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'Compétence universelle': un beau gâchis pour la Belgique
24 juin, sur le site de la Libre BelgiqueJUSTICE - LOI DE COMPÉTENCE UNIVERSELLE
«Une éthique n'est pas une politique», PAUL PIRET
Entretien avec Alain Éraly *
…Chacun pressentait que la Belgique allait dans le mur. Même le citoyen peu averti comprenait que notre pays ne pouvait s'arroger le droit de juger le monde entier, qu'il était absurde de mettre sur le même pied George Bush et les génocidaires du Rwanda, que la Justice déjà malade n'avait pas les moyens des ambitions que l'on avait pour elle. Quels que soient les exercices aujourd'hui dérisoires de justification, il est clair que ce dossier est un véritable gâchis pour la Belgique. Il laisse une impression à la fois d'obstination et d'incohérence.
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Ce qui est remarquable ici, c'est l'obstination dont a fait montre le tandem Verhofstadt-Michel. Même si on savait le second peu favorable à la loi.
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Lorsque [Louis Michel] dit à «La Libre» que les changements [apportés à la loi de compétence universelle] élargissent sa crédibilité, je tiens ça pour un voeu pieux ou une application de la méthode Coué. Pour expliquer le débat autour de sa personne, il faut inclure la crise en Irak. Les soubresauts actuels en sont un dommage collatéral. Des voix nombreuses qui n'avaient pu se faire entendre, étouffées qu'elles étaient par l'unanimisme - très largement trompeur - qui régnait alors, s'élèvent aujourd'hui pour fustiger les imprudences du gouvernement et son antiaméricanisme de façade.
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Louis Michel est confronté aux conséquences logiques de sa stratégie.
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Paul Piret : De fait, on dit qu'on ne change pas la loi puis on la change; on dit qu'on la change comme ceci puis on la change comme cela...
Les acteurs se trouvent parfois sous narcose narcissique. En pleine crise irakienne, on a vu une escalade de la pureté qui a conduit par exemple les ministres Michel et Flahaut à annoncer l'interdiction de transit du matériel américain. Les succès médiatiques sont comme le vin: même les grands crus finissent par monter à la tête. Ce qui me navre ici, c'est que cette gestion au jour le jour a fini par détériorer notre image. Or, on continue à colporter une fable: la politique étrangère belge aurait contribué à redorer le blason de la Belgique. Je demande des preuves, car je capte plutôt des éléments en sens inverse.
* Alain Éraly, professeur de sociologie à l'ULB, est l'auteur du «Pouvoir enchaîné».
Suite sur le site de la Libre Belgique : www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=83&art_id=122187
[Référence aimablement communiquée par Desintox.be et E. van Moer]
Mis en ligne le 07 juillet 2003 sur le site www.upjf.org











