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Idéologies
Les Sources de la Haine en Europe, Daniel Pipes
Jerusalem Post10 décembre 2003
www.danielpipes.org/article/1355
Original anglais : "Locus of Euro-hate": www.danielpipes.org/article/1350
Pendant environ deux millénaires, l'antisémitisme en Europe a été un phénomène chrétien, maintenant c'est fondamentalement un phénomène musulman.
Tel est le message essentiel d'une étude officiellement commandée par l'Union Européenne (UE), et devenue célèbre au cours des récentes semaines parce que l'UE a décidé de ne pas rendre publiques les 104 pages constituant le texte. Le Financial Times, qui a révélé le fait, a noté que l'UE s'est conduite ainsi parce que "l'étude aboutissait à la conclusion que des musulmans et des groupes pro-palestiniens étaient derrière la plupart des incidents incriminés". Ce centrage sur des coupables musulmans et pro-palestiniens", continuait le Financial Times, "a été jugé de nature à provoquer des troubles".
Une personne très au fait de l'étude a déclaré que "la décision de ne pas publier [l’enquête] a été une décision politique". Mais au delà de cet acte politique, l'étude elle-même - intitulée "Manifestations d'anti-sémitisme dans l'Union Européenne", et rendue maintenant disponible par l'UE elle-même, mais avec une mention de désaveu - confirme que l'origine des sentiments et des actes antisémites en Europe a connu une mutation de dimension historique.
L'étude, qui se base sur une recension de faits survenus pendant une période d'un mois (15 mai - 15 juin 2002), montre, de manière convaincante, le rôle crucial des musulmans dans la propagation de l'antisémitisme en Europe aujourd'hui.
De l'examen de la liste des auteurs identifiés ou identifiables avec certitude, on peut conclure que les incidents antisémites pendant la période considérée ont été commis par des extrémistes de droite ou, essentiellement, par des islamistes radicaux et par de jeunes musulmans d'origine arabe.
L'étude parle d'attaques violentes:
Les attaques physiques contre des juifs et les profanations ou destructions de synagogues recensées ont souvent été commises par de jeunes musulmans. Nombre de ces attaques, profanations, ou destructions sont survenues soit pendant, soit après des manifestations pro-palestiniennes, qui ont vu aussi des islamistes radicaux se livrer à des abus de langage. De surcroît, dans la période concernée, des cercles islamistes radicaux se sont rendus responsables de diffusion de propagande antisémite sur Internet et dans les médias de langue arabe..
Les auteurs soulignent plus largement que les médias arabes et musulmans sont porteurs d'un antisémitisme toujours plus flagrant. Des bandes magnétiques circulent et des sermons sont prononcés, dans lesquels on appelle non seulement à se joindre à la lutte contre Israël, mais aussi à la lutte contre les juifs partout dans le monde.
Dans de nombreux cas, les faits décrits ont des connotations anti-sionistes:
L'étude montre l'ampleur du péril, en particulier pour les communautés juives, en soulignant que la montée des attaques antisémites commises par de jeunes arabo-musulmans, et parfois des extrémistes de droite, est allée de pair avec une vive critique de la politique israélienne par l'intégralité de la classe politique, critique qui recourait parfois à des stéréotypes antisémites.
Quatre pays parmi les 15 Etats membres alors de l'Union européenne, sont apparus comme connaissant une situation plus grave.
La France, la Belgique, les Pays-Bas et le Royaume Uni sont mentionnés comme les pays où les incidents antisémites ont été particulièrement aigus. Y ont eu lieu de nombreuses attaques contre des juifs et des actes de vandalisme envers des institutions juives (synagogues, commerces, cimetières). Et les attaques violentes contre les juifs ou les institutions juives, dans ces pays, ont été commises le plus souvent par des membres des minorités arabo-musulmanes, surtout des jeunes.
L'étude souligne qu'il s'agit là d'un tournant majeur.
Que la plupart des coupables d'actes antisémites en Europe soient originaires des minorités musulmanes d'Europe - qu'il s'agisse de membres de groupes islamistes ou de jeunes gens d'origine nord-africaine – constitue sans aucun doute un fait nouveau pour la plupart des pays membres de l'UE, un fait qui donne lieu à des préoccupations pour les gouvernements européens et pour la grande majorité de leurs citoyens.
Cette étude et la tentative de l'escamoter montrent du doigt, en tous cas, deux points importants: ce fait nouveau et déplaisant existe en Europe, l'Union Européenne est très réticente à l'idée de regarder la réalité en face.
Ces deux points ne sont pas nouveaux. L'auteur de ces lignes a écrit, en 1992, que, pour les juifs du monde, "l'antisémitisme musulman est un problème croissant, et un problème qui tient à l'expansion démographique de la population musulmane en Occident". Le refus par l'UE de prendre en compte le fait que l'hostilité antisémite vient des institutions et des médias musulmans existe depuis plusieurs décennies.
A moins que les Européens ne trouvent la force de regarder la situation en face - et tous les indicateurs suggèrent que c'est improbable -, il y a de bonnes raisons de s'attendre à un exode des juifs quittant l'Europe, qui serait le prolongement de l'exode des juifs quittant les pays arabes voici un demi-siècle.
Daniel Pipes
© Jerusalem Post
(Texte aimablement indiqué par Mohamed Ibn Guadi.)
Mis en ligne le 19 décembre 2003 sur le site www.upjf.org











