* voir : B. Fauvarque, "Le conflit Israélo-Palestinien interpelle la Chrétienté".
Avril 2001
Article publié dans Olive Branch from Jerusalem, n° 61, du 7 April 2001 *
Traduction française de Menahem Macina pour CJE
Version anglaise originale
7 avril 2001
Chers amis,
Alors que nous approchons de la Semaine Sainte et de Pâques, la souffrance de Jésus-Christ aux mains de puissances politiques et religieuses malfaisantes, il y a deux mille ans, se manifeste à nouveau en Palestine. Le nombre de Palestiniens et dIsraéliens innocents qui ont été victimes de la politique de lEtat dIsraël augmente.
Ici, en Palestine, Jésus marche encore sur la Via Dolorosa. Jésus est le Palestinien impuissant, humilié à un point de contrôle [1], la femme tentant darriver à lhôpital pour recevoir des soins, le jeune homme dont la dignité est piétinée, le jeune étudiant incapable datteindre luniversité pour étudier, le père sans emploi qui doit trouver du pain pour nourrir sa famille ; la liste devient tragiquement plus longue, et Jésus est là, au milieu deux, souffrant avec eux. Il est avec eux quand leurs maisons sont bombardées par des chars et des hélicoptères de combat. Il est avec eux dans leurs villes et leurs villages, dans leurs douleurs et leurs chagrins.
Dans cette période de Carême, il semble à bon nombre dentre nous que Jésus est encore sur la croix avec des milliers de Palestiniens crucifiés autour de lui. Il faut seulement des gens dotés de discernement pour voir les centaines de milliers de croix dans tout le pays, les Palestiniens, hommes, femmes et enfants crucifiés. La Palestine est devenue un énorme Golgotha. Le programme crucificatoire du gouvernement israélien fonctionne quotidiennement. La Palestine est devenue le lieu du crâne » [2].
Le récit de lEvangile peut se lire dune manière différente, mais non moins poignante. Quatre choses sont claires aujourdhui. Jérusalem ne sait toujours pas ce qui conduit à la paix ; Jésus pleure et ses larmes se mêlent aux larmes de bien dautres gens ; le nombre de personnes qui portent leur croix se multiplie de manière phénoménale ; et les femmes de Palestine ainsi que beaucoup de femmes juives pleurent les nombreux innocents tués et blessés. Cest la réalité de la vie aujourdhui.
Dans cette situation désespérée et perturbante, submergée dinjustice et de mort, nous refusons de nous abandonner au désespoir. Nous voulons proclamer la puissance de résurrection et de vie. Avec Saint Paul nous pouvons dire, au cours de cette Pâque : « Puissé-je le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances... » (Philippiens 3, 10). Notre foi en Dieu ne nous permet pas de perdre lespoir. Le résurrection du Christ demeure la réalité qui nous inspire et nous accrédite. Le jour viendra, et nous prions que ce soit bientôt, où la joie remplacera la peine, où la confiance éliminera la crainte, où la justice triomphera de loppression, et où la réconciliation supplantera laliénation. Le Christ vivant nous invite à tenir ferme et à être assurés de linéluctabilité de la résurrection. Nous poursuivrons donc notre lutte contre les structures malfaisantes de domination et doppression. Notre espoir est en Dieu. La résurrection est en marche, et elle apportera avec elle la promesse dune vie nouvelle et de la libération pour toutes les gens de notre terre.
Nous comptons sur vos prières et votre solidarité. Merci de votre appui persévérant.
JOYEUSES PÂQUES !
pasteur Naem Atek
Président du Centre de Sabeel [Palestine] pour la Théologie de la Libération
© Olive Branch from Jerusalem pour loriginal anglais, et chretiens-et-juifs.org pour la traduction française
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Notes
* Olive Branch from Jerusalem: Newsletter published from the Holy Land by Fr. Raed Abusahlia - Tel. 02-6282323 - Fax 02-6271652 - E-mail: nonviolence@writeme.com [Le P. Abusahlia est Chancellier du Patriarchat Latin de Jérusalem, et secrétaire particulier du Patriarche Michel Sabbah].
[1] [Les points de contrôle (check points, en anglais), sont les postes israéliens chargés dinspecter les entrées et sorties des Palestiniens pour vérifier sils sont en situation régulière et non porteurs darmes.] Note du Traducteur.
[2] Daprès Mt 27, 33, lappellation de Golgotha référerait au mot hébreu gulgolet, qui signifie crâne]. Note du Traducteur.











