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LDH: Respecter la règle de droit et ne pas créer des boucs émissaires
Communiqué de la Ligue de Défense des Droits de Homme
www.ldh-france.org/actu_derniereheure.cfm?idactu=901
[A propos de l’affaire du Lycée Montaigne]
11 août 2004
La Cour administrative d’appel de Paris vient de confirmer le jugement du Tribunal administratif qui avait annulé les décisions du proviseur du collège Montaigne puis du rectorat, d’exclure deux élèves de ce collège.
Cet arrêt confirme pour la deuxième fois ce que la LDH avait affirmé dans son rapport [1] : un élève a été nié dans sa condition de victime et deux élèves ont été injustement traités. C’est sur l’Éducation nationale que pèsent les principales responsabilités dans une affaire qui laisse un immense sentiment de gâchis. C’est à elle qu’il appartient de reconnaître ses erreurs et de tout mettre en œuvre pour qu’au mois de septembre, chacun soit rétabli dans ses droits : l’Éducation nationale doit offrir à celui qui a été agressé la reconnaissance qu’il mérite et rétablir l’exacte responsabilité des deux autres élèves.
Il est encore plus déplorable que certains ajoutent aux errements de l’Éducation nationale, le mépris de la règle de droit. Rien ne peut justifier qu’au nom de la lutte contre l’antisémitisme, on désigne des boucs émissaires. C’est dévoyer la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, en une démarche purement communautaire.
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Note de la Rédaction d’upjf.org
[1] Voir : Rapport de la Ligue des Droits de l’Homme sur les événements survenus au Lycée Montaigne à Paris, au cours du dernier trimestre 2003.
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Mis en ligne le 14 août 2004 sur le site www.upjf.org.
VOS REACTIONS
----- Original Message -----
From: Vila francisco
To: ldh@ldh-france.org
Cc: menahem Macina
Sent: Saturday, August 14, 2004 7:08 PM
Subject: Lycée Montaigne
Monsieur
Je suis consterné par les propos de votre président et par la piètre image que nous offre notre justice. Comment peut-on ne pas sanctionner des actes aussi abjects et aussi graves ? A-t-on perdu dans notre pays le courage et la dignité dont beaucoup de nos pères ont fait preuve, souvent au prix de leur vie, afin que notre pays devienne aussi symbole de Justice ? Je n’ose même pas ajouter : Liberté, Égalité et Fraternité. Tous ces mots admirables sont de temps en temps prononcés, rarement expliqués à nos têtes brunes et blondes, et, aujourd’hui, ils sont totalement vidés de leur sens.
Vers la fin des années 40, ma famille, pour se soustraire au Fascisme, a décidé de s’installer en France. Le petit Espagnol que j’étais alors a eu à subir le mépris et la xénophobie ambiante. Ces choses-là sont très dures à supporter et à vivre lorsqu’on est un tout petit garçon. Mes parents malgré mes blouses souvent déchirées et mes lèvres tuméfiées m’ont appris le courage, la tolérance, le respect de l’autre et à ne jamais me laisser envahir par la haine quelles que soient les circonstances.
Mais le racisme et l’antisémitisme sont des maux pires que la xénophobie. Ces haines millénaires font partie, dans la plupart des cas, du bagage culturel de certains de nos chers petits.
La douleur et le traumatisme éprouvés par ce garçonnet de 11 ans du lycée Montaigne sont réels, Monsieur, croyez-le bien. Il est temps, grand temps, d’avoir le courage de regarder la vérité en face et de cesser de donner un blanc-seing au racisme et à l’antisémitisme d’où qu’ils viennent. À travers la sanction infligée aux enfants ce sont les parents que l’on sanctionne surtout afin qu’ils prennent pleinement conscience de leur responsabilité dans cette affaire. C’est leur devoir d’amener sur le chemin de la tolérance et de la raison leurs enfants.
Désavouer nos enseignants, c’est leur faire perdre le peu de crédit qui leur reste.
Il ne peut y avoir d’indulgence pour de pareils actes. Ou alors, je ne saurais plus que penser de la LDH.
Je ne saurais que penser de la justice de notre pays et de l’indignation que nous manifestent, à la moindre occasion, nos dirigeants, devant de pareils actes.
Aujourd’hui on s’indigne beaucoup, la justice est laborieuse et les sanctions tardent. Nous allons vivre des lendemains difficiles. Je me permets néanmoins d’espérer… un peu.
Francisco Vila
Mis en ligne le 14 août 2004 sur le site www.upjf.org.











