29 août 2007
1. Extraits de la traduction française de "An important marker has been passed", sous le titre "Boycott dIsraël : un jalon important a été franchi" (23 août 2007).
Original anglais sur le site de New Statesman; traduction française sur le site de info-Palestine.
« Ceux qui appellent au boycott dIsraël nétaient autrefois que voix lointaines. Le débat est maintenant devenu mondial. Il croît inexorablement et ne sera pas réduit au silence.»
Ce que Nelson Mandela a appelé « la plus grande question morale de ce temps » refuse de se laisser enterrer dans la poussière. Pour chacune des voix de la BBC qui sévertuent à assimiler occupant et occupé, voleur et victime, pour chaque nuée de courriels adressés par les fanatiques de Sion à ceux qui renversent le mensonge et décrivent lengagement de lEtat dIsraël dans la destruction de la Palestine, la vérité est plus puissante maintenant que jamais. La documentation sur lexpulsion par la force des Palestiniens en 1948 est volumineuse. Le réexamen des archives historiques a ruiné la fable du David héroïque de la Guerre des Six Jours... La prétendue menace des dirigeants arabes de « jeter les Juifs à la mer » servie pour justifier lattaque israélienne de 1967 et qui na cessé depuis dêtre répétée sans relâche, est extrêmement douteuse.
En 2005, le spectacle des gémissants zélotes de lAncien Testament quittant Gaza était une supercherie. La construction de leurs colonies sest accélérée en Cisjordanie, en même temps que le mur illégal, style berlinois, qui sépare des agriculteurs de leurs récoltes, des enfants de leurs écoles, des familles lune de lautre.
Nous savons maintenant que la destruction par Israël dune bonne partie du Liban, lan dernier, avait été conçue à lavance.
Comme la écrit lancienne analyste de la CIA, Kathleen Christison, la récente « guerre civile » à Gaza était en réalité un coup visant le gouvernement élu, dirigé par le Hamas, coup monté par Elliott Abrams, le sioniste qui gère la politique américaine à légard dIsraël et criminel déclaré coupable, de lépoque de lIran-Contra.
Le nettoyage ethnique de la Palestine est autant la croisade de lAmérique que celle dIsraël.
Aucun pays sur terre ne jouit, comme Israël, dune telle immunité, lui permettant dagir impunément. Aucun autre pays na un tel passif de non-respect du droit : pas une des tyrannies du monde nen approche. Des traités internationaux comme le Traité de non-prolifération du nucléaire, ratifié par lIran, sont ignorés par Israël. Il ny a rien de semblable dans lhistoire des Nations Unies.
Mais quelque chose a changé. Peut-être lhorreur panoramique de lété dernier retransmise depuis le Liban sur les écrans de télévision du monde entier a-t-elle servi de catalyseur ? Ou peut-être le cynisme de Bush et Blair, ainsi que le recours incessant à cette inanité : la « terreur », en même temps que la dissémination dans nos vies, jour après jour, dune insécurité fabriquée, ont-ils finalement [détourné] lattention de la communauté internationale des Etats-voyous, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, pour la ramener [sur] une de ses principales sources : Israël.
La vague du boycott gonfle inexorablement, comme si un jalon important avait été franchi, rappelant les boycotts qui avaient conduit à des sanctions contre lAfrique du Sud de lapartheid. Tant Mandela que Desmond Tutu ont établi ce parallèle ; de même que le ministre dEtat sud africain, Ronnie Kasrils, et dautres célèbres membres juifs de la lutte pour la libération. En Grande-Bretagne, une campagne académique, souvent menée par des Juifs, contre la « destruction méthodique par Israël du système déducation palestinien » peut être traduite par ceux dentre nous qui [ont] rapporté des témoignages des Territoires occupés, en termes de bouclage arbitraire des universités palestiniennes, de harcèlement et dhumiliation des étudiants aux checkpoints, de tirs visant des enfants palestiniens et dassassinats denfants palestiniens sur le chemin de lécole.
Ces initiatives ont été soutenues par un groupe britannique, Independent Jewish Voices (Voix Juives Indépendantes), dont les 528 signataires comptent Stephen Fry, Harold Pinter, Mike Leigh et Eric Hobsbawm. Le plus grand syndicat du pays, Unison, a appelé à un "boycott économique, culturel, académique et sportif" et au droit au retour des familles palestiniennes chassées en 1948. De façon remarquable, le Comité pour le développement international de la Chambre des Communes a adopté une position similaire. En avril, les membres du syndicat des journalistes, le National Union of Journalists (NUJ), ont voté en faveur dun boycott, mais pour le voir rejeté à la hâte par le conseil exécutif national. En république dIrlande, le Congrès Irlandais des Syndicats a appelé à désinvestir des compagnies israéliennes : une campagne a visé lUnion Européenne, qui compte pour les deux tiers des exportations israéliennes [au titre de] lAccord dAssociation UE-Israël. Le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à lalimentation, Jean Ziegler, a dit que les conditions en matière de droits de lhomme intégrées à cet accord devraient être invoquées et les privilèges commerciaux dIsraël suspendus.
Ceci est inhabituel car toutes ces voix étaient autrefois lointaines. Quune telle discussion sérieuse sur un boycott « devienne mondiale » navait pas été prévu par lIsraël officiel, longtemps conforté par ses mythes apparemment intouchables et par un puissant parrainage, et confiant dans le fait que la simple menace dantisémitisme assurerait le silence. Lorsque la décision des professeurs britanniques a été annoncée, le Congrès américain a adopté une résolution absurde qualifiant lUCU d « antisémite ». (Quatre-vingts membres du Congrès sont allés cet été en Israël pour un voyage dagrément.)
Cette intimidation a marché, dans le passé. Des calomnies lancées contre des professeurs américains leur ont valu de se voir refuser une promotion, ou même une chaire.
Le courageux historien israélien, Ilan Pappé, estime quun Etat démocratique unique, dans lequel les réfugiés palestiniens auraient le droit de revenir, est la seule solution [réalisable] et juste, et quune campagne de sanctions et de boycott est essentielle pour y parvenir.
La population israélienne serait-elle ébranlée par un boycott international ? Bien quils le reconnaissent rarement, les Blancs dAfrique du Sud furent suffisamment ébranlés pour donner leur soutien à un changement historique.
Un boycott des institutions, des biens et des services israéliens, dit Pappé, « ne modifiera pas la position israélienne en un jour, mais il enverra un message clair [signifiant] que (les prémisses du sionisme) sont racistes et inacceptables au XXIe siècle... Ils devr[on]t choisir. »
Tout comme nous. »
John Pilger
© New Statesman
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2. Extraits de larticle de George Bisharat, "Boycott : « Cibler Israël »" (15 août 2007).
Sur le site de info-Palestine.
«
le boycott de lAfrique du Sud a eu de leffet. Lopprobre dont ont souffert les Africains du sud blancs les a incontestablement aidés à se persuader de céder aux justes demandes de la majorité noire. Israël, aussi, est soucieux avec assiduité de son image publique. Un réseau dense de relations économiques et culturelles lattache également à loccident. Ses violations des droits de lhomme, sans contestation possible et documentées, le rendent mûr pour le boycott. »
Et lauteur de poser la question : « Quelles actions dun état devraient déclencher un boycott ? ». Et dy répondre par un acte daccusation accablant, dans lequel, comme dhabitude, aucun des crimes dont est victime la population israélienne nest évoqué, et où toutes les mesures dautodéfense et de sécurité prises par Israël, et les combats auxquels il est acculé, sont présentés comme gratuits, voire machiavéliquement inventés:
· « Lexpulsion ou lintimidation pour déclencher la fuite de la majorité de la population dun pays, puis ensuite nier un droit de retour universellement reconnu ? Israël a fait cela.
· Se saisir, sans compensation, des propriétés de centaines de milliers de réfugiés ? Israël a fait cela.
· Torturer systématiquement les prisonniers, beaucoup étant même emprisonnés sans jugement ? Israël a fait cela.
· Assassiner ses adversaires, y compris ceux vivant dans les territoires quil occupe ? Israël a fait cela.
· Démolir des milliers de maisons appartenant à un groupe national, et installer ses propres ressortissants sur la terre appartenant à une autre nation ? Israël a fait cela.
Aucun pays disposant dun tel bilan, quil soit le premier ou le cinquantième dans la liste, ne peut raisonnablement protester contre un boycott.
La ségrégation en Afrique du Sud a produit une autre norme utile. Comment le comportement israélien à légard des Palestiniens peut-il être comparé au traitement subi par les Noirs dans lancienne Afrique du Sud ? Il est semblable ou même pire, estiment un certain nombre dAfricains du sud dont larchevêque Desmond Tutu, John Dugard qui est rapporteur spécial des Nations Unies dans les territoires occupés, des membres du Congrès National et le ministre Ronnie Kasrils.
Ce dernier observait récemment que lAfrique du Sud ségrégationniste navait jamais utilisé de jets pour attaquer les combattants de lANC [African National Congress], et que la violence du contrôle israélien sur les Palestiniens était "10 fois pire". »
George Bisharat
© AMIN (Arab Media Internet Network)
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3. Extraits de larticle de Omar Barghouti, "« Un choix moral », le boycott secoue Tel Aviv" (10 juillet 2007).
Sur le site de info-Palestine.
Israël est un pays qui a violé plus de principes et de lois internationales que lAfrique du Sud pendant lapartheid. Le boycott est justifié par la violation de principes légaux (les résolutions des Nations Unies). Politiquement il met laccent sur les droits, qui doivent être respectés par les deux communautés si on veut une solution juste au conflit. Un des outils les plus efficaces dans nos mains est la Convention de lOnu contre lapartheid. Exactement comme dans lAfrique du Sud ségrégationniste, il y a en Israël des lois qui discriminent ouvertement les citoyens arabes de lEtat. La plus importante est celle sur la propriété de la terre, qui nattribue aucun contrôle sur cette dernière aux Palestiniens, en en confiant entièrement la gestion à lAgence juive.
Vous Européens, vous oubliez que même lAfrique du Sud, quand les campagnes de boycott sont devenues efficaces, a réagi en intensifiant sa répression contre ses citoyens noirs. Le monde à lépoque sétait demandé : peut-être vous faisons-nous du mal au lieu de vous aider dans votre lutte ? La réponse dans ce cas-là fut : non, et nous continuerons jusquà ce que aurons [sic] abattu le système de discrimination raciale. Le boycott est la pratique la plus morale et efficiente politiquement, parce quelle naliène pas la part humaine de la population, des deux côtés. Et de cette manière, elle prépare juifs Israéliens et Palestiniens à la coexistence pacifique. »
Omar Barghouti & Michelangelo Cocco
© Il Manifesto (Madrid)
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« Ce texte ressemble étrangement à ceux qui s'appuient sur des événements fortuits et des affabulations pour justifier leur racisme. Ce texte est un appel au boycott international contre Israël. Ce texte est un message de haine qui ressemble aux appels au pogrom. Le parallèle avec l'apartheid de lAfrique du Sud est aussi douteux que celui fait entre l'attitude d'un riche Koweitien et dun Israélien. La "prétendue (!) menace des Arabes de jeter les Juifs à la mer" a été effectivement diffusée sur toutes les chaînes de radio et écrite dans tous les journaux en langue arabe - ce dont il reste une multitude de preuves concrètes... Elle sert ici d'excuse pour traiter les Israéliens et les sionistes de "fanatiques de Sion".
Le départ de Gaza, cette patate chaude que les Egyptiens - qui voulaient s'en débarrasser - ont refilée aux Israéliens, en échange de la moitié du Sinaï, qu'ils convoitaient depuis longtemps (et qu'ils ont transformée en repère de bandits et trafiquants d'armes et de stupéfiants) est ici décrit comme une supercherie : "le spectacle des gémissants zélotes de lAncien Testament quittant Gaza était une supercherie". Alors que le gouvernement, l'armée et les services secrets israéliens sont accusés de n'avoir pas pu prévenir les attaques du Hezbollah, on affirme que "la destruction par Israël dune bonne partie du Liban, lan dernier, avait été conçue à lavance" !
Un texte qui reprend tous les poncifs antisémites et autant de mensonges facilement démontables, et d'incitations à la haine, qui, malheureusement, font le jeu de ceux qui ne rêvent que de voir Israël s'écrouler, et qui s'adressent à un public qui se veut le plus large possible pour chanter en choeur le triste refrain de la délégitimation de son Etat reconnu indépendant - comme beaucoup d'autres, après la Seconde Guerre mondiale.
Quelles que soient nos inclinations politiques et nos convictions morales, nous devons regarder en face ce que ce genre de message représente pour un public non - ou mal - informé des réalités sur le terrain et prédisposé à un antisémitisme enfoui après la Shoah mais prêt à safficher - maintenant quil est devenu phénomène de mode - mais superposé à un réel phénomène de société.
Il y a eu DURBAN... Espérons qu'il n'y aura pas pire!
Il est plus que temps d'agir ! »
Roseline L.
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L'essentiel ayant été dit, je serai bref.
Ces textes donneront sans doute la nausée à nombre de nos internautes et ils se demanderont peut-être pourquoi exposer cette littérature de haine.
Ma réponse à ce genre de question est invariablement la même : il faut savoir dans quel monde nous vivons et quels sont les dangers qui nous menacent. Se voiler la face ou senfouir la tête dans le sable ne fera pas disparaître la menace. Seule la lucidité nous permettra daffronter la tempête qui samoncelle inexorablement au-dessus de lEtat dIsraël, et donc, indirectement, au-dessus de nos têtes.
Les extraits mis ici au pilori visent à éveiller une prise de conscience : tandis que nous dormons dans la sécurité relative de nos diasporas, la patrie des Juifs est en danger, non seulement sur place, mais dans le monde.
A chacun(e) dentre nous de faire tout ce qui est en son pouvoir pour alerter nos organisations et mobiliser nos forces contre le poison de la calomnie qui gagne de plus en plus les esprits et les curs des populations au sein desquelles nous vivons, paralyse progressivement leur jugement et leur sens moral, et risque, demain, de les dresser contre nous, à la manière et avec les conséquences tragiques que lhistoire nous a enseignées. »
Menahem Macina
© upjf.org
Mis en ligne le 29 août 2007, par M.











