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L'Affaire de Damas (1840) racontée par Mustafa Tlass
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Enquête et analyse — Antisémitisme arabe / Syrie

Le 28 juin 2002 - N° 99




Contexte

Le président syrien Bashar El-Assad a dernièrement prolongé de deux ans le mandat du ministre de la Défense Mustafa Tlass, en signe de reconnaissance pour ses services et en raison des rapports privilégiés que ce dernier entretenait avec son père, l’ancien président Hafez El-Assad. M. Tlass est l’un des pères fondateurs de l’actuel régime Baath et l’une des figures marquantes de la Syrie depuis trente ans. De son vivant, Hafez El-Assad avait déjà repoussé la retraite de Mustafa Tlass (1).

M. Tlass a d’abord publié son ouvrage sur l’Affaire de Damas en 1983. La deuxième version, éditée en 1986, était censée être plus "scientifique" que la première : des notes y étaient ajoutées pour appuyer les affirmations de l’auteur, ainsi qu’un appendice contenant des photocopies de documents officiels (accompagnés de traductions en arabe) échangés dans une correspondance entre le consul de France à Damas, le consul général de France à Alexandrie et le gouvernement français. L’ouvrage comprend une photo de la pierre tombale du prêtre Tomas, laquelle porte une inscription indiquant que ce dernier a été assassiné par des Juifs.

En couverture des deux éditions figure un homme à la gorge tranchée dont le sang est recueilli dans une cuvette. La couverture de la première édition représente un groupe de Juifs en train de perpétrer le meurtre, reconnaissables à leurs traits ‘Juifs’ conformes aux critères nazis ; sur la couverture de la deuxième édition c’est une menora, symbole juif, qui tranche la gorge de la victime.

L’ouvrage de M. Tlass est connu pour son influence majeure dans les cercles antisémites du monde entier, où il est considéré comme une source sûre d’informations sur le "meurtre rituel pratiqué par les Juifs" (2). Ce livre peut être commandé par Internet dans sa version originale en arabe, et est également disponible en français, italien et dans d’autres langues encore (3).

Voici une traduction (de l’arabe) de l’introduction de Mustafa Tlass (version de 1986) :


Circonstances historiques

"Dans les années 1830, Mohammed Ali, gouverneur d’Egypte de l’Empire ottoman, a réussi à unir la Syrie et l’Egypte, dirigeant ainsi les deux pays. Une grave crise internationale a suivi cette unification, qui représentait un danger pour les intérêts européens…Au cours de cette période tourmentée, Damas s’est trouvée sous le choc d’un crime terrible : le prêtre Tomas Al-Kaboushi [le Capucin] est tombé entre les mains de Juifs qui ont cherché à le vider de son sang pour l’incorporer à des préparations destinées à la fête de Yom Kippour [sic].

Ce crime n’était pas le premier du genre. L’Occident a connu plusieurs crimes similaires, de même que la Russie tsariste. Certains d’entre eux ont été dénoncés et rapportés dans les protocoles d’enquêtes, malgré tous les efforts entrepris pour en faire disparaître les traces… Ainsi, le meurtre du prêtre Tomas et de son serviteur n’était pas le premier du genre et ne sera sûrement pas le dernier (4). Cela dit, cet événement renfermait des éléments uniques, propres à la situation politique de l’époque.

Les autorités du Caire et de Damas ont manifesté un fort intérêt pour ce crime odieux et le consul français [à Damas] a participé à l’enquête, vu que la victime assassinée de façon si sournoise était française. L’enquête a confirmé le meurtre et soulevé de sérieuses interrogations quant aux motifs du meurtre, commandé par les préceptes de la religion juive tels qu’ils sont énoncés dans le Talmud… "


La tentative des Juifs pour occulter leur crime

"[Cette dénonciation] a provoqué une tempête de protestations. Les responsables juifs et leurs alliés ont frappé aux portes des dirigeants européens et américains pour qu’ils interviennent, effacent les traces de l’infamie et acquittent les Juifs. Aujourd’hui comme autrefois, les Juifs commettent un crime, déclenchent ensuite un tollé dans le monde entier et, non contents d’être innocentés, en profitent pour tirer le maximum de l’affaire.

Ils [ont persuadé] le consul autrichien de s’interposer en faveur d’un petit nombre d’inculpés, sous prétexte qu’ils étaient sujets autrichiens… Ils ont également exploité la tolérance des autorités égyptiennes ainsi que du consul de France [à Istanbul] et ont contacté les accusés pour leur adjoindre de nier [toutes les incriminations]. Ils ont exercé des pressions sur les détenus qui avaient avoué, afin qu’ils reviennent sur leurs déclarations… Le gouvernement [de la Syrie], qui avait supervisé l’enquête, a été accusé d’avoir eu recours à la torture pour faire avouer les accusés [juifs]… Si ces imputations sont fondées, elles ne concernent que des individus isolés et sont sans rapport avec la loi islamique. En Europe et en Amérique à cette époque, la torture était admise pour faire parler les prévenus, et ce ne serait pas exagérer que de dire qu’elle a encore cours dans ces pays aujourd’hui.

D’autre part, les responsables juifs en Europe et en Amérique sont passés à l’action, profitant de leur pouvoir financier et médiatique pour contraindre les grandes puissances à prendre des mesures en leur faveur. Ils ont fait intervenir leurs alliés au Parlement et dans la presse, ont organisé des manifestations de soutien et ont envoyé d’éminents Juifs européens [en aide aux prévenus]. C’est ainsi que les Juifs ont réussi à soutirer un décret en leur faveur. Mais ils ne se sont pas arrêtés là : ils ont voulu faire effacer l’inscription du tombeau du père Tomas dans l’église franciscaine : ‘Ici reposent les ossements du père Tomas, capucin missionnaire, assassiné par les Juifs le 5 février 1840…’ " (5).


Pourquoi les Juifs s’en tirent toujours

"L’incident de 1840 s’est reproduit plusieurs fois au 20ème siècle, quand les sionistes ont commis des crimes à grande échelle en Palestine et au Liban — actes qui ont choqué les braves gens dans le monde entier et ont été unanimement condamnés. Mais à chaque fois, l’influence financière, médiatique et politique des sionistes a réussi à calmer la colère et à faire oublier ces crimes. A la place d’être punis, ces derniers ont été récompensés… par une importante aide financière et des réserves terrifiantes d’armes de pointe. Au lieu d’un unique Mohammed Ali au 19ème siècle…, ils ont trouvé une série de Mohammed Ali [au 20ème siècle].

Le meurtre [évoqué] a eu lieu à Damas, ville de tolérance et de paix. Des assassinats similaires ont eu lieu ailleurs dans le monde. Comment de tels actes peuvent-ils se produire quand on sait que les Juifs ne forment qu’une petite minorité au cœur des sociétés où ils vivent Comment ces sociétés ont-elle pu ignorer cette minorité saturée de haine … Peut-être l’atmosphère de tolérance instaurée par les Arabes musulmans est ce qui a permis aux Juifs de vivre en complète liberté dans les pays arabo-musulmans. Les Juifs connaissaient bien ces pays. Ils s’isolaient pour s’envelopper de mystère, de sorte que le monde musulman ne savait presque rien d’eux. Il n’est donc pas surprenant que Damas ait été choquée par ce crime répugnant. Mais elle a vite surmonté son ignorance [des Juifs]… et aujourd’hui chaque mère prévient [son fils] : " Fais attention à ne pas t’égarer loin de la maison, de peur que le Juif n’apparaisse, ne te fourre dans son sac, ne t’emporte et ne t’abatte pour extraire ton sang et l’incorporer à ses matsas de Sion [en référence aux matsot de Pâques]. " Les générations se sont transmis ce message de la ‘traîtrise des Juifs’.

[Ce faisant] un Etat s’est créé pour les Juifs à Al-Sham [la Grande Syrie]. L’inimitié juive a-t-elle disparu ou les préceptes du Talmud (avec tous leurs crimes et leurs déformations) continuent-ils de jouer leur rôle haineux contre l’humanité et les sociétés au sein desquelles les Juifs évoluent? Les événements dans les territoires occupés prouvent, sans laisser place au doute, que ce qui se nomme ‘racisme sioniste’ n’est que la continuation affinée des préceptes talmudiques… (6).

En publiant ce livre, je compte apporter des éclaircissements sur certains secrets de la religion juive en [décrivant] les actions des Juifs, leur fanatisme aveugle et répugnant vis-à-vis de leurs croyances et la mise en œuvre des préceptes talmudiques compilés en Diaspora par leurs rabbins, lesquels ont trahi les principes de la foi juive (la loi religieuse du prophète Moïse), ainsi qu’il est rapporté dans le Coran [2 : 89]… " (7).

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Notes

1) Al-Hayat (Londres), le 15 mai 2002
2) Consulter le site international des nouvelles révisionnistes d’historiens révisionnistes et de négationnistes de l’holocauste.
D’après ce site, l’ouvrage de M. Tlass a d’abord été publié en arabe en 1968, l’édition anglaise ayant paru en 1991.
3) Une traduction française peut être achetée sur le site en arabe, Furat.
 
4) Dans les notes d’introduction, M. Tlass mentionne plusieurs autres cas : "Un incident de ce type est survenu en Algérie au milieu du 18ème siècle. Les Juifs ont enlevé un enfant chrétien pour en extraire le sang, et en payant le gouverneur turc d’Algérie, ils ont réussi à étouffer l’affaire". Un autre exemple : "Un enfant chrétien du nom d’Henri Abd El-Nour a été enlevé puis vidé de son sang. L’enquête a prouvé la culpabilité des Juifs, mais ces derniers ont acheté les dirigeants afin d’effacer les traces du crime". Pour documenter ces cas, M. Tlass mentionne les Trésors du Talmud de Yousouf Hana Nasrallah, qui est en fait une traduction du fameux ouvrage antisémite du professeur Auguste Rohling, édité en 1871 et intitulé Der Talmudjude.
5) La photo de la pierre tombale du prêtre dans la version de 1986 porte l’inscription suivante : "Les Juifs l’ont abattu ; [son corps] n’a pas été retrouvé entier… Ici reposent ce qui reste de ses ossements".
6) La version de 1983 affirme que "les enquêteurs ont dénoncé le crime ainsi que ses raisons cachées. Le gouverneur d’Al-Sham a décidé d’exécuter les criminels, mais à ce stade les pays étrangers et leurs consulats ont commencé à jouer un rôle majeur. Ces étrangers se sont divisé les zones d’influence. L’Autriche a entrepris de défendre les Juifs, la France les Catholiques… Tous se sont mis d’accord pour résoudre le problème à la juive, en apaisant les parties avec de l’argent. Les accusés ont été libérés de la prison de Damas et envoyés dans l’Egypte du Pacha Mohammed Ali… Quelques 150 ans se sont écoulés depuis ce crime, mais celui-ci n’a rien perdu de sa gravité, vu qu’avec le temps ce petit crime s’est développé en un plus grand crime et que le lien demeure entre les deux".
A la fin de son introduction, M. Tlass remercie son compagnon d’armes le Colonel Bassam Assali, "son bras droit dans la mise au point de l’ouvrage". Il exprime ensuite l’espoir d’avoir rempli "en partie" son "devoir de dénoncer les activités historiques des ennemis de la nation". Il conclut sur l’importance de la " souveraineté nationale ". Selon lui, l’impudence dont a fait preuve l’un des Juifs envers le président de la Cour syrienne n’aurait pu s’exprimer " sans l’influence des étrangers dans la Syrie de l’époque ". Il rappelle aux Arabes que " la souveraineté est indivisible " et qu’ " aucun étranger ne doit l’affecter. L’erreur calamiteuse de Sadate, qui a entraîné son assassinat, était de mépriser les droits nationaux du peuple égyptien et d’avoir vendu sa terre à Satan… Suite aux accords de Camp David, la souveraineté égyptienne est devenue partiale… "


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