoire. Plus tard ils se mirent d’accord sur la Palestine » (Histoire moderne des Arabes, 9e année, p. 97).

« Le sionisme se base sur une ancienne notion religieuse qui prétend qu’il y a un lien entre les juifs et la Palestine… Le sionisme exploite cette prétention pour exercer un contrôle sur les juifs du monde entier. La notion sioniste n’était qu’un rêve jusqu’au dix-neuvième siècle, époque du nationalisme en Europe, quand les sionistes transformèrent les notions religieuses en notions nationalistes » (Éducation national-socialiste, 8e année, p. 92).

« Le sionisme se considère comme une idéologie nationaliste basée sur la prétention que les juifs sont un peuple… Dès le départ, le sionisme s’est présenté comme une alternative à la Question juive et a appelé les juifs du monde entier à émigrer dans la « Terre promise »… Cet appel s’est accompagné d’une attitude chauvine caractérisée par la discrimination, l’arrogance et la négation du droit des autres. Plus particulièrement leur façon de voir les Arabes palestiniens était plus raciste que la façon dont les Américains voyaient les Indiens » (Éducation national-socialiste, 10e année, p. 99).

« La pensée sioniste est basée sur de nombreux mensonges et prétentions dont voici les principaux :
· Les juifs sont un peuple à l’origine commune sur laquelle repose le nationalisme juif qui en tire son unité historique et culturelle et son unité de destin.
· La Palestine et les pays arabes voisins sont le foyer national des juifs.
· Les juifs vivant partout dans le monde devraient émigrer de leurs patries et se réunir en Palestine »
(Éducation national-socialiste, 8e année, p. 93).

« Dans ses grandes lignes, l’idéologie sioniste est basée sur des fondements réactionnaires et fanatiques, hostiles à la libération nationale et à toutes les forces mondiales de paix et de progrès. Il exprime les intérêts des dirigeants israéliens et de la bourgeoisie juive liée aux monopoles internationaux. Né de l’impérialisme et lié aux forces les plus agressives et réactionnaires de ce dernier, il contribue à la tension et à l’intoxication politique internationale » (Lecture, 12e année, p. 126).

« [Le sionisme] mène des [efforts de] propagande massive dans tous les pays où [existent] des communautés juives dans le but d’empêcher les juifs d’être assimilés dans les pays où ils vivent, en vue de les isoler de leurs peuples et de les tromper [pour leur faire croire] qu’ils appartiennent à la soi-disant « nation juive mondiale »… Aussi nous voyons que cette idéologie consacre une attention particulière… à la renaissance de la religion juive et à la résurrection de la soi-disant civilisation juive distincte, en appelant à apprendre la langue hébraïque [par] la création de théâtres et d’instituts scientifiques qui ont un caractère « juif indépendant » (Lecture, 12e année, p. 127).


18. Un partenaire de l’impérialisme

« C’est le fils adoptif de l’impérialisme… Il est appelé ‘sionisme mondial’… Il a été le partenaire [de l’impérialisme] dans le projet de voler les peuples et il a eu sa part du profit… Il a désiré établir une base dans la région arabe qui protégerait les intérêts des deux partenaires » (Lecture et textes littéraires, 7e année, p. 205-206).

« L’impérialisme a trouvé dans le sionisme un moyen important pour réaliser ses ambitions dans la patrie arabe… De son côté, le sionisme a trouvé dans l’impérialisme le meilleur allié pour réaliser ses [propres] projets » (Éducation national-socialiste, 8e année, p. 98).

« Le sionisme est une partie intégrante du mouvement impérialiste » (Éducation national-socialiste, 8e année, p. 100).


19. Le sionisme ressemble au nazisme et même le dépasse

« Quelle est la différence entre l’essence du nazisme et l’essence du sionisme ? Les nazis revendiquaient une supériorité raciale, tandis que les sionistes prétendent être le peuple choisi de Dieu auquel tous les peuples du monde devraient se soumettre…Les nazis justifièrent l’occupation des pays d’autres [peuples] et leur asservissement par leur besoin d’espace vital, tandis que les sionistes occupent les terres d’autres sous le prétexte de garantir un espace de sécurité à l’État qu’ils ont établi injustement et agressivement sur les terres d’autres. Les nazis opprimèrent et chassèrent d’autres peuples et les sionistes font aujourd’hui la même chose avec les Arabes et demain avec les autres peuples musulmans et d’autres [religions] » (Président Hafez el-Assad, Éducation national-socialiste, 10e année, p. 93).

« La longue lutte vigoureuse de nos frères [dans l’intifada palestinienne] a révélé la nature raciste du sionisme à l’opinion publique mondiale… Elle a révélé [ce] nouveau nazisme… qui a mené à leur perfection les leçons d’Hitler, a accumulé la malice et l’a emporté dans le crime jusqu’à devenir un modèle de méchanceté raciste » (Lecture, 11e année, p. 49).

« L’orientation chauviniste et l’orientation agressive et militaire sont inséparables ; elles furent le noyau du mouvement nazi dans les années 30 de ce siècle. On oublie d’habitude que l’antériorité de cette orientation revient à la pensée sioniste. Celle-ci précéda chronologiquement le nazisme et le surpassa en clarté » (Publication du parti Ba’ath, Éducation national-socialiste, 10e année, p. 99).

En outre, les élèves plus âgés sont invités à lire le fameux livre « Attention au sionisme ! » du propagandiste soviétique Youri Ivanov, traduit en arabe (Histoire des temps modernes, 11e année, 2e partie, p. 182).

20. Danger du sionisme

« Le sionisme est considéré comme le plus dangereux mouvement hostile au nationalisme arabe, vu qu’il vise à la liquidation de la présence arabe et à l’établissement des juifs du monde entier en Palestine arabe avec l’aide de l’impérialisme » (Éducation national-socialiste, 10e année, p. 45).

« Le sionisme est la forme d’impérialisme la plus dangereuse pour la nation arabe et musulmane. Cela vient de ce qu’il est un mouvement expansionniste et colonialiste, et agressif dans ses moyens et dans ses buts. Il vise à l’expulsion des peuples de la nation arabe, à leur humiliation, à l’occupation de leurs terres et à la réalisation de son rêve stupide de construire l’État de Sion de l’Euphrate au Nil » (Éducation islamique, 8e année, p. 87).

« L’invasion colonialiste et impérialiste sioniste de la Palestine menace l’ensemble de la pa
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