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Nous, les traîtres de l'Europe, Adam Michnick *
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mardi 08 avril 2003

Il faut détruire le régime tyrannique de Saddam Hussein et soutenir les Etats-Unis dans une guerre politiquement et moralement juste.

[Il s'agit d'un article capital, et qui, à mon avis, restera classique. Michnick y pointe finement du doigt les perversions - conscientes ou non - des pacifistes qui s'érigent en donneur de leçons morales et politiques, urbi et orbi, et érigent en repoussoir de tout ce que leurs thèses systématiquement accusatrices dénoncent avec rage, l'une des plus grandes démocraties du monde, accusée par eux d'être la source de presque tous les maux de l'humanité.
Un texte à lire absolument, de la première à la dernière ligne, avec d'autant plus de confiance que tant l'auteur que ses deux amis - dont la prise de position favorable à la guerre contre le régime de Saddam Hussein est qualifiée de "trahison des clercs" par un journaliste irresponsable -, est d'autant plus respectable que leur haute stature morale, leur valeureux passé militant et politique, ainsi que les souffrances physiques et morales inouïes qu'ils ont endurées pour la défense de la liberté et de la démocratie, les qualifient infiniment mieux que l'auteur de l'article diffamatoire évoqué pour porter, sur les événements qui se déroulent en Irak, un jugement équilibré et sain.
Quand se seront tues les armes et les vociférations hystériques de pacifistes théâtraux et bavards, ce sont des textes comme celui-là qui serviront d'aune, fiable et respectable, au jugement des historiens du futur sur cette période difficile. Menahem Macina.]



Un éditorialiste allemand a publié dans le journal Die Tageszeitung un article dans lequel il déclare que Vaclav Havel, Adam Michnick et György Konrad, qui, pendant des années, avaient été, pour l'Europe occidentale, des autorités morales, sont devenus des thuriféraires des Etats-Unis. Selon l'éditorialiste, c'est un nouveau cas de trahison des clercs.

J'ai lu cet article avec nostalgie. Nous voilà réunis. La première fois que nos noms avaient été cités ensemble, c’était il y a vingt ans, dans un célèbre article de Timothy Garton Ash. Si je me souviens bien, Havel et moi étions alors en prison et les livres de György Konrad étaient interdits de publication dans son pays.

J'ai rencontré Konrad au printemps 1977, à Paris, dans l'appartement d'un exilé hongrois, le sociologue et historien Peter Kende. Nous avons alors réfléchi sur la manière dont les milieux de l'opposition (anticommuniste) en Pologne, en Tchécoslovaquie et en Hongrie pouvaient coopérer. A cette rencontre avait également participé un exilé de Prague, Antonin Liehm, auteur d'un article - alors de référence - «Sur le nouvel accord social». Je pense aujourd'hui, avec une certaine nostalgie, que c'était peut-être la première rencontre du Groupe de Visegrad (1).

Havel, lui, je l'ai rencontré plus tard, six mois après, quand, à l'été 1978, sur le mont Sniezka (Sudètes), des représentants du KOR (Comité de défense des ouvriers) et de la Charte 77 se sont rassemblés. Il a été décidé de nouer une coopération qui devait se solder par un livre commun. Pour ce livre, Havel a écrit son célèbre article «De la force des faibles».

Aujourd'hui, je revois ces scènes comme celles d'un film d'action que l'on pourrait tourner sur l'histoire de notre amitié. Konrad, je l'ai revu plus tard, à Varsovie, lors d'une fête de Solidarité première mouture. Havel, je ne l'ai pas vu pendant plusieurs années car nous étions en prison, soit lui, soit moi. C'est seulement en 1988 que nous nous sommes revus clandestinement, à la frontière, dans les Sudètes, et c'est de cette rencontre que date la célèbre photo de deux criminels, chemise déboutonnée, qui devaient prochainement devenir des hommes politiques et faire la une des journaux.

Scène suivante, janvier 1990 à Prague. Fraîchement élu, Vaclav Havel invite deux amis, György Konrad et moi. Havel est déjà président tchécoslovaque, Konrad deviendra prochainement président du Pen Club International et moi, je travaille déjà au quotidien Gazeta, tout en étant député à la Diète polonaise. Je me demande si Timothy Garton Ash a eu raison de réunir nos noms à cette époque, mais je ne doutais pas que, pendant toutes ces années, même si nous ne nous rencontrions pas souvent, nous avions gardé les mêmes principes de base dans notre réflexion sur le monde des valeurs et le monde de la politique. Je pense que ce qui nous a toujours unis, c'est le rêve de la liberté ; le rêve d'un monde plein de tolérance, d'espoir, de respect pour la personne humaine, le refus du silence conformiste face au mal.
Konrad écrivait de la politique antipolitique, Havel parlait de la force des faibles, et moi, d'une nouvelle évolution qui devait, grâce à une méthode d'auto-organisation sociale et à un «non» civique, briser les règles totalitaires du monde communiste. Ce qui nous liait, c'était l'expérience commune de l'histoire, l'expérience pénible de la solitude des gens et des peuples soumis à la pression de despotismes totalitaires et condamnés à l'indifférence du monde. Chaque Hongrois avait, gravé dans sa mémoire, le souvenir de Budapest en flammes, en 1956 ; chaque citoyen de Tchécoslovaquie avait en tête les chars soviétiques dans les rues de Prague en 1968, et chaque Polonais gardait le souvenir de Varsovie, à l'automne 1944, assassinée par Hitler et abandonnée par les Alliés.

Nous n'étions pas des fanatiques d'un anticommunisme primaire. Nous voyions dans le communisme un phénomène historique, et dans les communistes, des êtres qui peuvent se transformer en démocrates. C'est ainsi que Konrad écrivait sur Imre Nagy, et Havel sur Frantiszek Kriegl (2).

Plus tard aussi, après 1989, ni Havel, ni Konrad, ni moi-même n'aimions le fondamentalisme des anticommunistes radicaux, en particulier de ceux qui, sous la dictature, se tenaient bien à l'abri comme «des souris sous un balai» et voulaient désormais dresser des potences pour y pendre des communistes.

Je parle de tout cela pour expliquer qui sont ces trois nouveaux traîtres de la nouvelle génération que le journaliste allemand accuse de pro-américanisme conformiste et aveugle.

Je le répète, je ne sais pas si Havel et Konrad pensent de la même manière que moi, mais je vais présenter mon point de vue.

Le sens de la guerre contre Saddam Hussein, il faut le voir selon des critères militaires, moraux et politiques.

- Le critère militaire : peut-on gagner cette guerre ? C'est une question à poser aux militaires ou aux experts militaires. N'étant ni l'un ni l'autre, je vais me borner à dire qu'il ne faut pas commencer une guerre perdue d'avance.

- Le critère moral répond à la question : cette guerre est-elle juste ? Ma réponse est oui, elle est juste, comme l'a été la guerre de la Pologne contre Hitler ou celle de la Finlande contre Staline.

- Le critère politique cherche à savoir quel est le sens politique de cette guerre. Je pense que renverser un tyran qui apporte son soutien au terrorisme et cherche à posséder des armes de destruction massive est politiquement bien fondé.

Dans ma réflexion sur le monde, j'essaie d'éviter le "deux poids, deux mesures" dans les jugements. Ainsi, je m'efforce d'appliquer les mêmes critères pour juger l'arrogance de toutes les grandes puissances, pas seulement celle du président américain George W. Bush, qui est devenue l'exemple même du scandale pour tant de mes amis en Allemagne ou en France.

De même que Havel et Konrad, je fais partie des gens qui n'ont pas oublié les expériences de leur pays sous les dictatures totalitaires. De plus, nous avons une bonne mémoire et c'est pour cela que nous avons su tirer les justes leçons qu'a données au monde le 11 septembre 2001.

Comme l'assassinat de Mateotti avait dévoilé la nature même du fascisme italien et du régime de Mussolini, comme les grands procès de Moscou avaient montré au monde ce qu'était le régime stalinien, comme la 'Nuit de cristal' avait dévoilé la vérité sur le nazisme hitlérien, j'ai compris en regardant s'écrouler les deux tours du World Trade Center que le monde faisait face à un nouveau défi totalitaire. La violence, le fanatisme et le mensonge ont lancé un défi aux valeurs démocratiques.

Ce n'est pas le moment de faire l'analyse de cette idéologie qui, déformant l'islam de manière à pouvoir l'instrumentaliser, lance un programme de croisade contre le monde démocratique. Saddam Hussein l'a fait de la même manière que Hitler et Staline avant lui. Il déclare que dans la guerre sainte contre «l'Occident sans Dieu», toutes les méthodes sont permises. Rien d'étonnant qu'après le 11 septembre les ambassades de l'Irak n'aient pas mis leurs drapeaux en berne. Attendre que ce genre de régime dispose d'armes de destruction massive, ce serait faire preuve d'une insouciance tout à fait condamnable.

L'argument que l'on oppose à ce raisonnement est qu'il idéalise les Etats-Unis et ne laisse pas de place à une réflexion critique sur la politique américaine.

Or, je tiens à souligner que je n'ai pas oublié l'intervention militaire américaine au Vietnam, ni que les Etats-Unis ont soutenu des régimes autoritaires anticommunistes en Amérique latine, arguments que les intellectuels de gauche en Europe occidentale rappellent sans cesse. Je n'ai également pas oublié que la conséquence de la défaite américaine fut la conquête armée du Sud par le Nord et une vague de répression atroce.

Mais je n'ai pas oublié non plus qu'en condamnant les dictatures de Trujillo ou Pinochet, je devais également me souvenir de la dictature de Fidel Castro, car l'asservissement subi sous les étendards rouges est aussi répugnant que celui imposé sous les drapeaux noirs. La conviction qu'il n'y a pas de tortures «de gauche» ou de tortures «de droite» était le principe fondamental qui nous a menés pendant toute notre vie. C'est pourquoi nous avons toujours rejeté l'hypocrisie de l'Occident qui déclarait qu'un mauvais communisme valait toujours mieux qu'un bon capitalisme car c'était le premier et non pas le deuxième qui mènerait le monde vers un avenir lumineux.

En quoi consiste notre trahison ? Aujourd'hui, comme dans le passé, nous rejetons le signe d'égalité entre un régime appartenant au monde démocratique, même conservateur et antipathique, et une dictature totalitaire, indépendamment de sa couleur - noire, rouge ou verte. C'est pourquoi nous ne pourrons jamais dire que Chamberlain ne diffère en rien de Hitler, Roosevelt de Staline, Nixon de Mao Zedong, Adenauer d'Ulbricht, bien que nous soyons parmi ceux qui condamnent Roosevelt pour Yalta, Nixon pour le Watergate et Adenauer pour l'affaire du Spiegel.

Nous n'aimons pas le Premier ministre israélien Ariel Sharon, à cause de sa brutalité et de sa démagogie primitive, mais nous ne le rangerons pas à côté des leaders du Hamas, qui, ouvertement, appellent à des attentats-suicides barbares.

George Bush n'est pas le héros de nos rêves, son manichéisme peut nous irriter, mais c'est lui que nous soutenons dans la lutte contre Ben Laden, contre Al-Qaeda et Saddam Hussein.

Beaucoup d’entre nous avaient participé aux manifestations anti-américaines de 1968, c'est pourquoi nous avons été terrifiés et inquiets quand nous avons vu, par la suite, les Vietnamiens fuir, après la victoire des communistes, sur de pauvres bateaux, en risquant leur vie et celle de leur famille. Nous nous rappelons également le manichéisme de l'époque des partisans du Vietcong, qui brûlaient les drapeaux américains et qui, plus tard, n'ont pas eu un seul mot pour condamner le régime totalitaire.

Aujourd'hui, nous voulons éviter tout cela. Nous ne brûlons pas aujourd'hui le drapeau irakien ; seulement nous ne comprenons pas ceux qui manifestent sous les drapeaux de Saddam Hussein.

La haine envers les Etats-Unis revêt une forme absurde quand elle cesse d'être une attitude critique, normale dans les limites d'un discours démocratique, et qu'elle prend la défense de dictatures totalitaires terribles. Les prétendus mouvements pacifistes de l'époque de la guerre froide brûlaient des effigies des présidents américains et s'agenouillaient devant les portraits de Staline.

Nous comprenons les difficiles relations entre la France et la Côte-d'Ivoire et ne qualifions pas pour autant Chirac de nouveau Mussolini. Pour les mêmes raisons, les relations américaines avec le régime dictatorial en Arabie Saoudite ne nous enthousiasment pas, bien que nous estimions que la démocratisation de l'Irak peut avoir un impact positif sur d'autres pays du Proche-Orient.

La politique intérieure du président Bush, les projets de placer sur écoute les citoyens ou la rhétorique des fondamentalistes chrétiens au sein du Parti républicain nous plaisent-ils ? Non, tout cela ne nous plaît pas, mais nous pensons que la démocratie américaine, renforcée par la leçon du maccarthysme et les effets de l'affaire Watergate, sera capable de faire face à l'auto-intoxication de la «société ouverte».

Le journaliste allemand nous accuse de ne pas nous inquiéter devant la politique de l'administration Bush qui supprime les règles humanitaires dans les relations internationales. Si, beaucoup de choses nous inquiètent, mais nous estimons que ce qui mène à la suppression des règles humanitaires dans les relations internationales, c'est plutôt le fait de tolérer des dictatures totalitaires et de passer lâchement sous silence les crimes des régimes totalitaires en Irak et en Corée du Nord, en Libye ou encore à Cuba.

Je pense que nous comprenons parfaitement la signification de ces différents mouvements contre la guerre, au même titre que nous comprenions les mouvements pacifistes des différentes époques passées. Et nous décelons d'importantes valeurs morales dans le comportement de gens qui, dans un monde démocratique, sortent dans la rue pour protester contre la guerre.
Ces manifestations massives suscitent le regard critique de l'opinion publique sur le comportement des élites du pouvoir. Chaque guerre est une très bonne occasion d’étouffer la critique et de sceller les lèvres de ceux qui critiquent. Le climat de la guerre favorise le non-respect des procédures démocratiques, une militarisation de la vie publique, il crée un sentiment qu'il n’existe qu’une seule façon de penser digne d'être appelée patriotique, toutes les autres opinions revenant à trahir la nation. C'est ainsi que je comprends le sens des protestations contre la politique de guerre de l'administration américaine.

Cependant, nous sommes plus éclairés grâce à notre histoire. Nous nous souvenons de Munich en 1938, qui, avec l'approbation enthousiaste des ennemis de la guerre, a frayé le chemin à Hitler.

Nous nous souvenons de Yalta, qui devait empêcher des guerres et qui a amené Staline dans nos pays.

Pourtant, les arguments des partisans d'un accord à Munich avec Hitler paraissaient logiques et étaient accueillis avec des applaudissements. Les gens voulaient la paix et non la guerre. Ils étaient heureux quand Chamberlain a lu la déclaration qu'il avait signée avec le chancelier allemand Adolf Hitler : «Nous, Chancelier et Führer allemand et Premier ministre britannique», etc. Après l'avoir lue, il a ajouté le fameux «it's peace for our time» [C’est la paix pour notre époque]. C'était le 30 septembre 1938. Un an après, la Deuxième Guerre mondiale éclatait. C'est pour cela que nous sommes en désaccord avec les pacifistes d'aujourd'hui, nous refusons de frayer pacifiquement le chemin à ceux qui ont commis le crime du 11 septembre et à leurs alliés.


Pour finir : où sont passés notre esprit critique et notre crainte de ce que les systèmes démocratiques peuvent également sortir des rails vers des voies totalitaires ? Chacun de nous s'est prononcé, en différentes occasions, sur les questions les plus importantes de la vie publique de son pays et d'autres pays. Nous avons parlé de la xénophobie et de l'intolérance, de la corruption, du désir de revanche, du marché sans visage humain, de l'appropriation de l'Etat par des groupes d'intérêts et même par la mafia. Maintes fois, nous sommes allés à contre-courant de l'opinion publique et on nous a accusés de trahison dans nos propres pays bien avant que ce journaliste allemand ne le fasse.

Je ne pense pas que, sur la base des propos de Havel, Konrad et de moi-même, on puisse conclure que nous avons perdu notre esprit critique face à tout ce qui se passe dans nos pays démocratiques et que nous avons cessé d'en discerner les tentations totalitaires et les dangers. Aujourd'hui, en effet, le premier danger c'est le terrorisme des fondamentalistes islamistes.

Le terrorisme n'est pas une spécificité des fondamentalistes islamistes. Nous le connaissons en Irlande et au Pays basque, nous n'oublions pas les Brigades rouges et les terroristes allemands du groupe Baader-Meinhoff. Nous nous efforçons de mettre en garde l'opinion publique contre ces dangers dans nos pays et, en fonction de nos possibilités, dans d'autres pays également.

Toutefois, seul le fondamentalisme islamiste a fait naître un terrorisme dirigé contre «le régime américain qui est l'ennemi de tous les musulmans», pour citer les propos d'Oussama ben Laden. Le Front islamique international pour le jihad et contre les juifs et les croisés déclare ouvertement que «les bons musulmans doivent lutter et tuer les civils et soldats américains, en tout endroit, conformément à la parole du Dieu tout-puissant». L'attaque terroriste du 11 septembre était la conséquence directe de cette idéologie. La guerre était déclarée au monde démocratique. Et c'est ce monde, dont les erreurs et péchés nous sont connus - même trop bien -, que nous voulons défendre.

C'est pour ces raisons-là que nous nous sommes prononcés pour une lutte sans pitié contre le régime du despote de Bagdad, terroriste, corrompu, intolérant.

On ne peut voir les dangers de totalitarisme dans la politique de George W. Bush et être le défenseur de Saddam Hussein. Il y a des limites à l'absurdité qu'on ne peut transgresser avec insouciance.


Adam Michnick *

(Traduit du polonais par Maja Zotowska)



Notes

(1) Organisme de coopération entre la Pologne, la Hongrie et la Tchécoslovaquie auquel s'est jointe la Slovaquie.

(2) Imre Nagy a été président du Conseil hongrois (1953-1955) et a conduit la révolte antisoviétique de 1956. Il a été exécuté après l'intervention de l'armée soviétique.
Frantiszek Kriegl est le seul dirigeant tchécoslovaque qui ait refusé de signer le protocole de Moscou, qui justifiait la répression soviétique en 1968.


  • Adam Michnick est directeur de «Gazeta Wyborcza» et a été l'un des principaux dissidents polonais.


    [Version française revue et corrigée par M. Macina. Les enrichissements typographiques sont de la rédaction de upjf.org. Origine du texte : "La France Radicale", d’Antoine Peillon. www.franceradicale.org/michnik.htm]
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